Forêt de Chantilly
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| Forêt de Chantilly | ||
Vue d'une clairière de la forêt située dans la parcelle 268 |
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| Localisation | ||
|---|---|---|
| Coordonnées | Google Maps | |
| Pays | ||
| Région | Picardie ; Île-de-France | |
| Département | Oise ; Val-d'Oise | |
| Géographie | ||
| Superficie | 6 344 ha | |
| Altitudes | mini. 32 m — maxi. 135 m | |
| Compléments | ||
| Protection | ZNIEFF ; Natura 2000 ; Site classé | |
| Statut | Propriété de l'Institut de France | |
| Administration | Office national des forêts | |
| Essences | chêne ; pin sylvestre ; hêtre européen ; tilleul | |
| Géolocalisation sur la carte : France
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La forêt de Chantilly est un massif forestier de 6 344 hectares situé essentiellement dans l'Oise, à 35 kilomètres au nord de Paris. D'accès public et gérée par l'Office national des forêts, elle n'est cependant pas au sens strict une forêt domaniale, car elle est propriété de l'Institut de France et non de l'État. Elle forme avec la forêt d'Halatte et la forêt d'Ermenonville, le massif des Trois Forêts.
Sommaire |
[modifier] Géographie
[modifier] Localisation
La forêt s'étend du plateau de Creil au nord, jusqu'à la vallée de l'Ysieux au sud et de la vallée de l'Oise à l'ouest jusqu'à la Forêt d'Ermenonville à l'Est, dont elle est séparée par l'autoroute du Nord. En réalité, le massif est composé de plusieurs forêts :
- la partie centrale de la forêt de Chantilly (2 100 ha) ;
- la forêt de Pontarmé à l'est (1 450 ha) ;
- la forêt de Coye au sud (1 650 ha), le bois de Bonnet au sud-ouest (435 ha), en partie dans le département voisin du Val-d'Oise ;
- les bois de la Coharde, de la Basse Pommeraie et du Lieutenant (710 ha), sur la rive droite de la Nonette au nord de la ville de Chantilly.
La forêt de Chantilly s'étend sur douze communes du département de l'Oise, soit 5 392 ha, et trois communes du Val-d'Oise sur 952 ha :
[modifier] Topographie et géologie
La topographie de la forêt est relativement plate, avec des altitudes moyennes comprises entre 60 et 70 mètres. La seule hauteur isolée dans la partie nord est la butte aux Gens d'Armes qui atteint les 103 m. Les parties sud du massif de la forêt, dans la forêt de Coye, sont plus accidentées et plus hautes, atteignant un maximum de 135 m au contact de la plaine de France. A l'inverse, les rivières sont légèrement encaissées d'une vingtaine de mètres. L'altitude minimale est de 32 m à proximité de l'abbaye de Royaumont au sud-ouest.
Géologiquement, la forêt occupe un vaste plateau calcaire du Lutétien recouvert de sables limoneux sur des couches plus ou moins épaisses qui lui donnent à certains endroits un aspect dunaire[1]. En effet, le sable, suite à des dépôts éoliens, a pu s'accumuler sur certaines hauteurs, tels que la butte aux Gens d'Armes. Seule la zone du bois de Bonnet à l'extrémité sud-ouest du massif présente un profil légèrement différent avec un substrat de craie recouverte partiellement de sable à silex[2]. Les fonds de vallées sont occupés par des alluvions récents, épais de 12 à 14 m dans la vallée de la Nonette et de 6 m au viaduc de Comelles, recouverts par des marais ou des étangs lorsque ceux-ci ont été drainés.
[modifier] Hydrographie
Le territoire de la forêt est occupé par le bassin versant de l'Oise dont deux affluents sont les principaux cours d'eau :
- La Thève : longue au total de 33 km. Sa vallée est occupée au centre de la forêt par les étangs de Comelles : ces étangs artificiels ont été créés au XIIIe siècle par les moines de l’abbaye de Chaalis pour en faire des viviers à poissons. D'autres étangs sont présents dans cette vallée du côté de Thiers-sur-Thève, les étangs de Saint-André, ainsi qu'aux alentours de l'Abbaye de Royaumont.
- La Nonette : longue au total de 41 km. Elle a la particularité d'être entièrement canalisée sur le territoire de la commune de Chantilly. En effet, l'aménagement des jardins du château par André Le Nôtre a nécessité la transformation profonde du cours d'eau à partir de 1663.
En limite sud du massif, le rû de la Flache, qui descend de la vallée d'Hérivaux, rejoint pour sa part la rivière de l'Ysieux, autre affluent de l'Oise.
[modifier] Voies de communications
[modifier] Le Chemin de fer
Le massif est traversé par la voie ferrée Paris-Creil-Lille depuis 1859. La ligne de chemin de fer emprunte pour cela le Viaduc de Comelles, actuellement à trois voies (mais édifié pour quatre). En aval des étangs, il est élevé de 1980 à 1984 en remplacement d'un ancien viaduc qui avait été construit par l'ingénieur Pinel entre 1856 et 1859. L'ancien viaduc, inadapté à la circulation ferroviaire actuelle avec ses deux voies, a finalement été détruit le 12 décembre 1985. La forêt est ainsi desservie par trois gares : la Gare de La Borne Blanche, sur la commune d'Orry-la-Ville, uniquement utilisée par la ligne D du RER, la Gare d'Orry-la-Ville - Coye terminus du RER D et desservie par le TER Picardie et enfin la Gare de Chantilly - Gouvieux.
[modifier] Les Routes
L'Autoroute A1 longe la forêt en sa limite est, entre Thiers-sur-Thève et Senlis, marquant ainsi la frontière avec la Forêt d'Ermenonville. Très peu de routes autorisées au trafic routier traversent par ailleurs la forêt véritablement : la D1016, ancienne Route nationale 16 entre Chaumontel et Lamorlaye, la D1017, ancienne Route nationale 17, entre La Chapelle-en-Serval et Senlis et la D924A entre La Chapelle-en-Serval et Chantilly. Cette dernière est d'ailleurs limitée à 70 km/h en raison de la traversée fréquente de grand animaux. On a dénombré en effet 12 collisions avec un cerf et 56 collisions avec un sanglier dans la forêt en 2003-2004[3]. Il existe ensuite quelques petites routes d'accès aux étangs de Comelles. Les autres routes de la région ne font que longer les limites du massif.
