Émile Meyerson

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Émile Meyerson

Philosophe occidental

Époque contemporaine

Naissance 1859
(Lublin)
Décès 2 décembre 1933
(Paris)
Nationalité franco-polonaise
École/tradition Réalisme
Principaux intérêts Histoire des sciences
Épistémologie
Relativité générale
Œuvres principales Identité et réalité ; La déduction relativiste
Influencé par Albert Einstein, Henri Bergson, Auguste Comte
A influencé Gaston Bachelard, Ignace Meyerson, Albert Einstein, Alexandre Koyré, Thomas Kuhn, Eugène Minkowski, Jacques Lacan

Émile Azriel Meyerson (né le 12 février 1859 à Lublin, en Pologne, mort le 2 décembre 1933 à Paris) est un philosophe polonais, naturalisé français. Contre le courant de pensée positiviste de la fin du XIXe siècle, il développe une épistémologie réaliste fondée sur le principe d'identité. Il fut par ailleurs un sioniste convaincu, membre du comité central des Amants de Sion.

Meyerson est mort dans son sommeil d'une crise cardiaque à 74 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Lublin en 1859, Émile Meyerson part pour Heidelberg, en Allemagne, en 1870. Il étudie la chimie avec Wilhelm Bunsen et Hermann Franz Moritz Kopp. Il se rend ensuite en France à l'âge de 22 ans, et passe deux ans (1882-1884) dans le laboratoire Schützenberger au Collège de France. Déçu par le caractère appliqué de la chimie, il se tourne vers la philosophie et l'histoire des sciences. Son premier ouvrage de philosophie des sciences, Identité et réalité, est publié en 1908. Il a été correspondant étranger au service diplomatique de l'agence Havas, puis directeur de la Jewish Colonization Association pour l'Europe et l'Asie Mineure.

Après la guerre de 14-18, Émile Meyerson obtient la nationalité française. Il correspond avec de nombreux grands savants de son époque, notamment Einstein, Lucien Lévy-Bruhl, Brunschvicg, André Lalande, et Paul Langevin. Émile Meyerson meurt à Paris le 2 décembre 1933.

Critique du positivisme[modifier | modifier le code]

L’épistémologie d’Émile Meyerson s’oppose au positivisme développé au XIXe siècle par Auguste Comte. Meyerson lui reproche de promouvoir une science essentiellement descriptive, qui se limite à l’énoncé de lois scientifiques, et renonce à comprendre la nature même des choses.

Dans son livre La Déduction relativiste (1925), il fustige ainsi le règne des lois instauré par le positivisme : « Ce que rêvait Comte, c'était en effet une véritable organisation, comme la comprennent les partisans de l'autorité ; les croyances du public en matière de science et, plus encore, le travail de recherche des savants eux-mêmes, devaient être strictement réglés et surveillés par un corps constitué, composé d'hommes jugés compétents et armés de toutes les rigueurs du bras séculier. Cette réglementation devait, bien entendu, comme c'est le cas, partout et toujours, de toute réglementation, consister principalement en interdictions, et Comte a tracé d'avance le programme de quelques-unes d'entre ces dernières. Défense de se livrer à des investigations autres que « positives », c'est-à-dire ayant pour objet la recherche d'une loi ; défense de toute tentative visant à pénétrer des problèmes que l'homme, manifestement, n'avait aucun intérêt à connaître et qui, d'ailleurs, pour cette raison même, devaient rester entièrement impénétrables à son esprit, tels que, par exemple, la constitution chimique des astres […]. »[1]

Expliquer plutôt que décrire[modifier | modifier le code]

À l’inverse, Meyerson pense que la science fonctionne de manière explicative : le scientifique cherche avant tout à rendre raison des phénomènes en recherchant leur(s) cause(s). Meyerson oppose l'explication à la description. Pour rendre à la notion de cause sa place éminente dans la science de son époque, Meyerson procède à une analyse des principes d’inertie et de conservation, qui tendent tous à établir dans la nature une forme d’identité de la cause et de l’effet.

Une épistémologie réaliste[modifier | modifier le code]

Pour Meyerson, ce mouvement d’homogénéisation est au cœur de toute pensée, et à la limite, en est la condition. La raison humaine rencontre ainsi des obstacles à sa manière intime de fonctionner : la temporalité, la notion d’irréversibilité en général.

Malgré ces difficultés, les succès de la science montrent que celle-ci outrepasse le statut de convention commode que les positivistes veulent lui assigner : c’est de la nature même du réel qu’il est question dans les principes de conservation, qui demeurent les seules idées fondamentales de la sciences. Cette vision de la marche de la science fait d’Émile Meyerson un réaliste, en quoi il peut être rapproché de son contemporain Henri Bergson.

Œuvres d'Émile Meyerson[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Identité et réalité, 1908, 2e éd., 1912 (réédition Vrin, 2001).
  • De l’explication dans les sciences, Payot, Paris 1921, réédition Corpus des œuvres philosophiques en langue française, Fayard, 1995.
  • La Déduction relativiste, Payot, Paris 1925.
  • Du cheminement de la pensée, Alcan Paris 1931, 3 Volumes (réédition Vrin, 2011).
  • Réel et déterminisme dans la physique quantique Hermann Paris 1933.
  • Essais (1936), réédition Corpus des œuvres philosophiques en langue française, Fayard, 2009.
  • Emile Meyerson. Lettres françaises éditées par Bernadette Bensaude-Vincent et Eva Telkes-Klein Paris CNRS édition 2009.
  • Emile Meyerson. Mélanges. Petites pièces inédites éditées par E. Telkes-Klein et B.Bensaude-Vincent, Paris, Honoré Champion 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Correspondance entre Harald Høffding et Emile Meyerson. Copenhague : E. Munksgaard, 1939.
  • Frédéric Fruteau de Laclos, L'épistémologie d'Emile Meyerson, une anthropologie de la connaissance, Vrin, Paris, 2009.
  • Frédéric Fruteau de Laclos, Le cheminement de la pensée selon Emile Meyerson, P.U.F., Paris, 2009.
  • Frédéric Fruteau de Laclos, Emile Meyerson, Les Belles Lettres ("Figures du Savoir"), Paris, 2014.
  • Noémie Pizarroso, L'épistémologie d'Émile dans l’œuvre psychologique d'Ignace Meyerson, Stratégies de réconciliation d'un disciple indocile, Archives de Philosophie, Tome 70, p. 385-402, 2007.
  • Eva Telkes-Klein, Emile Meyerson d’après sa correspondance, une première ébauche, revue de synthèse, 5e année, Centre de recherche français de Jérusalem, Israël, 2004.
  • Eva Telkes-Klein et Elhanan Yakira, L'histoire et la philosophie des sciences à la lumière de l’œuvre d’Émile Meyerson, éditions Honoré Champion, 2010

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Émile Meyerson, La Déduction relativiste, § 253, Payot, paris, 1925