Macrophage

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Un macrophage de souris avec deux grands prolongements cytoplasmiques

Les macrophages (du grec : « gros mangeur », makros = grand, phagein = manger) sont des cellules infiltrant les tissus, découvertes par Elie Metchnikoff en 1883. Ils proviennent de la différenciation de leucocytes sanguins, les monocytes. Les monocytes et les macrophages sont des phagocytes (cellules capables de phagocytose). Ils participent à l’immunité innée en tant que défense non-spécifique, mais sont capables de participer à l’immunité adaptative via le phénomène d’opsonisation. Leur rôle est de phagocyter les débris cellulaires et les pathogènes. Comme les cellules dendritiques, ils sont capables de se comporter comme cellule présentatrice d'antigène. C'est une grosse cellule arrondie avec un noyau excentré et des vacuoles dans son cytoplasme.

Cycle vital[modifier | modifier le code]

Les macrophages sont différenciés à partir des monocytes, qui sont des phagocytes sanguins, eux-mêmes dérivés de la moelle osseuse. Quand un monocyte infiltre un tissu en traversant l’endothélium vasculaire, il subit sa différentiation terminale pour devenir un macrophage. Les monocytes, puis les macrophages sont attirés vers le lieu d’une inflammation par chimiotactisme. Les signaux d’appel sont constitués de différents stimuli, dérivés de cellules endommagées (par nécrose ou apoptose), de pathogènes, et de produits libérés par les cellules présentes au site : l’histamine relarguée par les mastocytes et les granulocytes basophiles, et des chimiokines et cytokines libérées par des macrophages.

Contrairement aux neutrophiles, qui sont les cellules phagocytaires présentes le plus vite au lieu de l’inflammation et qui ne vivent que quelques jours, la durée de vie d’un macrophage va de plusieurs mois à des années. Tout comme la plupart des cellules complètement différenciées, elles ne se divisent pas.

Fonction[modifier | modifier le code]

Phagocytose[modifier | modifier le code]

Un des rôles principaux des macrophages est le nettoyage de corps nécrotiques et de corps apoptotiques, de débris et de poussières dans le cas des poumons. L’élimination des cellules mortes est importante dans le cadre des phases précoces de l’inflammation chronique. Cette élimination est dominée par l’action des granulocytes neutrophiles, qui seront eux-mêmes phagocytés par les macrophages une fois vieillis (voir CD31 pour plus de détails).

L’élimination de la poussières et des tissus nécrotiques est prise en charge à une plus grande échelle (hors inflammation), par des macrophages résidents qui restent à des endroits stratégiques comme les poumons, le foie, les tissus nerveux, les os, la rate et les tissus conjonctifs, et qui digèrent les particules étrangères comme la poussière et les débris, mais aussi les pathogènes, recrutant en cas de besoin des macrophages circulants.

Lorsqu’un macrophage ingère un pathogène, la vésicule intracellulaire formée est nommée phagosome. Elle va fusionner avec un lysosome. Les enzymes lysosomiales et les radicaux libres de l’oxygène (notamment l’hypochlorite) vont tuer et digérer l’intrus. Cependant, certains organismes peuvent résister à ce processus et survivre dans le macrophage, comme Mycobacterium tuberculosis ou les Leishmania. Un macrophage peut digérer une centaine de bactéries avant de succomber lui-même à ses propres enzymes de digestion.

Rôle dans l'immunité adaptative[modifier | modifier le code]

Après avoir digéré un pathogène, un macrophage peut se comporter en cellule présentatrice d'antigène, c’est-à-dire présenter un antigène de manière à stimuler un lymphocyte T spécifique. La stimulation lymphocytaire par un macrophage est moindre que celle induite par une cellule dendritique, mais les macrophages sont capables de présenter des antigènes associés aux molécules du complexe majeur d'histocompatibilité de classe deux, et donc de stimuler des lymphocytes CD4+.

Une immunisation se traduit également par la production d'anticorps dirigés contre les antigènes immunisants. Ces anticorps vont se lier aux antigènes de surface des pathogènes. Certains isotypes sont opsonisants, c'est-à-dire qu’il existe sur les phagocytes des récepteurs spécifiques des fragments constants des chaînes lourdes des anticorps. (Dans le cas des IgG (immunoglobuline d'isotype G), ce sont les CD16, CD32 et CD64.) Les macrophages possèdent ce type de récepteurs et la liaison d’un complexe immun à ces récepteurs déclenche la phagocytose. Ainsi, un pathogène qui sera invisible aux yeux d’un macrophage le deviendra une fois opsonisé.

Implication en pathologie humaine[modifier | modifier le code]

Les macrophages participent à certains phénomènes pathologiques, notamment :

  • Les macrophages sont capables de stocker les lipides anormaux. Une fois « pleins », ils sont la matière première de la plaque d'athérosclérose. Ils portent alors le nom de cellules spumeuses
  • Les macrophages portent les molécules CD4 et CCR5, ce qui les rend infectables par les souches macrotropes du VIH. En pratique, l'infection au VIH lors d'une contamination sexuelle passe par les macrophages.
  • La formation du granulome inflammatoire dépend des macrophages.
  • La myofasciite à macrophages.

Macrophages résidents[modifier | modifier le code]

La majorité des macrophages (en situation non-inflammatoire) résident à des endroits stratégiques du corps. Ils sont ainsi présents aux endroits les plus susceptibles d’invasion microbienne ou d’accumulation de débris de toutes sortes.

Les macrophages portent un nom différent selon leur localisation :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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