Mourad Boudjellal

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Mourad Boudjellal

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Mourad Boudjellal en 2014

Naissance 5 juin 1960 (54 ans)
Ollioules Drapeau de la France France
Nationalité Française
Profession
Président du Rugby club toulonnais
Autres activités
Fondateur et ex-PDG de Soleil Productions, chroniqueur et polémiste sur RMC
Famille

Mourad Boudjellal, est un homme d'affaires français d'origine algérienne né le 5 juin 1960 à Ollioules dans le Var[1]. Il est surtout connu pour ses activités dans la bande dessinée et le rugby.

Mourad Boudjellal se lance dans les affaires sans l'aide familiale et réussit brillamment devenant le fondateur et le PDG de la maison d'éditions Soleil Productions.

Fortune faite, Mourad Boudjellal s'implique dans le rugby en devenant l'actionnaire principal du Rugby club toulonnais (RCT). Comme dirigeant, Mourad Boudjellal remporte deux titres de champion d'Europe et un titre de champion de France.

Mourad Boudjellal est par ailleurs chroniqueur dans l'émission Les Grandes Gueules sur RMC.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Mourad Boudjellal est issu de l'immigration algérienne et de l'exode arménien. Ses grands-parents paternels, Moussa Boudjellal, musulman algérien, et Marie Bedros-Caramanian, chrétienne arménienne ayant perdu sa famille dans le génocide de 1915, se sont rencontrés en Turquie et ont vécu en Algérie française jusqu'à la mort de Moussa[1]. Marie est alors venue s'installer à Toulon (France) en 1945 avec son fils Ahmed, le père de Mourad[1]. La mère de Mourad est algérienne.

Mourad naît en 1960, dernier de deux filles et deux garçons. Son père, chauffeur poids lourd, leur donne une éducation que Farid, le frère aîné de Mourad, jugera rétrospectivement d'« excellente » malgré des moyens financiers limités qui génèrent un sentiment revanchard chez le futur créateur des éditions Soleil[1].

La réussite par les bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Mourad Boudjellal est passionné de bandes dessinées depuis son plus jeune âge. À dix ans il relie ses propres bandes dessinées qu'il baptise Mourad Éditions[1] et à 17 ans et demi il participe à la création du festival de bandes dessinées d'Hyères[1].

En 1982, il ouvre une petite librairie spécialisée en bandes dessinées — Bédule, rue de Pomet à Toulon — où il organise des séances de dédicaces.

En 1989, il crée Soleil Éditions[1], il rachète les droits de Rahan dont le premier volume se vend à 8 000 exemplaires en trois jours et à 22 000 en trois mois. Il poursuit dans les rééditions avec Tarzan ou Mandrake le magicien avant de lancer des séries originales et notamment Lanfeust de Troy qui obtient un succès immédiat et phénoménal. Succès qui ne se démentira pas avec les diverses séries qui en découleront (Lanfeust des étoiles, Trolls de Troy, etc.).

En 2006, Soleil (dont il est alors actionnaire à 100 %) est le troisième éditeur francophone de bandes dessinées et réalise un chiffre d'affaires de près de 40 millions d'euros[1].

Ayant relancé le label Futuropolis avec Gallimard, associé à TF1 pour le lancement de TF1 BD, il entend également créer un studio de dessins animés.

En juin 2011, il cède ses parts aux éditions Delcourt afin de se consacrer à 100 % au R.C Toulon dont il est le propriétaire.

Dans le monde du Rugby à XV[modifier | modifier le code]

En 2005, en battant Tarbes, les joueurs du Rugby club toulonnais atteignent l’élite du Top 14. Les Éditions du Soleil deviennent alors parraineur du club pour les maillots des joueurs. Mais après une année décevante, ils sont rétrogradés en Pro D2[2].

En mai 2006, Mourad Boudjellal se lance alors un nouveau challenge en devenant le président du Rugby club toulonnais[1], avec Stéphane Lelièvre, et prend plus spécifiquement en charge le secteur sportif. Il ne met pas longtemps à s'attirer les feux des projecteurs, avec l'annonce de l'arrivée du capitaine des All Blacks, Tana Umaga, un transfert sans précédent dans l'histoire du rugby français[1]. S'ajoutent les arrivées de Yann Delaigue, Jean-Jacques Crenca ou encore Jean-Baptiste Rué, faisant du RCT l'épouvantail du pro D2, et pour faire oublier sa saison catastrophique passée en Top 14.

