Rébellion jacobite

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Jacques II d'Angleterre et VII d'Écosse, peint par Sir Godfrey Kneller en 1684

Les révoltes jacobites sont une série de soulèvements, de rébellions et de guerres dans les îles Britanniques entre 1688 et 1746. Les soulèvements visent à ramener Jacques VII d'Écosse et II d'Angleterre, puis ses descendants de la Maison de Stuart, sur le trône dont ils ont été privés par le Parlement après la Glorieuse Révolution de 1688.

Cette série de conflits tirent leur nom de Jacobus, version latine de Jacques. L'armée française y participe en 1692 et 1708. Quelque 40 000 réfugiés jacobites en France se sont installés entre 1688 et 1692, appelé les oies sauvages. Louis XIV installe le roi d'Angleterre en exil Jacques II dans son château de Saint-Germain-en-Laye, avec une cour de jacobites en exil. La ville compte plus de 1 700 jacobites en 1700.

Ces révoltes eurent pour conséquence l'émigration massive des peuples écossais, connue sous le nom de Highland Clearances, vers les plaines du littoral et vers l'Amérique, en particulier le piémont des Appalaches. Elles ont causé la fin du système de solidarité sociale existant au sein des clans écossais, dont les chefs sont devenus de grands propriétaires terriens.

Malgré le traumatisme du massacre de Glencoe, les révoltes se poursuivent, et même s'intensifient, après l'accession de la Maison de Hanovre sur le trône britannique en 1714. Elles continuent avant la dernière rébellion jacobite (« le Quarante-Cinq »), menée par Charles Édouard Stuart (Bonnie Prince Charlie), qui est anéantie à la bataille de Culloden en 1746, brisant définitivement tout espoir réaliste d'une restauration des Stuarts.

La Glorieuse Révolution[modifier | modifier le code]

Avant la seconde moitié du XVIIe siècle, les îles britanniques souffrent un temps d'agitation politique et religieuse. Le Commonwealth d'Angleterre a disparu avec la Restauration de Charles II, le rétablissement de l'Église d'Angleterre et l'imposition du gouvernement de l'Église épiscopalienne.

En 1685, à Charles II succède son frère, catholique, Jacques II, qui tente d'imposer la tolérance religieuse en faveur des catholiques et des protestants dissidents, contrariant des membres de l'élite anglicane. En 1688, la seconde épouse de Jacques met au monde un fils, créant la perspective d'une dynastie catholique ; les « Sept Immortels » invitent la fille de Jacques, Marie, et son époux et cousin Guillaume d'Orange-Nassau à déposer le Roi et à régner conjointement à sa place. Le 4 novembre 1688 William arrive à Torbay, en Angleterre ; quand il débarque, le lendemain, Jacques fuit en France : en février 1689, la Glorieuse Révolution change formellement l'Angleterre de monarque, mais de nombreux catholiques, épiscopaliens et royalistes tories soutiennent toujours Jacques comme le seul monarque constitutionnellement légitime. L'Écosse tarde à reconnaître Guillaume, qui convoque une Convention des États ; elle se réunit le 14 mars 1689 à Édimbourg et étudie une lettre conciliante de Guillaume, opposée à une lettre hautaine de Jacques. Dans le camp de Jacques, une modeste force de cinquante cavaliers réunis par John Graham de Claverhouse, Vicomte Dundee est dans la ville, afin de servir la convention au début, mais il se retire au bout de quatre jours, quand le ralliement à Guillaume devient évident. La convention reconnaît ses limites, et Guillaume et Marie sont proclamés à Édimbourg le 11 avril 1689, puis ils sont couronnés à Londres en mai.

La guerre jacobite en Irlande[modifier | modifier le code]

Guerre orangiste en Irlande
Bataille de la Boyne, peinture de Jan Wyck.
Bataille de la Boyne, peinture de Jan Wyck.
Informations générales
Date 12 mars 16893 octobre 1691
Lieu Irlande
Issue Victoire orangiste
Belligérants
Orangistes
Drapeau de l'Angleterre Royaume d'Angleterre
Drapeau du Royaume d'Écosse Royaume d'Écosse
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Flag of the Commonwealth (1649-1651).svg Jacobites
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Commandants
Guillaume III d'Angleterre
Frédéric-Armand de Schomberg
Godert de Ginkell d'Athlone
Jacques II d'Angleterre
Richard Talbot de Tyrconnel
Patrick Sarsfield
Antonin Nompar de Caumont de Lauzun
Forces en présence
~ 44 000 hommes ~ 39 000 hommes
Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Guerre orangiste en Irlande
Batailles
Derry · Dromore · Newtownbutler · Boyne · 1re Limerick · Athlone · Aughrim · 2e Limerick