Certaines routes traversant la forêt ont ainsi été fermées à la circulation routière, telles que la route de Toudouze, en mai 2007, entre l'hippodrome et les étangs de Comelles[4].
[modifier] Histoire
[modifier] La préhistoire de la forêt
À l'époque Néolithique, vers 3000 an avant JC, une forêt dense est en place, où, selon les analyses polliniques, dominent les chênes, les tilleuls et les ormes. C'est à partir de cette période que commence l'installation de populations d'agriculteurs résidents permanents et donc sans doute les débuts de défrichages. De cette époque, subsistent à proximité de Coye-la-Forêt les restes d'un monument mégalithique.
De la période gallo-romaine, le paysage actuel garde la trace de l'ancienne voie allant de Soissons à Paris (ou Beaumont-sur-Oise ?) en passant par Senlis. Cette voie, appelée improprement Chaussée Brunehaut, venant de Senlis, traverse la forêt au nord des Étangs de Comelles, passe à travers l'actuel centre d'entraînement hippique de Lamorlaye puis le bois de Bonnet. Une autre voie romaine passait probablement à travers la forêt au niveau de l'actuelle D1017 en provenance de Senlis. On note par ailleurs la présence en grande quantité de villa gallo-romaine un peu partout sur le territoire de l'actuel massif : une soixantaine de structures ont ainsi été recensées[5]. Le passage de ces voies romaines, habituellement en zones dégagées, la présence de ces exploitations agricoles, mais aussi les analyses polliniques font penser qu'au Ier siècle de notre ère, la forêt primaire a presque totalement disparu. En effet, elle a laissé la place à des champs, des haies bocagères et quelques bois de petites tailles.
Au début du Moyen Âge, la situation est encore à peu près la même avec la présence de nécropoles d'époque mérovingienne en pleine forêt actuelle[6].
[modifier] La constitution du domaine
[modifier] Les origines
Les études historiques et archéologiques laissent penser que le massif est une forêt récente, née de l'action et de la protection de ses propriétaires depuis le Moyen Âge. Vers l'An Mil, la zone forestière se limite sans doute à une petite portion située entre Chantilly, Montgrésin (territoire d'Orry-la-Ville) et Coye. À cette époque d'ailleurs, une servitude est imposée sur cette zone, appelée droit de quint ou droit de gruerie, ce qui signale la présence de bois. Pendant les deux siècles suivants, la forêt ne couvre pas sans doute pas plus de quelques centaines d'hectares, les bois et les terres qui les environnent dépendant de la famille des seigneurs de Senlis, mais aussi d'un très grand nombre de congrégations religieuses : l'Abbaye de Saint-Denis, le chapitre de la Cathédrale de Senlis, le prieuré bénédictin de Saint-Leu-d'Esserent, celui de Saint-Nicolas-d'Acy (dans l'actuelle commune de Courteuil) et l'abbaye de Chaalis[7]. En 1171, un acte du roi Louis VII signale pour la première fois une forêt à l'endroit du massif actuel, en confirmant un accord passé entre le seigneur de Senlis Gui le Bouteiller et l'Abbaye de Chaalis, concernant leurs droits respectifs sur les « forêts situées entre Paris et Senlis ». En 1282, pour la première fois, le mot Chantilly désigne une forêt : un acte du Parlement de Paris parle en effet d'in tota foresta chantiliaco (dans toute la forêt de Chantilly)[8].
En 1360, Pierre d'Orgemont rachète la seigneurie de Chantilly à la famille des Bouteiller. La forêt représente alors 1 200 arpents (410 ha). Les seigneurs s'attachent alors à étendre ce domaine dans le but principal de s'assurer une réserve de chasse. Guillaume de Montmorency hérite avec la seigneurie d'un domaine de 2 000 arpents (684 ha) en 1492. Ce sont surtout ses descendants qui étendent le domaine de chasse dont son fils Anne de Montmorency, connétable de France, qui achète la seigneurie de Pontarmé à l'est du domaine. C'est entre 1537 et 1546 qu'un certain nombre de bornes sont posées en forêt afin de délimiter la propriété des Montmorency de celles des institutions religieuses environnantes. Huit de ces bornes ont été ramenées autour de la statue du Connétable sur la terrasse du château lors son érection au XIXe siècle[9],[10]. La forêt atteint les 5 000 arpents (1710 ha) au milieu du XVIIe siècle[11].
[modifier] Les agrandissements du Grand Condé
C'est avec le Grand Condé que le domaine prend toute son ampleur : quand celui-ci se retire dans son domaine en 1659, il achète l'essentiel des terres entourant ses bois, notamment les bois Saint-Denis au Cardinal de Retz en 1663 et le domaine de Commelle en 1666 à l'Abbaye de Chaalis pour un domaine atteignant les 8 000 arpents (2 735 ha). En 1662, il fait clôturer le grand parc de 1 000 ha autour du château incluant bois et terre, pour le réserver à la chasse à tir notamment. Son fils, Henri Jules de Bourbon-Condé, continue les extensions en achetant en 1688 la seigneurie du Lys à l'ouest du domaine, la seigneurie de Coye en 1701, une partie des seigneuries de Luzarches, Chaumontel et le bois du Chapitre à proximité de La Chapelle-en-Serval en 1707 au sud, et enfin la Haute-Pommeraie en 1709 au nord. Louis IV Henri de Bourbon-Condé, petit-fils du précédent, constructeur des Grandes écuries, achète les bois de l'Abbaye d'Hérivaux en 1716 et fait planter les bois du Lys, entre Gouvieux et Lamorlaye en 1719. Le domaine forestier est totalement démantelé lors de la période révolutionnaire et de l'Empire[12].