La saison 2006-2007 se soldera pourtant par un relatif échec, le club finissant 4e de la saison régulière et échouant surtout en demi-finales des barrages d'accession au Top 14.

Pour la saison 2007-2008, il lance une campagne de recrutement inouïe pour un club de Pro D2 en faisant signer de grands noms du rugby mondial : George Gregan (capitaine des Wallabies, champion du Monde 1999, et recordman mondial du nombre de sélections), Victor Matfield (récent champion du Monde 2007), Anton Oliver (talonneur des All Blacks), Andrew Mehrtens (ancien ouvreur des All Blacks et recordman des points inscrits au sein de cette équipe)[3].

Cette fois, la réussite est au bout et le RCT termine premier de la saison régulière, accédant ainsi directement à l'élite du rugby français.

Pour son premier match de la saison au sein de l'élite, le RCT bat le club de Clermont, finaliste des deux éditions précédentes, mais la performance s'avère sans lendemain et le club ne parvient que difficilement à assurer son maintien parmi l'élite.

Il faudra attendre la saison de 2009-2010 pour que le RCT explose enfin. Cette saison est marquée par une amélioration spectaculaire de ses résultats, grâce notamment à l'arrivée en renfort de l'entraîneur Philippe Saint-André et du buteur d'exception Jonny Wilkinson. Le RCT termine la saison régulière à la deuxième place et se hisse jusqu'aux demi-finales des playoffs du championnat, où il est battu par Clermont et en finale du Challenge européen[4].

La saison de 2010-2011 est très décevante, le club ayant un des plus importants budgets du top 14 mais finissant difficilement à la 8e place du championnat. Toutefois, le club réussit à se hisser en quart de finale de Heineken Cup pour sa première participation à l'épreuve.

La saison de 2011-2012 sera, elle, de très grande qualité puisque le club atteint à la fois les finales du Top 14 (perdue contre le Stade toulousain 12-18) et du challenge européen (perdue contre Biarritz 18-21).

Début 2012, il est condamné à 130 jours de suspension pour « atteinte à l'image du rugby à l'éthique et à la déontologie sportive »[5].

La saison de 2012-2013 est celle du triomphe européen pour son club, qui remporte la Heineken Cup le 18 mai 2013 en battant l'ASM en finale à l'Aviva Stadium de Dublin sur le score de 16-15. Dans l'euphorie du premier grand trophée qu'il gagne en tant que président, Mourad Boudjellal déclare n'en « avoir plus rien à cirer du Top 14[6] ». Pourtant, une semaine après cette victoire, le RCT bat le Stade toulousain 24-9 en demi-finale du Top 14 mais perd en finale contre le Castres olympique au Stade de France 14 à 19.

Lors de la saison 2013-2014, le RC Toulon réalise le doublé Coupe d'Europe (victoire contre les Saracens en finale à Cardiff)/championnat de France (victoire contre Castres en finale au Stade de France), les deux derniers matches de la carrière sportive de Jonny Wilkinson.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mourad Boudjellal est le cinquième et dernier enfant de l'union de Marie et Amhed Boudjellal. Il est marié à Linda. De cette relation, il a trois enfants. Son frère Farid Boudjellal est auteur de bandes dessinées et a notamment publié Le cousin Harki[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Henry Michel, « Rugby sur l'ongle », sur www.liberation.fr, Libération,‎ 16 septembre 2006 (consulté le 8 mai 2010)
  2. Jean Baptiste François, « Mourad Boudjellal, un éditeur de BD au pays du rugby », sur http://www.la-croix.com, La Croix,‎ 14 mai 2010 (consulté le 26 juin 2010)
  3. La vraie nature de Boudjellal, leparisien.fr, 15 octobre 2008
  4. Maxime Mianat, « Mourad Boudjellal - « Un titre serait l’aboutissement » », sur www.francesoir.fr, France-Soir,‎ 24 avril 2010 (consulté le 27/07/2013)
  5. Mourad Boudjellal : « Personne ne va m'expliquer ce qui est bien ou pas moralement », franceinfo.fr, 23 juillet 2013
  6. Sports.fr Sylvain Labbé, "Boudjellal, un taxi pour le paradis" mis en ligne le 20 mai 2013, consulté le 30 mai 2013