Mia Couto

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Mia Couto

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Nom de naissance António Emílio Leite Couto
Activités Écrivain, romancier, poète, dramaturge
Naissance 5 juillet 1955 (59 ans)
Drapeau : Mozambique Beira
Langue d'écriture portugais
Distinctions Prix Vergílio Ferreira (1999)
Prix Mário António (2001)
Prix International Union Latine des Littératures Romanes (2007)
Prix Camões (2013)

Mia Couto (né à Beira, Mozambique, en 1955) est un écrivain mozambicain de langue portugaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mia Couto, né sous le nom de António Emílio Leite Couto à Beira, le 5 juillet 1955) est un écrivain mozambicain, fils de Portugais qui ont émigré au Mozambique au milieu du XXe siècle. Il est né et a grandi à Beira. À 14 ans, il avait déjà publié quelques poèmes dans le journal Noticias da Beira et trois ans plus tard, en 1971, il déménagea dans la capitale Lourenço Marques (maintenant Maputo). Il commença des études de médecine mais abandonna au bout de trois ans et débuta la profession de journaliste après le 25 avril 1974 (date de la Révolution des Œillets - la fin de la dictature de Salazar au Portugal). Il travailla au Tribuna jusqu'à sa faillite causée par les colons portugais en septembre 1975. Il fut nommé à la tête de l'Agence d'Information du Mozambique (AIM) et a ainsi créé des réseaux de communications entre les provinces mozambicaines durant la guerre d'indépendance. Puis il travailla comme directeur au journal Il Tempo jusqu'en 1981 et continua sa carrière au Noticias jusqu'en 1985. En 1983, il publia son premier recueil de poésie Raiz de Orvalho, qui inclut des poèmes contre la propagande militante marxiste[1]. Deux ans plus tard, il démissionna de son poste de directeur et reprit ses études universitaires dans le domaine de la biologie.

En plus d'être considéré comme l'un des auteurs les plus importants du Mozambique, Mia Couto est aussi l'écrivain le plus traduit (allemand, français, anglais, espagnol, catalan, italien). Dans plusieurs de ces œuvres, il tente de recréer la langue portugaise avec l'influence mozambicaine, utilisant le lexique et le vocabulaire des diverses régions du pays, produisant ainsi un nouveau modèle d'écriture africaine. Terre somnambule est son premier roman, publié en 1992 et il reçut le prix national de la fiction de l'association des écrivains mozambicains en 1995. Ce roman est considéré comme un des douze meilleurs livres[2] africains du XXe siècle par un jury constitué lors de la Foire Internationale du Livre au Zimbabwe.

Actuellement, Mia Couto est biologiste dans le Parc transfrontalier du Limpopo. Sans doute l'un des écrivains les plus célèbres de son pays, son œuvre est traduite dans plusieurs langues. Dans beaucoup de ses ouvrages, Mia Couto recrée une langue portugaise poétique et influencée par le Mozambique. Il produit ainsi un nouveau modèle narratif africain.

En 2013, Mia Couto reçoit le Prix Camões, plus haute distinction attribuée à un auteur de langue portugaise, pour l'ensemble de son œuvre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Plusieurs de ses livres ont été publiés dans plus de 22 pays et traduits dans diverses langues

Poésies[modifier | modifier le code]

Il entra dans le domaine poétique avec Raiz de Orvalho, publié en 1983. Mais il était déjà reconnu par d'autres grands poètes mozambicains, grâce à une anthologie intitulée Sobre Literatura Moçambicana.

Contes[modifier | modifier le code]

  • Vozes Anoitecidas, 1986
  • Cada Homem é uma Raça, 1990
  • Estórias Abensonhadas, 1994
  • Contos do Nascer da Terra, 1997
  • Na Berma de Nenhuma Estrada, 2001
  • O Gato e o Escuro (livre pour enfants), 2001
  • O Fio das Missangas, 2003
  • O Beijo da Palavrinha (livre pour enfants), 2008

Chroniques[modifier | modifier le code]

Ces chroniques ont été publiées dans des hebdomadaires mozambicains.