[modifier] Les dernières extensions au XIXe siècle
Avec le retour des Condé lors de la Restauration en 1814-1815, Louis V Joseph de Bourbon-Condé récupère la partie du domaine qui n'avait pas été vendu à des particuliers. Il commence à racheter le reste. Son fils, Louis VI Henri de Bourbon-Condé, grace à une loi autorisant la vente des biens ecclésiastiques réunis au domaine de l'État en 1790, rachète les bois de l'abbaye de Saint-Nicolas-d'Acy à Courteuil et du chapitre Notre-Dame de Senlis en 1819. Il rachète dans le même temps la forêt du Lys, la totalité de la forêt de Coye, de la seigneurie de Luzarches et des alentours de l'Abbaye de Royaumont. L'ensemble de ces achats lui permettent de supprimer les dernières enclaves et de disposer, pour la première fois dans l'histoire du domaine, d'un territoire boisé continu des bords de l'Oise à l'ouest à la forêt d'Ermenonville à l'est, et de Luzarches au sud jusqu'aux abords actuels de Creil au nord. Ce besoin de créer une unité foncière au domaine et de supprimer toute interruption du domaine vient du fait que la Révolution subordonné le droit de chasse au droit de propriété[13].
Au temps de son successeurs, son neveu et légataire universel Henri d'Orléans (1822-1897), Duc d'Aumale, acquiert lui et ses tuteurs encore quelques bois en usage à Gouvieux, Coye et les alentours de la Butte aux Gens d'Armes, en limite de la forêt d'Ermenonville à l'est. Le duc d'Aumale ne conserve pas pour autant la totalité du massif transmis par son oncle. Il revend en effet la Haute-Pommeraie, en limite de Creil en 1881, le terrain des Aigles pour en faire un terrain d'entraînement hippique et les terrains du Lys en 1897, transformés depuis en lotissements. Ces aliénations sont dues probablement aux importantes dépenses engagées dans la reconstruction du château. En 1886, le duc d'Aumale, avant son départ en exil, fait donation de son domaine à l'Institut de France, le domaine de Chantilly, comprenant le château, ses collections ainsi que la forêt, sous réserve d'usufruit. L'Institut devient pleinement propriétaire à sa mort en 1897 et le massif forestier entre dans le régime forestier en 1898. Ce domaine s'étend alors sur 9 057 ha de terres et de bois, en partie aliénable[14].
[modifier] La gestion et l'aménagement du massif
[modifier] La capitainerie des chasses
Les seigneurs de Chantilly ont toujours pu exercer leur droit de chasse et de gruerie sur leurs terres mais aussi sur les bois environnants. Ce dernier droit, qui est normalement un droit de contrôle du roi sur les coupes de bois, a en fait presque toujours été contrôlé par le seigneur. Anne de Montmorency, obtient ainsi la charge de Capitaine des chasses du roi pour les forêts de Carnelle et d'Halatte en 1520. Cette fonction lui permet de garder la haute main sur la gestion cynégétique et donc forestière de ses terres, qui se trouvent entre les deux forêts, mais aussi des terres environnantes. En 1674, le Grand Condé, après avoir récupéré ses biens, récupère cette charge et celle-ci reste dans la famille des Condé jusqu'à la Révolution. Son pouvoir s'étend non seulement à ces deux forêts, mais aussi, il y inclut ses propres forêts, les bois environnants, ainsi qu'à une « lieue de découvert », c'est-à-dire une lieue au delà de la forêt proprement dite, périmètre à l'intérieur duquel il se réserve tous les droits de chasse. Au début du XVIIIe siècle, la surface de la capitainerie des chasse couvre 60 000 ha, 85 000 à la veille de la Révolution. 25 personnes sont chargées de veiller aux respects de ces droits à la mort du Grand Condé, ils sont 90 en 1785[15].
[modifier] L'aménagement des routes
Pour faciliter les chasses à courre, des routes et chemins sont tracés à travers la forêt. En 1669, il est fait appel à André Le Nôtre pour dessiner le carrefour de la Table, duquel partent 12 routes à travers le massif. Par ailleurs, c'est à son époque que sont tracées les voies les plus célèbres de la forêt : la route du Connétable, entre le château et Lamorlaye, la route de l'Aigle, actuellement derrière l'hippodrome de Chantilly. L'action du Grand Condé est prolongée par son fils et son petit-fils mais c'est surtout Louis IV Henri de Bourbon-Condé qui fait ouvrir 70 routes à travers la forêt en 1718 et 1740. Son fils, Louis V Joseph de Bourbon-Condé achève ces aménagements. A la Révolution, la physionomie actuelle des chemins en forêt existe déjà et ne change plus fondamentalement[16].
[modifier] Les contradictions entre forêt et gibier
Les Condé ne se contentent pas de gérer la ressource cynégétique. Lorsque le Grand Condé récupère ses terres et ses forêts, il récupère avec le droit royal de gruerie sur les coupes de bois. Il a ainsi toute autorité sur les plantation et coupes effectuées en forêt. Officiellement, c'est l'administration royale des eaux et forêts et son maître particulier basé à Senlis qui décide de la gestion sylvicole. En réalité, cette administration doit se soumettre aux exigences des princes qui imposent la protection du gibier avant tout. Les taillis sont privilégiés aux futaies, car ils permettent aux animaux de s'abriter et de proliférer plus facilement. De nombreux procès sont intentés par les cultivateurs des environs, victimes de dégâts du gibier. Mais les princes étant titulaire des droits de haute et basse justices pour toute la région, ces procédures ne peuvent aboutir. De nombreux Cahiers de doléances de la région se plaignent de cette situation en 1789[17].
Pendant la période révolutionnaire et l'Empire, l'absence de contrôle dans ces forêts d'État ainsi que les vieilles rancœurs des populations locales engendrent un braconnage généralisé ainsi que des coupes sauvages dans les parcelles. Le retour des Condé en 1814 rétablit l'ordre dans la forêt. Mais la priorité est toujours donné à la conservation et la croissance du gibier au détriment de la croissance de la forêt et de la rentabilité de l'exploitation forestière[18]. Le dernier des Condé fait tout de même planter les dernières parcelles à l'est de Pontarmé. En 1898, avec l'entrée de la forêt de Chantilly dans le régime forestier, l'administration des eaux et forêts, devenue depuis l'Office national des forêts tente de convertir progressivement chaque parcelle à un mode d'exploitation en futaies plus durable[19].
