Université technique de Dresde

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Université technique de Dresde / Ecole Polytechnique Royal de Dresde
Image illustrative de l'article Université technique de Dresde
Devise Wissen schafft Brücken (La Connaissance lance des ponts)
Nom original Technische Universität Dresden/ Ehemaliges Königlich-Sächsisches Polytechnikum Dresden
Informations
Fondation 1828
Type Université publique
Régime linguistique Allemand
Localisation
Coordonnées 51° 01′ 41″ N 13° 43′ 36″ E / 51.0281, 13.726751° 01′ 41″ Nord 13° 43′ 36″ Est / 51.0281, 13.7267  
Ville Dresde
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Saxe
Direction
Président Prof. Hans Müller-Steinhagen
Chiffres clés
Personnel 7 094 personnes, dont 507 professeurs (sans le personnel médical)
Étudiants 36 534 étudiants
Divers
Affiliation Pégasus, TIME, CASAER
Site web tu-dresden.de/

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
Université technique de Dresde / Ecole Polytechnique Royal de Dresde

L’université technique de Dresde ou bien École Polytechnique Royale de Dresde (en allemand, Technische Universität Dresden, abr. TU Dresden, TUD) est une université d´élite allemande, située à Dresde, dans le Land de Saxe. Elle a été fondée en 1828. En 2006 avec 34 993 étudiants elle est la plus grande université de Saxe et une des plus grandes universités en Allemagne.

L’université est réputée pour ses écoles d’ingénieurs, mais aussi d’architecture, d’économie, de médecine et de psychologie. Depuis le 15 juin 2012, elle fait partie des onze universités allemandes reconnues « universités d'excellence »[1].

L’université met l’accent sur la coopération avec les autres institutions de recherche renommées de la ville. En tant que plus grand site de microélectronique en Europe, elle possède des atouts en matière de nanotechnologie et de la bioinformatique. Il y a aussi une collaboration avec l’université des Nations Unies, qui a un collège à Dresde.

Histoire de la TU Dresden[modifier | modifier le code]

Johann Andreas Schubert

Des origines au développement de l'Institut technique (1811-1871)[modifier | modifier le code]

L’Académie de médecine et de chirurgie de Dresde, qui donnera par la suite naissance à la faculté de médecine, avait été fondée en 1815 par Carl Gustav Carus. L’année suivante, l’école forestière de Tharandt, créée dès 1811 par Heinrich Cotta, et d'où naîtra l’Institut agronomique de Dresde, prenait le nom d’« Académie royale de sylviculture » (Königlich-Sächsischen Forstakademie). Le Jardin botanique de Tharandt, qui remonte lui aussi à l'année 1811, dépend également de l'université technique de Dresde et de l’arboretum régional de Saxe.

Le 1er mai 1828, la Technische Bildungsanstalt zu Dresden était créée pour répondre aux besoins de l’industrialisation dans des domaines tels que la résistance des matériaux, le génie mécanique, et le génie naval. Son fondateur et premier directeur, Wilhelm Gotthelf Lohrmann, qui était depuis 1827 responsable du Mathematisch-Physikalischer Salon des Collections nationales de Dresde, en établit les premiers locaux dans un pavillon des Terrasses Brühl.

L’un des personnages-clef de cette période est le jeune prodige Andreas Schubert, qui enseignait déjà à l'institut technique ainsi qu'à l’École des Arts Décoratifs de Dresde (Bauschule der Akademie der bildenden Künste) alors qu'il n'avait que 20 ans. Génie universel, Schubert travailla très vite à son compte : il conçut entre autres un navire à vapeur, la locomotive Saxonia (une des premières locomotives allemandes) et le fameux viaduc à voûtes multiples dit« Göltzschtalbrücke ». Schubert sera le quatrième directeur de l'Institut.

Une première réforme en 1851 reclassa l’établissement en Institut polytechnique royal de Saxe (Königlich Sächs. Polytechnische Schule ), ce qui le mettait sur un pied d’égalité avec l'autre grande école du royaume, l’École des mines de Freiberg.

L'Institut de technologie (1871-1960)[modifier | modifier le code]

Le bâtiment Beyer fut construit en 1913 pour accueillir les cours de génie civil (ici photo de 1953).

