Stefan Heym

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Stefan Heym

Description de l'image  Stefan Heym (1982).jpg.
Nom de naissance Helmut Flieg
Activités Écrivain, journaliste, député
Naissance 1913
Chemnitz, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Décès 2001
En Bokek, Israel
Langue d'écriture Allemand, Anglais
Genres roman

Œuvres principales

  • Otages, Les croisés, Chronique du roi David

Helmut Flieg, plus connu sous son pseudonyme Stefan Heym (1913 - 2001) est un écrivain allemand[1].

Né à Chemnitz, dans une famille de négociants juifs, il est renvoyé du lycée à 18 ans pour avoir publié un poème antimilitariste. Il étudie à l'université à Berlin, lorsque Hitler devient chancelier en 1933. Il fuit le nazisme, effectuant une grande partie du trajet à ski et s'exile en Tchécoslovaquie à Prague où il survit en effectuant toutes sortes de métiers.

En 1935, il obtient une bourse des Hautes Etudes, offerte par l'Université de Chicago à deux étudiants exceptionnellement doués et dont les études avaient été interrompues par l'arrivée au pouvoir de Hitler, où il écrit une thèse sur Heinrich Heine. Puis il devient rédacteur en chef d'un journal allemand anti-nazi à New York, qui ne dure que deux ans, mais qui joue un grand rôle en dénonçant les activités du Bund germano-américain en Amérique.

De 1939 à 1942, Stefan Heym travaille comme courtier d'éditions et consacre ses loisirs à l'écriture de son premier roman, Hostages, écrit en anglais, publié en 1942 et qui connaît un grand succès.

Il s'engage dans l'armée américaine en 1943 et participe comme officier au Débarquement de Normandie. C'est à cette époque qu'il écrit son second roman Sur la paix souriante édité en 1944. Il est nommé lieutenant, affecté au service de propagande et d'information. Les Croisés, son troisième roman, est directement inspiré de cette période de sa vie. En 1945, les orientations de la revue qu'il crée à Munich lui valent d'être expulsé de l'armée américaine pour ses idées « pro-communistes ». En 1948, Les croisés, qui évoque la seconde guerre mondiale et le communisme est un best-seller. En 1952, sous la poussée du maccarthysme, il rend ses décorations, renonce à la nationalité américaine et s'installe à Berlin-Est.

Après des débuts enthousiastes, où il publie une série de reportages sur l'Union Soviétique dans la Berliner Zeitung, sa position se détériore à partir de son roman Une semaine en juin qui traite de la révolte des Berlinois de Berlin-Est en 1953. Il est juste toléré en Allemagne de l'Est, car il critique, inlassablement, le régime en place. Mis sous surveillance par la Stasi, il n'émigre pas et réussit à faire publier ses livres à l'Ouest, à commencer par son roman Une semaine en juin. Protégé par sa notoriété, il se définit comme socialiste critique, fustigeant un parti qui "prétend représenter la classe ouvrière mais n'est fait que de tyrans petits-bourgeois". Il est mis au ban de l'Union des écrivains est-allemands.

Un de ses tout premiers romans qui, sous le régime communiste, avait été interdit de publication, paraîtra finalement quelque temps avant sa mort : Les Architectes[2].

Lors de la réunification, Stefan Heym est élu député d'un quartier populaire de Berlin-Est. Ce doyen du Bundestag, à 81 ans, dénonce la prétention hégémonique de l'Allemagne de l'Ouest, la qualifiant de "serpent qui a dévoré un hérisson, et qui maintenant souffre de problèmes digestifs", discours qui provoque un tel scandale qu'il finit par renoncer à ses fonctions un an plus tard. Il meurt en Israël en 2001, juste après avoir donné une conférence sur Heinrich Heine, sur qui il avait écrit son tout premier ouvrage, une thèse.

Bibliographie (incomplète, voir fiche en allemand)[modifier | modifier le code]

  • Thèse sur Heinrich Heine à l'université de Chicago
  • Otages (écrit en anglais, 1942, publié en français en 1946, Ed G.-E. Pinaud à Alger)
  • Sur la paix souriante
  • Les Croisés (1950, nrf Gallimard, traduit de l'anglais, 1948 : The Crusaders)
  • Les yeux de la raison (The Eyes of Reas, écrit en anglais, Nrf Gallimard, 1954)
  • L'âge cosmique (écrit en anglais, Les Editeurs Français Réunis, 1959)
  • Une semaine en juin (Berlin, 1953) (Jean-Claude Lattès, 1990, collection : La Nuée Bleue)
  • Chronique du roi David (Der König David Bericht[3] , traduit de l'allemand, édition Métailié, 1991)
  • Ahasver le juif errant (L'Âge d'homme, 1991)
  • Les Architectes [4] (écrit en 1966, publié en 2000, et en français en 2008, Zulma)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. L'article en allemand que je ne peux traduire, est bien plus vaste et précis que l'article ci-dessous : http://de.wikipedia.org/wiki/Stefan_Heym
  2. (fr) « Stefan Heym » sur le site des éditions Zulma
  3. Wiki-Article en allemand : http://de.wikipedia.org/wiki/Der_K%C3%B6nig_David_Bericht
  4. Critique Télérama : http://www.telerama.fr/livres/les-architectes,27973.php