[modifier] Sylviculture
La forêt est divisée en 558 parcelles forestières.
[modifier] Les types d'essence
Lors d'un inventaire effectué en 1990 par l'ONF, on a distingué 3 type d'essences principales à l'étage dominant de la forêt[20] :
- le chêne à 48 %, principalement le chêne pédonculé et le chêne rouvre ou sessile ;
- le pin sylvestre à 12 %, essentiellement dans la forêt de Pontarmé ;
- le hêtre européen à 9%
On compte par ailleurs d'autres types de feuillus pour 26 % et notamment le tilleul très présent dans les taillis. Son abondance en forêt de Chantilly serait lié à la grande quantité de lapins qui rechignent habituellement à en manger les jeunes pousses[19]. Les autres essences de résineux représentent quant à elles 2 % du total. Les nouvelles plantations privilégient le chêne rouvre, plus adapté au manque d'eau dans les terrains forestiers.
[modifier] Les boisements
Les taillis ou en taillis sous futaie représentent 74 % de la surface du massif. Cette prédominance est le résultat de la politique forestière du XIXe siècle qui privilégiait ce type de boisement plus favorable au gibier. L'ONF tente progressivement de convertir les parcelles à la futaie intégrale et régulière au fur et à mesure des nouvelles plantations. Dans certaines parcelles, la futaie irrégulière, faite d'arbres d'âges variés et regroupés en bouquet a été privilégiée, comme par exemple dans le bois du Lieuntenant ou en forêt de Coye. Les plantations, qui représentent 60 000 plants par an, ont pour finalité d'éviter le dépérissement et le non renouvellement de la forêt dans certains lieux. Ailleurs, la régénération naturelle est privilégiée. A terme, l'objectif est de parvenir à 80 % de futaie en chêne rouvre, les hêtres étant privilégiés pour les parcelles les plus accidentées et les résineux pour les sols de sable pur[19].
Chaque année, la production de bois dans la forêt représente 16 000 m3 de bois, certifiée PEFC.
[modifier] Le patrimoine naturel
[modifier] Les Protections
La forêt bénéficie de plusieurs types de protections :
- Un site classé au titre du Domaine de Chantilly : le 28 décembre 1960, l'Institut de France obtient le classement de l'ensemble des sites lui appartenant, dans le but de préserver l'héritage du Duc d'Aumale. Depuis, ce site classé représente 7 830 ha couvrant en grande partie la forêt[21].
- Quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) qui couvrent ainsi la quasi totalité du massif :
- Une ZNIEFF de type 1 appelée : « Massif forestier de Chantilly / Ermenonville », qui couvre aussi la forêt d'Ermenonville sur 19 communes de l'Oise soit une surface totale de 11 048 ha. Cette ZNIEFF concerne la partie centrale de la forêt, la forêt de Pontarmé et le nord de la forêt de Coye[22].
- Une ZNIEFF de type 1 appelée « Massif forestier d'Halatte », qui comme son nom l'indique, couvre principalement la forêt d'Halatte (7 922 ha) mais concerne aussi les Bois de la Coharde, de la Basse-Pommeraie et du Lieutenant[23].
- Une ZNIEFF de type 1 appelée : « Forêt de Coye : Les Hautes Coutumes » (185 ha), située sur la partie francilienne de la forêt[24].
- Une ZNIEFF de type 2 : « Site d'échanges interforestiers (passage de grands mammifères) d'Halatte/Chantilly » (457 ha). Cette ZNIEFF ne couvre pas un terrain appartenant à la forêt proprement dite, mais une zone de transit d'animaux entre les bois de la Basse-Pommeraie, du Lieutenant et la zone centrale de la forêt[25].
- Deux sites Natura 2000 depuis avril 2006[26] :
- une Zone de protection spéciale (ZPS) : « Forêts picardes : massif des trois forêts et bois du roi » qui couvre 13 615 ha et notamment la quasi totalité de la forêt de Chantilly à l'exception du territoire de la commune de Chantilly et de la partie du massif au nord de la Nonette. Cette zone concerne particulièrement la protection des oiseaux et plus spécifiquement 12 espèces recensées[27] ;
- une Zone spéciale de conservation (ZSC) : « Massifs forestiers d'Halatte, de Chantilly et d'Ermenonville » qui couvre une surface de 2 396 ha, dont seulement une toute petite partie sur le forêt de Chantilly : l'extrémité ouest des Etangs de Comelle et le sud-est de la forêt de Pontarmé, en limite de la forêt d'Ermenonville. Elle concerne particulièrement la protection de 18 types d'habitats différents, d'une vingtaine d'espèces florales protégées et une soixantaine menacée, ainsi que 4 espèces de faune[28].
A ces titres, elle doit faire l'objet de mesures de gestion qui permettent le maintien des espèces concernées et des habitats qu'elles occupent.
Par ailleurs, l'ensemble des communes que couvre la forêt appartiennent au Parc naturel régional Oise-Pays de France depuis sa création en 2004.
[modifier] Milieux et habitats naturels
Le milieu naturel prédominant est évidemment est évidemment le milieu forestier, mais on trouve aussi des tourbières et marais pour 4 %, particulièrement en forêt de Coye, des lacs, étangs, mares (eau douce) pour 3 %, des landes, fourrés et pelouses pour 2 % et des pelouses silicicole ouvertes médio-européennes pour 1 %.
On recense, dans la ZNIEFF du massif de Chantilly, neuf habitats considérés comme remarquables, rares et menacés en Europe[22] : la chênaie-charmaie acidocline, la chênaie-charmaie à jacinthe, la chênaie-hêtraie, la hêtraie calcicole, la frênaie à laîche espacée, les groupements herbacés humides nitrophiles, les groupements herbacés sur sables, les landes à éricacées, les pelouses et lisières calcicoles.
