Germaine Guex

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Germaine Guex née en 1904 - morte en 1964 à Lausanne est une psychologue suisse et psychanalyste didacticienne d'origine française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle a fait ses études à Genève et a été l'assistante de Jean Piaget. Elle se forme comme psychanalyste chez Raymond de Saussure.

De 1930 à 1933, elle met en place le service médico-pédagogique de Malévoz à Monthey[1], qui soigne en ambulatoire, par la psychanalyse, les enfants de tous milieux sociaux[2]. En 1930, elle a été appelée par André Repond directeur de l'Hôpital psychiatrique du canton du Valais pour s'occuper du premier service médico-psychologique qui a été le premier du genre en Europe. Germaine Guex en a aussi donné le souffle psychanalytique qui avait été voulu par Repond. Ce service s'occupait d'enfants, de leurs parents et des enseignants et avait une visée psychothérapeutique et préventive. En 1933, elle ouvre un cabinet à Lausanne et enseigne au Centre romand de psychanalyse à Genève (1953). Elle a ensuite participé aux activités de la Société suisse de psychanalyse donnant des séminaires et offrant des supervisions.

Elle fut l'une des premières avec Charles Odier à mettre en évidence le syndrome d'abandon qui inspira Jean Bergeret, Otto F. Kernberg et d'autres pour leurs théorisations sur les patients états-limite. À l'instar de Donald Winnicott elle a su déchiffrer dans des conduites dites caractérielles des tentatives de lutte contre l'effondrement ou la dépression anaclitique comme elle a été décrite par René Spitz. Son ouvrage «La névrose d'abandon (1950, 21973 sous le titre Le syndrome d'abandon)» lui vaut une notoriété internationale[3]. Elle a par ailleurs beaucoup d'influence sur la formation des psychanalystes suisses francophone.

Citations[modifier | modifier le code]

"La constatation qui s'impose et qui me paraît essentielle, c'est que les malades dont la vie psychique est dominée par le problème de la sécurité affective et la crainte de l'abandon sont tous des cas où la névrose présente une structuration très différente des névroses classiques décrites par Freud et ses disciples. Nous nous trouvons ici en face d'individus demeurés à un stade primitif, où toute la force instinctuelle et affective semble drainée dans un seul sens, dominé par une seule nécessité: s'assurer l'amour et, par là, maintenir la sécurité. "

Publications[modifier | modifier le code]

  • avec Bovet L., Madeleine Rambert, Richard G. : "Parents et enfants. causeries données à Lausanne durant l'hiver 1942-43.", Editions du Groupe Esprit, 1943, ASIN B0000DL27D
  • "Le syndrome d'abandon", Ed.: P. U. F., 1973, ASIN B0000DNGTB

Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Catherine Fussinger: Du rôle des femmes et des hommes dans le développement de la pédopsychiatrie en Suisse romande (1930 - 1950), in Jacqueline Carroy (sous la dir.) "Les femmes dans les sciences de l'homme (XIXe-XXe siècles): Inspiratrices, collaboratrices ou créatrices ?", Editions Seli Arslan, 2005, ISBN 2842761081
  2. Jean-Daniel Zbinden: "L'organisateur André Repond" in "Portraits de psychiatres (suisses) romands", coll. sous la direction de Christian Müller, Ed. Payot-Lausanne, 1995, ISBN 2-601-03139-5
  3. Corinne Dallera, Nadia Lamamra : "Du salon à l'usine: vingt portraits de femmes. Un autre regard sur l'histoire du canton de Vaud, , 2003, 213-228, coédition : CLAFV & ADF & Ouverture (2003)ISBN 2884130950