Avec la proclamation de l’Empire allemand, l'Institut changea une nouvelle fois de nom en 1871 pour devenir le Königlich-Sächsisches Polytechnikum. L'enseignement de nouvelles disciplines, non-techniques celles-là, comme l’économie rurale, le droit, la Philosophie, l’histoire et les langues vivantes y était désormais dispensé, ce qui classa le Polytechnikum de Dresde devant l’École des Mines de Freiberg. Comme dans les autres écoles techniques supérieures de l'espace germanophone, on exigea à partir de 1883 des étudiants qu'ils passent un examen de sortie accompagné de la soutenance d'un mémoire de fin d'études. L’établissement obtint le statut impérial de Technische Hochschule par décret du 3 février 1890, devenant la Königlich Sächsische Technische Hochschule. L'ancien professeur et dernier directeur du Polytechnikum, Gustav Zeuner, exerçait alors une influence déterminante dans les nominations au rectorat. À partir de 1900, l'école de Dresde avait la possibilité de classer des promotions entières d'élèves ingénieurs ; elle pouvait également accorder un diplôme d'honneur aux savants et entrepreneurs particulièrement en vue : l'un des premiers titulaires fut l'industriel Friedrich Siemens. La tradition de l'enseignement de la technique photographique à l’université de Dresde remonte aux premiers cours de Hermann Krone, pionnier de la photographie des paysages, et de l'industriel Richard Hüttig.

Avec les besoins croissants en salles de cours à la fin du XIXe siècle, le campus commença à s'étendre dans les faubourgs sud au-delà de Räcknitz. Les nombreux bâtiments du noyau originel du campus sont l'œuvre des architectes Karl Weissbach et Martin Dülfer ; ils sont en briques avec des éléments de grès, avec une architecture d'inspiration éclectique. Les édifices les plus remarquables du campus sont le Hauptkollegiengebäude (aujourd'hui « Bâtiment Zeuner ») et le Département de Génie Civil (aujourd'hui Bâtiment Beyer), construit en 1913 place Fritz-Foerster avec l’observatoire Lohrmann et sa coupole surplombant la rue d'environ 20 m. La lunette astronomique de 10 pouces était utilisée jusqu'en 1980 pour l’astrogéodésie. Le nouvel observatoire a été construit en 2008 sur la colline de Triebenberg, à l'est de Dresde.

Arthur Schlossmann, recruté en 1902 comme professeur de physiologie et l'industriel Karl August Lingner ont créé à Johannstadt une polyclinique de pédiatrie, qui est devenue la clinique universitaire de Dresde. Richard Mollier, promoteur du diagramme d'enthalpie qui porte son nom, était un chercheur en thermodynamique de l'université de Dresde. Les fondateurs du mouvement expressionniste Die Brücke, Fritz Bleyl et Ernst Ludwig Kirchner, ont étudié l’architecture au TH Dresden. Plusieurs chercheurs en sciences humaines y travaillaient dans les années 1920, tels Victor Klemperer, qui fut recruté en 1920 comme professeur de littérature romane.

C'est à cette époque que les bâtiments ont reçu leurs noms actuels (tels le bâtiment Zeuner, en 1928). Le bâtiment Fritz-Foerster, œuvre de l'architecte Martin Dülfer (comme le bâtiment Beyer), fut rehaussé jusqu'en 1927 : sa construction marque l'ultime extension du campus historique, dans la Mommsenstrasse.

Sous l’ère nazie, de nombreux chercheurs de la TH de Dresde furent démis de leur poste ou objet de représailles : Klemperer et d'autres (par exemple Gustav Kafka ou Richard Seyfert) décidèrent malgré tout de rester en Allemagne et poursuivirent leurs recherches dans la clandestinité ; les autres, à l'instar du mathématicien Richard von Mises ou du théologien Paul Tillich, émigrèrent et retrouvèrent tant bien que mal un poste dans une université (pour von Mises et Tillich, l’université Harvard). Cela dit, dès avant 1933, quelques chercheurs s'étaient déclarés ouvertement nazis, comme le pédagogue Alfred Bäumler, l'un des promoteurs du système éducatif nazi.

Après la deuxième guerre mondiale, de nouveaux édifices virent le jour, tel le bâtiment Trefftz avec le passage vers le bâtiment Willer.

Une grande partie du campus disparut lors du bombardement de Dresde. La reconstruction s'amorça dès 1945-46 (du côté de la faculté d'agronomie, rattachée depuis 1929 au Polytechnikum) avec l'établissement des nouvelles facultés de Pédagogie et d économie rurale, sous la direction d'un professeur de génie mécanique, Enno Heidebroek. De 1949 à 1961, le TH Dresden comportera une Faculté des Travailleurs, ayant pour objectif de mener les ouvriers et petits employés jusqu'au baccalauréat (Abitur) et ainsi de leur ouvrir la voie des études supérieures. Un cours de marxisme-léninisme devenant obligatoire en RDA à partir de 1951 pour tous les étudiants, enseignants et professeurs, ainsi que pour la promotion des travailleurs, l'université ouvrit un Institut du Marxisme-léninisme, qui devint en 1969 un Département, et qui fonctionna jusqu'en 1990.

En 1950, la faculté d’économie des transports, unique en son genre et toujours en activité, ouvrit ses portes. Le premier doyen de cet établissement fut Hans Reingruber, futur ministre des Transports de la RDA (et député du groupe des Indépendants). De 1953 à sa mort en 1964, il enseigna et poursuivit ses recherches dans la Hochschule für Verkehrswesen qu'il avait inaugurée en 1952. D’autres facultés uniques en leur genre, comme l'école de pilotage de Dresde et la faculté de génie nucléaire seront actives jusqu'en 1961.