La guerre orangiste en Irlande est un conflit ouvert dû aux tentatives de Jacques II pour reconquérir son trône. Elle oppose les Jacobites et catholiques irlandais alliés au Royaume de France à Guillaume III, roi d'Angleterre, appuyé par les Provinces-Unies, à la tête d'une armée composée d'Anglais, d'Écossais, de Hollandais, de huguenots français, de Danois, de Norvégiens et d'Orangistes et protestants irlandais. Cette guerre influence la révolte jacobite en Écosse qui commence à peu près au même moment. Quand elle prend fin en octobre 1691, l'armée jacobite irlandaise, après la bataille d'Aughrim, et le siège de Limerick, quitte l'Irlande pour la France, devenant la brigade irlandaise, qui fournit des troupes auxiliaires durant la révolte jacobite de Quarante-Cinq en Écosse.

Guerre orangiste en Écosse
Informations générales
Date 16 avril 16891er mai 1690
Lieu Écosse
Issue Victoire orangiste
Belligérants
Orangistes
Drapeau de l'Angleterre Royaume d'Angleterre
Drapeau du Royaume d'Écosse Royaume d'Écosse
Jacobite Banner.png Jacobites
Commandants
Hugh Mackay John Graham, 1er vicomte de Dundee
Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Guerre orangiste en Écosse
Batailles
Killiecrankie · Dunkeld · Cromdale

La révolte de Dundee en Écosse[modifier | modifier le code]

Le 16 avril 1689, John Graham de Claverhouse dresse l'étendard de Jacques sur le sommet de la colline de Dundee avec moins de 50 hommes à ses côtés. À l'époque, il est connu sous le nom de Bluidy Clavers (« Clavers le sanglant ») pour sa part dans la répression des covenantaires, mais, aujourd'hui, on se souvient de lui comme de Bonnie Dundee (« Dundee le Bel »), en référence aux paroles d'une chanson populaire sentimentale écrite par l'écrivain romantique Walter Scott en 1830. Jacques est déjà arrivé en Irlande, et sa lettre est en chemin, promettant le soutien des troupes irlandaises pour appuyer la révolte en Écosse. Au début, le vicomte Dundee éprouve des difficultés à réunir un grand nombre de partisans, mais les choses changent, après que le major-général orangiste Hugh Mackay de Scourie montre son incompétence en poursuivant Dundee vers le nord. Pendant ce temps, 200 soldats irlandais parviennent avec succès à Kintyre. Dundee obtient des renforts des clans catholiques et épiscopaliens de l'ouest des Highlands.

En juillet, les Jacobites disposent de 8 bataillons et de 2 compagnies, presque tous des Highlanders. Dundee gagne la confiance des clans en comprenant la nécessité de traiter chaque Highlander comme un gentilhomme susceptible à qui l'allégeance envers son chef et le clan, avec son étiquette et ses préséances, importe davantage qu'une adhésion, secondaire au Jacobitisme. À une époque où l'infanterie est entraînée à combattre en formation, la méthode du Highlander est de mettre de côté leurs plaids et autres éléments encombrants avant la bataille, de se baisser quand l'ennemi décharge, puis courir vers lui en criant avec un sabre et un bouclier, ou toute autre arme à leur disposition, parfois une fourche ou une hache de Lochaber (une hache et une lance combinées sur une longue perche). Cette charge pouvait causer de grands dégâts parmi les troupes en ligne, devant recharger leurs mousquets et fixer leurs baïonnettes.

Cette charge défait une importante troupe de Lowlanders écossais à la bataille de Killiecrankie, le 27 juillet 1689, mais environ un tiers des Highlanders sont tués au combat, et Dundee lui-même meurt au cours de la bataille. Dans les combats de rue de la bataille de Dunkeld, le 21 août, les Highlanders jacobites reculent devant les Cameroniens (à présent un régiment gouvernemental), mais une grande partie du nord demeure hostile au gouvernement et les expéditions envoyées pour soumettre les Highlands subissent une série d'escarmouches. Les forces jacobites subissent une défaite cuisante aux Hauts de Cromdale le 1er mai 1690, puis, dans le même mois, Mackay bâtot Fort William sur le site d'un ancien fort construit par Cromwell.

