Le Cabinet du docteur Caligari

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Le Cabinet du docteur Caligari

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Affiche du film

Titre original Das Cabinet des Dr. Caligari
Réalisation Robert Wiene
Scénario Carl Mayer et Hans Janowitz
Acteurs principaux
Sociétés de production Decla-Bioscop
Pays d’origine Drapeau de la  République de Weimar Allemagne
Genre Film dramatique
Sortie 1920
Durée 71 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Cabinet du docteur Caligari (Das Cabinet des Dr. Caligari) est un film expressionniste et muet allemand de Robert Wiene sorti en salles en 1920.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans une fête foraine, vers 1830, le docteur Caligari exhibe Cesare, un somnambule. Celui-ci prédit à un étudiant, Alan, qu'il vivra jusqu'à l'aube. Il est en effet assassiné dans son lit. Son ami Francis soupçonne Caligari. La jeune fille que convoitaient Alan et Francis est enlevée par Cesare. Poursuivi, le somnambule s'écroule après avoir abandonné son fardeau. Francis poursuit Caligari qui se réfugie dans un asile de fous, dont Caligari s'avère être le directeur, et Francis un des patients ainsi que la jeune fille convoitée…

Acte 1[modifier | modifier le code]

Prologue : Deux personnages discutent sur un banc dans un parc. Le plus jeune, Francis, raconte le drame qu'il vient de vivre…

Flash back : Une fête foraine s'installe dans la petite ville d'Holstenwall. Le Dr Caligari de passage dans celle-ci obtient, après quelques difficultés, l'autorisation du Secrétaire de Mairie d'installer un stand afin d'y présenter un somnambule.

Acte 2[modifier | modifier le code]

La nuit suivante, le Secrétaire de Mairie est assassiné. Le lendemain, Francis et son ami Alan vont à la fête foraine. Ils assistent au spectacle du Dr Caligari qui présente Cesare le somnambule. Celui-ci prédit à Alan qu'il mourra avant l'aube. De retour de la fête foraine, en marchant dans les rues désertes, Francis et Alan rencontrent Jane, qu'ils aiment chacun secrètement. Alan est assassiné chez lui dans la nuit.

Acte 3[modifier | modifier le code]

Alors que Francis soupçonne le Dr Caligari et Cesare d'être les auteurs du crime, une femme est assassinée la nuit suivante et le meurtrier, un vagabond, est arrêté pendant qu'il tentait de fuir.

Acte 4[modifier | modifier le code]

Intriguée par les soupçons de Francis, Jane rend visite au Dr Caligari et à Cesare dans leur stand de la fête foraine. Elle s'enfuit précipitamment terrifiée par les deux hommes. Interrogé par la police, le vagabond reconnaît le meurtre de la femme, mais en aucun cas celui du Secrétaire de Mairie ni de Alan.

Peu après, Cesare tente d'assassiner Jane alors qu'elle dort chez elle, mais échoue. Puis il essaye de l'enlever, mais pris en chasse par les villageois, l'abandonne. Caligari s'enfuit lui aussi, poursuivi par Francis. Il se réfugie dans un asile psychiatrique, dont il s'avère en fait qu'il est le Directeur !

Acte 5[modifier | modifier le code]

L'étau se resserre autour de Caligari, des documents trouvés dans son bureau attestent qu'il a manipulé Cesare le somnambule pour le conduire à commettre des meurtres sous son contrôle. Il voulait prendre la place du vrai Caligari, un autre mystique qui lui aussi manipulait un somnambule, cela afin de découvrir le secret de son contrôle.

Acte 6[modifier | modifier le code]

Démasqué, Caligari achève de sombrer dans la folie, il est interné avec une camisole de force dans son propre asile psychiatrique.

Epilogue : Fin du flash back et renversement de situation.

Francis achève le récit de son aventure. Il quitte le parc pour pénétrer dans la salle principale de l'asile psychiatrique qui est remplie de malades mentaux. Il y croise Cesare, et Jane qui tient des propos incohérents… Derrière lui un homme descend les escaliers. Il s'agit du directeur de l'asile qui à les traits de Caligari. Francis l'aperçoit et pris de démence tente de l'empoigner. Mais il est immédiatement maîtrisé par des infirmiers et conduits dans une cellule d'isolement. Le directeur l'examine et s'exclame : « J'ai enfin compris sa démence, il me prend pour le mystique Caligari ! Je connais maintenant le moyen de le guérir ! »


Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Lobby card (en) représentant le docteur examinant Cesare, le somnambule

Mis à part le préambule, la scène dans le parc, et l'épilogue, le film décrit en fait le délire d'un fou, en l'occurrence Francis. Ce film donnait à voir une histoire de fou racontée par un fou, ce qui était déjà révolutionnaire à une époque où le récit à la première personne n'existait pas encore. Les décors faits de fausses perspectives, tout en oblique, d'angles aigus, de proportions tronquées, l'écriture des cartons intertitres, la colorisation de la pellicule différente selon les scènes, et bien sûr le jeu expressionniste des acteurs, sont autant d'éléments qui contribuent à accentuer cette impression d'irréalité. Ce décors correspond donc bien au mouvement de l'expressionnisme allemand, caractérisé par le chaos, les formes violemment torturées. L'éclairage joue également un rôle important en jouant sur l'affrontement de l'ombre et de la lumière et en soulignant ainsi les contrastes. « Les films doivent être des gravures rendues vivantes », affirmait Hermann Warm, l'un des trois décorateurs du film.

Fritz Lang, qui avait été pressenti pour mettre en scène le film, mais qui avait refusé car il tournait au même moment Les Araignées, disait à propos de Caligari : « Erich Pommer m'avait désigné à l'origine comme metteur en scène pour ce film. À ce moment il était question de tourner Caligari, disons en style expressionniste. Je crois que ma seule contribution à ce film fut de dire : mes enfants, vous ne pouvez pas le faire comme ça, vous allez trop loin. L'expressionnisme au point que vous voulez ce n'est pas possible. Ça effraiera trop le public. C'est alors que j'ai proposé l'action à tiroirs. On a accepté cela et on a fait se dérouler le début dans un asile d'aliénés. Si j'avais mis le film en scène, j'aurais simplement traité le prologue et l'épilogue de manière tout à fait réaliste, pour exprimer que là il s'agit de la réalité, alors que la partie centrale décrit un rêve, la vision d'un fou. D'ailleurs, c'est un thème qui m'a toujours beaucoup intéressé et qu'on retrouve aussi dans Mabuse ».

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Siegfried Kracauer (trad. Claude B. Levenson), De Caligari à Hitler : une histoire psychologique du cinéma allemand, Lausanne, L'Âge d'Homme,‎ 1973
  • Repérages : autour du 'Cabinet du docteur Caligari' : (catalogue de l'exposition, Crac, scène nationale, Valence) du 21 au 31 mars 1996.
  • (en) Walter Schatzberg, Beyond Caligari : The Films of Robert Wiene, New York, Berghan Books,‎ 1999
  • Cahiers du Cinéma (Les), no 404, février 1988
  • Positif, no 359, janvier 1991

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]