Par ailleurs, 18 habitats sont recensés dans le cadre de la zone Natura 2000 - Site d'Intérêt Communautaire. Quatre d'entre eux sont considérés comme prioritaires car particulièrement menacés en Europe[28] :
- des pelouses sèches semi-naturelles et faciès d'embuissonnement sur calcaires (avec des sites d'orchidées remarquables), particulièrement dans le secteur de la butte aux Gens d'Armes ;
- des formations herbeuses à nardus, riches en espèces, sur substrats siliceux des zones montagnardes (et des zones submontagnardes de l'Europe continentale)
- des forêts alluviales à aulne glutineux et frêne élevé
- des pelouses calcaires de sables xériques
Certains milieux naturels particulièrement fragile ont fait l'objet de travaux de restauration, organisé par le Parc naturel régional Oise-Pays de France, en partenariat avec l'ONF, notamment les landes humides par un chantier d'insertion en 2006[29].
[modifier] La flore
La forêt a fait l'objet d'inventaire pour différents types d'espèces : 77 espèces ont ainsi été recensées chez les Phanérogames, les 3 espèces chez les Ptéridophytes (appelées plus communément fougères) et 12 espèces chez les Bryophytes. Dans le cadre de la ZNIEFF du Massif forestier de Chantilly-Ermenonville, on peut citer particulièrement un certain nombre d'espèces rares et menacées[22] :
- 9 espèces en milieu tourbeux : l'Osmonde royale, le Dactylorhize négligé, le Mouron délicat, la Bruyère à quatre angles, la Baldellie fausse-renoncule, la Véronique en écus, le Laiteron des marais, la Guimauve officinale, la Fougère des marais ;
- 6 espèces en sous-bois calcaire : le Sceau de Salomon odorant, l'Iris fétide, le Chêne pubescent, la Belladone, dans les coupes sur calcaire, la Mélique penchée, le Fragon faux houx ;
- 13 sur pelouses et lisières : le Géranium sanguin, la Mélitte à feuilles de mélisse, la Gentiane croisette, l'Orchis militaire, l'Orchis singe, le Doronic plantain, la Germandrée botryde, l'Orchis pyramidal, l'Orobanche du serpolet, l'Épipactis rouge foncé, le Bugle petit-pin, le Bugle de Genève, l'Alysson calicinal ;
- 11 sur sable : le Cynoglosse officinal, la Laîche des sables, l'Ornithope délicat, la Mousse fleurie (Crassula tillea), sur les sables nus, la Téesdalie à tige nue (Teesdalia nudicaulis), la Violette des chiens, la Potentille argentée, la Sagine noueuse, la Salicaire pourpier (Lythrum portula), la Laîche des lièvres, le Maïanthème à deux feuilles.
A l'inverse, on note aussi la présences d'espèces invasives qui ont tendance à envahir les différents milieux de la forêt et à éliminer les espèces locales. Il s'agit par exemple du Cerisier tardif, originaire d'Amérique du nord et arrivé en forêt de Chantilly par le biais de la forêt de Compiègne. On peut encore citer l'Ailanthe ou l'Aster à feuilles lancéolées. Des chantiers d'insertion et des actions de bénévoles sont organisés pour tenter de les éliminer dans les lieux où ils abondent[30].
[modifier] La Faune
[modifier] Insectes
2 espèces sont particulièrement observé et font l'objet d'une protection spécifique dans le cadre du Site d'intérêt communautaire - Natura 2000[28], ce sont :
- une libellule appelée agrion de Mercure : elle est rare et en déclin dans le nord de la France
- un papillon appelé écaille chinée
On peut noter aussi la présence du papillon cuivré des marais, lié aux zones humides et le lucane cerf-volant, le plus gros coléoptère d'Europe, pouvant atteindre 8 à 10 cm, qui vit dans les bois morts[31].
[modifier] Herpétofaune
Plusieurs reptiles et amphibiens sont considérés comme rares et menacés à l'échelle du nord de la France, dans la ZNIEFF du massif de Chantilly[22] : la vipère péliade, la coronelle lisse, le lézard des murailles, la grenouille agile et le triton alpestre.
[modifier] Oiseaux
L'avifaune, dont 19 espèces ont été recensés, fait l'objet d'une protection spéciale à la fois par le biais d'une Zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO)[32] et d'une Zone de Protection Spéciale (ZPS) dans le cadre du réseau Natura 2000[27]. On peut ainsi noter la présence des oiseaux suivants : l'alouette lulu, le blongios nain, la bondrée apivore, le busard Saint-Martin, l'engoulevent d'Europe (particulièrement menacé), le martin-pêcheur d'Europe, le pic mar, le pic noir et la pie-grièche écorcheur[33]. La zone sert aussi d'étape migratoire pour le balbuzard pêcheur, la cigogne blanche et la grue cendrée.
[modifier] Mammifères
La forêt abrite 27 espèces de mammifères différents[22], particulièrement des colonies de chauve souris appelées petit rhinolophe et noctule commune. On peut aussi noter la présence de la martre des pins.
Mais la forêt de Chantilly est surtout connue pour ses grands mammifères que sont le sanglier, le chevreuil et le cerf élaphe. Un peu moins de 200 cerfs ont été recensés en forêt[34]. Le cloisonnement de la forêt de Chantilly en différents bois pose des problèmes épineux en terme de transit de ces grands mammifères d'un bois à l'autre. Des problèmes réccurents se posent, notamment dans la zone interforestière située sur la commune d'Avilly-Saint-Léonard, entre le bois du Lieutenant, de la Basse-Pommeraie et la zone centrale de la forêt, occasionnant d'importants dégâts dans les cultures[35]. Une politique de corridors écologiques a été mises en place par le PNR Oise-Pays de France en vue de faciliter le passage de ces animaux tout en tentant de minimiser les dégâts[36].
[modifier] Lieux remarquables
[modifier] Sites naturels
Les Étangs de Commelle : couvrant une superficie de 40 ha, ils occupent la vallée de la Thève. Ils sont aménagés comme viviers à poisson de 1204 à 1208 par les moines convers de la grange de l'abbaye de Chaalis toute proche. Ils sont constitués de quatre étangs distincts : l'étang Comelle (éponyme) en amont, à l'est, l'étang Chapron, l'étang Neuf (le plus grand) et l'étang de la Loge, en aval à l'ouest. Ils ne font plus office de viviers mais sont toujours aménagés pour la pêche : on y trouve la plupart des poissons d'eau douce[37].
