Maud Mannoni

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Magdalena Maud van Der Spoel-Mannoni

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Maud Mannoni

Biographie
Naissance
Courtrai
Décès (à 74 ans)
Paris
Nationalité Française
Thématique
Formation Criminologie
Psychanalyse
Titres Psychanalyste
Intérêts Psychanalyse des enfants
Travaux l'Enfant arriéré et sa mère (1964)
Œuvres principales Fondation de l'École de Bonneuil (1969)
Fondation d'Espace analytique (1995)
Auteurs associés
Influencé par Jacques Lacan

Maud Mannoni, née le à Courtrai (Belgique) et morte à Paris le , d'origine néerlandaise, est une personnalité de l'éducation et une psychanalyste française, épouse d'Octave Mannoni. Elle est une figure importante du mouvement lacanien et créatrice d'Espace analytique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maud Mannoni, née Magdalena Van der Spoel, dans une famille néerlandaise[1], passe son enfance à Ceylan où son père est consul général des Pays-Bas. Elle est très marquée par son retour, à l'âge de six ans, en Belgique, qui la sépare de sa nourrice cinghalaise. Elle fait des études de criminologie à l'université de Bruxelles, fait une analyse avec Maurice Dugautiez fondateur de la Société belge de psychanalyse, société à laquelle elle adhère en 1948. La société belge de psychanalyse s'affilie à l'Association psychanalytique internationale (API) en 1949, et Maud Mannoni en reste membre toute sa vie, malgré la rupture entre Lacan et l'API.

Elle vit ensuite en France, avec le projet d'aller à New-York. Elle travaille à l'Hôpital Trousseau à Paris, avec Françoise Dolto qui lui présente Octave Mannoni, qu'elle épouse. Elle reprend une analyse avec Lacan et se rend fréquemment à Londres pour y rencontrer Donald Winnicott.

Dans le séminaire XI, Les Quatre Concepts fondamentaux de la psychanalyse, Jacques Lacan signale « notre collègue Maud Mannoni, dans un livre qui vient de sortir et dont je vous recommande la lecture, (…) dans ce quelque chose à quoi la mère le réduit, à n'être plus que le support, de son désir dans un terme le plus obscur, que s'introduit la manœuvre, l'éducation du débile, cette dimension psychotique, précisément ce que le livre de Maud Mannoni essaie de désigner à ceux qui d'une façon ou d'une façon quelconque peuvent être compris à en lever l'hypothèque. »

Le livre dont il est question, l'Enfant arriéré et sa mère, dédicacé à son fils (« pour Bruno ») est le premier livre publié dans la collection "Le champ Freudien", dirigée par Jacques Lacan aux éditions du Seuil. Le second livre de cette collection sera les Écrits. Ce livre la fait connaître du grand public et lui donne toute sa place dans l'École freudienne de Paris qui est créée une dizaine de jours plus tard. Elle est nommée analyste de l'École dès sa création, comme son mari Octave Mannoni.

À la suite de la dissolution de l'École freudienne de Paris, en 1980, elle participe à la fondation en 1982, avec Octave Mannoni et Patrick Guyomard, du Centre de formation et de recherches psychanalytiques (CFRP). Après une crise interne au mouvement, elle demande la dissolution du CFRP, qui est effective le . Elle fonde alors, le , une nouvelle société, Espace analytique, qu'elle préside jusqu'à sa mort, en 1998.

Elle se spécialise dans les maladies mentales des enfants : psychoses, déficits infantiles. Elle fonde en 1969 l'école de Bonneuil, lieu de vie et structure expérimentale pour l'accueil d'enfants et d'adolescents autistes, psychotiques ou arriérés[2]. Elle y met en pratique une méthode de prise en charge où la communauté joue un rôle central. Ce travail est effectué en relation avec les lieux d'accueil alternatifs comme celui créé par Fernand Deligny dans les Cévennes.

Maud Mannoni et Fernand Deligny, par leurs démarches initiatrices des premiers Lieux de vie, vont devenir des références pour des Lieux de Vie et d'Accueil. Elle a été influencée par Ronald Laing et David Cooper. Elle a visité et travaillé sur le lieu de vie de Kingsley Hall (en), pour mettre en place le lieu de vie de Bonneuil. Elle se référait fréquemment aux idées de Donald Winnicott. Elle organise des journées d’études sur les psychoses à Paris, les 21 et 22 octobre 1967. Les interventions parurent dans Recherches, décembre 1968 Enfance aliénée II[3]. Parmi les intervenants non membres de l’E.F.P. : D.W. Winnicott, D. Cooper, R. Laing[4]

En 1960, elle est signataire du Manifeste des 121.

Elle décède durant le week-end du , d'un arrêt cardiaque[1].

Autisme[modifier | modifier le code]

Sa position sur l'implication des mères dans l'avènement de l'autisme infantile, dans les handicaps avérés, ou considérés comme tels à l'époque, a fait controverse[5] à l'instar des idées de Bruno Bettelheim. Critiquée par le courant antipsychiatrique, cette position comme celle de Bettelheim, a été assimilée à celle des psychanalystes dans leur ensemble.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Un lieu pour vivre
  • La Théorie comme fiction. Freud, Groddeck, Winnicott, Lacan, Paris 1979
  • Éducation impossible
  • L'enfant arriéré et sa mère : étude psychanalytique, Paris, Éditions du Seuil,‎ (ISBN 2020027518)
  • Le Premier Rendez-vous avec le psychanalyste, 1965
  • L'Enfant, sa « maladie » et les autres, 1967
  • Le psychiatre, son fou et la psychanalyse, Paris, Éditions du Seuil,‎ (ISBN 9782020051446)
  • Ce qui manque a la vérité pour être dite, Paris, Denoël,‎ (ISBN 9782207235195) (Autobiographie)
  • Amour, haine, séparation renouer avec la langue perdue de l'enfance, Paris, Denoël,‎ (ISBN 9782207241325)
  • Le nommé et l’innommable : le dernier mot de la vie, Paris, Denoël,‎ (ISBN 9782207238868)
  • Les mots ont un poids. Ils sont vivants : que sont devenus nos enfants fous, Paris, Denoël,‎ (ISBN 9782207243404)
  • Devenir psychanalyste. Les formations de l'inconscient, Paris, 1996 (ISBN 978-2207243404)
  • Elles ne savent pas ce qu'elles disent, Paris, Denoël,‎ (ISBN 9782207246856)
  • D'un impossible à l'autre, Paris, Éditions du Seuil,‎ (ISBN 9782020060493)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Romuald Avet (et al.), Maud Mannoni : une autre pratique institutionnelle, Champ social éditions, Nîmes, 2014, 95 p. (ISBN 978-2-35371-717-0)
  • Ignacio Gárate Martinez, Conversations psychanalytiques : avec Francesc Tosquelles, Octave Mannoni, Michel de Certeau, Joël Dor, Maud Mannoni, Xavier Audouard, Ginette Michaud, Hermann, Paris, 2008, 243 p. (ISBN 978-2-7056-6782-5)
  • Nicole Maya Malet (dir.), Maud Mannoni, Erès, Ramonville Saint-Agne, 2000, 59 p. (numéro 10 isolé du Journal français de psychiatrie)

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Dolto, trois films documentaires d’Élisabeth Coronel et Arnaud de Mezamat, édition DVD Abacaris Films & Gallimard, 2005, avec en complément Maud Mannoni, évocations (interview de 1993 de 22 minutes).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]