  • Cronicando, 1991
  • O País do Queixa Andar, 2003
  • Pensatempos. Textos de Opinião, 2005

Romans[modifier | modifier le code]

"On disait de cette terre qu'elle était somnambule. Parce que pendant que les hommes dormaient, la terre s'en allait loin par-delà les temps et les espaces. Les habitants, lorsqu'ils se réveillaient, regardaient le nouveau visage du paysage et ils savaient que la fantaisie du rêve était, cette nuit-là revenue les visiter". À partir de cette légende, Mia Couto construit une chronique avec, pour guides et compagnons, deux rescapés de la guerre qui ravage le pays : Tuahir, un vieil homme et Muidinga, un enfant sauvé de la fosse où il allait être enseveli. Tous deux trouvent refuge dans un autobus calciné où ils découvrent une valise contenant des cahiers dont ils entreprennent la lecture. L'histoire de Kindzu livrée dans ces cahiers va alors croiser la destinée des deux lecteurs, mêlant volontiers le pays réel et le pays rêvé dans le tourbillon onirique d'une "terre somnambule"[3].

  • A Varanda do Frangipani, 1996
  • Mar Me Quer, 1998

Au Mozambique, au bord de l'océan Indien, Zeca Perpétuo et Dona Luarmina vivent à quelques mètres l'un de l'autre. Zeca, un ancien pêcheur, n'a d'yeux que pour sa voisine mulâtre, qui passe des heures sur sa terrasse à effeuiller des fleurs invisibles. Leurs conversations quotidiennes, tour à tour cocasses, désabusées ou poignantes empruntent souvent des voies étranges où chacun ose à peine se dévoiler. Zeca a décidé de "tuer" un passé, que l'on devine trop lourd, mais les requêtes incessantes de Luarmina, elle-même hantée par une énigmatique saudade (nostalgie), ont bientôt raison de lui. Zeca s'évertue alors à raconter ses souvenirs marqués par le sceau de la mort : son père, Agualberto Salvo Erro, est devenu aveugle et fou à la suite de la noyade de son amante disparue à jamais dans la profondeur des eaux ; puis sa mère a sombré dans la folie et sa femme meurt tragiquement dans des circonstances que le lecteur découvre peu à peu avec effroi.

  • Vinte e Zinco, 1999
  • O Último Voo do Flamingo, 2000

Tizangara, village imaginaire du Mozambique, est le théâtre d’événements délirants. Les casques bleus, venus surveiller le processus de paix après la fin de la guerre civile, explosent sans laisser de traces, si ce n’est celle de leur membre viril. Massimo Risi, inspecteur italien des Nations Unies, est dépêché sur les lieux pour élucider ces morts mystérieuses. Accompagné d’un traducteur, il arpente Tizangara à la recherche d’indices. Ana Deusqueira la prostituée, Sulplício le père du narrateur, Temporina la jeune ensorcelée, le prêtre Muhando, le sorcier Zeca Andorinho et Estêvão Jonas l’administrateur corrompu du village sont les personnages bigarrés de cette farce à la fois grotesque et tragique. Mia Couto dépeint avec un humour décapant l’histoire du Mozambique contemporain, de l’immense espoir suscité par l’indépendance et la confiscation du pouvoir par les héros d’hier à la période qui a suivi la fin de la guerre civile sous le regard complice de la communauté internationale. Fable du chaos, le dernier vol du flamant s’élève contre les vies brisées par le fracas des guerres et l’indigence des gouvernants[4].

  • Um Rio Chamado Tempo, uma Casa Chamada Terra, 2002
  • A Chuva Pasmada, 2004
  • O Outro Pé da Sereia, 2006
  • Venenos de Deus, Remédios do Diabo, 2008
  • Jesusalém, publié au Brésil sous le titre Antes de Nascer o Mundo, 2009
  • A Confissão da Leoa, (2012)

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • Terre somnambule (Terra sonâmbula), Albin Michel, 1994
  • Les baleines de Quissico, Albin Michel, 1996
  • La Véranda au frangipanier (A Varanda do frangipani), Albin Michel, 2000
  • Chronique des jours de cendre, Albin Michel, 2003
  • Le Chat et le Noir, Dessins de Stanislas Bouvier, (O gato e o escuro), Editions Chandeigne, 2004
  • Tombe, tombe au fond de l'eau (Mar me quer), Editions Chandeigne, 2005
  • Un fleuve appelé temps, une maison appelée terre, Albin Michel, 2008
  • Le dernier vol du flamant, Editions Chandeigne, 2009
  • Et si Obama était africain, Editions Chandeigne, 2010
  • Le fil des missangas, Editions Chandeigne, 2010
  • L'accordeur de silences (Jesusalem), Editions Métailié, 2011
  • Poisons de dieu, remèdes du diable : les vies incurables de Vila Cacimba , Editions Métailié, 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]