Écoles de psychanalyse

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Sigmund Freud et les premiers psychanalystes s'attachent à structurer le mouvement psychanalytique, dès le début du XXe siècle, à la fois sur un plan international, avec la création de l'Association psychanalytique internationale en 1910, et avec une forte incitation à créer des sociétés nationales, sur le modèle de la première association, la Société psychanalytique de Vienne (Wiener Psychoanalytische Vereinigung). Des associations se créent ainsi à Budapest, Berlin, Londres, Paris, en Amérique.

Premières querelles théoriques et cliniques[modifier | modifier le code]

Très tôt dans l'histoire du mouvement psychanalytique, des divergences de points de vue, théoriques ou cliniques, ont provoqué des échanges théoriques, largement appuyés sur des vignettes cliniques. Certaines querelles ont conduit au départ volontaire ou à l'exclusion de certains psychanalystes, et à la création de nouvelles associations psychanalytiques. Ainsi, le mouvement psychanalytique s'est-il trouvé, dès l'origine divisé en courants pluriels. Marie Bonaparte, spectatrice des débuts de la psychanalyse européenne, exprime à cet égard le point de vue que « Tout scientifique est libre de travailler selon les voies qu'il pense être justes : ainsi le veulent la liberté et la libéralisation de la science »[1].

La psychanalyse en France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Psychanalyse en France.

La première société de psychanalyse est créée le 4 novembre 1926, à l'instigation de René Laforgue, Marie Bonaparte, Rudolph Loewenstein, Édouard Pichon, Raymond de Saussure et Eugénie Sokolnicka.

Les principales écoles françaises[modifier | modifier le code]

La Société psychanalytique de Paris (SPP)[modifier | modifier le code]

Historiquement la première, fondée en 1926.

Article détaillé : Société psychanalytique de Paris.

L'Association psychanalytique de France (APF)[modifier | modifier le code]

Une première rupture se fait au sein de la Société psychanalytique de Paris, qui aboutit à la création de la Société française de psychanalyse autour de Jacques Lacan et Daniel Lagache. Du fait de pratiques lacaniennes, notamment en ce qui concerne les modalités de la cure, la Société française de psychanalyse n'est pas reconnue par l'Association psychanalytique internationale. Il y aura donc une seconde scission dès 1964, conduisant à la création de l'Association psychanalytique de France, qui réintègre l'Association psychanalytique internationale en 1965. Lacan donnera ses séminaires à l'École freudienne de Paris, qui est à son tour dissoute en 1980.

Les associations psychanalytiques lacaniennes[modifier | modifier le code]

Le mouvement lacanien français existe sous la forme de nombreux groupes contemporains ou successifs[3] :

  • L'École freudienne de Paris (EFP)
Article détaillé : École freudienne de Paris.

L'Organisation psychanalytique de langue française (OPLF) ou Quatrième groupe[modifier | modifier le code]

Le Quatrième groupe est ainsi appelé en référence aux trois autres associations françaises, la SPP, l'APF et l'École freudienne. L'organisation est fondée en 1969.

Autres groupes français[modifier | modifier le code]

Fédération européenne de psychanalyse (Fed.E.Psy.)[modifier | modifier le code]

Mouvement de psychanalyse lacanien basé à Strasbourg, il a été fondé par Lucien Israël à la suite de son expérience au sein de l'École freudienne de Paris. Elle est en lien avec la faculté de Médecine-Psychiatrie et la faculté de Psychologie, inspirée de l'enseignement de Daniel Lagache, Lucien Israël et de Moustapha Safouan, proches de Jacques Lacan. Son fondateur souhaitait détacher la psychanalyse strasbourgeoise d'une vision médicale de la clinique psychiatrique. Les éditions Arcanes-Apertura sont liées à ce groupe.

Analyse reichienne[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Analyse reichienne.

Pour la pratique reichienne (psychanalyse corporelle, végétothérapie et orgonthérapie), citons par exemple la somatothérapie de Richard Meyer, à Strasbourg, l'analyse reichienne développée dans la droite ligne de Reich par Gérard Guasch (Paris, Mexico) et Arlette Gastine qui est enseignée en particulier au Cercle d'études Wilhelm Reich qu'anime en région parisienne Jacques Lesage de La Haye.