La Butte aux Gens d'Armes : butte-témoin située en forêt de Pontarmé, recouverte de sables éoliens culminant à 103 m. d'altitude, l'un des rares points hauts au nord de la forêt.
Les Côtes d'Orléans et le Pain de sucre : secteurs les plus élevés (respectivement 122 m et 109 m) et les plus accidentés de la forêt, situés dans la forêt de Coye, en limite de la commune de Chaumontel. Ils ont chacun donné leur nom à une course courue sur l'hippodrome de Chantilly au mois d'avril et au mois de septembre[38].
[modifier] Monuments historiques
Le château de la Reine Blanche (classé monument historique depuis 1989[39]), situé à l'extrémité occidentale des étangs sur la commune de Coye-la-Forêt est une petite construction de style troubadour, édifiée pour le duc de Bourbon en 1825 et 1926. Il est bâti sur les ruines d'un moulin, lui-même édifié à l'emplacement d'un château légendaire construit vers 1350 pour Blanche de Navarre, alors veuve de Philippe VI de Valois. Il présente des portes et fenêtres ogivales, ainsi que quatre tours crénelées. Les trois chevaliers qui ornent la façade ont été ajoutés en 1846 par le duc d'Aumale.
Le four à tuile (classé Monument historique depuis 1914[40]) : située dans le clos de Comelle, sur la commune d'Orry-la-Ville. Il s'agirait d'une ancienne lanterne des morts transformée au XIIe siècle en four à tuile pour la grange de l'abbaye cistercienne de Chaalis toute proche. Elle a fait l'objet de fouilles archéologiques.
La Table (Inscrite monument historique depuis 1970[41], est située en limite des communes de Chantilly et d'Avilly-Saint-Léonard, au milieu du rond-point sur la route entre La Chapelle-en-Serval et Chantilly. Elle est aussi appelée « table de Montgrésin », du nom du village d'Orry-la-Ville situé à proximité ou « table du roi ». Cette table de pierre date des aménagements des allées en forêt effectués en 1669-1670 selon les plans d'André Le Nôtre et se trouve au point de jonction de douze routes forestières. C'est un haut lieu de la vénerie, le lieu traditionnel de rendez-vous pour le départ des équipages des Princes de Condé et de leurs successeurs et le lieu de la curée. C'est aussi le lieu où les princes accueillaient leurs hôtes illustres à l'entrée de leur domaine comme en 1671, lorsque le Grand Condé y accueille Louis XIV.[42]
La Table d'Apremont (inscrit monument historique depuis 1988[43]) : autre rendez-vous de chasse, créé au XVIIIe siècle, situé entre les communs d'Apremont et de Vineuil-Saint-Firmin, au point de jonction entre le bois du Lieutenant et le bois de la Basse-Pommeraie. Elle est le point de rencontre de huit routes forestières.
[modifier] Usages de la forêt
[modifier] La Chasse
La forêt a été créé par la vénerie et pour la vénerie. Un vaste domaine forestier est en effet indispensable pour pratiquer cette chasse qui nécessite de vastes espaces avec du gibier en abondance. À l'époque moderne, la forêt est le lieu régulier des chasses royales, organisées par les princes et à laquelles sont invités Louis XIV (1670, 1692 et 1693) puis Louis XV (1722, 1724 et 1725), ainsi que les grands du royaume. Les grandes écuries du château (1719-1735) sont construites dans le but d'accueillir les meutes et chevaux permettant la tenue de chasses quasi-quotidiennes. les décorations de ce bâtiment sont presque entièrement consacrés à ce thème. Il faut attendre 1760 et le prince Louis V Joseph de Bourbon-Condé pour voir l'organisation d'un équipage dans le sens actuel. Celui-ci entretient ainsi en 1772, 19 personnes et 183 chiens pour les chasses, 80 % de celles-ci étant des chasses à courre, 53 % concernant le cerf, 21 % le sanglier d'après le Journal des chasses du prince de Condé à Chantilly rédigé par le capitaine des chasses Jacques Toudouze (1748-1785). Louis-Joseph de Condé est réputé pour avoir ainsi tiré 606 lièvres en un seul jour de chasse ou encore 66 sangliers et 2 chevreuil un autre jour. Au total, 50 800 pièces de gibiers sont ainsi comptabilisée pour la seule année 1759[44].
En 1815, l'organisation des chasses princières reprend et un équipage est maintenu jusqu'en 1848. A leur apogée, on compte 400 chiens dédiés à la chasse et leur domaine de chasse s'étend sur 60 000 ha[45]. Avec l'exile du Duc d'Aumale, une société de chasse est créée de manière à continuer la pratique de la chasse, principalement à tir, sur le domaine. Après le retour d'exile, un nouvel équipage est recréé. Même si le duc pratique peu la chasse, c'est à chaque fois l'occasion d'inviter les membres de l'aristocratie européenne à laquelle il est lié : familles du Danemark, d'Angleterre, du Portugal, de Russie[46]. En 1894, le duc de Chartres, neveu du duc d'Amale, monte un nouvel équipage pour la chasse, gardant les droits de chasse dans la famille jusqu'à sa mort en 1910.
En 1898, avec l'entrée de la forêt dans le régime forestier régulier, les droits de chasse sont gérés par l'administration des eaux et forêts. L'administration accorde ainsi un premier droit de chasse à courre à l'équipage du prince Murat entre 1910 et 1914. C'est le rallye Vallière qui est titulaire de ce droit dans l'entre-deux-guerres puis le rallye Pique-Avant nivernais jusqu'en 1972.
Actuellement, deux équipages sont actifs en forêt de Chantilly : le Rallye Trois Forêts, en tenue bleue, qui se consacre à la chasse au cerf, et le Rallye Pic'Hardy Chantilly, en tenue verte, qui se consacre au chevreuil[47], dont les chasses se déroulent les mardi, mercredi et samedi. La chasse à tir se pratique aussi d'octobre à février.
