Métapsychologie

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La métapsychologie est l'ensemble des concepts théoriques formulés par la psychanalyse Freudienne.

Du temps de Freud[modifier | modifier le code]

Sigmund Freud était neurologue ; ses premières formulations concernant le psychisme humain se basaient sur des schémas inspirés de la neurologie et intégraient donc le système nerveux lui-même, les neurones et synapses. Par la suite, Freud décide de laisser de côté cette approche et fonde la métapsychologie, en attendant que la science vienne confirmer ou infirmer les résultats de la psychanalyse.

Jusqu'au dix-huitième siècle, l'esprit était raison. La grande révolution de la psychanalyse dans l'étude du fonctionnement de l'esprit est donc lié à la notion d'inconscient. Le mot fut créé par Freud en référence au terme "métaphysique" qui prend en compte les éléments rejetés par la science officielle. L'expression de "métapsychologie" correspond à la volonté de Freud de s'opposer à la psychologie de l'époque qui ne s'intéresse qu'aux seuls phénomènes conscients (méta = au-delà de, après).

Principes métapsychologiques[modifier | modifier le code]

La métapsychologie décrit la réalité psychique (par opposition à la réalité extérieure) selon trois aspects.

  1. Le principe économique renvoie à la libido. La métapsychologie considère que le désir est d'abord une poussée constante (par opposition aux besoins, rythmés) et insatiable. La description du désir sera donc énergétique et quantitative, même si non-mesurable.
  2. Le principe dynamique considère ensuite une personnalité en mouvement. La Métapsychologie considère les trois pérégrinations de la ou des pulsion(s) et de ses destins. L'aspect dynamique de la psyché s'occupe d'autre part de la dimension conflictuelle du psychisme humain (intra- et inter-psychique).
  3. Les deux principes topiques considèrent des lieux, au sens figuré : les instances psychiques (celles-là même qui entrent en conflit).

Ces trois aspects valent comme grille d'analyse ; ils s'attachent au sens du conflit psychique et à son évolution. Le désir se révèle comme contradictoire.[style à revoir] La métapsychologie désigne l'individu comme divisé, secoué entre différentes volontés le plus souvent inavouables.[réf. souhaitée]

Ces conceptions ne peuvent donc se comprendre en dehors de la clinique psychanalytique, en particulier celle des névroses.[évasif]

Systèmes et instances[modifier | modifier le code]

Croisement des deux topiques freudienne.

D'après la première topique, l'inconscient constitue un système séparé du reste de la vie psychique, un ensemble de représentations qui n'évolueront pas, comme le réservoir des pensées refoulées, ce qui fonde l'importance de l'infantile en psychanalyse.

Les deux topiques ne sont pas contradictoires. La première présente la découverte de l'inconscient, de sa coupure d'avec le reste de la personnalité, et des particularités de son fonctionnement. La deuxième topique vient compléter la première car Freud était arrivé à un point où sa définition de l'inconscient devenait insuffisante[évasif]. Cette topique ne peut être traitée sans prendre en compte le principe de plaisir et la théorie des pulsions. La première topique permet l'inauguration d'une théorie de la névrose, tandis que la deuxième topique permet de théoriser la psyché à des époques de plus en plus archaïques, et donc de formuler des hypothèses étiologiques sur les psychoses et pathologies narcissiques.[réf. souhaitée]

Inhibitions, symptômes et angoisses[modifier | modifier le code]

Freud décrit plusieurs pulsions : il oppose d'abord pulsions d'autoconservation (assimilées au besoin) et pulsions sexuelles (assimilées au désir). La pulsion est un concept limite entre biologie et psychologie.

Freud réunit par la suite ces deux pulsions en pulsions de vie et les oppose aux pulsions de mort. La pulsion diffère en effet de l'instinct en cela que l'instinct peut être satisfait, au moins momentanément : la faim, par exemple. L'instinct peut se satisfaire à l'aide d'un objet pré-existant. Pour satisfaire une pulsion, l'homme doit chercher un objet qui ne la satisfera pas pleinement, mais partiellement.

Une pulsion possède deux composantes : l'affect et la représentation. L'affect représente la quantité d'énergie, de libido qui est à son origine et qu'elle utilise (principe économique).

