Projection (psychanalyse)

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La projection désigne un mécanisme de défense introduit par Freud dans le langage de la psychanalyse. Le terme est devenu très général en psychologie et en psychiatrie. Il désigne l'opération mentale (généralement inconsciente) par laquelle une personne place sur quelqu'un d'autre ses propres sentiments, dans le but de se sortir d'une situation émotionnelle vécue comme intolérable par elle[1]. La personne n'a généralement pas conscience d'appliquer ce mécanisme, justement car elle n'accepte pas les sentiments, ou sensations, qu'elle « projette » sur l'autre. Il s'agit donc généralement de sentiments négatifs, ou en tous cas, perçus comme tels[2].

La projection peut apparaître aussi dans les cas de psychoses paranoïaque (délire paranoïaque) ou schizophrénique (hallucination, délire). Le "langage intérieur" du malade est alors identifié par celui-ci comme étant « une voix » venue du dehors, extérieur à lui-même. Il s'agit d'un mécanisme psychotique mettant en œuvre un processus primaire.

Développement psychanalystes[modifier | modifier le code]

Tout au long de la construction théorique de ce concept, Freud a engagé le terme de projection afin de décrire un processus aperçu dans plusieurs pathologies psychiatriques (paranoïa), mais aussi dans le fonctionnement névrotique normal. Tout d'abord utilisée pour décrire le délire paranoïaque, la projection fut explicitée dans des termes névrotiques pathologiques (phobie), mais également normaux (phénomène de superstition ; jalousie projective). Enfin Freud reconnut à la projection un rôle important dans le transfert[3].

Dans l'analyse qu'il propose des écrits de Daniel Paul Schreber, Freud indique trois temps du mécanisme de défense, projectif de la psychose paranoïaque :

Elle se fonde dans le cas Schreber sur un sentiment de nature homosexuelle :

  1. Je l'aime mais cette pensée m'est insupportable car comment aimer un homme ?
  2. Je le déteste puisqu'il m'amène à éprouver ce sentiment inacceptable. Mais cette hostilité éprouvée est également inacceptable.
  3. Donc, il me persécute et parce qu'il m'inflige de telles souffrances, je puis le haïr.

En psychologie[modifier | modifier le code]

C'est un mécanisme de défense du moi qui consiste à rejeter sur autrui des pulsions, des désirs et des pensées qu'un individu ne peut reconnaître pour siens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sigmund Freud, Case Histories II (PFL 9) p. 132
  2. Wade, Tavris "Psychology" Sixth Edition Prentice Hall 2000 ISBN 0-321-04931-4
  3. Jean-Michel Quinodoz, Reading Freud (London 2005) p. 24

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]