La psychanalyse en Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, c'est par l'intermédiaire de Eugen Bleuler que la psychanalyse s'est introduite en psychiatrie. L'amitié puis les différends entre l'un de ses assistants Carl Gustav Jung et Sigmund Freud sont universellement connus et commentés ; ils ont marqué les débuts de la psychanalyse freudienne qui s'est dès lors beaucoup développée. La Société suisse de psychanalyse est une des premières associations nationales qui a été créée. En Suisse romande, les liens avec la France ont été très forts notamment à travers le travail conjoint avec des membres de la Société psychanalytique de Paris.

En 1924 Charles Baudouin fondait un institut de psychanalyse qui deviendra par la suite « l'institut international de psychanalyse et psychothérapie Charles Baudouin » dont le siège est à Genève. Son comité de patronage comprendra, au fil du temps, Adler, Allendy, Bachelard, Besse, Coué, Driesch, Durand, Eliade, Flournoy, Flugel, Freud, Guitton, Hesnard, Huyghe, Janet, Jung, Laforgue, Maeder et Meng. Les premiers directeurs sont Baudouin, Bovet et Claparède. Il est le plus ancien institut francophone de psychanalyse.

L'institut regroupe aujourd'hui en Europe plus d'une centaine praticiens et se trouve représenté dans 4 pays : Belgique, France, Italie et Suisse. Il poursuit un travail constant de recherche sur les plans théorique, pratique, organise des conférences, des séminaires, des symposiums ouverts au public et n'a jamais cessé de former de nouveaux membres dans l'esprit d'ouverture qui caractérisait sa pratique.

La psychanalyse en Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Psychanalyse en Grande-Bretagne.

La Société britannique de psychanalyse est fondée, en 1919, par Ernest Jones, entourée d'une dizaine de psychanalystes freudiens. Elle se développe progressivement :

  • Une revue est créée en 1920, The International Journal of Psychoanalysis[4] toujours publiée[5]
  • Un institut de formation, The Institute of Psychoanalysis, est créé en 1924 à Londres
  • L'édition d'ouvrages (1924)
  • Une clinique psychanalytique est ouverte, en 1926, conçue selon les mêmes principes que les policliniques de Budapest et de Berlin, et la clinique de Vienne, où sont effectuées des analyses : la London Clinic of Psychoanalysis.

Melanie Klein s'installe à Londres en 1926, et les idées kleiniennes deviennent bientôt prépondérantes au sein de la Société. L'arrivée en 1938 des «Viennois», rassemblés autour d'Anna Freud après le décès en 1939 de Sigmund Freud, est l'occasion de clivages, entre deux conceptions de la psychanalyse et de l'héritage théorique freudien. Les controverses scientifiques (1941-1944) provoquent la constitution et l'institutionnalisation de trois groupes :

  • Les kleiniens et postkleiniens
  • Les annafreudiens, autour d'Anna Freud
  • Les Indépendants ===

Le groupe des Indépendants, devenu progressivement le plus nombreux, s'inspire à la fois des théories des kleiniens et des freudiens et des « annafreudiens ».

La psychanalyse aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Freud est allé aux États-Unis et y a trouvé un écho prometteur. Du fait de la Seconde guerre mondiale et des persécutions en Europe, y émigrent un grand nombre de psychanalystes autrichiens, allemands, hongrois, notamment.

American Psychoanalytic Association (A.Ps.A.A.)[modifier | modifier le code]

Ernest Jones fonde cette association en 1911.

Autres écoles américaines[modifier | modifier le code]

La psychanalyse en Argentine[modifier | modifier le code]

La psychanalyse au Brésil[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Citation, Phyllis Grosskurth, Melanie Klein, Paris, Puf, 1990, p. 501.
  2. L'Institut de formation ferme en 1940, du fait de la Seconde Guerre mondiale, il ne rouvre qu'en 1953.
  3. Cf. une liste sur le site oedipe.org
  4. Archives PEP, page consultée en ligne le 26.04.15.
  5. The International Journal of psychoanalysis (ISSN 1745-8315)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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