Une pulsion peut connaître plusieurs destins dus à la pression du principe de réalité qui interdit la réalisation immédiate du désir engendré par la pulsion, incompatible avec les exigences de la société ou de la culture. Elle peut donc être satisfaite sur un mode hallucinatoire (aussi bien dans le rêve que dans l'hallucination proprement dite) ou encore dans l'agir, sous réserve d'être alors transformée en action socialement acceptable : l'affect est alors reporté sur une meilleure représentation et devient alors sublimée. Une pulsion peut également être inhibée (quant à son but).

Une pulsion peut être refoulée, coupée de la vie psychique consciente et de toute chance d'évolution. La pulsion refoulée demeure infantile et pourra aboutir à un symptôme ou autres formations substitutives, tel que

Cette description des destins de la pulsion - la pulsion n'étant connue que par le biais de sa délégation psychique - se veut rendre compte du cheminement du sujet. Le symptôme n'est pas aberration insignifiante mais bien satisfaction de désir.

Autrement dit, par cette considération de la pulsion et de ses destins il s'agit d'un parcours réflexif tendant à redonner sa valeur à des éléments de la vie psychique disqualifiés, négligés, considérés comme sans importance.

Le rêve n'est pas fantaisie absurde mais voie royale menant à comprendre l'inconscient ; le symptôme est satisfaction qui permet au psychanalyste d'écouter le conflit interne qui se joue. L'interprétation du rêve devra se baser sur les opérations de formation du rêve : condensation, déplacement et procédés de figuration.

L'angoisse est un thème central de la psychanalyse. L'angoisse n'est pas un affect, donc pas une peur sans objet, mais bien plus un échec face à la vie fantasmatique. Il s'agit le plus souvent de l'angoisse de castration – articulée au complexe d'Œdipe – mais est également pensée une angoisse de mort, propre à la psychose.

L'angoisse a fait l'objet de deux théorisations de la part de Freud. Selon la première, l'angoisse est l'affect de la pulsion transformé car refoulé : l'angoisse est donc consécutive au refoulement. Selon la seconde, l'angoisse précède le refoulement, et appartient à l'instance surmoïque : elle est un signal de danger face au dépassement des limites de l'acceptable par la conscience.

Narcissisme et identification[modifier | modifier le code]

Le narcissisme, amour pour soi-même n'est pas d'emblée décrit par la psychanalyse : si le terme apparaît dès 1910, son importance ne se révèle qu'en 1915. Le narcissisme fut d'abord compris comme stade intermédiaire entre l'auto-érotisme et l'amour d'un objet.

Puis le narcissisme se dégage comme retour sur soi de la pulsion, comme narcissisme secondaire différant singulièrement du narcissisme primaire que constituait le stade préalable à la relation d'objet.

L'identification est formatrice du moi : cette instance se forme par identifications successives, portant généralement sur un trait unique.

Plusieurs identifications doivent être envisagées :

  • L'identification hystérique
  • L'identification narcissique
  • l'identification masochique
  • L'identification mélancolique

Maturation de l'appareil psychique[modifier | modifier le code]

La métapsychologie considère une évolution de l'appareil psychique.

Freud formule les stades psychosexuels dès 1905 ; la sexualité infantile est comprise comme perdurant chez l'adulte. Le refoulé n'évolue pas comme le reste de la personnalité, mais demeure tel. Décrire la maturation de l'appareil psychique vise à restituer cet essentiel de la sexualité infantile, autrement dit de ce qui fait sens pour le sujet. Freud décrit l'enfant comme un pervers polymorphe : sa sexualité est morcelée et attachée à des zones érogènes bien déterminées, le désir s'adressant à des objets partiels. La sexualité normale adulte est dite génitale, s'adressant à l'objet total qu'est l'objet d'amour.

Freud décrit un stade oral, un stade anal, un stade phallique ou œdipien et un stade génital.

  • Le stade oral est celui de l'alimentation, mais aussi de l'incorporation, du travail d'identification, de repérage entre le dedans et le dehors.

Étape fusionnelle mère/ enfant:

• Zone érogène : La sphère buccale

• L’objet visé : Le sein

• Plaisir : absorption de nourriture + succion

• Tension supprimée : Douleur de la faim

  • Le stade anal est celui des fèces mais aussi de la maîtrise, de la volonté de contrôler, de l'apprentissage de l'autonomie.

