Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice

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L’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (Adema-Pasj) est un parti politique du Mali. Sa devise est « Travail-Solidarité-Justice » et son symbole l’abeille. Son président est Dioncounda Traoré. L’Adema-Pasj est membre de l’Internationale socialiste.

L’Adema-Pasj a pour projet de construire au Mali un État républicain et démocrate, fondé sur l’économie de marché, respectueux des droits et libertés tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, la constitution de la République du Mali et des valeurs fondamentales de la social-démocratie[1].

Logo du parti Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice

Historique[modifier | modifier le code]

De l’association au parti politique[modifier | modifier le code]

Le , l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema) est créée. Elle regroupe des opposants à la dictature de Moussa Traoré. Cette association, présidée par Abdrahamane Baba Touré[2] regroupe des militants de différentes formations[3].

Elle regroupe également des militants ne faisant partie d’aucune formation politique.

Le , alors que le régime de Moussa Traoré est renversé par le lieutenant- colonel Amadou Toumani Touré, l’Adema se transforme en parti politique et prend le nom de Adema-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-Pasj)[4].

1992-2002 : le parti au pouvoir[modifier | modifier le code]

En 1992, l’Adema-Pasj remporte la majorité absolue des sièges les élections législatives en février et mars (76 sièges sur 116)[5] et son candidat Alpha Oumar Konaré est élu président de la république lors de la première élection présidentielle de la 3e république [6].

En septembre 1994, Ibrahim Boubacar Keïta, nommé Premier ministre en février, est élu président de l’Adéma-Pasj[7].

L’Adéma-Pasj connaît sa première division avec la création du Mouvement pour l'indépendance, la renaissance et l'intégration africaine par Mamadou Lamine Traoré, ancien vice-président de l’Adéma-Pasj et ancien ministre de l’Intérieur. Malgré cette dissidence, la parti présidentielle conserve la majorité absolue à l’Assemblée nationale[8].

Le , l’Adema-Pasj crée avec ses alliés, le Parti pour la renaissance nationale (PARENA), l’Alliance pour la démocratie économique et sociale (ADES), la Convention sociale démocrate (CDS), le Mouvement des citoyens- Cercle des démocrates républicains (MC-CDR), le Rassemblement malien pour le travail (RAMAT) et le Parti démocratique pour la justice (PDJ), une alliance électorale en vue des élections législatives et présidentielle de 2007 : la Convergence nationale pour la démocratie et le progrès[9].

En 1997, le premier tour des élections législatives organisé le se passe dans la confusion en raison de l’absence de liste électorale fiable[10],[11]. La Cour constitutionnelle annule le scrutin[12] et l’opposition demande la suspension du processus électoral. Le , Alpha Oumar Konaré est réélu président de la république face à un seul candidat, les huit autres candidats de l’opposition ayant retiré leur candidature[13].

Aux élections législatives qui se déroulent le et le et qui sont boycottées par une grande partie de l’opposition, l’Adema-Pasj obtient 128 députés sur 147.

Le , lors des élections communales, l’Adema-Pasj l’emporte dans 16 des 19 communes urbaines[14]. Le 25 août suivant, l’élection du candidat officiel de l’Adema-Pasj Ibrahima N'Diaye comme maire du district de Bamako marque le début de la guerre de succession du président Alpha Oumar Konaré. Un autre candidat de l’Adéma-Pasj, proche d'Ibrahim Boubacar Keïta, Boubacar Bâ s’était présenté[15].

Le , les élections communales sont organisées dans les quatre régions du nord. L’Adéma-Pasj emporte 1 739 des 2 823 sièges de conseillers communaux[16].

En octobre 1999, le Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta est réélu président du parti[17].

Le , Mandé Sidibé est nommé Premier ministre pour remplacer Ibrahim Boubacar Keïta qui a démissionné[18].

La fin du second mandat d’Alpha Oumar Konaré est marquée par des divisions pour la succession du président.

