Metal alternatif

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Metal alternatif

Origines stylistiques Rock alternatif, heavy metal[1],[2]
Origines culturelles Drapeau des États-Unis États-Unis
Milieu des années 1980
Instruments typiques Guitare, basse, batterie, voix, utilisation occasionnelle de claviers, et de pianos
Popularité Large, surtout dans les années 1990
Scènes régionales Los Angeles[3], New York, Japon
Voir aussi Liste des groupes de metal alternatif

Genres dérivés

Nu metal, funk metal, rap metal[2],[4]

Genres associés

Avant-garde metal, groove metal

Le metal alternatif, également connu sous les termes alt-metal[1] ou hard alternative[5], est un genre de heavy metal. Le metal alternatif fait souvent usage d'éléments sonores issus du heavy metal avec quelques influences du rock alternatif[6] et d'autres genres non assimilés au metal[2],[6]. Les groupes de metal alternatif sont souvent caractérisés par des riffs de guitare, des chants mélodieux, des sons inhabituels dans les autres genres du heavy metal, des structures sonores inhabituelles, et parfois une approche expérimentale de la musique heavy metal[2]. Le terme est utilisé depuis les années 1980[7], bien qu'il se soit réellement popularisé durant les années 1990[8]. Il parvient à lancer de nouveaux sous-genres, dont le nu metal, qui popularise encore plus le metal alternatif, et ajoute divers éléments de hip-hop et de groove metal[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le groupe de metal alternatif Helmet sur cène à Melbourne en 2008.

Les origines du genre peuvent être retracées à l'époque de la musique funk rock au milieu des années 1980, lorsque des groupes alternatifs comme Fishbone, Faith No More et The Red Hot Chili Peppers commencent à mélanger du heavy metal avec du funk, créant ainsi le sous-genre du metal alternatif, le funk metal[9]. D'autres premiers groupes du genre sont originaires de la scène punk hardcore[10]. Des groupes comme Faith No More, Jane's Addiction et Soundgarden sont reconnus comme les premiers groupes de metal alternatif, les trois ayant émergé en même temps et lancé le genre en mélangeant le heavy metal à différents genres musicaux à la fin des années 1980[2],[11],[12],[13],[14]. Pendant les années 1980, le metal alternatif vise principalement les fans de rock alternatif, depuis leur ancrage dans la scène rock indépendant américain[2].

L'émergence du grunge comme style populaire du hard rock au début des années 1990 aide la scène metal alternatif à se construire un public solide et acceptable ; le alt-metal deviendra par la suite le genre de metal le plus populaire des années 1990[2]. De nombreux groupes associés au genre refusent d'être catégorisés comme groupes metal[15],[16]. Le batteur du groupe Helmet, John Stanier, explique « On est tombé dans le metal par accident, on a toujours détesté que le gens nous décrivent dans le genre metal[16]. » Le festival de musique alternatif Lollapalooza organisé par le chanteur de Jane's Addiction, Perry Farrell, aide les groupes associés à ce mouvement comme Tool, Rage Against the Machine, Primus, Nine Inch Nails, Soundgarden et Alice in Chains à se populariser[2]. Le groupe influencé rock progressif Tool devient le leader du genre metal alternatif grâce à son premier album sorti en 1993, Undertow ; la popularité de Tool pendant les années 1990 aide à booster les tendances alt-metal cdans d'autres genres comme l'indus (Nine Inch Nails) et le rap rock (Rage Against the Machine)[1]. D'autres groupes des années 1980 font paraître des albums, dans les années 1990 décrits catégorisés metal alternatif, comme Metallica[17].

Plus tard dans les années 1990, une seconde vague plus agressive de metal alternatif émerge ; appelée nu metal, elle est beaucoup plus influencée par le thrash metal[2] et le hip-hop[2], contrairement à la première vague de metal alternatif, et se popularise beaucoup plus que ce dernier[1],[2],[18]. Joel McIver décrit Tool comme un groupe important dans le développement de ce genre dans son ouvrage Unleashed: The Story of Tool : « En 1996 et 1997, la vague de metal alternatif lancée par Tool à la veille du grunge allait évoluer en nu-metal. » Cependant, le chanteur Maynard James Keenan se met à part de ce mouvement expliquant : « J'en ai marre de cette attitude. De ceux qui classent Tool dans les groupes [nu] metal. Les médias... ne savent pas différencier l'alternatif et le metal[15]. » D'autres groupes de metal alternatif considérés comme influents du genre nu metal comme Helmet ont également essayé de se séparer de ce mouvement[19],[20].