En juin, parvient la nouvelle de la victoire de Guillaume d'Orange sur Jacques II lors de la bataille de la Boyne et de la ruine des espoirs jacobites. Le 17 août 1691, Guillaume offre le pardon à l'ensemble des clans des Highlands, à condition qu'ils aient prêté un serment d'allégeance avant le 1er janvier 1692 devant un magistrat. Les chefs des Highlands envoient un mot à Jacques, à présent en exil en France, dans lequel ils lui demandent la permission de prêter ce serment. Jacques hésite, avant de l'autoriser dans un message qui ne parvient à ses destinataires qu'à la mi-décembre. La brutalité exemplaire du massacre de Glencoe précipite les ralliements, et, au printemps 1692, tous les chefs jacobites ont prêté serment à Guillaume.

Le « Vieux Prétendant »[modifier | modifier le code]

Le Vieux Prétendant tente une invasion en 1708[modifier | modifier le code]

Après une brève paix, la guerre de Succession d'Espagne renouvelle le soutien de la France aux Jacobites et, en 1708 Jacques Stuart, le Vieux Prétendant embarque à Dunkerque avec 6 000 soldats français dans plus de 30 navires de la marine française. Leur tentative de débarquement dans l'embouchure de la Forth est contrecarrée par la Royal Navy sous le commandement de l'amiral Byng qui poursuit la flotte française et la contraint à battre en retraite vers le nord de l'Écosse, perdant des navires et de nombreux hommes lors de naufrages sur la route de Dunkerque.

La flotte française était constituée de 5 bâtiments de guerre et une vingtaine de frégates, portant 5 000 hommes, dont une bonne partie aux mains de corsaires, sous le commandement de l'amiral Forbin. Cette tentative d'invasion manquée, rapidement matée par la Royal Navy, a lieu un an après l'Act of Union de 1707, qui unit l'Angleterre à l'Écosse, sécurisant la religion des presbytériens pratiquée majoritairement au sud de la rivière Tay[1].

Le Quinze[modifier | modifier le code]

Première Rébellion jacobite
Bataille de Glen Shiel, peinture de Peter Tillemans, 1719.
Bataille de Glen Shiel, peinture de Peter Tillemans, 1719.
Informations générales
Date 1715 - 1719
Lieu Écosse
Issue Victoire hanovrienne
Belligérants
Hanovriens
Drapeau du Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Bonnie Prince Charlie's Glenfinnan banner.jpg Jacobites
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Commandants
George Ier de Grande-Bretagne
John Campbell d'Argyll
Jacques François Stuart
John Erskine de Mar
George Murray
Première rébellion jacobite
Batailles
Preston · Sheriffmuir · Glen Shiel
Jacques François Édouard Stuart (1688-1766), le Vieux Prétendant

Suite à l'accession au trône de Grande-Bretagne de l'hanovrien George Ier en 1714, les Jacobites tories d'Angleterre conspirent, afin d'organiser une révolte armée contre le nouveau gouvernement hanovrien, mais ils se montrent indécis et sont effrayés par l'arrestation de leurs chefs par le gouvernement. En Écosse, cependant, 1715 se déroule ce qu'il est convenu d'appeler, depuis, la première révolte jacobite (ou rébellion).

Le traité d'Utrecht met fin aux hostilités entre la France et la Grande-Bretagne. De France, Jacques Stuart, le Vieux Prétendant, correspond avec le comte de Mar et, à l'été 1715, il l'appelle à soulever les clans. Mar, surnommé Bobbin' John, quitte Londres et se précipite vers Braemar, où il convoque les chefs de clans à "une grande partie de chasse" le 27 août 1715. Le 6 septembre, il proclame Jacques comme "leur souverain légitime" et soulève le vieil étendard écossais, sur quoi (d'une manière alarmante) la boule dorée tombe du sommet du mât. La proclamation de Mar forme une alliance des clans et des Lowlanders du nord, qui accourent rapidement de toutes les parties des Highlands.

Les hommes de Mar s'emparent sans opposition de Perth le 14 septembre ; son armée s'agrandit, atteignant environ 8 000 hommes, mais une force de moins de 2 000 hommes sous les ordres du duc d'Argyll prend la plaine de Stirling pour le gouvernement, et Mar, indécis, maintient ses troupes à Perth. Il attend l'arrivée du comte de Seaforth, avec un corps des clans du nord, mais Seaforth est retardé par l'attaque de clans loyalistes. Le soulèvement prévu au Pays de Galles et dans le Devon est brisé par l'arrestation des jacobites locaux par le gouvernement.