Le , Ibrahim Boubacar Keïta, président du parti, démissionne de toutes ses fonctions alors qu’un « courant rénovateur », opposé à la candidature de l’ancien Premier ministre, a obtenu lors de la conférence nationale la relecture des statuts de l’Adema-Pasj[19]. Le , Ibrahim Boubacar Keïta crée une association baptisée Alternative 2002 et est rejoint par 33 députés de l’Adéma-Pasj, des élus locaux et d’anciens ministres comme Issa N'Diaye[20] Le , il crée un nouveau parti, le Rassemblement pour le Mali (RPM)[21].

Dioncounda Traoré est élu en 2001 président de l’Adema-Pasj[22].

Le , lors d’une convention de l’Adema-Pasj, Soumaïla Cissé est investi candidat à l’élection présidentielle face à Soumeylou Boubèye Maïga, ministre de la Défense. Le Premier ministre Mandé Sidibé, candidat à l’élection présidentielle avait décidé de pas se soumettre aux primaires organisées par le parti[23]. Mandé Sidibé est exclu du parti tout comme Ahmed El Mandani Diallo, ancien ministre du Développement rural qui se présente également à l’élection présidentielle[24].

Le , Soumaïla Cissé, candidat officiel de l’Adema-Pasj, arrive second au premier tour de l’élection présidentielle avec 21,32 % des voix derrière Amadou Toumani Touré (28,71 %)[25]. Au second tour, il est, avec 35,65 % des voix, battu par Amadou Toumani Touré.

Entre 2002 et 2012, un parti dominant, allié au président Amadou Toumani Touré[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives d’août 2002, l’Adema-Pasj se maintient comme première force politique du pays en obtenant 51 députés[26]. C’est cependant le président du RPM, Ibrahim Boubacar Keïta, dont sa coalition Espoir 2002 a devancé celle de l’Adema-Pasj[27].

L’Adema-Pasj participe au gouvernement de rassemblement constitué par le Premier ministre Ahmed Mohamed ag Hamani[28].

Mais la division de l’Adema-Pasj se poursuit, Soumaïla Cissé, candidat à l’élection présidentielle quitte ce parti pour former le l’Union pour la république et la démocratie (URD)[29],[30].

Le , l’Adema-Pasj obtient environ 31 % des voix aux élections communales [31].

Pour l’élection présidentielle malienne de 2007, l’Adema-Pasj constitue avec l’URD et 12 autres partis politiques, l’alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) pour soutenir la candidature d’Amadou Toumani Touré[32]. Soumeylou Boubèye Maïga qui décide de se présenter contre le président sortant est exclu du parti lors de la conférence nationale des 24 et avec plusieurs de ses sympathisants (Issa Diarra, Ibrahima Kantao, Binta Yattassaye et Oumar Ag El Méhidi)[33].

Aux élections législatives des 1er et , l’Adema-Pasj est arrivée en tête avec 51 députés sur 147[34]. Le , Dioncounda Traoré, président de l’Adema-Pasj, a été élu président de l’assemblée nationale par 111 voix sur 147, contre 31 pour Mountaga Tall du Congrès national d’initiative démocratique (CNID) et 5 bulletins nuls[35].

Le , Le Rassemblement national pour la démocratie (RND) a décidé de fusionner avec l’Adema-Pasj[36] alors qu’une grande partie de ses militants a préféré rejoindre l’URD[37]. L’Adema-Pasj a fusionné avec d’autres petits partis comme le Parti pour l'unité, la démocratie et le progrès (PUDP) le [38] et le Parti pour la démocratie, la culture et l'intégration (PDCI), essentiellement implanté à Bougouni, le [39].

2012 : La reconquête du pouvoir ?[modifier | modifier le code]

L'Adéma-Pasj espère retrouver la présidence du Mali après le départ du président Amadou Toumani Touré qui achève son second et dernier mandat, conformément à la constitution. Le , les délégués des 53 sections de l'intérieur et ceux des 23 sections de l'extérieur de l'Adéma-PASJ approuvent à l’unanimité la candidature de Dioncounda Traoré pour l'élection présidentielle malienne de 2012[40]. Alors que le nord du Mali est en proie à une nouvelle rébellion touarègue, un Coup d'État militaire du 21 mars 2012 entraîne l'annulation des élections prévues un mois après. L'Adéma-Pasj « condamne fermement ce coup de force qui constitue un recul grave pour notre démocratie et exige le retour à une vie constitutionnelle normale dans les meilleurs délais » et demande « que le rétablissement de la paix dans le nord du pays et l'organisation d'élections libres et transparentes soient les deux priorités de l'heure »[41]. Suite à la médiation de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, le président Amadou Toumani Touré remet sa démission et Dioncounda Traoré, président de l'Assemblée nationale, devient président par intérim le 12 avril 2012.

