Résistance (psychanalyse)

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Dans le contexte clinique de la psychanalyse, la résistance est une force qui s'oppose au retour dans le conscient, de pensées inconscientes, qui pourraient participer à la guérison du patient.

Historique de la résistance[modifier | modifier le code]

L'évolution de Freud sur cette question[modifier | modifier le code]

Dès que Freud repère ce mécanisme, il considère que c'est une catastrophe pour la cure, mais très vite il se rend compte de son utilité.

Résistance et thérapie freudienne et lacanienne[modifier | modifier le code]

Le transfert[modifier | modifier le code]

Pour Freud, le transfert est une résistance indispensable à la cure psychanalytique. Le transfert rejoue une relation infantile, de telle manière qu'il n'implique pas tant l'intersubjectivité que l'intrapsychique. Le transfert dépasse la relation réelle et implique la vie psychique inconsciente.

Résistance de l'analyste[modifier | modifier le code]

Pour le psychanalyste Jacques Lacan, la seule résistance est celle de l'analyste. C'est bien l'analyste qui n'entend pas ce que le patient lui dit, et qui, de par sa problématique personnelle, occulte certains éléments.

Si la formule peut prêter à controverse, la résistance de l'analyste est un concept partagé.

Relativité des résistances[modifier | modifier le code]

La résistance peut se comprendre comme relative à une injonction. Selon ce point de vue, la résistance à parler est relative à l'injonction de dire l'inconscient et peut aussi prendre la forme de parler beaucoup, mais pour ne rien dire.

Dans le psychodrame analytique individuel, la résistance est résistance à jouer, puisque ce qui est demandé est un jeu thérapeutique, et le langage peut y prendre part, au sens où il peut détourner du jeu.

Dans la thérapie jungienne[modifier | modifier le code]

La résistance à de nouvelles connaissances : Le misonéisme[modifier | modifier le code]

Pour Carl Gustav Jung, la résistance prend valeur d'un concept propre au cadre de la psychologie analytique.

Ce concept désigne alors le fait de ne pas être ouvert à soi, à sa réalité et à la réalité extérieure. Et finalement de rester en lutte d'abord contre soi-même mais aussi finalement contre le reste du monde. Il s'agit pour le sujet, de rester dans une forme d'aliénation, fut-elle légère, à l'exemple de la névrose. C'est dans son ouvrage L'homme et ses symboles que Carl Gustav Jung illustre ce qu'est une résistance, d'ailleurs, il rend hommage, dans cet ouvrage, à Freud, pour son travail sur cette notion psychanalytique.

Dans la perspective jungienne, questionner l'inexistence de ce concept (ou d'un autre) et refuser de discuter avec soi-même se nomment "être en résistances". Carl Gustav Jung parle de misonéisme au sujet de nombreuses découvertes des sciences.

Exemple de résistances (ou misonéisme) selon Carl Gustav Jung :

  • « Celui qui nie l'existence de l'inconscient suppose en fait que nous connaissons aujourd'hui totalement la psyché. Et cette supposition est d'une fausseté aussi évidente que la supposition que nous connaissons tout ce qu'il y a à connaître de l'univers physique.
  • Notre psyché fait partie de la nature et son énigme est aussi dépourvue de limites. Il en résulte que nous ne pouvons définir ni la psyché, ni la nature. » in C.G. Jung " L'homme et ses symboles ", Robert Laffont, 1964 p 23.
  • Bon nombre de personnes ne croient pas que l'inconscient existe ou qu'ils possèdent une vie intérieure. On dit alors qu'ils sont en résistance, cette résistance à eux-mêmes se manifeste aussi dans les prises de position anti-analytique ou anti-psychologique de certains, c'est ce que l'on nomme le misonéisme.
  • « La psychologie est une science des plus jeunes et parce qu'elle s'efforce d'élucider ce qui se passe dans l'inconscient, elle se heurte à une forme extrême de misonéisme. » in C.G. Jung " L'homme et ses symboles ", Robert Laffont, 1964 p 31.