Enclenché vers le 6 octobre, un soulèvement dans le nord de l'Angleterre réunit 300 cavaliers sous le commandement de Thomas Forster, un châtelain du Northumberland, qui rejoint un soulèvement dans le sud de l'Écosse sous les ordres du vicomte de Kenmure. Mar leur envoie une troupe jacobite commandée par le général de brigade William Mackintosh de Borlum. Elle quitte Perth le 10 octobre et fait traverser l'embouchure de la Forth du Burntisland à l'East Lothian. Là, elle est détournée par une attaque sur Édimbourg qui n'est pas défendue, mais, alors qu'elle s'est saisie de la citadelle de Leith, elle est chassée par l'arrivée des forces d'Argyll. Les troupes de Mackintosh, qui comptent 2 000 hommes, avancent vers le sud et rencontrent leurs alliés à Kelso dans les Scottish Borders le 22 octobre ; elles perdent plusieurs jours à se disputer sur la tactique à adopter. Les Écossais veulent vaincre les forces gouvernementales dans les environs ou attaquer Dumfries et Glasgow, mais les Anglais sont déterminés à marcher sur Liverpool et comptent rallier 20 000 recrues dans le Lancashire.

Les Highlanders refusent de marcher vers l'Angleterre, et plusieurs se mutinent ou font défection, mais ils suivent. Bien loin d'être accueillis les bras ouverts, comme ils l'espéraient, les Jacobites doivent faire face à l'hostilité armée de la milice avec très peu de recrues. Ils entrent sans opposition dans Lancaster et trouvent quelque 1 500 recrues quand ils rejoignent Preston, le 9 novembre, grossissant leurs rangs, qui comprennent alors environ 4 000 hommes. Mais les forces hanovriennes (comprenant les Cameroniens) parviennent à les surprendre à la bataille de Preston ; les survivants de l'armée jacobite se rendent le 14 novembre.

En Écosse, lors de la bataille de Sheriffmuir, le 13 novembre, l'armée de Mar ne parvient pas à vaincre une troupe inférieure en nombre commandée par le duc d'Argyll, et Mar bat en retraite vers Perth, tandis que l'armée gouvernementale se rassemble. Tardivement, le 22 décembre 1715, un navire venant de France conduit le Vieux Prétendant à Peterhead[2], mais il est trop victime de la mélancolie et de la fièvre pour transcender ses partisans. Il installe brièvement sa cour à Scone, dans le Perthshire, visite ses troupes à Perth et ordonne d'incendier les villages afin de gêner l'avance du duc d'Argyll, qui traversent un pays très enneigé. Les Highlanders sont enthousiasmés par l'idée d'une bataille, mais les conseillers de Jacques décident d'abandonner l'entreprise et ordonnent une retraite vers la côte, sous le prétexte de trouver une meilleure position. Jacques embarque à bord d'un bateau à Montrose et rejoint la France le 4 février 1716, envoyant un message appelant ses partisans des Highlands de se débrouiller.

Le soutien des Espagnols à la révolte jacobite[modifier | modifier le code]

Le cardinal Giulio Alberoni.

La France ayant signé la paix avec les Anglais, les Jacobites trouvent un nouvel allié avec le cardinal Giulio Alberoni, ministre du roi d'Espagne. Une armée d'invasion embarque en 1719 à bord de deux frégates et débarque en Écosse, pour soulever les clans, et 27 navires transportent 5 000 soldats en Angleterre, mais les derniers sont dispersés par des tempêtes avant d'avoir pu débarquer. Quand les deux frégates espagnoles débarquent une force jacobite emmenée par Lord Tullibardine et George Keith, comte Marischal, avec 300 soldats espagnols à Loch Duich, elle s'empare du château d'Eilean Donan, mais elle rencontre seulement un tiède soutien parmi de petits clans et, lors de la Bataille de Glen Shiel le 10 juin[3], les soldats espagnols sont contraints de se rendre aux forces gouvernementales.

Suites du Quinze[modifier | modifier le code]

À la suite du Quinze, l'Acte de désarmement et l'Acte des clans tentent infructueusement de soumettre les Highlands écossais. Des garnisons gouvernementales sont construites ou étendues dans le Great Glen à Fort William, Kiliwhimin (plus tard renommé Fort Augustus) et Fort George, Inverness, aussi bien que des casernes à Ruthven, Bernera (Glenelg) et Inversnaid, liées au sud aux routes Wade construites par le général de division George Wade.

En 1725, Wade crée les compagnies indépendantes des Gardes Noirs comme une milice afin d'assurer la paix dans les Highlands, indisciplinés. Mais, en 1743, elles sont envoyées combattre les Français dans les Flandres. Efficacement, leur commandant à la bataille de Fontenoy, en mai 1745, est le duc de Cumberland, qui commande également à Culloden.