Mouvements affiliés[modifier | modifier le code]

Le Mouvement de la jeunesse Adema-Pasj est "l'espace d'expression, d'intervention et de réflexion propre aux militants et sympathisants de l'Adema dans la jeunesse"[42]. L'appartenance au Mouvement de la jeunesse est réservée aux jeunes de moins de 28 ans[43].

Le Mouvement des Femmes Adema-Pasj est "l’espace de réflexion, de formation et d’expression propre aux militantes de l’Adema-Pasj"[44].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

‘‘‘L’Adema-Pasj au cours des élections depuis 1992’’’
Année Élection
1992 Élections municipales 214 conseillers sur 749[14]
1992 Élections législatives 76 sièges sur 116
1992 Élection présidentielle Alpha Oumar Konaré premier tour: 44,95 % second tour : 69,01 % élu
1997 Élection présidentielle Alpha Oumar Konaré premier tour : 95,9 % réélu
1997 Élections législatives 128 sur 147
1998 Élections communales L’Adema-Pasj l’emporte dans 16 des 19 communes urbaines[14]
1999 Élections communales Dans le quatre régions du nord, l’Adema-Pasj emporte 1739 des 2 823 sièges à pourvoir[14]
2002 Élection présidentielle Soumaïla Cissé Premier tour : 21,44 % Second tour : 34,99 % battu
2002 Élections législatives Membres de la coalition Alliance pour la république et la démocratie 51 députés sur 147
2004 Élections communales 30,95 % des voix et 258 maires (sur 703), 3336 élus communaux (sur 10777)[31]
2007 Élection des conseillers nationaux 32 sièges (sur 75)
2007 Élection présidentielle Membre de l’Alliance pour la démocratie et le progrès qui a soutenu la candidature d’Amadou Toumani Touré
2007 Élections législatives 51 députés (sur 147)
2009 Élections communales 3 464 conseillers[45]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site internet de l’Adéma-Pasj, 2002 2002
  2. B.M. Sissoko, Dites désormais : école nationale d’ingénieurs Abdrahamane Baba Touré, L’Essor, 10 juillet 2006 essor.gov.ml
  3. Mamadou Fofana, Historique du parti sur le site officiel de l’Adéma-Pasj adema-pasj.org, 2002-2003
  4. Partis politiques Plus d’une centaine de partis, Les échos, 18 janvier 2008 (www.malikounda.com)
  5. Résultats des élections législatives sur la base de donnée de l’Union interparlemtaire.
  6. Chronologie du Mali sur le site Histoire-Afrique.
  7. « Un remaniement ministériel qui ne semble pas en mesure de résoudre les problèmes », Afrique-Express N° 66, 4 novembre 1994.
  8. « Des dissidents de l'Adema créent un parti, le Miria », Afrique-Express N° 73, 23 décembre 1994.
  9. Bakary Camara, Le processus démocratique au Mali depuis 1991— Entre fragmentation de l’espace politique et coalitions : Quels sont les impacts de la démocratisation sur la condition de vie des maliens, 2008 : worskhop on political participation (Dakar, Sénégal, 6-21 juillet 2008, [PDF] [1].
  10. « Législatives ratées : le sort du premier tour dans les mains de la Cour Constitutionnelle », Afrique express N° 144, 24 avril 1997.
  11. [PDF] Organisation internationale de la francophonie, rapport de la mission d’observation du 1er tour des élections législatives, 1997.
  12. Arrêt EL 97-046 CC du 25 avril 1997
  13. Présidentielle : plus de 80 % de voix au président Konaré, selon les premiers résultats partiels, Afrique-express 15 mai 1997 et « Les résultats de l’élection présidentielle : Konaré sans surprise », Afrique-express 29 mai 1997.
  14. a, b, c et d Fayçal Bouzennout, Valérie Gas, Les élections en Afrique francophone (1989-2004), rfi.fr, 17 novembre 2004 [2].
