Bataille de la Boyne
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Toile de Jan Wyck, vers 1693 |
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La bataille de la Boyne (en irlandais : Cath na Bóinne) se déroule en 1690 entre deux rivaux aux trônes d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, le catholique Jacques II d'Angleterre et le protestant Guillaume III ou Guillaume d'Orange qui a déposé Jacques lors de la Glorieuse Révolution en 1688. La bataille remportée par Guillaume III est le tournant de la Rébellion jacobite qui est la tentative infructueuse de Jacques II de reconquérir le trône.
Origine et déroulement [modifier]
Cette bataille a lieu près de la ville de Drogheda sur les bord de la rivière Boyne. Louis XIV de France a envoyé un corps expéditionnaire en Irlande pour aider Jacques II à reconquérir le trône que le parlement anglais lui avait retiré en raison de sa fidélité au catholicisme et de sa volonté de conserver le pouvoir absolu pour le confier à sa fille Marie II et son gendre Guillaume III.
Au cours de la bataille, les 36 000 soldats de Guillaume d'Orange commandés par le maréchal Schomberg, qui n'est autre que le réfugié huguenot Armand-Frédéric de Schomberg écrasent les 23 000 soldats (dont 7 000 Français) de l'armée franco-jacobite. Le maréchal Schomberg y trouve la mort.
La défaite de Jacques II et son exil [modifier]
Cette défaite met fin aux espoirs de Jacques II de reconquérir le trône. Il doit s'exiler définitivement en France. Les espoirs de la population irlandaise catholique de s'émanciper de la tutelle anglaise s'éteignent également. Les soldats de Jacques II s'exilent avec lui, pour la plupart en France, mais aussi en Espagne, quelques-uns vont offrir leurs services de mercenaires dans d'autres pays européens. En France, ils furent assez nombreux pour constituer des régiments irlandais au service du roi et constituer la Brigade irlandaise. Ces soldats exilés étaient particulièrement valeureux, car ils défendaient une cause perdue. On les avait surnommés les Wild geese (Oies sauvages en français).
De nos jours [modifier]
La bataille de la Boyne est une victoire décisive à l'avantage des Irlandais protestants qui en ont fait une célébration symbolique. De nos jours, en Irlande du Nord, les Orangistes commémorent encore le souvenir de la victoire par des défilés. Ces marches orangistes, qui passent par les quartiers catholiques, sont considérés comme des provocations par les catholiques. Ces défilés alimentent les rivalités ancestrales qui sont la cause profonde des conflits permanents du XXe siècle entre Irlandais du nord.
En juillet 1963, ayant 16 ans, invité par des amis irlandais à Belfast, j'ai assisté à cette commémoration du 12 juillet : partout des feux de joie dans les rues, entourés par une population assez excitée, qui jetaient au feu des effigies du pape de l'époque, et probablement d'autres comme celle de Jacques Stuart, en hurlant. Ce manifeste, assez sauvage, m'a fait comprendre la haine inextinguible des protestants irlandais contre le catholicisme. Pourtant la pauvre Irlande catholique avait subi depuis le XIIe siècle et plus encore à partir du XVIe siècle avec le protestantisme, toutes sortes de cruautés ! Mais, semble-t-il, il fallait toujours en remettre de la part du totalitarisme protestant.(Louis Victor Pauchet)