Le Jeune Prétendant[modifier | modifier le code]

La tentative d'invasion française de 1744[modifier | modifier le code]

En 1743, la guerre de Succession d'Autriche déclenche un conflit ouvert entre la Grande-Bretagne et la France. Les chefs jacobites anglais demandent à la France d'organiser une intervention armée. En réponse, le maître de la cavalerie du roi de France est envoyé dans le sud de l'Angleterre pour rencontrer les tories et discuter leur projet. En novembre 1743 Louis XV autorise une invasion à grande échelle du sud de l'Angleterre en février 1744, à partir d'une attaque surprise. Les troupes doivent marcher depuis leurs cantonnements d'hiver et embarquer sur des barges dissimulées avec Charles Édouard Stuart, afin de rejoindre, guidé par des pilotes anglais jacobites, Maldon dans l'Essex, où ils doivent être rejoints par les tories locaux, avant de marcher immédiatement sur Londres. Charles, (plus tard connu sous le nom de Bonnie Prince Charlie ou le Jeune Prétendant), qui vit alors en exil à Rome avec son père, Jacques Stuart, le Vieux Prétendant), se précipite en France.

Le 13 février, le gouvernement anglais est toujours ignorant du projet français. Toutefois, l'une des pires tempêtes du siècle éclate, dispersant, le 24 février, la flotte française, alors qu'elle était sur le point de passer la Manche, détruisant un bateau et en mettant cinq hors d'usage.

Les barges ont commencé d'embarquer environ 10 000 soldats ; la tempête cause de nombreuses pertes parmi les hommes et détruit un important équipement de transport de troupe. Le 28 février, Charles se voit officiellement notifier que l'invasion est annulée. La France déclare bien la guerre à la Grande-Bretagne, dont les autorités ont dénoncé la présence de Charles, mais sans pour autant l'assurer de leur soutien.

Le Quarante-Cinq[modifier | modifier le code]

Seconde Rébellion jacobite
Jacobites, 1745, peinture de John Pettie
Jacobites, 1745, peinture de John Pettie
Informations générales
Date 19 août 1745 - 16 avril 1746
Lieu Écosse, Angleterre
Issue Victoire hanovrienne
Belligérants
Hanovriens
Drapeau du Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Bonnie Prince Charlie's Glenfinnan banner.jpg Jacobites
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Commandants
George II de Grande-Bretagne
Prince Guillaume Auguste, duc de Cumberland
George Wade
Charles Édouard Stuart
George Murray
Guerre de Succession d'Autriche
Seconde rébellion jacobite
Batailles
Prestonpans · Falkirk · Culloden

Le lien est si fort entre 1745 et la révolte dans la mentalité gaélique, que l'année est désignée comme la Bliadhna Theàrlaich (l'année de Charles) en gaélique écossais.

Charles Stuart continue à croire à un projet de conquête de la couronne et se rappelle qu'au début de 1744 un petit nombre de chefs de clans écossais des Highlands avaient envoyé un message indiquant qu'ils se soulèveraient s'il parvenait à débarquer avec ne serait-ce que 3 000 soldats français. Aussi harcèle-t-il les ministres pour lancer un nouveau projet d'invasion, ce qui provoque leur irritation. En secret, il prépare également un plan avec une entreprise privée de Nantes, la Société d'Angola, fondée par des banquiers écossais exilés, en mettant en gage des bijoux de sa mère. Ils affrètent une petite frégate, le Du Teillay (nom d'un commissaire de marine du port de Nantes), petit navire rapide flambant neuf, de 150 tonneaux, 18 canons, 24 pierriers, et 67 hommes d'équipage, construit pour Antoine Walsh (d'une famille émigrée des irlandais de Nantes), le plus riche armateur et négrier du port de Nantes. Il embarque avec lui le 2 juillet 1745 devant Mindin, à l'embouchure de la Loire, pour tenter de soulever l'Écosse. L'expédition rejoint dans la rade de Belle-Île-en-Mer un deuxième navire, vieux vaisseau de ligne nommé lElisabeth (200-300 hommes) sous le prétexte d'une simple croisière, en laissant une lettre personnelle de Charles à l'adresse de Louis XV, lui annonçant leur départ et demandant son aide dans la révolte. L’Elisabeth, qui porte des armes, des vivres et 700 volontaires de la brigade irlandaise, rencontre le HMS Lion, navire de la Royal Navy ; le combat qui s'engage alors endommage les deux navires, et l’Elisabeth est contrainte de battre en retraite. Elle s'en fut relâcher à Brest, sous les ordres du lieutenant Pierre-Jean Bart, neveu de l'illustre Jean Bart, qui remplaçait le commandant M. d'Hau, mortellement blessé. La frégate parvient à débarquer Charles et ses sept hommes de Moidart sur l'île d'Eriskay dans les Hébrides extérieures le 2 août 1745.

