Willem de Kooning

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Willem de Kooning

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Willem de Kooning dans son atelier en 1961

Naissance 24 avril 1904
Rotterdam Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Décès 19 mars 1997 (à 92 ans)
New York Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Néerlandais, américain
Activités peintre, sculpteur
Formation École des arts et techniques de Rotterdam
Mouvement artistique Expressionnisme abstrait
Récompenses Médaille présidentielle de la liberté
National Medal of Arts
Praemium Imperiale

Œuvres réputées

Série des Woman

Willem [de] Kooning, né le 24 avril 1904 à Rotterdam et mort le 19 mars 1997 à Long Island (New York), est un peintre d'origine néerlandaise, naturalisé américain, précurseur de l'expressionnisme abstrait.

De Kooning peint des figures, des portraits, en utilisant la gouache, l'aquarelle, le pastel, les techniques mixtes ; il est aussi sculpteur et dessinateur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le jeune Willem est né à Rotterdam, de Leendert de Kooning, négociant en vin, et de Cornelia de Kooning, née Nobel, qui tient un bar dans le quartier du port de Rotterdam. En 1907, alors que Willem a seulement trois ans, ses parents divorcent. Si son père obtient initialement la garde, il finit par rejoindre sa mère et sa sœur aînée, Marie Cornelia, née en 1899.

Entre 1916 et 1920, il est apprenti dans l'entreprise de décoration intérieure de Jan et Jaap Gidding, à Rotterdam. Il suit une formation à l'école des arts et techniques de la ville jusqu'en 1921, pendant qu'il travaille pour Bernard Romein, directeur artistique et designer. Il voyage à travers la Belgique en 1924 et enchaîne différents travaux comme peintre et décorateur. Il retourne à Rotterdam, échoue à finir son apprentissage à l'académie et décide d'émigrer.

À 21 ans, en 1926, il s'embarque clandestinement pour les États-Unis. Après avoir habité à Newport, en Virginie, puis à Boston et Hoboken, il s'installe à New York où il vit de petits boulots. Il découvre Greenwich Village, le quartier des artistes, et rencontre tout d'abord Stuart Davis et John Graham, puis David Smith, Arshile Gorky et Sidney Janis, marchand d'art influent. Il devient membre de Artists' Union en 1934 et reçoit ses premières commissions Du Works Progress Administration (WPA) dès l'année suivante. Après avoir rencontré le photographe Rudolph Burckhardt, le poète Edwin Denby (son premier client), Ibram Lassaw et le critique d'art Harold Rosenberg, il décide alors, en 1936, de se consacrer entièrement à la peinture.

En 1937, il est désigné pour peindre le mur du Hall de Pharmacie à la Foire mondiale de New York de 1939. Il rencontre Philip Guston et Barnett Newman, ainsi qu'Elaine Fried, qui devient sa femme en 1943. C'est à cette époque qu'il commence sa première série de Women (1938-1944). Il travaille parallèlement sur la création de costumes et de décors pour le ballet Les Nuages au Metropolitan Opera House. En 1942, il participe à l'exposition collective "Peintures américaines et françaises", dans le cadre de laquelle il rencontre Marcel Duchamp et Jackson Pollock. En 1946, il réalise une série d'abstractions en noir et blanc, avant de commencer l'année suivante sa seconde série de Women.

Arshile Gorky, avec qui il va partager un atelier en 1947, s'intéresse aussi bien à l'abstraction qu'à la figuration. Grâce à ses conseils, De Kooning « apprend à garder une forme plate tout en donnant l'idée d'un volume ». Ils sont tous deux inspirés par Joan Miró et Picasso.

En avril 1948, il expose pour la première fois seul, à la Charles Egan Gallery. Le Museum of Modern Art (MoMA) est le premier à lui acheter une toile : Painting (1948). À l'invitation de Josef Albers, il enseigne au Black Mountain College, en Caroline du Nord. L'année suivante, il participe avec sa femme Elaine de Kooning à l'exposition organisée par la Sidney Janis Gallery et intitulée : "Artists: Man and Wife". Il devient par ailleurs membre de The Club, qui regroupe différents artistes.

En 1950, plusieurs de ses œuvres sont sélectionnées par Alfred H. Barr, Jr., directeur du Museum of Modern Art, pour la 25e Biennale de Venise ; c'est sa première exposition à l'étranger. Il commence à cette époque sa troisième série de Women, tout en enseignant à l’École des beaux-arts et d'architecture de Yale, à New Haven, dans le Connecticut. Il publie l'année suivante "What Abstract Art Means to Me" dans le Bulletin du Musée d'Art Moderne. C'est en 1951 qu'il commence à fréquenter avec sa femme la maison d'Ileana et de Leo Castelli dans East Hampton, Long Island. Il décidera d'installer son atelier dans cette région, à partir de 1961, et s'y installera complètement en 1963.

