Rock indépendant

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Rock indépendant

Origines stylistiques Rock garage
Punk rock
Post-punk
No wave
Origines culturelles Mouvement punk
Années 1980 aux États-Unis et au Royaume-Uni
Instruments typiques Guitare
Batterie
Basse
Popularité Largement underground mais certains groupes sont arrivés à un haut niveau de notoriété
Scènes régionales Diffusion très large au niveau mondial
Voir aussi Contreculture
Do it yourself
Lo-fi
Med-fi

Genres dérivés

Rock industriel
Noise rock
Grunge
Indie pop
Math rock
Metal alternatif
Post-rock
Twee pop
Visual Kei

Genres associés

College rock
Rock alternatif
Punk hardcore
Pop rock
Shoegazing

Le rock indépendant, souvent abrégé en rock indé (indie rock ou indie en anglais), est une classification musicale apparue à la fin des années 1970 au Royaume-Uni comme résultat du bouleversement occasionné par l'émergence du mouvement punk. Le terme s'est rapidement diffusé dans le monde entier pour désigner le rock distribué indépendamment des majors du disque et qui reste opposé aux courants dominants du rock.

La classification n'est donc pas purement musicale mais désigne à l'origine des disques (et non des groupes) publiés par de « petits » labels. Nombre de groupes sont ainsi qualifiés (étymologiquement à tort) de « rock indé » alors qu'ils publient leurs albums chez des majors. Par extension cependant la catégorie « indé » est aujourd'hui davantage utilisée pour qualifier un courant relativement étendu, une esthétique de la musique rock, qu'en fonction du statut contractuel des groupes. Une constante des groupes de rock indé est leur allégeance envers les valeurs de l'underground, de la contre-culture et la recherche d'un rock authentique, éloigné des standards commerciaux.

Les expressions « rock indépendant » et « rock alternatif » ont été employées indifféremment jusqu'au début des années 1990, moment où le sens du deuxième s'est considérablement élargi pour finir par englober une part importante de la production musicale rock, le premier conservant son sens originel, plus restreint mais s'ouvrant peu à peu à des mouvances plus expérimentales et, de manière contradictoire, de moins en moins rock. Ainsi de nos jours, s'il est d'une part habituel de considérer le rock indépendant comme un sous-genre du rock alternatif, d'autre part, avec l'émergence de mouvements apparentés comme le post-rock par exemple, il est également de plus en plus fréquent de le représenter comme une mouvance dépassant la seule sphère musicale du rock pour tendre vers le hip-hop, la musique électronique ou le hardcore par exemple ; on parlera ainsi de plus en plus de « musiques indépendantes ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Antécédents[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Label indépendant#Histoire.

Années 1950 : Naissance du rock[modifier | modifier le code]

« Le rock naît indépendant »[1]. C'est en effet un label indépendant de Chicago, Chess Records, qui publie en 1951 Rocket 88 d'Ike Turner et les Kings of Rhythm (crédité au saxophoniste-chanteur du groupe, Jackie Brenston), souvent considéré comme le premier disque de rock'n roll. Le disque avait été enregistré dans le studio Sun, plus tard propriété de Sun Records, autre petit label indépendant emblématique des débuts du rock, qui publie notamment les cinq premiers disques d'Elvis Presley.

Cependant, lorsque le rock commence à rencontrer un grand succès populaire, il se trouve rapidement contrôlé par des grandes compagnies du disque comme Columbia Records aux États-Unis, EMI, Warner, RCA (c'est ce dernier qui rachète d'ailleurs les droits du King à Sun), Atlantic, United Artists, MGM et ABC en Europe.

Années 1960-1970 : la contre-culture [1][modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, avec l'avènement du mouvement hippie et le développement de la notion de contre-culture, se dégage l'idée d'une musique marginale, underground (souterraine), réservée aux initiés. Des labels indépendants importants comme Island Records et Virgin Records (qui publie les premiers disques de Gong et de Mike Oldfield) sont fondés, respectivement en 1962 et 1973.