Les clans écossais et leurs chefs montrent d’abord un faible enthousiasme, en apprenant son arrivée sans soldat ni munition (Alexander MacDonald de Sleat et Norman MacLeod de MacLeod refusent même de le rencontrer), mais Charles se rend à Moidart et, le 19 août 1745, soulève l’étendard à Glenfinnan engageant la seconde révolte jacobite au nom de son père. Environ 1 200 hommes le rejoignent, la plupart du clan Donald de Clan Ranald, du clan MacDonell de Glengarry, du clan Donald de Keppoch, et du clan Cameron. L’armée jacobite marche au sud de Glenfinnan, regroupant environ 3 000 hommes, bien que deux chefs de clans aient exigé l’assurance de compensations avant de la rejoindre.

La plus grande partie de l’armée britannique est dans les Flandres et en Allemagne, laissant une force inexpérimentée d’environ 4 000 hommes en Écosse sous le commandement de Sir John Cope. Son armée marche vers le nord, dans les Highlands, mais rencontre un faible soutien en raison de l’impopularité du gouvernement hanovrien du roi George II. Croyant l’armée rebelle plus forte qu’elle n’est en réalité, il évite un engagement avec les Jacobites à la Passe de Corryairack, se retirant vers le nord en direction d’Inverness.

Les Jacobites s’emparent alors de Perth et, à Coatbridge, sur la route d’Édimbourg écrasent deux régiments de dragons hanovriens. À Édimbourg, c’est la panique parmi la garde de la ville et les volontaires et, quand le pont de la ville de Netherbow Port est ouvert, dans la nuit, une partie des Camerons déborde les sentinelles et prend le contrôle de la ville. Le jour suivant, le roi Jacques VIII est proclamé à Mercat Cross et un Charles triomphant entre au palais de Holyrood.

L’armée de Cope obtient des vivres à Inverness, puis part par la mer d’Aberdeen en direction de Dunbar et rencontre l’armée jacobite près de Prestonpans à l’est d’Édimbourg. Le 21 septembre 1745, à la bataille de Prestonpans, une attaque surprise imaginée par Lord George Murray écrase l’armée gouvernementale, comme le célèbre la chanson jacobite d’Adam Skirving Hey, Johnny Cope, are you waking yet?. Charles écrit immédiatement en France, plaidant en faveur d’une prompte invasion de l’Angleterre. C’est l’alarme en Angleterre, et, à Londres, une chanson patriotique incluant une prière pour le succès du maréchal Wade, chargé d’écraser les Ecossais deviendra plus tard l’hymne nationale britannique God Save the Queen.

Les Jacobites tiennent la ville d’Édimbourg, mais pas le château. Charles tient sa cour au palais de Holyrood pendant cinq semaines au milieu de la plus grande admiration et du plus grand enthousiasme, mais aucun régiment local n’est levé. Nombre de Highlanders rentrent dans leurs foyers avec le butin de la bataille et le recrutement reprend, bien que les clans Whigs opposés aux Jacobites soient également parvenus à s’organiser. La France envoie quelques armes et des fonds, en promettant de mener une invasion de l’Angleterre vers la fin de l’année. Le Conseil de Guerre de Charles dirigé par Murray s’oppose à l’idée de quitter l’Écosse, mais il leur affirme qu’il a reçu l’assurance des conservateurs anglais d’un soulèvement s’il apparaît avec son armée en Angleterre, et le Conseil finit par accepter de marcher vers le sud à la majorité d’une voix.

Une armée jacobite de moins de 6 000 hommes est réunie le 3 novembre. Pendant ce temps, le gouvernement a ramené des troupes chevronnées du continent, et une armée sous les ordres du général George Wade se rassemble à Newcastle. Charles veut la combattre mais, suivant l’avis de Lord George Murray et du Conseil, son armée se dirige vers Carlisle et parvient avec succès à contourner Wade. À Manchester, environ 250 Épiscopaliens forment un régiment, mais aucun autre Anglais ne rejoint le Prince. À la fin de novembre, les navires français arrivent en Écosse avec 800 hommes du Royal Écossais et la brigade irlandaise de l’armée française.

