Tennis en France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le court Suzanne-Lenglen du stade Roland-Garros, un des principaux courts de tennis français

Le tennis est le deuxième sport le plus pratiqué en France, après le football, avec environ 1 100 000 licenciés en 2011[1].

Sa popularité s'incarne notamment dans la tenue de l'un des quatre principaux tournois professionnels, le tournoi du Grand Chelem des Internationaux de France de tennis, dit Roland-Garros, parmi les épreuves sportives les plus médiatiques au monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

La France de l’Ancien régime pratique beaucoup le jeu de paume. C’est lui qui sera à l'origine du tennis (et aussi de la pelote basque). Il est une véritable passion française qui culmine aux XVe et début du XVIe siècle. La France est couverte de terrains de jeu de paume, extérieurs ou couverts.

Les débuts du tennis français[modifier | modifier le code]

Le « lawn-tennis » comme l'on dit à partir de 1877, année du premier tournoi de Wimbledon, est importé en France par de riches touristes anglais. Ils jouent d'abord sur le sable mouillé des plages, en Bretagne notamment[2], puis font construire des courts dans les parcs des hôtels des villes balnéaires[3]. Le vicomte Léon de Janzé fonde en 1873 la Société sportive de l'Île de Puteaux, qui pratique le tennis. En 1880, il fonde le Lawn-Tennis Club de Dieppe[4]. Pourtant, il semble que "le premier club de tennis français" soit le Dinard lawn-tennis club, "le roi des clubs, le club des rois" créé en 1879[5]. Rien d'étonnant à cela : Dinard est une station balnéaire chic proche de l'Angleterre. Plus surprenant, le tennis fait aussi son apparition dans les colonies comme la Réunion où, présent dès 1892, il est également réservé à quelques happy few privilégiés[6].

Entre 1880 et 1920, le tennis reste principalement réservé à la bourgeoisie et l’aristocratie[7]. L'USFSA prend en mains très progressivement les affaires du tennis à partir de 1888. Dans les faits, joueurs et clubs privés n'ont pas besoin de l'USFSA et se rattachent souvent directement à la fédération anglaise, quasi omipotente en Europe jusqu'en 1911[8]. Dès avant la Grande Guerre des tentatives de démocratisation sont tentées, notamment par la Fédération sportive du travail, sans grands résultats[9]. L'Union tente plutôt de développer le côté purement sportif et crée en 1891 un championnat de France inter-clubs. Si les Anglais parvenaient à faire respecter un règlement unique lors des matchs de compétition placés sous leur autorité, chaque club, chaque joueur, avait ses propres règles. La création d'un championnat inter-clubs permet des progrès dans ce domaine. En 1890, une poignée de compétitions existent en France ; en 1910, seize tournois ont lieu entre mai et août à Paris, Bordeaux, Lille, Le Havre, Étretat, Houlgate, Auxerre, Nantes, Tours, Évian et Compiègne[10]. En 1911, trois niveaux de tournois sont mis en place. Dans la foulée, la fédération anglaise propose à l'USFSA une convention qui la rend totalement maîtresse du jeu en France à la condition d'admettre la primauté de la vénérable LTA avant de fonder une fédération internationale (1913). Fragilisée depuis ses déboires avec la FIFA en 1908, l'USFSA accepte.

Si les résultats internationaux restent faibles pour les joueurs français, une équipe de France s'aligne dès 1904 en Coupe Davis. L'arrivée massive en compétition vers 1910 de joueurs professionnels américains, australiens et néo-zélandais n'aide pas vraiment les Français. L'amateurisme est l'un des dogmes de l'USFSA et sur ce point, elle bloque toute évolution en France. Les joueurs français s'adaptent et adoptent les cadences d'entraînement des professionnels (5 heures par jour) tout en restant amateur. La génération dorée du tennis français, de Suzanne Lenglen dès les années 1910 aux Quatre Mousquetaires (Jean Borotra, Jacques Brugnon, Henri Cochet, René Lacoste) dans les années 1920 connaît sa formation au tennis dans ces conditions[10].

