Le Dernier des hommes

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Le Dernier des hommes

Titre original Der Letzte Mann
Réalisation Friedrich Wilhelm Murnau
Scénario Carl Mayer
Acteurs principaux
Sociétés de production UFA
Pays d’origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre Drame
Sortie 1924
Durée 86 minutes
101 minutes (version restaurée de 2003)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Dernier des hommes (en allemand : Der Letzte Mann) est un film muet expressionniste allemand réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau, sorti en 1924 avec Emil Jannings dans le rôle titre.

Liminaire[modifier | modifier le code]

Le Dernier des hommes, par ses audaces et ses innovations, se place dans l'histoire du cinéma aux côtés de Citizen Kane, Naissance d’une nation, ou encore 2001, l’Odyssée de l’espace. Il est un des films clef de l'histoire du cinéma.[réf. souhaitée]

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le portier du Grand hôtel Atlantic est un homme important et admiré de tous, ainsi qu'en atteste la magnifique livrée dont il est revêtu. Mais un jour, le directeur de l'hôtel décide que le vieux portier a fait son temps et lui annonce sans ménagement que le moment est venu pour lui de céder la place. Il le dépouille de la livrée qui est toute sa raison d'être et le relègue à l'entretien des toilettes. Abattu, humilié, le pauvre homme revient le soir même pour s'emparer en cachette du vêtement et s'en revêtir afin de ne pas paraître diminué devant les gens de son quartier. Mais une mégère qui a été témoin de la scène révèle l'imposture et tout le monde le tourne en ridicule. Encore plus humilié, il s'enfuit et se réfugie dans les toilettes de l'hôtel où il demeure prostré.

Intertitre : « Mais l'auteur a eu pitié de son héros et inventé un épilogue à peine croyable[1]. »

Survient un milliardaire qui s'effondre, victime d'une crise cardiaque. Pour le remercier de l'avoir accompagné dans ses derniers instants, ce dernier lègue toute sa fortune au vieil homme que la foule hypocrite et versatile admire à nouveau. Grâce à cette fortune, l'ancien portier invite à un somptueux dîner au restaurant de l'hôtel le veilleur de nuit de l'hôtel, la seule personne qui lui ait montré quelque compassion.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Restauration du film[modifier | modifier le code]

Le film Le Dernier des hommes a été restauré en 2002 par Luciano Berriatúa et doté d'un nouvel accompagnement musical par Detlev Glanert (de) grâce à une coopération entre la ZDF/ARTE, le Saarländischer Rundfunk et le Deutsches Filminstitut (de). La durée initiale du film de 86 minutes a été portée à 101 minutes.

La « Caméra déchaînée » et autres techniques[modifier | modifier le code]

Murnau invente pour Le Dernier des hommes un nouveau langage visuel.

Ainsi, lui et son directeur de la photographie Karl Freund développent pour ce film la technique révolutionnaire de la « Caméra déchaînée » (en allemand : Entfesselte Kamera), une sorte de caméra légère embarquée, sur harnais ou support mobile, permettant les mouvements les plus variés. Pour la première fois, la caméra se faufile partout, franchit les portes à tambours, monte les escaliers, entre par les fenêtres, etc.

Par le jeu de plongées et de contre-plongées, Murnau nous montre la grandeur et la décadence du portier.

De plus certains plans sont en « caméra subjective ». Par un effet d'optique, la caméra nous restitue la vision du héros en état d'ivresse.

Murnau innove par un traitement de l'espace donnant plus d'importance aux éléments de décor, comme la porte à tambours de l'hôtel.

Les intertitres[modifier | modifier le code]

Fait exceptionnel pour les films muets, Murnau parvient à monter son film avec très peu d'intertitres. Auparavant, seul Lupu Pick avait réalisé les deux tentatives connues de film sans intertitres, qui toutes deux ont échoué, Scherben (de) en 1921 et Saint-Sylvestre (de) en 1924.

Postérité[modifier | modifier le code]

Alfred Hitchcock, qui travaillait en 1924 aux studios de Babelsberg en tant que décorateur et scénariste, assiste pour se perfectionner au tournage du Dernier des hommes.

Dix ans plus tard, Orson Welles a repris pour son Citizen Kane certaines techniques employées par Murnau.

Un remake a été tourné en 1955 sous le titre de Mon premier amour (Der Letzte Mann) par Harald Braun.

En 2003 Christian Leroy crée une musique originale pour le film restauré.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette fin heureuse a été imposée par l'UFA.[réf. souhaitée]
  2. Le titre anglais The Last Laugh, (Le Dernier Rire), fait référence à la fin du film.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lotte H. Eisner, textes additionnels de Robert Plumpe et Robert Herlth, F. W. Murnau, [Paris] : Le Terrain vague, 1964, 223 p.
  • Yann Calvet, Cinéma, imaginaire, ésotérisme : (Murnau, Dreyer, Tourneur, Lewin), Paris ; Budapest ; Torino : L'Harmattan, 2003, 341 p., collection Champs visuels (ISBN 2-7475-5072-9)
  • Charles Jameux, F. W. Murnau, Paris : Éditions du Cerf, 2006, 188 p. (ISBN 2204082171)
  • (en) Stephen Brockmann, « Der Letzte Mann (1924): Learning to move », in: A Critical History of German Film, série Studies in German literature, linguistics, and culture, Rochester, NY : Camden House, 2010, pp. 70-79 (ISBN 978-1-57113-468-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]