Seconde topique

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Seconde topique freudienne vue par rapport à la première.

La seconde topique est l'un des éléments fondamentaux de la théorie psychanalytique élaborée par Sigmund Freud. Tout comme la première topique, elle représente une tentative de cartographie de l'appareil psychique. Elle représente l'une des trois perspectives de l'approche psychanalytique : dynamique, économique et topique. Topique vient de topos qui signifie lieu en grec.

Formulée à partir de 1920, suite à l'apport de nombreuses notions théoriques dans la métapsychologie freudienne (dont les principales furent le Narcissisme, le principe de plaisir et le principe de réalité), elle comporte trois instances : le ça, le moi et le surmoi. Le principe isolé dans cette deuxième topique est le principe de répétition qu'il a théorisé à partir de l'observation de son petit-fils âgé de 18 mois W. Ernest Freud et son jeu de la bobine (fort, da décrit dans Au-delà du principe de plaisir).

Cette seconde topique ne vient pas contredire la première topique, elle propose une diversification de l'explication et peut être superposée, sur certains points, à la précédente.

Instances[modifier | modifier le code]

  • le Ça est la partie la plus chaotique de l'appareil psychique. C'est un espace qui ne connait pas le refus, il n'est pas soumis à la réalité externe. La temporalité n'est pas la même. Les pulsions exercent leur force. Le ça ne correspond pas vraiment à l'inconscient de la première topique, bien qu'il soit totalement inconscient.
  • le Moi est une partie du ça qui s'est organisée en raison des stimuli de la réalité externe. Il correspond au siège de la personnalité. Il serait une erreur cependant de le considérer comme l'équivalent du conscient de la première topique puisqu'une partie du moi est inconsciente. Le moi tente de trouver des compromis entre les pulsions du ça qui réclament satisfaction et les interdictions du surmoi, entre le principe de plaisir et le principe de réalité. C'est pourquoi "le moi n'est pas maître dans sa maison".
  • le Surmoi est l'instance psychique issue du complexe d'Œdipe. C'est l'intériorisation de l'interdit de l'inceste, des lois et des normes sociales. Selon ses exigences il peut être cruel, sadique ou protecteur. On constate après les travaux de Mélanie Klein que bien avant le complexe d'Œdipe, il existe les prémisses d'un surmoi, en tout cas d'une instance interdictrice. Le surmoi assure la non-satisfaction immédiate des pulsions, il représente donc une sorte de liant social.

Évolution[modifier | modifier le code]

Elle reste au début du XXIe siècle la représentation la plus courante de la psyché humaine au sein des approches psychodynamiques. Néanmoins, plusieurs psychanalystes formulèrent suite à Freud leur propre métapsychologie, ou lui ajoutèrent simplement leur concept. Citons simplement Mélanie Klein qui élabora le concept de positions, Jacques Lacan qui insista notamment sur l'importance du langage (et du signifiant) et distingua imaginaire, symbolique et réel ; l'Egopsychology qui fit du Moi son centre d'intérêt, ou encore Fairbairn et Kohut qui formulèrent deux nouvelles métapsychologies.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir (1920), Paris, Payot, coll. "Petite Bibliothèque Payot", 2010 (ISBN 2-228-90553-4)
  • Sigmund Freud, Le Moi et le Ça (1923), Paris, Payot, coll. "Petite Bibliothèque Payot", 2010 (ISBN 2-228-90568-2)
  • Sigmund Freud, "Inhibition, symptôme et angoisse", Paris, PUF

Voir aussi[modifier | modifier le code]