Depuis 1920[modifier | modifier le code]

En 1920, l'USFSA explose et la Fédération française de tennis voit le jour.

Équipement[modifier | modifier le code]

Pratique[modifier | modifier le code]

Le tennis est en France après le football, le sport qui rassemble le plus de licenciés. On comptait en 2007 pas moins de 8 460 clubs de tennis[réf. nécessaire] et en 2011, environ 1 100 000 licenciés[1].

Nombre de licenciés en tennis en France
Nombre de licenciés (2007)[11] Nombre de licenciés (2008)[12] Nombre de licenciés (2009)[13] Nombre de licenciés (2010)[14] Nombre de licenciés (2011)[1]
1 094 593 1 105 445 1 125 201 1 134 571 1 102 921

Organisation[modifier | modifier le code]

Le tennis est géré en France par la Fédération française de tennis (FFT) fondée en 1920. Avant cette date, l'USFSA géra le tennis français depuis 1888.

L'Équipe de France de Coupe Davis représente la France en Coupe Davis ; chez les féminines, l'Équipe de France de Fed Cup s'aligne en Fed Cup.

Le tennis professionnel[modifier | modifier le code]

La France est une importante nation pour le tennis professionnel. Si, depuis l'ère Open, elle n'a connu aucun numéro un mondial masculin, elle a connu une numéro un mondiale féminine en la personne d'Amélie Mauresmo, deux fois au sommet de la hiérarchie au classement WTA en 2004 et 2006, pour un total de trente-neuf semaines cumulées. En outre, la France est une des nations sinon la nation la plus représentée dans le classement ATP mondial avec, de manière assez stable, entre 8 % et 12 % des joueurs classés dans le top 100 mondial et entre 6 % et 10 % de l'ensemble des joueurs classés[15]. Elle dispute cette première place avec l'Espagne depuis le début des années 2000. Dans le classement WTA mondial, elle envoie en moyenne au début des années 2010 5 à 8 joueuses dans le top 100.

Champions[modifier | modifier le code]

Palmarès[modifier | modifier le code]

Numéro un mondiale en 2004 et 2006, deux fois titrée en Grand Chelem et une fois aux Masters, Amélie Mauresmo (ici en 2009) est une des meilleures joueuses mondiales des années 2000, et une des principales championnes de tennis françaises.

Avant l'ère Open, les joueurs français ont remporté 83 titres du Grand Chelem en simple : l'Open d'Australie en 1928 (Jean Borotra), 66 fois Roland-Garros (37 chez les hommes entre 1892 et 1946, 29 chez les femmes entre 1897 et 1967), dont six fois par Suzanne Lenglen et huit fois par Max Decugis, 13 fois Wimbledon (dont 6 fois Suzanne Lenglen) et 3 fois l'US Open.

Depuis le début de l'ère Open, les joueurs professionnels français ont remporté 7 titres majeurs :

6 tournois du Grand Chelem :

À 13 reprises, des Français ont atteint une finale de Grand Chelem sans s'imposer : à l'Open d'Australie, Mary Pierce en 1997, Amélie Mauresmo en 1999, Arnaud Clément en 2001, Jo-Wilfried Tsonga en 2008 ; à Roland-Garros, Patrick Proisy en 1972, Henri Leconte en 1988, Mary Pierce en 1994 et 2005 ; à Wimbledon, Cédric Pioline en 1997, Nathalie Tauziat en 1998 et Marion Bartoli en 2007 ; à l'US Open, Cédric Pioline en 1993 et Mary Pierce en 2005.

1 Masters de tennis : Amélie Mauresmo en 2005. Ils ont également atteint 6 fois la finale (1997 et 2005 pour Mary Pierce, 2001 pour Sébastien Grosjean, 2003 et 2006 pour Amélie Mauresmo, 2011 pour Jo-Wilfried Tsonga).