Marche des Gardes de Finchley par William Hogarth (1750), peinture satirique des soldats levés pour défendre Londres face à la rébellion jacobite en 1745.

L'armée jacobite, maintenant réduite du fait des désertions à moins de 5 000 hommes, est manœuvrée par Murray à l'est d'une seconde armée gouvernementale, sous le commandement du duc de Cumberland et marche sur Derby.

Les Jacobites entrent à Derby le 4 décembre, à seulement 200 km de Londres, plongée dans la panique, avec un Charles irrité par la façon dont lui parle Murray. Charles est avisé des progrès de la flotte d’invasion française qui est rassemblée à Dunkerque, mais, devant son Conseil de Guerre, il est forcé d’admettre ses mensonges, au sujet des assurances françaises. Tandis que Charles est déterminé à presser le pas, dans la croyance fausse que le succès du mouvement est dû au fait que les militaires de carrière ne peuvent combattre avec audace contre leur vrai prince, son Conseil et Lord George Murray mettent en avant leur position. Les promesses de soutien anglais ne se sont pas matérialisées, Wade et Cumberland approchent, une milice a été formée à Londres, et ils ont appris qu’une troisième armée va les encercler (en fait, un mensonge diffusé par un agent double du gouvernement).

Ils insistent pour que leur armée retourne en Écosse, où se réunissent des forces toujours plus nombreuses. Cette fois, seul Charles vote en faveur de la poursuite de l’avancée ; il approuve, non sans humeur, et affirme que, dorénavant, il ne consultera plus son Conseil. Le 6 décembre, les Jacobites battent en retraite, avec un Charles irritable qui refuse de prendre la moindre part à la campagne qui doit son succès à l’excellent commandement de Murray, dont les brillantes feintes et les plans soigneusement préparés ont permis à l’armée de demeurer pratiquement intacte. La nouvelle de la retraite amène les Français à annuler leur projet d’invasion, qui n’attendait que d’être lancé, tandis que les tories anglais, qui avaient envoyé un message promettant leur soutien si Charles atteignait Londres, reculent.

Une action d’arrière-garde a lieu au nord de Penrith. Le régiment de Manchester est laissé pour défendre Carlisle et, après qu’un siège mené par Cumberland l’a amené à se rendre, pour mener des accrochages ou le transport. Beaucoup meurent au château de Carlisle, où ils sont emprisonnés dans des conditions brutales avec des prisonniers écossais que Morier a observés pour peindre les hommes des clans en kilt dans la bataille. Nombre des cellules révèlent toujours des cavités léchées dans les murs en pierre, car les prisonniers n’avaient que l’humidité et la mousse des pierres pour survivre. À Noël, les Jacobites arrivent à Glasgow et contraignent la ville à approvisionner leur armée. Puis, le 3 janvier, ils partent s’emparer de Stirling et commencent le siège infructueux du château de Stirling. Venant du nord, des renforts jacobites les rejoignent et, le 17 janvier, environ 8 000 à 9 000 hommes passent à l’offensive, devant l’approche du général Henry Hawley, dont ils écrasent l’armée à la bataille de Falkirk.

La bataille de Culloden, par Morier

L’armée jacobite se tourne alors vers le nord et perd des hommes en tentant vainement de s’emparer du château de Stirling et de Fort William, mais elle conquiert Fort Augustus et Fort George à Inverness au début d’avril. Charles revient alors à la charge, insistant pour mener une action défensive orthodoxe. Le 16 avril 1746, les Jacobites sont finalement défaits près d’Inverness, à la bataille de Culloden, par des forces hanovriennes composées de soldats anglais et écossais et de la milice du clan Campbell, sous les ordres du duc de Cumberland. La charge à l’épée apparemment suicidaire des Highlanders contre le canon et les mousquets avait conduit à la victoire, lors des batailles précédentes, mais elle échoue, cette fois, à cause de la nature du terrain choisi par Charles, qui ne s’y prête guère, de sa tactique hésitante et de l’expérience des hommes de Cumberland, éprouvés dans le maniement de la baïonnette suivant une nouvelle tactique pour résister aux charges. Charles abandonne bientôt son armée, blâmant la trahison de ses officiers, alors qu’après la défaite, les retardataires et les unités non-engagées ont rallié le rendez-vous convenu et ne se sont dispersées qu’après que l’ordre leur en eut été donné.