Naissance du rock indépendant[modifier | modifier le code]

Fin des années 1970 : le détonateur punk[modifier | modifier le code]

L'avènement du mouvement punk provoque un engouement sans précédent : une multitude de groupes suivent la voie ouverte et produisent une musique indépendante des circuits commerciaux habituels et aux sonorités innovantes. Pour ce faire ils ont recours à l'autoproduction (Do it yourself, "fais-le toi-même") ou créent des petits labels indépendants afin de diffuser leur musique et celle de leurs proches, avec des moyens et du matériel généralement très sommaires, tout en revendiquant leur sonorité "lo-fi" (en opposition à hi-fi). Des structures comme Rough Trade à Londres, Fast Product à Édimbourg, Factory à Manchester ou New Rose à Paris fédèrent les énergies et se font la vitrine de cette production musicale originale (Aztec Camera, The Raincoats, Young Marble Giants, Charles De Goal, ...) et permet à certains groupes de dépasser le stade de la notoriété locale. Aux États-Unis la tâche est plus ardue en raison de la grande étendue du territoire.

Années 1980 : l'expansion[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1980, le qualificatif d'indépendant se diffuse pour qualifier des groupes qui produisent des sonorités inédites en intégrant des influences issues de la pop, du rock et du punk, mais aussi pour certains de l'avant-garde, de la musique expérimentale et de la musique électronique alors en pleine explosion. Aux États-Unis, le rôle des radios universitaires américaines est majeur dans l'éclosion de ce mouvement (on parle alors de College rock). Par exemple à Los Angeles, la station commerciale KROQ propose ce type de programmation dès 1978.

C'est l'âge d'or du rock indé. Soutenu par des piliers comme Rough Trade, Factory Records, 4AD, Creation ou Mute, de nombreux groupes novateurs d'approche pourtant difficile obtiennent des possibilités de diffusion inédites ; d'autres accèdent même à un haut niveau de notoriété. On peut par exemple citer Diamanda Galás ou Frank Tovey chez Mute, Cocteau Twins chez 4AD, qui devient ainsi fondateur du courant dream pop (en) avant de revenir à un rock plus électrique en lançant les Pixies à la fin de la décennie, The Jesus and Mary Chain, My Bloody Valentine ou encore Oasis chez Creation.

Le mouvement prend une ampleur considérable. Au Royaume-Uni, les ventes de disques indépendants représentent jusqu'à 30 % des ventes. Aux États-Unis le mouvement connaît une grande effervescence grâce au travail de labels comme Voxx, Enigma, Dischord, puis Epitaph et Sub Pop (qui connaîtront tous deux un écho mondial et inattendu au début de la décennie suivante grâce au succès de The Offspring et Nirvana respectivement). La France n'est pas en reste avec la fondation dans l'entourage de New Rose de labels comme Bondage, Closer, Gougnaf Mouvement, Boucherie Productions ou Danceteria ; ce dernier développe d'ailleurs un nouveau réseau de distribution rivalisant avec celui de New Rose.

Parmi les groupes les plus influents de la décennie, on peut citer pour le Royaume-Uni New Order (issu de Joy Division), The Smiths ou encore Stone Roses, qui ont tous démarré sur des labels indépendants pour finalement signer chez des majors. Aux États-Unis, c'est le hardcore qui domine la scène indépendante avec des pointures comme Bad Brains, les Dead Kennedys de Jello Biafra, Hüsker Dü ou Fugazi ; il aura d'ailleurs une influence décisive sur des mouvements ultérieurs comme le grunge, pour n'évoquer que celui qui remportera le plus grand écho médiatique.

Les majors ne laissent pas leur échapper ce marché à fort potentiel. Ils utilisent ou créent en leur sein de petites structures autonomes destinées à promouvoir certains artistes apparentés au mouvement indépendant, et susceptibles de connaître un succès important, leur permettant ainsi de bénéficier de leurs vastes réseaux de diffusion. De bons exemples sont Small chez Sony Music, ou encore Geffen Records, à l'époque filiale de Warner Music Group, qui signe avec Sonic Youth puis Nirvana des contrats avantageux, aussi bien en termes de diffusion qu'en termes de liberté artistique.

La scène française des années 1980 peut être classée en deux grands courants. D'un côté, un rock "dur" inspiré des années 1960, avec des groupes tels que Vietnam Veterans, Flamingos, Froggies, Snipers Kid Pharaon ou Roadrunners, de l'autre, un assortiment de groupes résolument tournés vers le punk, et à l'humeur festive et cynique, comme Lucrate Milk, Bérurier Noir, OTH, Les Garçons Bouchers, Ludwig von 88, Parabellum, Les Satellites et Les Sheriff. D'autres groupes français importants issus de la scène indépendante sont Les Thugs, Mano Negra ou encore les Négresses Vertes.

