Front roumain (1916-1918)

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Le front fin 1916.

Le Front roumain 1916-1918 est la confrontation entre d'une part les forces de la Triplice qui comprenaient des armées venant de Bulgarie[1], d'Autriche-Hongrie, de Turquie et d'Allemagne, et d'autre part l'armée roumaine soutenue par l'armée impériale russe (jusqu'en octobre 1917) et par l'armée française Berthelot.

Déroulement[modifier | modifier le code]

La Roumanie entre en guerre contre les Empires centraux le 27 août 1916 et entame une offensive contre l'Autriche-Hongrie dans les Carpates. Les forces roumaines entrent en Transylvanie en coordination avec l'Offensive Broussilov en Galicie et la Bataille de la Somme en France. Mais l'attaque des Alliés sur le Front de Macédoine tarde, ce qui permet à la 3e Armée bulgare, à deux divisions du VIe corps turc et à une brigade allemande (le tout sous les ordres du général allemand Mackensen) de mener une offensive par le sud à partir de début septembre. La lourde défaite roumaine de Tutrakan menace directement la capitale Bucarest et oblige le général Alexandre Averescu à réaffectater au sud des troupes depuis le front de Transylvanie, de sorte que le 15 septembre l'avance roumaine y est stoppée (manœuvre de Flamânda). Les forces roumaines de Dobrogée furent placées sous le commandement direct d'Andreï Zaïontchkovski le 23 septembre 1916.

Une nouvelle offensive menée par Falkenhayn repousse en Valachie les troupes roumaines et russes : après des combats en novembre où le jeune lieutenant Erwin Rommel s'illustre contre des bataillons commandés par un autre lieutenant, Ion Antonescu, la capitale roumaine tombe le 6 décembre[2]. Le front finit par se stabiliser à Mărășești où les 400 000 Roumains et les 100 000 Russes stoppent l'avance allemande, austro-hongroise et bulgare ; le gouvernement roumain se réfugie en Moldavie où les Alliés envoient du matériel et la mission Berthelot pour réorganiser et équiper l'armée roumaine[3].

En mai 1917 le général Kornilov, commandant de la VIIIe armée russe, autorise la formation avec des volontaires moldaves, slovaques et tchèques, d'un régiment d’assaut qui participe en juillet à l'offensive Kerensky et rend possible la prise de Kalouch en Galicie. Mais la percée de la IIe Armée roumaine ne put être exploitée car Kerensky arrête l'avancée générale face à la contre-offensive de Mackensen. Ces combats ne libèrent pas le sol roumain et coûtent de nombreuses pertes humaines. Suite à la révolution russe, l'armée russe se débande à l'automne 1917, ses soldats qui ne reçoivent plus de ravitaillement se mettent à piller la Roumanie et à tuer quiconque s'y oppose, et un armistice entre l’Allemagne et la Roumanie doit être conclu le 9 décembre 1917.

Après le traité de paix entre l'Allemagne et le gouvernement bolchévik, le petit nombre de militaires russes souhaitant continuer le combat au côté des Alliés se regroupe autour du colonel Drozdovski à Iași au sein du « corps spécial des volontaires russes » qui deviendra par la suite la Division de Drozdovski des armées blanches.

Le roi Ferdinand I de Roumanie refuse de signer le Traité de Bucarest avec les Empires centraux et la Roumanie reprend la guerre le 31 octobre 1918. La situation a alors beaucoup changé : l'avancée des troupes alliées en Serbie et sur le Front Ouest permet au Royaume de Roumanie de reprendre le combat.

Suites[modifier | modifier le code]

Le front roumain ne cesse pas son activité le 11 novembre 1918 car les armées Alliées basées en Roumanie poursuivent la guerre contre, cette fois, les gouvernements bolcheviks de Russie (aux côtés des armées Russes blanches) et de la république des conseils de Hongrie (voir Guerre hongro-roumaine de 1919) et doivent, de plus, faire face à des mutineries dans leurs propres rangs. Les mutineries commencent le 16 avril sur le Protet, torpilleur ancré dans le port fluvial roumain de Galatz. Les derniers militaires français du front roumain ne seront rapatriés qu'en 1920[4] et les derniers soldats roumains ne seront démobilisés qu'en 1921. Toutefois, le royaume de Roumanie, en échange de sa participation à la Première Guerre mondiale et aux campagnes anti-bolcheviques des Alliés, obtient la reconnaissance du rattachement de divers territoires majoritairement peuplés de roumanophones, pris tant à l'Autriche-Hongrie (Banat, Bucovine, Transylvanie, Marmatie) qu'à l'Empire russe (reconnaissance de l'union entre la République démocratique moldave de Bessarabie et la Roumanie). La Roumanie triple alors sa superficie, mais sort de la guerre exsangue.

Les commandants[modifier | modifier le code]

Empires centraux[modifier | modifier le code]

Empire allemand[modifier | modifier le code]

Autriche-Hongrie[modifier | modifier le code]

Royaume de Bulgarie[modifier | modifier le code]

Alliés[modifier | modifier le code]

République française[modifier | modifier le code]

Royaume de Roumanie[modifier | modifier le code]

Empire russe[modifier | modifier le code]

Effectifs[modifier | modifier le code]

  • État-major
  • IVe armée russe (décembre 1916 — oct. 1917)
  • VIe armée russe (décembre 1916 — oct. 1917)
  • VIIIe armée russe (septembre 1917 — oct. 1917)
  • IXe armée russe (décembre 1916 — oct. 1917)
  • Ire armée roumaine (général Constantin Cristescu)
    • III corps d'armée
    • V corps d'armée
    • VI corps d'armée
  • IIe armée roumaine (général Alexandru Averescu).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 3e Armée bulgare, Ministère de la Guerre (1939) pages 779-783) (en bulgare : Министерство на войната (1939), p. 779–783)
  2. Auguste Baldensperger, Sous le casque à pointe sur le front de l'Est, ed. Lisette, Guebwiller, 1971.
  3. N.P. Comnène, Roumania through the ages, Payot, Lausanne et Paris, 1919
  4. Barré 1983, p. 50.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Luc Barré, « Les mutins de la mer Noire », Connaissance de l’Histoire, éditions Hachette, no 54,‎ mars 1983Document utilisé pour la rédaction de l’article