Stade de prise de conscience des effets de son comportement:

• Zone érogène : Le sphincter

• L’objet : Les excréments que la mère lui demande

• Plaisir : C’est le contrôle de la défécation. C’est une manifestation de son indépendance en refusant (ou pas) la demande de sa mère, en différant ou pas la satisfaction de ses besoins. Le plaisir se cristallise donc autour des fonctions d’expulsion/ rétention.

Il a trait à la problématique de la castration:

• Zone érogène : anatomie génitale

• Plaisir : Autoérotisme (masturbation)

• Apparition de la situation œdipienne : L’enfant constate la différence de sexe, et s’intéresse au rôle respectif de ses deux parents dans la procréation.

  • La période de latence :

• Apaisement de la crise œdipienne : Le refoulement entraîne l’arrêt de l’intérêt sexuel chez l’enfant.

• Processus de sublimation : L’enfant détourne inconsciemment le but de la pulsion sexuelle vers un objet non sexuel (pulsion de savoir ou épistémophilique).

Il n'annule pas ses prédécesseurs. L'individu apprend à coordonner son désir dans un groupe de représentations cohérentes. La sexualité n'est plus disjointe mais se regroupe ; le signifiant du phallus devient primordial.

Stades Freud.jpg

Il faut bien sûr insister sur l'idée que ces stades ne sont pas une description figée, mais qu'ils nécessitent de les comprendre, au présent, chez chacun ; ces stades sont liés à des représentations et valent parce qu'ils permettent de regrouper des "moments", des fonctions en développement.

L'infantile dans l'adulte ne permet pas forcément d'appréhender l'enfant ; il serait par exemple périlleux de trop s'attacher à une chronologie des stades alors que le sens réside dans ce que le sujet vit, dans ses conflits internes, dans son désir.

Si les stades de la sexualité infantile se retrouvent dans tout développement psychique humain, une fixation à l'un d'eux induirait une pathologie psychique : ainsi la fixation au stade anal serait une condition de la formation de la névrose obsessionnelle, quand l'hystérie aurait trait à une fixation/régression au stade oral. On voit bien comment Freud ancre l'étiologie des pathologies psychiques dans la sexualité infantile, et donc l'importance que revêt pour la psychanalyse l'investigation des traces qui en subsistent dans la psyché de chacun.

Karl Abraham affina ces stades en les divisant :

  • stade oral précoce, où le plaisir est celui de la succion.
  • stade oral sadique, ou oral-cannibalique, où le plaisir est celui de la morsure.
  • stade anal de l'éjection, dans lequel la satisfaction correspond à l'expulsion des fèces ;
  • stade anal de rétention, dans lequel la satisfaction correspond au contrôle, à l'emprise.

Après Freud[modifier | modifier le code]

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Il est peut être possible de désigner les concepts les plus partagés en psychanalyse. Cependant il est difficile de dresser une liste équitable des grands noms de la psychanalyse.[évasif]

Mélanie Klein[modifier | modifier le code]

La psychanalyste Mélanie Klein lance la controverse de la psychanalyse des enfants. Elle décrit des stades psychiques : la position schizo-paranoïde et la position dépressive, et le mécanisme essentiel d'identification projective.

Winnicott[modifier | modifier le code]

Donald Winnicott décrit notamment un objet transitionnel à l'origine de mécanismes culturels.

Anna Freud[modifier | modifier le code]

Anna Freud est à l'origine de la notion d'identification à l'agresseur. Son étude prend place dans le contexte d'une réflexion quant aux mécanismes de défenses du moi.

Jacques Lacan[modifier | modifier le code]

Jacques Lacan initie un retour à Freud. Sa compréhension du freudisme produit un grand nombre de concepts.

Notions diverses[modifier | modifier le code]

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Parallèlement à l'évolution de la clinique, certaines notions peuvent décrire une évolution touchant de nombreux auteurs.

Critique[modifier | modifier le code]

Jacques Derrida affirme « Je ne pense pas qu’une métapsychologie puisse résister longtemps à l’examen. On n’en parle déjà presque plus. »[1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. entretien avec Elisabeth Roudinesco, chapitre « Éloge de la psychanalyse » , livre « De quoi demain... », Fayard-Galilée, 2001, pp. 279-280