Années 1990[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990, Nirvana ouvre malgré lui une brèche dans laquelle nombre de musiciens rock vont s'engouffrer. Des groupes comme les Cranberries, Red Hot Chili Peppers, Blur ou Radiohead, jugés alternatifs aux États-Unis, connaissent un succès commercial considérable, et les qualificatifs d'« indépendant » ou d'« alternatif » désignent peu à peu deux univers musicaux distincts, tandis que le rock alternatif se rapproche du rock mainstream.

L'adjectif « indépendant » prend alors une connotation plus restreinte, en s'appliquant avant tout à des groupes revendiquant leur indépendance, stylistique ou « statutaire ». Des scènes apparaissent dans les villes des Etats Unis et d'Angleterre. On peut citer The Brian Jonestown Massacre, The Dandy Warhols, The Warlocks à Portland, Elliott Smith à Los Angeles, ou par exemple Pulp, PJ Harvey en Angleterre. Se sont aussi illustrés des groupes tels queYo La Tengo, They Might Be Giants, Avantgarde, Ivy, Stereolab, Enon, Blonde Redhead, Sloy ; on peut noter chez ces derniers des influences aussi variées que la musique contemporaine (Stockhausen, Gyorgy Ligeti), le minimalisme (Steve Reich, Philip Glass), le folk (John Denver, John Fahey), la chanson française (Françoise Hardy, Serge Gainsbourg) ou l'easy-listening (Henry Mancini).

Plus tard enfin un nouveau courant rattaché au rock indé, qualifié de post-rock, fait son apparition[2]. Les groupes issus de ce courant revendiquent généralement une forte parenté avec le milieu underground.

Années 2000[modifier | modifier le code]

À l'aube des années 2000, des groupes comme Muse et Coldplay émergent à travers des labels indépendants, tandis que de son côté Radiohead semble s'aventurer du côté de la musique électronique.

La sortie du premier album de The Strokes Is This It en 2001, en Angleterre édité par Rough Trade, influencé par la musique dite underground de New York des années 70 (The Velvet Underground, Television, …) lance un nouveau mouvement qui sera rapidement qualifié de « rock garage », avec The White Stripes notamment. En Angleterre, ce mouvement est repris en 2002 par les The Libertines de Pete Doherty et Carl Barat. Le rock indépendant revient alors au premier plan, et la porte est ouverte pour des groupes comme Arcade Fire et Franz Ferdinand en 2004 puis les Arctic Monkeys en 2006 qui acquièrent un large succès. On peut citer d'autres groupes comme Interpol, Kings of Leon ou The Black Keys aux Etats Unis, Kaiser Chiefs, Bloc Party ou encore The Kooks en Angleterre. Aujourd'hui, de nombreuses villes, notamment aux Etats Unis, ont leur propre scène de musique indépendante. Certains artistes sont emblématiques et peuvent être considérés comme les chefs de file du mouvement indépendant moins « mainstream », comme par exemple Animal Collective, Beach House, Girls, Grizzly Bear, Fleet Foxes, Ariel Pink ou Sufjan Stevens.

En Europe,le dirt sound privilegie l'aggressivité des sons en optimisant les rythmiques hybrides (machines et accousique mixées ),le retour des guitares,les voix filtrées avec pour seule exigence des gimmicks simples et un chorus très accrocheur. le séparatisme avec le rock signifie tout bonnement que les attitudes et les sonorités rocks ont toutes été explorées. En une phrase,"le roi est mort, vive le roi". Les milieux avertis distingueront les connaisseurs et les autres qui continuent à galvauder une expression issue de la rue et annoblie par des fins de vie qui résument le comportement rock. Les pionniers du dirt sound sont des producteurs qui marquent leur territoire comme Yves Gorgon en France avec Protestsound, Lorenzo Valoir en Angleterre. La communication numérique, la MAO, la digestion des styles musicaux classiques, leur attitude impalpable et invisible font du digital factory art un courant majeur du son futur. Les pays emergeants comme l 'Inde sont par leur fascination pour ce courant les témoins du role évident que va jouer le dirt sound dans les années à venir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Michka Assayas, Dictionnaire du rock, article "rock indépendant"
  2. Slint, Tortoise, Rodan, Codeine, Low par exemple

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]