En 1953, il expose plusieurs toiles à la Sidney Janis Gallery sur le thème : "Paintings on the Theme of the Woman". Le Museum of Modern Art acquiert pour l'occasion Woman I. Il commence en 1955 une série de paysages urbains abstraits. Il se sépare d'Elaine. L'année suivante, sa fille Johanna Liesbeth (Lisa) née de Joan Ward. À partir de 1957, il réalise une série de paysages abstraits.

Il est représenté en 1959, avec cinq de ses toiles, à la Documenta II à Cassel, en Allemagne ; il reproduit l'expérience en 1964, pour la Documenta III, avec quatre nouvelles œuvres. En 1962, il obtient enfin la nationalité américaine. Il a droit à sa première rétrospective dans un musée américain, en 1965, au Smith College Museum of Art, à Northampton, dans le Massachusetts ; la même année, il prend position contre la guerre du Vietnam.

En janvier 1968, il se rend pour la première fois à Paris, où il expose en juin, chez M. Knoedler et Cie. Il rencontre Francis Bacon à Londres. Il profite de sa tournée européenne pour retourner en Hollande, une première depuis 1926, à l'occasion d'une rétrospective au Stedelijk Museum d'Amsterdam. Cette rétrospective est donnée successivement à la Tate Gallery de Londres, au Museum of Modern Art de New York, à The Art Institute de Chicago, ainsi qu'au Los Angeles County Museum. L'année suivante, il se rend à Rome où il exécute ses premières sculptures, puis au Japon, en 1970, où il s'initie aux techniques de dessin japonais, notamment celle du nihonga. Il crée une série de lithographies pour la Hollander Workshop de New York.

Seated Woman (1969-1980) à Rotterdam.

En 1974, l'Australian National Gallery de Canberra acquiert Woman V pour 850 000 dollars, le plus haut prix jamais atteint alors pour un artiste américain en vie. Neuf ans plus tard, il atteint un nouveau record  : sa toile Two Women est vendue chez Christie's à 1,21 million de dollars ; c'est la plus haute somme jamais payée pour un travail d'un artiste vivant, après la période d'après-guerre. En novembre 1989, Interchange (1955), mis aux enchères par Sotheby's, atteint le nouveau record de 20,8 million de dollars.

En 1978, Elaine, qui a également acheté une maison à East Hampton, renoue avec son mari. Elle meurt d'un cancer du poumon en 1989, à Southampton. Lisa de Kooning et John L. Eastman sont nommés par la Cour Suprême de New York comme conservateurs des biens de Willem de Kooning, atteint par la maladie d'Alzheimer et incapable dorénavant de gérer ses affaires ; il continue toutefois à peindre des œuvres qui font l'objet d'expositions.

Il meurt le 19 mars 1997, dans sa maison d'East Hampton, à l'aube de son 93e anniversaire.

Du 18 septembre 2011 au 9 janvier 2012, le Museum of Modern Art de New York lui consacre la plus vaste rétrospective jamais organisée à son sujet, avec plus de 200 œuvres qui embrassent toute sa carrière.

Hommage

Une école d'art à Rotterdam — sa ville natale — porte son nom : la Willem de Kooning Academie[1].

Le style[modifier | modifier le code]

De Kooning refuse catégoriquement toute affiliation à un mouvement d'art car selon ses dires : « le style est une supercherie. [...] C'était une idée affreuse de chercher, comme Van Doesburg ou Mondrian, à produire, de toute pièces, un style. » Il est cependant rattaché au courant de l'expressionnisme abstrait. ainsi qu'à l’expressionnisme contemporain.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « L'art ne semble jamais me rendre paisible ou pur. J'ai toujours l'impression d'être enveloppé dans le mélodrame de la vulgarité. »[réf. nécessaire]
  • « Je dois changer pour rester le même. »[réf. nécessaire]
  • « Je n'ai jamais été intéressé par la manière de faire une bonne peinture… mais par voir jusqu'où une seule peinture pourrait aller. »[réf. nécessaire]
  • « Je suis ce que je suis »[réf. nécessaire]

Œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Interchange, 1955, huile sur toile[2], 200 × 175 cm

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edwin Denby, Willem de Kooning, New York, 1988
  • Marla Prather, David Sylvester et Richard Shiff, Willem de Kooning:Paintings, National Gallery of Art, Washington, 1994, 231 p.
  • Florence de Mèredieu, « Willem de Kooning entre pesanteur et fluidité, le mouvement de la matière », in Hôtel des Amériques, essai sur l'art américain, Paris, Blusson, 1996
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 7, Paris, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 4e éd., 13440 p. (ISBN 978-2-7000-3017-4 et 2700030176, LCCN 2001442437), p. 938-940
  • John Elderfield, Lauren Mahony, Jennifer Field, Delphine Huisinga, Willem De Kooning, De Kooning: A Retrospective, New York, Museum of Modern Art, 2011, 504 p. (ISBN 978-0870707971)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Site de la Willem de Kooning Academie
  2. Reproduction dans Beaux-Arts magazine no 75, janvier 1990, p. 39

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) [1] Willem de Kooning au MOMA, NY.
  • (en) [2] sur Artcyclopedia