[modifier] Un terrain d'entraînement hippique et sportif
La forêt est surtout le terrain d'entrainement privilégié de nombreux chevaux sur ses pistes sablonneuses : elles représentent 47 km de pistes sur 1 500 ha strictement réservées à l'usage des chevaux à certaines heures de la journée. 17 km servent au galop et 30 à la promenade. On y compte 550 chevaux, dépendant d'une trentaine d'entraîneurs. La piste d'entraînement la plus célèbre de la forêt est la « piste des Lions » : c'est une ligne droite de 4 km située entre l'hippodrome de Chantilly et Lamorlaye. Toutes ces pistes sont entretenues directement par France Galop qui loue ces terrains à l'Institut. Elles sont hersées plusieurs fois par jour et des apports supplémentaires en sable sont régulièrement effectués[48]. Certains sentiers sont ainsi interdits aux promeneurs entre 6 heures et 13 heures[49].
Par ailleurs, le polo profite aussi de la forêt de Chantilly. Le plus grand centre d'entraînement de la discipline occupe 205 ha de terrains situés entre le bois du Lieutenant et le bois de la Basse-Pommeraie, concédés par l'Institut sur les terrains du domaine de Chantilly. Jusqu'à 500 chevaux se retrouvent pour des entraînements ou des compétitions sur la dizaine de terrains en limite de forêt[50].
Enfin, la forêt sert aussi de terrain de golf : deux terrains utilisent en effet des espaces gagnés sur la forêt, sur des propriétés du domaine de Chantilly : le golf de Chantilly (36 trous, 119 ha), créé en 1907 dans les bois de la Basse-Pommeraie et de la Coharde[51], le golf de l'hôtel palace du Dolce (18 trous, 83 ha) entre les bois de la Basse-Pommeraie et du Lieutenant. Un dernier terrain, le golf d'Apremont (18 trous, 120 ha) a été créé en limite des bois du Lieutenant, de la Haute-Pommeraie et de la forêt d'Halatte, sur une ancienne propriété du duc d'Aumale et de la famille Rothschild[52].
[modifier] Le Tourisme
Selon les études, la forêt est visitée chaque année par 1,7 à 4,3 millions de Franciliens, ce qui en fait la 7e forêt la plus visitée dans l'agglomération parisienne[53]. L'ensemble du domaine accueille jusqu'à 20 000 visiteurs simultanément en période de pointe[54].
Trois sentiers de grande randonnée traversent la forêt :
- Le GR 1 (Tour de Paris) : longe le sud du massif. Il vient de Luzarches, passe par la Gare d'Orry-la-Ville - Coye, remonte vers la rive sud des étangs de Commelle puis traverse le village de Montgrésin et la commune de Pontarmé vers la Forêt d'Ermenonville.
- Le GR 11 (le grand tour de Paris) vient de Senlis et va en direction de Saint-Maximin (ou inversement) en traversant le parc du Château de Chantilly (plus précisément le parc de Sylvie), passe sous la Porte Saint-Denis et redescend vers le canal Saint-Jean qu'il longe jusqu'à traverser le quartier du Coq chantant à Chantilly.
- Le GR 12 (sentier Amsterdam-Paris) vient lui aussi de Senlis, traverse la forêt à proximité du carrefour de la Table, en direction des étangs de Commelle où il rejoint ensute le parcours du GR 1.
[modifier] Références
- ↑ Notice de la carte géologique de Senlis au 1/50000e, XXIV-12 sur brgm.fr. Consulté le 29 août 2009
- ↑ BRGM, « Notice de la Carte géologique de la France, Creil 1/50000e XXIII-12 ». Consulté le 22 juillet 2009
- ↑ G. U., « Cerfs, sangliers et chevreuils », dans Le Parisien, 6 septembre 2004 [texte intégral (page consultée le 22 novembre 2009)]
- ↑ Mairie de Chantilly, « Actualités : fermeture de la route de Toudouze », dans Vivre à Chantilly, no 79, Mai 2007, p. 3 [texte intégral (page consultée le 11 octobre 2009)]
- ↑ Jean-Marc Fémolant, L'archéologie en forêt de Chantilly, Association Sauvegarde de Chantilly et de son Environnement, coll. « Chantilly à travers les âges », Chantilly, 1986, 6 p.
- ↑ A. Blondeau, L'évolution de la forêt primitive et son exploitation par l'homme jusqu'à la période gallo-romaine, Association Sauvegarde de Chantilly et de son Environnement, coll. « Chantilly à travers les âges », Chantilly, 1981, 20 p.
- ↑ R. Lefebvre, Les origines de la propriété en forêt de Chantilly, Association Sauvegarde de Chantilly et de son Environnement, coll. « Chantilly à travers les âges », Chantilly, 1981, 20 p.
- ↑ Gérard Mahieux, « Les origines du château et de la seigneurie de Chantilly », dans Cahiers de Chantilly, no 1, 2008
- ↑ Jacques Peloye, Les Bornes armoriées du XVIe siècle dans le domaine forestier de Chantilly, Association Sauvegarde de Chantilly et de son Environnement, coll. « Chantilly à travers les âges », Chantilly, 2002, 8 p.
- ↑ Les bornages armoriés en Forêt de Chantilly sur Association pour la Protection des Sites d' Orry la Ville & Montgrésin. Consulté le 17 octobre 2009
- ↑ Jacques Peloye et Raymond Poussard, « Territoire de chasse », in Chasse à courre, chasse de cour, op. cit., p. 33
- ↑ Peloye et Poussard, Ibid, p.34
- ↑ Peloye et Poussard, Ibid, p.35 et 42
- ↑ Peloye et Poussard, Ibid, p.35 et 42-43
- ↑ Peloye et Poussard, Ibid, p.35-38
- ↑ Peloye et Poussard, Ibid, p.39-40
- ↑ Peloye et Poussard, Ibid, p.37-39
- ↑ Peloye et Poussard, Ibid, p.42
- Découvrons le massif forestier de Chantilly, op. cit., p. 6-7
- ↑ Christian Boucher, La vie de la forêt, Association Sauvegarde de Chantilly et de son Environnement, coll. « Chantilly à travers les âges », Chantilly, 1999, 11 p.