Heinrich Barkhausen mit sur pied un Institut de radioélectricité. Professeur depuis 1911, c'était l'un des grands spécialistes allemands de l'électrotechnique. Ses travaux sur la technique du transistor ont assis la réputation de l'université dans le domaine de l'électronique. Les facultés de génie mécanique et d'électrotechnique rouvrirent en 1951.

L'Université technique depuis 1961[modifier | modifier le code]

La dénomination actuelle de l'université : Technische Universität Dresden (latin: Universitas litterarum et technicarum Dresdensis), résulte d'une décision du gouvernement de RDA en 1961. Il y avait à ce moment huit facultés comptant plus de 10 000 étudiants. C'est aussi à ce moment qu'on envisagea de développer une industrie aéronautique en RDA, sur la base du prototype 152 mis au point à l'université de Dresde. Malgré l'interruption des essais à la fin des années 1950, l'ingénieur Brunolf Baade put reprendre ses travaux de recherche en tant que directeur de l’Institut des Structures de l'Université.

Cette division historique de l'université en facultés fut pratiquement supprimée lors de la troisième réforme de l'enseignement secondaire de la RDA en 1968 : les différentes facultés furent remplacées par 22 départements scientifiques (Sektionen) ou Instituts. En 1986, l'École d'ingénieurs (Ingenieurhochschule Dresden, ou IHD) fusionna avec la TU Dresden pour former avec le département d'informatique l’Informatikzentrum des Hochschulwesens der DDR, d'où est née la faculté d’informatique en 1990.

Le premier recteur élu de l’Université Technique de Dresde fut Günther Landgraf en 1990, qui s'était fortement impliqué dans la réorganisation de l'établissement depuis la Réunification allemande : par la création de nouveaux instituts spécialisés et de facultés classiques (droit, économie, philosophie, architecture) ainsi que l'intégration d'autre instituts universitaires de la capitale saxonne (Académie de médecine, École supérieure des transports, Institut de pédagogie), la TU Dresden redevint en 1992 avec 14 facultés une université à part entière. Jusqu'en 1994, la modernisation des services administratifs se poursuivit, surtout grâce aux efforts de l'ancien chancelier de l'établissement, Alfred Post.

Aujourd'hui la plupart des facultés sont divisés en instituts. Seules les facultés de sciences économiques, de droit et d'agronomie ont conservé un caractère monodisciplinaire. Enfin huit laboratoires et 13 sous-directions complètent la description de l'organisation de l’université.

L’auditorium ouvert en 1998.

Depuis le milieu des années 1990, on a construit plusieurs extensions et amphithéâtres, et réhabilités les anciens bâtiments. Avec l'extension du campus vers les faubourgs sud et est à la fin des années 2000, la faculté d'informatique comme les instituts de sciences naturelles (chimie, biologie) ont pu bénéficier d'infrastructures dernier cri.

En 2002, le gouvernement régional de Saxe a voté une réforme structurelle des établissements d'enseignement supérieurs de la région. Ce sont surtout les facultés de sciences humaines (en particulier celles de droit) qui ont fait les frais de l'opération par suite du coût trop élevé de leur entretien depuis le milieu des années 1990. Cette initiative a déchaîné de véhémentes protestations parmi les étudiants et le personnel, conduisant à un moratoire.

En 2003, on a célébré le Jubilé des 175 ans de l'université, avec en point d'orgue l'inauguration des nouveaux locaux de la Bibliothèque régionale et universitaire de Saxe à proximité du campus. Simultanément, on annonça la naissance de Dresden International University (DIU), établissement privé jumeau de la TUD.

En effet, le défunt Alfred Post (décédé en octobre 2005) avait multiplié les projets visant à rendre à l'université son statut primitif d’université privée. En 2005, dans le cadre de l’Initiative d'excellence allemande, la TU Dresden concourt au deuxième tour et aussi pour obtenir le statut de Zukunftskonzepte, mais ne parvint pas à arracher le label de School of Excellence, qui se fondait sur l'évaluation des enseignements tertiaires de l’École. Au premier tour, l'université avait satisfait aux exigences de Graduate school et de pôle d'excellence dans le domaine des biotechnologies. En juin 2012, la TU Dresden parvient à ce titre envié.

Programmes d'affiliations[modifier | modifier le code]

Parmi les universités partenaires sont l'université de Strasbourg, Boston University, Georgetown University, Harvard Medical School, université Tongji et POSTECH. Elle propose également des doubles diplômes, comme en France avec l'ESTP, l'INSA de Strasbourg ,l'école centrale de Paris et Arts et Métiers ParisTech.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :