Livre de la Sagesse

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Le jugement de Salomon, 1617, (Pierre Paul Rubens).

Le Livre de la Sagesse (appelé en grec Sagesse de Salomon) est un livre de l'Ancien Testament.

Ce livre de rédaction grecque fait partie du canon des Écritures inspirées pour les catholiques et les orthodoxes, mais ne figure ni dans les Bibles de tradition protestante ni dans le canon des écritures hébraïques reconnu dans le judaïsme.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le livre[1] a reçu anciennement le titre de Sagesse de Salomon parce que les chapitres 7-9 font parler ce roi que la tradition juive considérait comme « le sage » par excellence.
Il s'agit d'un artifice littéraire, courant à l'époque, destinée à couvrir une pensée nouvelle sous une autorité unanimement reconnue. En réalité, le livre s'apparente aux écrits du judaïsme alexandrin et il a été rédigé en grec par un auteur anonyme.
Sa date est incertaine. Divers indices, tirés du vocabulaire et d'une allusion aux revendications contemporaines des Juifs d'Égypte à l'égalité civique (Sg 19, 16), invitent à ne pas remonter au-delà des années 50 av. J.-C. et même à descendre en période romaine, à partir de la prise d'Alexandrie par Auguste (30 av. J.-C.). L'ouvrage n'a pas dû être écrit d'un seul jet : sa composition s'échelonne sur plusieurs années, et la troisième partie présente d'assez nombreux rapprochement avec La vie de Moïse de Philon d'Alexandrie ; même en supposant qu'ils utilisent un même Midrash, les deux auteurs ne semblent pas très éloignés dans le temps[2].

Par sa date probable (Ier siècle av. J.-C.), c'est sans doute le dernier en date des écrits de l'Ancien Testament. Il se compose de deux principales parties : le thème sapientiel de la sagesse (thème du juste souffrant, la sagesse pour épouse), et un long midrash des plaies d'Égypte.

Contenu[modifier | modifier le code]

Le livre de la Sagesse cherche à répondre au défi de la sagesse païenne (notamment, la philosophie) par rapport à la Révélation divine. On y trouve notamment, reprises de la philosophie grecque, les quatre vertus cardinales : « Aime-t-on la rectitude ? Les vertus sont les fruits de ses travaux, car elle enseigne tempérance et prudence, justice et force. » (Sg 8,7). Un autre thème défendu par le livre, quoique de façon cryptée, est le thème de la résurrection de la chair, de la création nouvelle (cf. Paul Beauchamp, Pages exégétiques).

Ce livre comprend des affirmations qui préparent le Nouveau Testament, comme celle-ci : « Dieu a créé l'homme pour l'incorruptibilité » (Sg 2,23). La Sagesse divine y est personnifiée au point de fournir à Paul de Tarse et Jean des formules théologiques que l'on retrouve, notamment, dans l'Épître aux Colossiens.

Note et référence[modifier | modifier le code]

  1. La traduction suit le texte établi par J. Ziegler, dans l'édition de Göttingen, 1962.
  2. Introduction au Livre de la Sagesse, TOB, p. 2117.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]