Docteur Mabuse

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Docteur Mabuse
Personnage de fiction apparaissant dans
Docteur Mabuse le joueur.

Origine Allemagne
Sexe Masculin

Créé par Norbert Jacques
Roman(s) Docteur Mabuse le joueur

Le docteur Mabuse est un personnage littéraire créé par l'écrivain luxembourgeois d'expression allemande Norbert Jacques (1880-1954).

Psychologue, hypnotiseur, génie du crime se dissimulant sous de multiples masques et personnalités, il est un des avatars des héros méchants de l'époque, comme le docteur Fu Manchu et surtout son contemporain Fantômas de Pierre Souvestre et Marcel Allain. Il faut probablement voir dans le succès du personnage non seulement le reflet d'une mode littéraire mais également l'expression d'une critique envers un monde en mutation, aussi bien d'un point de vue économique que des sciences humaines.

Mais ce sont surtout les trois adaptations cinématographiques qu'en fit Fritz Lang (cf. ci-dessous) qui rendirent le personnage célèbre, et le fixèrent dans l'imaginaire collectif, d'abord allemand puis international, au point d'apparaître dans une dizaine de films jusque dans les années 1970. Par ses côtés critiques et esthétiques expressionnistes, et leurs impacts sur l'histoire du cinéma, la démarche de Fritz Lang et de son épouse et scénariste Thea von Harbou est à rapprocher du Cabinet du docteur Caligari quelques mois auparavant.

Environnement[modifier | modifier le code]

Le personnage joue d'abord sur sa capacité à changer d'apparences et sa maîtrise de l'hypnose télépathique lui permettant d'exercer un total pouvoir sur ses victimes (comme le docteur Caligari). Tel Fu Manchu, Mabuse ne commet que très peu de crimes de sa propre main, s'appuyant sur un réseau d'agents à sa solde, mais élaborant lui-même les plans machiavéliques qu'il leur fait exécuter. Ces agents vont de criminels mercenaires jusqu'à des personnes objet de chantage, ou contraintes par l'hypnose.

Mais le personnage de Mabuse dépasse le cliché du méchant aux multiples visages : que le « docteur Mabuse » se retrouve physiquement en prison, dans un asile ou même enterré, il se trouve toujours quelqu'un pour ré-endosser son rôle social, son nom mais également ses pouvoirs et son génie du mal. On peut même finalement en déduire que Mabuse ne serait que l'expression d'un esprit du mal nécessaire à la société.

Une autre spécificité de Mabuse dans la galerie des méchants est sa tendance à une certaine auto-destruction. Certains analystes suggèrent du reste que, bien que N. Jacques ait invoqué le pseudonyme d'un peintre comme nom choisi pour son héros, il faut y voir une allusion au français : (je) m'abuse (moi-même). Plusieurs des complots de Mabuse échouent du fait de son propre parasitage. De plus, contrairement à Fu Man Chu, son but n'est pas de conquérir le monde et de le soumettre, mais bien de le détruire, et ne régner que sur ses ruines. Il est de ce fait plus perçu en Allemagne comme un archétype du domaine de l'horreur (à rapprocher de Dracula ou Frankenstein) que comme celui du héros criminel.

Narrations[modifier | modifier le code]

Le docteur Mabuse apparaît en 1921 dans un roman de Norbert Jacques : Dr. Mabuse, der Spieler (littéralement : Docteur Mabuse le joueur). Le roman bénéficie en Allemagne d'une campagne publicitaire exceptionnelle et remporte dès sa parution un vif succès. Fritz Lang, réalisateur déjà reconnu, s'attaque alors à l'adaptation cinématographique avec son épouse Thea von Harbou. Le film Docteur Mabuse sort en avril 1922, en 2 parties : Docteur Mabuse le joueur et Docteur Mabuse Inferno (durée totale : près de 5 h !) et est également un succès.

Il faut attendre néanmoins une décennie pour que le héros revive à l'écran : Jacques avait déjà envisagé une suite à son roman : la Colonie de Mabuse (après la mort de Mabuse, certains de ses disciples fondent une colonie selon ses principes sur une île écartée), mais qu'il n'achève pas. Recontacté par Lang et von Harbou, il accepte de laisser définitivement de côté son projet initial et de faire un nouveau roman sur la base du scénario envisagé : Le Testament du docteur Mabuse qui sort en 1933.

Fritz Lang s'exile aux États-Unis, et ne revient en Allemagne qu'à la fin des années 1950. Après son diptyque Le Tigre du Bengale / Le Tombeau hindou, il ressuscite une nouvelle fois le personnage, pour une critique sévère de l'Allemagne en pleine reconstruction dans Le Diabolique docteur Mabuse (Die tausend Augen des Dr. Mabuse) en 1960.

Nouveau succès, qui va cette fois inspirer les faiseurs de série B allemands (Harald Reinl, Paul May, etc.) dans toute la première moitié des années 1960.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Homonymie[modifier | modifier le code]

C'est aussi le surnom de Bernard Sainz, médecin soupçonné de dopage.

Liens externes[modifier | modifier le code]