Idéal du Moi - Moi idéal

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L’Idéal du Moi (allemand : IdealIch) désigne les valeurs positives auxquelles aspire le sujet, il est lié au narcissisme[1] (Freud 1914) et à la seconde topique (Freud 1920). Le Moi idéal, toujours dans la métapsychologie freudienne, désigne une instance reposant sur un idéal de toute-puissance infantile fondée sur le narcissisme infantile.

Idéal du Moi[modifier | modifier le code]

Sigmund Freud emploie bien le terme d'Idéal du Moi, mais il ne le distingue pas véritablement du Moi. Il en fait simplement partie, le Moi n'étant pas que cela, mais cherchant effectivement à adopter des représentations conciliables avec les valeurs les plus investies.

Idéal du Moi et Surmoi[modifier | modifier le code]

L'idéal du moi se distingue du surmoi en ce que le surmoi est une instance purement critique, retournement de la violence contre soi-même, par peur de perdre l'amour des parents. Là où le surmoi juge pour condamner, l'Idéal du Moi, présente un modèle d'identification : cette instance décrit in fine la satisfaction éprouvée face à la représentation conforme aux représentations investies comme positives, bonnes, bien.

Cette distinction ramène l'Idéal du Moi à une partie, une des fonctions du Moi, ou encore à l'un de ses aspects : la satisfaction de l'identification quand celle-ci permet de conserver l'amour, quand l'identification se présente comme cohérente avec les autres représentations.

Selon Jacques Lacan[modifier | modifier le code]

L'Idéal du Moi se distingue nettement du Moi. Alors que l'instance moïque tient du registre imaginaire, est captation aliénante du Sujet, l'Idéal du Moi amène l'identification à un registre symbolique. L'Idéal du Moi rassemble des images, provenant du deuxième Autre qui incarne la Loi, proposant au Moi des identifications. L'Idéal du Moi est donc instance du discours. L'Idéal du Moi est lié au stade du miroir[2]. Le moi idéal (en allemand, ichideal) se rapporte au sujet se percevant comme idéalisé.

Le Moi idéal ou moi - plaisir chez Freud[modifier | modifier le code]

Sigmund Freud ne distingue pas le moi idéal ni l’Idéal du moi. Le moi idéal se comprend pourtant selon une formulation freudienne. C'est Hermann Nunberg l'un des premiers qui l'a désigné sous cette appellation de "moi idéal" comme instance antérieure et plus archaïque que l'Idéal du Moi. Il est corollaire d'un moi inorganisé, uni au ça. C'est ensuite Daniel Lagache qui a opposé le couple "Idéal du Moi - Moi" à celui de "Moi idéal - ça" [3].

Freud pense la formation du moi comme s'étalant en plusieurs phases. Si le moi institue la conscience et le principe de réalité, lequel rendra possible la capacité d'admettre des défauts fondant le moi réalité, il y a dans un premier temps un moi bien plus archaïque. Le moi plaisir, s'il dénote un premier travail de différenciation entre le dedans et le dehors, s'accorde en effet certains avantages : il rejette à l'extérieur toute faute – ou plutôt tout déplaisir, toute imperfection – et se pense comme la somme de tout bien.

Le moi plaisir décrit donc la tendance infantile à se reconnaitre comme le bien, et à désigner l'extérieur comme le mal. Il y a introjection du bon et projection du mauvais.

Le moi héroïque[modifier | modifier le code]

Le moi idéal sera l'instance des identifications héroïques. Si le moi se définit déjà comme imaginaire, le moi idéal est triomphe du conte, s'exprimant par exemple dans le rêve, ou la rêverie diurne, exprimant toute la force du sujet qui se voit comme surhomme (au sens de superman, concept différent du Surhomme de Friedrich Nietzsche).

Idéal du Moi et Moi idéal[modifier | modifier le code]

Le Moi idéal est le lieu du fantasme héroïque, lieu dans lequel le sujet se voit accomplissant maintes merveilles. L'idéal du moi contient les traits des futurs choix objectaux. L'idéal du moi se présente alors comme "celui que j'aimerais être", face au moi-idéal, "ce que j'ai été", sa majesté bébé[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Sigmund Freud: « Pour introduire le narcissisme » in Œuvres complètes de Freud: Volume 12, 1913-1914, Ed.: Presses Universitaires de France, coll.: OCF.P, ISBN 2130525172
  2. Jacques Lacan, Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je
  3. Daniel Lagache: « La psychanalyse et la structure de la personnalité », 1958, in La psychanalyse, PUF