  15. Ibrahima Ndiaye, élu maire central de Bamako sur fond de division au sein du parti au pouvoir, Afrique-Express, N° 174, 10 septembre 1998 [3].
  16. « Le parti au pouvoir remporte les élections communales dans le Nord », Afrique-Express N°192, 10 juin 1999.
  17. « Le Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita, réélu président du parti au pouvoir », Afrique-express, N° 197, 28 novembre 1999.
  18. « Mandé Sidibé nouveau Premier ministre », Afrique-express N° 203, 29 février 2000.
  19. Démission du président de l’ADEMA, Afrique-express N° 215, 19 octobre 2000 [4].
  20. La cassure au sein du parti au pouvoir l'ADEMA, prend de l'ampleur, Afrique-Express, N°26, 2 avril 2001
  21. L’ancien Premier ministre, Ibrahim Boubacar Keita, crée son parti, le RPM Afrique-express N°231, 2 juillet 2001[5].
  22. Dioncounda Traoré, Jeune Afrique, 18 septembre 2007 [6].
  23. Foisonnement de candidats en vue de l’élection présidentielle, Afrique-express N°243, 18 janvier 2002 [7].
  24. Deux candidats à la présidentielle au Mali exclus de l’ADEMA, AFP, 5 avril 2002 [8].
  25. Résultats du premier tour de l’élection présidentielle qui a eu lieu le 28 avril, Afrique-express N°250, 24 mai 2002 [9].
  26. Législatives : aucun parti ou alliance de partis n’obtient la majorité absolue, Afrique-Express, 2 septembre 2002 [10]
  27. Démission du gouvernement Ahmed Mohamed Ag Hamani reconduit au poste de Premier ministre, Afrique-Express N° 257, 17 octobre 2002 [11]
  28. Francis Kpatindé ATT au banc d'essai, |Jeune Afrique, 18 février 2003 [12]
  29. Adema-Urd: la guerre des chiffres, L’essor, 12 juin 2003 essor.gov.ml
  30. Scission de l’ADEMA, l’ancien parti présidentiel : création de l’URD par Soumaïla Cissé, afrique-Express, 3 juin 2003 http://www.afrique-express.com/afrique/mali/mali-2003-2002.html]
  31. a et b S. Togola, Trio dominant, l’Essor, 25 mars 2009 essor.gov.ml
  32. Présidentielle : une alliance pour ATT, Le républicain du 9 novembre 2006
  33. « Adema/Pasj : La conférence nationale exclut plusieurs responsables du parti », ‘‘L’Essor du 27 février 2007
  34. « Résultats définitifs des Législatives - l’Adéma/PASJ perd dans trois localités », Les Échos, 13 août 2007
  35. « Dioncounda Traoré élu président de l’Assemblée nationale : Presque un plébiscite ! », L’Essor, 4 septembre 2007
  36. Issa Fakaba Sissoko, La vraie face de Me Abdoulaye Garba TAPO Fusion ADEMA-RND, Radio Steve Bantou Biko, 4 mai 2008 [13]
  37. http://www.kurukanfuga-pdhre-afrique.org/spip.php?article11684 Cheick Tandina, Division, fusion, naissance, L’Aube, 12 mai 2008 [14]
  38. M. Keïta, ADEMA-PUDP: une fusion "utile" l'Essor, 15 mai 2008
  39. Samba Traoré, Le PDCI phagocyté lui aussi par le parti de Dioncounda Traoré L’Indépendant, 16 juin 2008
  40. Chahana Takiou, « Investi le samedi 30 juillet au Cinéma Babemba : Dioncounda Traoré sur la route de Koulouba », 22 Septembre,‎ 1er août 2011 (lire en ligne)
  41. « Déclaration de l’Adéma-Pasj », maliweb,‎ 23 mars 2012
  42. Article 78 des statuts de l'Adema-Pasj, 26 octobre 2008 [15]
  43. Règlement intérieur de l’Adema-Pasj, avril 2001 [16]
  44. Article 77 des statuts de l'Adema-Pasj, 26 octobre 2008 [17]
  45. Mali, Ministère de l’administration territoriale et des collectivités locales, Nombre de conseillers communaux obtenus par partis, 2009 [18]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]