- ↑ Fiche descriptive du site classé du domaine de Chantilly sur DREAL Picardie. Consulté le 14 octobre 2009
- Fiche descriptive de la ZNIEFF massif forestier Chantilly/Ermenonville sur DREAL Picardie. Consulté le 13 octobre 2009
- ↑ Fiche descriptive de la ZNIEFF massif forestier d'Halatte sur DREAL Picardie. Consulté le 16 octobre 2009
- ↑ Zones d'intérêt écologique faunistique et floristique en Ile-de-France sur DIREN d'Île-de-France. Consulté le 16 octobre 2009
- ↑ Fiche descriptive de la ZNIEFF Site d'échanges interforestiers (passage de grands mammifères) d'Halatte/Chantilly sur DREAL Picardie. Consulté le 16 octobre 2009
- ↑ Natura 2000 : Les sites des Trois Forêts et du bois du Roi sur PNR Oise Pays de France. Consulté le 16 octobre 2009
- Site Natura 2000 : Forêts picardes : massif des trois forêts et bois du roi sur ministère de l'Écologie
- Massifs forestiers d'Halatte, de Chantilly et d'Ermenonville, site d'importance communautaire sur ministère de l'Écologie
- ↑ Les Actions, réseau Landes sur PNR Oise Pays de France. Consulté le 22 novembre 2009
- ↑ « Espèces invasives : mieux connaître pour mieux préserver la biodiversité », dans Soyons parc. Magazine du parc naturel régional Oise-Pays de France, no 9, juin-août 2008, p. 5-7 (ISSN 1774-5683) [texte intégral (page consultée le 24 novembre 2009)]
- ↑ En savoir plus sur…... L’Agrion de Mercure sur PNR Oise-Pays de France. Consulté le 22 octobre 2009
- ↑ ZICO : Massif des Trois Forêts et Bois du Roi sur DIREN Picardie. Consulté le 22 octobre 2009
- ↑ En savoir plus sur…le Pic mar, le Pic noir, le Martin pêcheur, l’Engoulevent, la Bondrée apivore sur PNR Oise-Pays de France. Consulté le 22 octobre 2009
- ↑ « Un recensement difficile », dans Le Parisien, 21 avril 2002 [texte intégral (page consultée le 24 novembre 2009)]
- ↑ « Grand gibier : 1 million d'euros de dégâts », dans Le Parisien, 18 décembre 2008 [texte intégral (page consultée le 22 octobre 2009)]
- ↑ Les Actions, Etude et suivi des corridors écologiques sur PNR Oise Pays de France. Consulté le 22 novembre 2009
- ↑ La pêche aux étangs de Commelles sur Site du concessionnaire du droit de pêche sur les étangs. Consulté le 26 novembre 2009
- ↑ Prix de Côtes d'Orléans, 23 avril 2009, et prix du Pain de Sucre, 17 septembre 2009, cf. Calendrier des courses sur le site de France-Galop.
- ↑ Notice no PA00114650, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
- ↑ Notice no PA00114800, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
- ↑ Notice no PA00114582, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
- ↑ Jacques Peloye, Carrefours, routes et chemins dans les forêts d’Halatte, d’Ermenonville et Chantilly : étude de 100 toponymes forestiers, Société des amis des forêts d'Halatte, Ermenonville et Chantilly, Senlis, 2007, 207 p. (ISBN 978-2-9530497-0-1), p. 173-177
- ↑ Notice no PA00114482, sur la base Mérimée, ministère de la Culture
- ↑ Pelloye et Poussard, Ibid, p.43
- ↑ François Couëtoux du Tertre, « La pratique de la vénerie par les Condé et les Orléans en forêt de Chantilly », Chasse à courre, chasse de cour, op., cit., pp. 52-57
- ↑ Éric Mension-Rigau, « Le duc d'Aumale et les dernières chasses princières », Chasse à courre, chasse de cour, op., cit., pp. 24-31
- ↑ Coordonnées des équipages de l'Oise sur site officiel des associations de vénerie. Consulté le 26 juillet 2009
- ↑ Le centre d'entraînement de Chantilly sur site du journal France Galop. Consulté le 22 juillet 2009
- ↑ Soyez prudents tous les jours de 6h à 13h en forêt de Chantilly aux abords des pistes d'entraînement sur PNR Oise Pays de France. Consulté le 24 novembre 2009
- ↑ Les infrastructures sur site du polo club de Chantilly. Consulté le 25 octobre 2009
- ↑ Golf de Chantilly sur site du golf de Chantilly. Consulté le 20 juillet 2009
- ↑ Le club, histoire sur Le Club albatros, Domaine d'Apremont. Consulté le 25 juillet 2009
- ↑ La fréquentation des forêts publiques en Île-de-France sur site du CREDOC, juillet 2000. Consulté le 22 juillet 2009
- ↑ Diagnostic 2005 du territoire rural de l'Oise, Direction départementale de l'agriculture et de la forêt de l'Oise, 2005, chap. 4.3 (« Le rôle biologique et récréatif de la forêt »)
[modifier] Voir aussi
[modifier] Bibliographie
- Découvrons le massif forestier de Chantilly, Parc Naturel régional Oise - Pays-de-France, Orry-la-Ville, s.d., 16 p.
- Étienne Guillemot, Les forêts de Senlis : Étude sur les régimes des forêts d'Halatte, de Chantilly et d'Ermenonville au Moyen Âge jusqu'à la Révolution, Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, Paris, 1905, 228 p.
- Guy de Laporte (dir.), Chasse à courre, chasse de cour : Fastes de la vénerie princière à Chantilly au temps des Condés et des Orléans 1659-1910, La Renaissance du Livre, Tournai, 2004, 367 p. (ISBN 2-8046-0908-1)
- Jacques Peloye, Carrefours, routes et chemins dans les forêts d’Halatte, d’Ermenonville et Chantilly : étude de 100 toponymes forestiers, Société des amis des forêts d'Halatte, Ermenonville et Chantilly, Senlis, 2007, 207 p. (ISBN 978-2-9530497-0-1)
[modifier] Articles connexes
- Liste des principales forêts de France
- Office national des forêts
- Sylviculture
- Domaine de Chantilly
- Forêt d'Ermenonville
- Forêt d'Halatte