Principe de réalité

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Dans la psychanalyse freudienne, le principe de réalité désigne la capacité d'ajourner la satisfaction pulsionnelle.

Respecter le principe de réalité consiste à prendre en compte les exigences du monde réel, et les conséquences de ses actes. Le principe de réalité désigne avant tout la possibilité de s'extraire de l'hallucination, du rêve, dans lesquels triomphe le principe de plaisir et d'admettre l'existence d'une réalité, insatisfaisante ou non conforme à son idéalisation.

Origine[modifier | modifier le code]

L'origine du principe de réalité se lit dans la déception. Dans le principe de plaisir, l'hallucination est tout d'abord aussi satisfaisante que la satisfaction en acte. Elle est réinvestissement des traces mnésiques d'une expérience de satisfaction : cette satisfaction est revécue. Par la suite, le réinvestissement se montre moins satisfaisant, et la pulsion nécessitera un autre moyen de réalisation.

Selon un autre modèle, complémentaire, le principe de réalité se voit construit alors que le sujet a besoin d'emmagasiner l'énergie pulsionnelle. La modification du principe de plaisir en principe de réalité lie la pulsion, la fait passer d'énergie libre à énergie liée. Ce besoin d'entreposer la libido proviendrait de la mise en œuvres de l'attention, de la conscience, de la mémoire, qui supposent une dépense pulsionnelle élevée, et représentent donc la première forme de sublimation.

On peut faire à ce sujet la remarque suivante : les troubles de l'attention sont présents dans la totalité des psychopathologies. De même, pour Freud, l'oubli ne pose pas la question de capacités cognitives mais renvoie nécessairement au trouble de la mémoire.

Principes psychiques[modifier | modifier le code]

Le principe de réalité ne remplace pourtant pas le principe de plaisir, mais en est la continuité. Il y aura toujours recherche du plaisir, le désir cherchera toujours à obtenir au plus vite gain de cause. Plus encore, le principe de réalité ne s'affirme pas une fois pour toutes. Par exemple, le sommeil est compris comme nécessité quotidienne de se livrer plusieurs heures au principe de plaisir.

Principe de réalité et pulsions[modifier | modifier le code]

Selon Freud, ce modèle du passage du principe de plaisir au principe de réalité s'applique indifféremment, que l'on considère les pulsions sexuelles ou les pulsions d'autoconservation. Il postule simplement que les pulsions sexuelles souffrent d'un retard dans leur éducation, et qu'elles demeurent très vivement attachées au principe de plaisir, là où les pulsions d'auto-conservation se laissent lier, ajourner plus facilement.

Réalité[modifier | modifier le code]

Pour autant, le statut du réel en psychanalyse demeure complexe. L'accès à un principe de réalité ne signifie pas la connaissance du monde tel qu'il est. Si le psychotique remplace la réalité par le délire, le névrosé de même ne peut accepter un fragment du réel et s'en voit barré l'accès.

Le statut de la représentation lui-même permet d'imaginer l'individu comme prisonnier de sa subjectivité. Jacques Lacan développera les trois registres R,S,I, soit Réel, symbolique et imaginaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir : principe de réalité en droit du travail

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sigmund Freud, Formulations sur les deux principes du fonctionnement psychique, 1911.
  • Sigmund Freud, La perte de la réalité dans la névrose et la psychose, 1924.