Quelques groupes associés au mouvement nu metal comme System of a Down[21],[22], et Deftones[23],[24] sont toujours catégorisé dans le genre metal alternatif, à cause de leur proximité avec le rock alternatif[25],[26].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le genre est décrit comme partie intégrante du rock alternatif et du heavy metal[6]. Les groupes font usage de chants clairs[1] influencé par ceux du rock alternatif, contrairement aux autres sous-genres du heavy metal. Cependant, des groupes beaucoup plus récents font usage de genres vocaux comme les growls et les hurlements[6],[27],[28],[29]. Le genre fait également usage de riffs de guitare[30].

La première vague des groupes de metal alternatif émerge de divers genres, incluant punk hardcore (Bad Brains, Rollins Band, Life of Agony, Corrosion of Conformity), rock bruitiste (Helmet, The Jesus Lizard, White Zombie), la scène grunge de Seattle (Alice in Chains, Soundgarden), stoner rock (Clutch), sludge metal (Fudge Tunnel, Melvins), post-hardcore (Quicksand, Hum), metal gothique (Type O Negative) et indus (Ministry, Nine Inch Nails)[2],[18],[31],[32],[33],[34],[35]. Ces groupes n'ont jamais formé de mouvement ou scène distinct ; ils sont plutôt catégorisé comme influencés par le heavy metal traditionnel et ouvert aux expérimentations sonores[2]. Jane's Addiction s'ouvre au art rock et au rock progressif, Quicksand mélange sa musique avec du post-hardcore, et Living Colour ajoute des éléments issus du funk dans leur son, par exemple[2],[36], tandis que Primus est influencé par le rock progressif[2], le thrash metal[37], et le funk[38], et Faith No More mélange rock progressif, R&B, funk et hip-hop[39]. Le style metal alternatif de Fudge Tunnel inclut des influences issues du sludge metal et du rock bruitiste[33],[40].

Sous-genres et formes dérivées[modifier | modifier le code]

Comme le terme metal alternatif est utilisé pour un ensemble de groupes avec une caractéristique particulière malgré leurs tendances vers différents sons, les sous-genres du metal alternatif se sont formés grâce aux groupes qui ont adopté des styles similaires. Ces sous-genres sont devenus des termes communs pour distinguer entre les groupes ayant différentes influences dans un genre ou plusieurs genres.

Funk metal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Funk-metal.

Des groupes qui fusionnent le funk et le heavy metal sont souvent appelés des groupes de funk metal. Ces groupes, qui empruntent aussi parfois au hip-hop et au punk, apparaissent au milieu des années 1980. Le groupe Extreme, qui était influencé par le glam metal de la période, perd en popularité quand le public s'est tourné vers de la musique plus « grumeleuse ». Mais cela ne diminue pas la popularité croissante des instigateurs du style, comme Faith No More (formé en 1982) ou des Red Hot Chili Peppers (formés en 1983). Ces deux groupes sont souvent considérés comme les premiers groupes de metal alternatif. Primus et Incubus sont d'autres groupes de funk-metal. Le funk metal continue à voir sa popularité grimper jusqu'aux années 1990, et connaît son apogée quand, Rage Against the Machine, influence fortement les groupes de nu metal[1].

Metal industriel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Metal industriel.

Le metal industriel est un autre sous-genre émergeant dans les années 1980. Le groupe industriel Ministry est souvent crédité pour avoir commencé le style en incorporant des guitares lourdes dans leur album The Land of Rape and Honey (1988). En un an, le style était trouvable aux quatre coins du globe. KMFDM se lancent aussi dans l'utilisation des guitares lourdes, et s'éloignent de leurs racines dans la musique electronique-industrielle. La scène goth commence aussi une variété d'artistes qui, en suivant le chemin de Ministry, fusionnent du rock gothique, du punk rock, du heavy metal, et la musique industrielle pour solidifier le genre. Marilyn Manson and the Spooky Kids, un groupe influencé par KMFDM et Nine Inch Nails, devint l'un des groupes les plus controversés de la scène industrielle et reçu un énorme succès pendant les années 1990. Fear Factory, un groupe de death metal industriel, se forma en 1990 et devint une grande influence sur la scène nu metal. Le style est un des survivants des formes dérivées du metal alternatif, surtout en Allemagne, avec des groupes comme Rammstein, Oomph! et Megaherz, qui mènent une scène encore prospère, surtout pour Rammstein, groupe au succès mondial.

