Société savante

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Une société savante, qui souvent aussi portait le nom de société d'émulation, est une association d’érudits.

Une société savante regroupe des experts qui, par leurs travaux et leur réflexion, font avancer la connaissance dans leur domaine d'activité.

Elles peuvent travailler avec les musées, les écoles, universités, et en France faire don de leurs fonds aux archives départementales.

Histoire[modifier | modifier le code]

En France, l'essor des sociétés savantes date du XVIIIe siècle ; ces associations ont beaucoup contribué au rayonnement de la science dans les régions françaises, et à la diffusion des thèmes chers au siècle des Lumières. Elles ont parfois réuni d'importants fonds d'archives de grand intérêt historique et scientifique.

Adeptes du travail collaboratif, elles se réunissent autour de thèmes divers concernant souvent l'étude du patrimoine régional et en particulier le patrimoine paléontologique et archéologique. L'archéologie était autrefois appelée « antiquité », d'où le nom de sociétés d'antiquaires qui était porté par des groupes d'historiens et parfois de archéopaléontologues[1].

Certaines sociétés ont constitué d'importantes bibliothèques, notamment par échanges et acquisition réciproques d'ouvrages et revues avec de nombreuses autres sociétés correspondantes, dont certaines aujourd'hui disparues ou situées dans de nombreux pays étrangers (documents qu'on ne trouve pas à la Bibliothèque nationale de France).

Récemment, elles ont étendu leur champ de recherche, par exemple vers l'écologie, la sociologie du travail ou l'histoire syndicale et industrielle[2].

Les correspondances des sociétés savantes sont elles-mêmes devenues des témoins historiques intéressants[3].

Soutiens[modifier | modifier le code]

En raison de la richesse et parfois de la fragilité de leur patrimoine, certaines de ces sociétés bénéficient encore d'un certain soutien du Comité des travaux historiques et scientifiques en France.

Ces sociétés peuvent lorsqu'elles disposent de fonds précieux être aidées pour les numériser. Ainsi en France, la base Gallica a-t-elle numérisé des périodiques des sociétés savantes de Lorraine et d’Aquitaine, aux frais de la Bibliothèque nationale de France, ce qui a permis de les rendre gratuitement accessible et téléchargeable via l'Internet.

Congrès des sociétés savantes[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France France[modifier | modifier le code]

Il existe un annuaire informatique des sociétés savantes de France[4], créé par le Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS)[5].

Congrès national des Sociétés historiques et scientifiques[modifier | modifier le code]

Le Comité des travaux historiques et scientifiques (Cths)[6] tient un congrès chaque année dans une ville universitaire française. Le congrès national des Sociétés historiques et scientifiques[5] est interdisciplinaire. Il a pour mission de favoriser les échanges entre :

  • la recherche associative ;
  • les études doctorales ;
  • la recherche universitaire.

Le 139e congrès se tiendra à Nîmes du 5 au 10 mai 2014 sur le thème "Langages et communication"[7]

Tendances, prospectives[modifier | modifier le code]

  • À partir des années 2000, un vieillissement des membres des sociétés savantes s'est produit, suite à l'arrivée de la génération du papy-boom, et à un relatif désintéressement des jeunes pour ce type de cadre.
  • Les progrès de l'informatique et la démocratisation de l'Internet dans les années 1990-2000 ont cependant bouleversé les pratiques de certaines sociétés savantes, et ont notamment permis l'émergence d'une science citoyenne, auxquelles de nombreuses sociétés savantes se sont associées, parfois au travers de nouveaux réseaux internationaux.
    Par exemple, alors que l'enseignement de la botanique et des sciences naturelles diminuait dans les universités et écoles au profit de la biologie moléculaire, la génétique paraissant plus rentable, une structure comme Tela-botanica a regroupé en une décennie environ 11 000 botanistes francophones, dans 35 pays ; auto-organisés autour d'outils de travail collaboratif.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On peut ainsi citer la Société des antiquaires de la Morinie ou la Société des antiquaires de Picardie. Cette dernière fut à l'origine du Musée de Picardie à Amiens donné à la ville d'Amiens le 18 mai 1869 et dont le fonds photographique est aujourd'hui accessible en ligne.
  2. [PDF]Article de Dominique Barjot, Un champ pionnier pour les sociétés savantes : mémoire et archives d’entreprises.
  3. Christiane Demeulenaere-Douyère, Correspondances et manuscrits des sociétés savantes : les conserver, les classer, les signaler (Voir [PDF]page 15 de ce document)
  4. Annuaire informatique des société savantes de France
  5. a et b Comité des travaux historiques et scientifiques
  6. Site du Cths
  7. Programme du congrès 2014 du Cths

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • AMOUROUX Henri, (dir.), Histoire des cinq académies, Paris, Perrin, 1995, 464p.
  • BRIAN Eric, (dir.), Histoire et mémoire de l’académie des sciences : guide de recherche, Paris, Tec&doc-Lavoisier, 1996, 449 pages.
  • CARNOY Henri, Dictionnaire biographique des membres des sociétés savantes, Paris, Imprimerie de l’Armorial français, 1895, 256 pages.
  • CHALINE Jean-Pierre, Sociabilité et érudition. Les sociétés savantes en France, Paris, CTHS, 1995, 272 pages.
  • GAUJA Pierre, L’académie des Sciences de l’Institut de France, Paris, Gauthier-Villars, 1934, 143 pages.
  • MAINDRON Ernest, Histoire de l’Académie des Sciences, Paris, Alcan, 1888, 344 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]