Les joueurs français ont également remporté 4 médailles olympiques dans l'ère Open, s'ajoutant aux 14 médailles acquises avant 1924 dont les titres de Marguerite Broquedis et André Gobert (simple et double avec Maurice Germot) en 1912, et Suzanne Lenglen en 1920 :

Dans les épreuves internationales par équipes nationales, la France compte 11 titres :

Tournois[modifier | modifier le code]

Tournois professionnels et semi-professionnels français (2010)
Circuit masculin Nombre et lieux Circuit féminin Nombre et lieux
Grand chelem 1 (Roland-Garros, Paris) Grand chelem 1 (Roland-Garros, Paris)
Masters 1000 1 (Masters de Paris-Bercy) Tournois WTA Premier 1 (Paris)
ATP 500 Series - Tournois WTA International 1 (Strasbourg)
ATP 250 Series 4 (Marseille, Nice, Metz, Montpellier) -
ATP Challenger Tour 7 (Nouméa, Cherbourg, Saint-Brieuc, Bordeaux,
Saint-Rémy-de-Provence, Rennes, Orléans)
ITF Women's Circuit 27 (Saint-Martin, Le Gosier, Grenoble, Belfort, Lyon, Dijon, Amiens, Gonesse, Cagnes-sur-Mer, Saint-Gaudens, Marseille, Montpellier, Périgueux, Mont-de-Marsan, Biarritz, Contrexéville, Les Contamines-Montjoie, Denain, Saint-Malo, Clermont-Ferrand, Limoges, Joué-lès-Tours, Saint-Raphaël, Poitiers, Nantes, Le Havre, Equeurdreville)
Un club à Saint-Brieuc
Courts de tennis à Serpaize, près de Lyon

Le système de classement[modifier | modifier le code]

Le tennis en France dans la culture[modifier | modifier le code]

Médiatisation[modifier | modifier le code]

Tous les moyens télévisuels et radiophoniques mis en place font du tournoi de Roland-Garros l’événement sportif français le plus regardé dans le monde, sur 214 territoires au total, et le seul qui ait une couverture en direct sur un réseau de chaînes télévisées américaines. Les accords entre la FFT et la chaîne NBC ont été prolongés jusqu’en 2010 et ESPN2 a diffusé plus de 100 heures consacrées à Roland-Garros en 2006[16].

Le tennis dans les arts et la littérature[modifier | modifier le code]

Critiques et polémiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Répartition des licences sportives et autres titres de participation (ATP) par fédération française agréée en 2011, sur le site du Ministère des Sports
  2. Jean-Pierre Chevallier et alii, Le Tennis breton, 1879-2013, Pontivy, Ligue de Bretagne de tennis, 2012, pages 21-22.
  3. Anne Marie Waser, « La diffusion du tennis en France », in Histoire des sports, Paris, L'Harmattan, 1996, p.102
  4. Anne Marie Waser, op. cit., p.110
  5. Jean-Pierre Chevallier, op. cit., pages 3 et 77-85.
  6. Philippe Guillot, Histoire du tennis à la Réunion. Le deuxième sport de l'île des origines à nos jours, Saint-Denis (Réunion), Zarlor, 2013, pp. 14-15.
  7. Anne Marie Waser, op. cit., p.101
  8. Anne Marie Waser, op. cit., p.102
  9. Anne Marie Waser, op. cit., p.103
  10. a et b Anne Marie Waser, op. cit., p.129
  11. Répartition des licences sportives et autres titres de participation (ATP) par fédération française agréée en 2007.
  12. Répartition des licences sportives 2008 et autres titres de participation (ATP).
  13. Répartition des licences sportives et autres titres de participation (ATP) par fédération française agréée en 2009.
  14. Répartition des licences sportives et autres titres de participation (ATP) par fédération française agréée en 2010.
  15. ATP World Tour, « Classements ATP des joueurs français » (consulté le 9 février 2013)
  16. « La couverture multimédia de l'édition 2008 », sur http://www.fft.fr (consulté le 29 mars 2009)

Liens externes[modifier | modifier le code]