Nu metal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nu metal.

À partir du milieu des années 1990, des groupes comme Limp Bizkit, Deftones, Linkin Park et Korn s'inspirèrent des artistes de metal alternatif plus populaires ainsi que du grunge, du groove metal, et du hip-hop pour former un genre dérivé appelé nu metal (ou néo metal en français[41]). Le nu metal est moins une fusion de rock alternatif avec le heavy metal, mais plus un sous-genre du rock avec beaucoup plus d'uniformité dans le son avec sa propre scène distincte.

Autres[modifier | modifier le code]

Certains groupes de metal alternatif ont une base dans le rock gothique (par contre, les groupes de metal alternatif inspirés du rock gothique sont entièrement différents du sous-genre du metal appelé gothic metal). D'autres groupes fusionnent le metal avec le post-punk, le rock indépendant, le rock bruitiste, le grunge et le post-grunge. Ces groupes, par contre, s'inspirent tous de différents sous-genres du rock alternatif, et ne sont donc pas catégorisés dans des sous-styles. Ils sont simplement catégorisés dans le metal alternatif.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) Tim Grierson, « Alternative Metal - What Is Alternative Metal - Alt-Metal History », About.com (consulté le 7 juillet 2010).
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p (en) « Alternative Metal », AllMusic (consulté le 15 juillet 2012).
  3. (en) Kory Grow, « Not a Downer: Tool's Adam Jones Talks 'Opiate' Reissue, New Material | SPIN | Q & A », SPIN,‎ 20 mars 2013 (consulté le 26 mars 2013).
  4. (en) « Rap-Metal », Allmusic (consulté le 21 novembre 2012), Rap-Metal seeks to fuse the most aggressive elements of hardcore rap and heavy metal, and became an extremely popular variation of alternative metal during the late '90s...In spite of projects like 1993's much-hyped Judgment Night soundtrack -- which featured all-star teamings of artists from the rap and rock worlds -- crossover collaborations faded as the '90s wore on. At the same time, rap-metal began to draw influences from alternative metal -- specifically, bands like Helmet, White Zombie, and Tool, who relied on crushingly heavy sonic textures more than catchy songwriting or immediately memorable riffs. The thick sound and the lack of melodic emphasis fit rap-metal's concerns perfectly. With the exception of Rage Against the Machine's angry left-wing politics, most rap-metal bands during the mid- to late '90s blended an ultra-aggressive, testosterone-heavy theatricality with either juvenile humor or an introspective angst learned through alternative metal...
  5. (en) (en) Joel McIver, Unleashed: The Story of Tool, Music Sales Group (ISBN 978-0-85712-040-3, lire en ligne), p. 108.
  6. a, b, c et d (en) Alex Henderson, « Sourvein Will to Mangle », AllMusic (consulté le 19 novembre 2012).
  7. (en) Patricia Crean, « 'Alice' will rattle some chains », Spokane Chronicle (consulté le 3 février 2013).
  8. (en) « Jesters of Destiny », Allmusic (consulté le 3 février 2013).
  9. Funk Metal, « Funk Metal : Significant Albums, Artists and Songs, Most Viewed », AllMusic (consulté le 6 janvier 2013).
  10. Punk Metal, « Punk Metal : Significant Albums, Artists and Songs, Most Viewed », AllMusic (consulté le 26 juin 2013).
  11. (en) Sharpe-Young, Garry (2007). Metal: The Definitive Guide. London, Angleterre : Jawbone Press. p. 482. (ISBN 1-906002-01-0).
  12. (en) Stephen Thomas Erlewine, « Faith No More - Music Biography, Credits and Discography », AllMusic (consulté le 14 octobre 2012).