Charles s’enfuit vers la France, sous le déguisement d’une dame de compagnie, Flora Macdonald. L’armée de Cumberland écrase la rébellion et anéantit définitivement le Jacobitisme en tant que force politique sérieuse en Grande-Bretagne. Le déclin du Jacobitisme voit Charles s’user en de vaines tentatives pour obtenir assistance, et en divers complots pour obtenir le soulèvement de ses partisans en Angleterre.

Liste des clans qui ont rejoint le Prince[modifier | modifier le code]

Les clans suivants ont rejoint le Prince: Clan Cameron, Clan Chisholm, Clan Donald de Keppoch, Clan Donald de Clan Ranald, Clan Donald de Glencoe, Clan Drummond, Clan Farquharson, Clan Hay, Clan Livingstone ou MacLea, Clan MacBain, Clan MacColl, Clan MacDonnell de Glengarry, Clan MacFie, Clan MacGillvary, Clan MacGregor, Clan MacInnes, Clan MacKintosh, Clan MacIver, Clan MacKinnon, Clan MacLachlan, Clan MacLaren, Clan MacNeil de Barra, Clan Macpherson, Clan Menzies, Clan Morrison, Clan Ogilvy, Clan Oliphant, Clan Robertson, Clan Stewart d’Appin.

En outre, le régiment de Highlanders d’Atholl était largement composé de membres du Clan Murray, du Clan Fergusson, et du Clan Stewart d’Atholl. Un nombre significatif d’hommes du Clan Boyd, du Clan Elphinstone, du Clan Forbes, du Clan Keith, du Clan MacIntyre, du Clan MacKenzie, du Clan Maclean, du Clan MacLeod de MacLeod, du Clan MacLeod de Lewis, du Clan MacTavish, du Clan MacMillan, du Clan Maxwell, du Clan Ramsay, et du Clan Wemyss ont également rejoint l’armée jacobite.

Le Clan Fraser de Lovat a également rejoint le prince et combattu à Culloden, alors que l’autre Clan Fraser est demeuré neutre. De nombreux hommes du Clan Gordon ont également rejoint les Jacobites, menés par le frère du chef, Lord Lewis Gordon. Alors que le chef du Clan Gordon proclame son soutien au gouvernement britannique, son frère a levé deux régiments en faveur des Jacobites.

Plusieurs chefs, qui ont tenté ou prévu de soulever leur clan en faveur du Prince ont été arrêtés ou emprisonnés, notamment Sir James Campbell d’Auchnabreck et Alexander MacDougall de Dunollie, dont la tentative de soulèvement a été arrêtée, le Clan Campbell d’Auchnabreck et le Clan MacDougall par Campbell d’Argyll ; Sir Hector MacLean et Dugald MacTavish de Dunardry, qui ont soulevé le Clan Maclean et le Clan MacTavish ont été emprisonnés par les Anglais.

Étendards jacobites[modifier | modifier le code]

Étendards de Charles Edouard Stuart[modifier | modifier le code]

Étendards jacobites capturés à la bataille de Culloden, 1746.[modifier | modifier le code]

Références culturelles[modifier | modifier le code]

  • Le premier roman de Walter Scott, Waverley tourne autour de la révolte de Quarante-Cinq, offrant une description vivante de la bataille de Prestonpans et une description du château de Doune, un bastion jacobite.
  • Dans Le Maître de Ballantrae de Robert Louis Stevenson, une famille décide d'envoyer ses deux fils dans chacun des deux camps opposés, pendant la seconde rébellion jacobite, afin d'être assurée de préserver ses domaines, quel que soit le vainqueur. De même, l'intrigue d'Enlevé!, première partie des Aventures de David Balfour est basée sur des événements réels qui ont eu lieu pendant la révolte.
  • Les événements de la rébellion ont inspiré la chanson "Crua Chan" au groupe Sumo.
  • Les événements de la première rébellion jacobite sont racontés dans la chanson "Onzième Comte de Mar" du groupe Genesis pour leur album Wind and Wuthering.
  • Dans l'aventure du Doctor Who intitulée Terror of the Zygons, le Docteur Fourth (interprété par Tom Baker) mange sa galette d'avoine avec seulement une pincée de sel, ce dont il dit avoir pris goût durant les rébellions jacobites.
  • La chanson Ye Jacobites by Name fait référence aux révoltes des Jacobites.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://books.google.fr/books?id=WlnNUCS4R_MC&pg=PA1&source=gbs_toc_r&cad=0_0#PPA10,M1
  2. James Panton, Historical Dictionary of the British Monarchy (2011), p. xxxiv
  3. Le Guide vert, Écosse, Michelin,‎ 2007 (lire en ligne), p. 448

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]