  13. (en) Tim Grierson, « Soundgarden Biography », About.com (consulté le 14 octobre 2012).
  14. (en) Greg Prato, « Nothing's Shocking - Jane's Addiction : Songs, Reviews, Credits, Awards », AllMusic (consulté le 6 janvier 2013).
  15. a et b (en) (en) Unleashed: The Story of Tool - Joel McIver - Google Books, Books.google.com.au (lire en ligne).
  16. a et b (en) Christe, Ian (2003). Sound of the Beast: The Complete Headbanging History of Heavy Metal. HarperCollins. Chapitre 13 Transforming the 1990s: The Black Album & Beyond.
  17. (en) Saul Relative, « New Metallica -- 'The Day that Never Comes' Has Arrived », Yahoo! Voices,‎ 21 août 2008 (consulté le 15 juillet 2012).
  18. a et b Stoner Metal, « Stoner Metal : Significant Albums, Artists and Songs, Most Viewed », AllMusic (consulté le 2013-01-28)
  19. (en) comments policy  155  comments posted, « Helmet: We're Better Than 99.9% Of The Other Bands Out There | News @ », Ultimate-guitar.com (consulté le 14 février 2013).
  20. Mike Weatherford, « Mr. Bungle serving up pop music from Mars », The Las Vegas Review-Journal,‎ 15 octobre 1999, p. 32J.
  21. (en) (en) Essi Berelian, The Rough Guide to Heavy Metal (ISBN 1-84353-415-0), p. 349.
  22. (en) (en) Ian Christe, The Sound of the Beast, Allison and Bubsy,‎ 2004 (ISBN 0-7490-8351-4), p. 329.
  23. (en) (en) Tommy Udo, Brave Nu World, Sanctuary Publishing,‎ 2002, 112–123, 236 p. (ISBN 1-86074-415-X).
  24. (en) (en) Joel McIver, Nu-metal: The Next Generation of Rock & Punk, Omnibus Press,‎ 2002 (ISBN 0-7119-9209-6), « Deftones », p. 46.
  25. (en) Deftones To Headline Next Year's Taste of Chaos Tour. Blabbermouth.net. 24 octobre 2005. Consulté le 14 février 2013.
  26. (en) Stephen Thomas, « System of a Down - Music Biography, Credits and Discography », AllMusic (consulté le 14 février 2013).
  27. (en) Stephen Thomas, « Deftones - Deftones : Songs, Reviews, Credits, Awards », AllMusic (consulté le 14 février 2013).
  28. (en) « The Beginning of All Things to End - Mudvayne », Allmusic.
  29. (en) « Violence - Nothingface », Allmusic.
  30. (en) « System of a Down - System of a Down », Allmusic.
  31. Adrien Begrand, « Clutch: Robot Hive / Exodus », PopMatters (consulté le 2 mars 2013).
  32. Eduardo Rivadavia, « Monster Magnet - Music Biography, Credits and Discography », AllMusic (consulté le 2 mars 2013).
  33. a et b Eduardo Rivadavia, « Fudge Tunnel - Music Biography, Credits and Discography », AllMusic (consulté le 2 novembre 2012).
  34. Greg Prato, « Quicksand - Music Biography, Credits and Discography », AllMusic (consulté le 18 novembre 2012).
  35. Goth Metal, « Goth Metal : Significant Albums, Artists and Songs, Most Viewed », AllMusic (consulté le 14 février 2013).
  36. « Night Life » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 28 janvier 2013.
  37. Elisabeth Dunham, « Roll Over Manilow: Thrash funk is here », Lawrence Journal-World (consulté le 28 janvier 2013).
  38. Joe Gore, « New Rage: The Funky », Guitar Player via ram.org,‎ août 1991 (consulté le 11 août 2012).
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  40. « Blame Nirvana: The 40 Weirdest Post-'Nevermind' Major-Label Albums | SPIN | Discover | SPIN Lists », SPIN,‎ 8 janvier 2013 (consulté le 26 février 2013).
  41. « Néo metal », sur spirit-of-metal (consulté le 9 décembre 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christe, Ian (2003). Sound of the Beast: The Complete Headbanging History of Heavy Metal. HarperCollins. (ISBN 0-380-81127-8).

Liens externes[modifier | modifier le code]