Piera Aulagnier

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Piera Aulagnier

Nom de naissance Piera Spairani
Naissance
Milan
Décès (à 66 ans ans)
Suresnes (Hauts-de-Seine)
Nationalité Drapeau : France Française
Pays de résidence France
Profession
Psychanalyste
Activité principale
Fondation du Quatrième Groupe
Autres activités
Fondation de la revue de psychanalyse Topique
Formation
Psychiatrie
Psychanalyse

Piera Aulagnier est une psychanalyste et médecin psychiatre, née le à Milan (Italie) et morte le à Suresnes[1].

Vie privée et formation[modifier | modifier le code]

Piera Spairani passe les premières années de sa vie en France, puis son adolescence en Égypte[2]. Elle fait ses études de médecine à Rome, puis s'installe en France en 1950, lorsqu'elle se marie, prenant le nom d'Aulagnier et elle a un fils, Claude Aulagnier, également psychanalyste. En 1968, elle épouse Cornelius Castoriadis, philosophe, économiste et psychanalyste français d'origine grecque, qui participa à la fondation du Quatrième Groupe. Elle décède d'un cancer en 1990[3].

Elle se forme à la psychiatrie, dans le service de Georges Daumezon, à l'hôpital Sainte-Anne, où elle conserve un séminaire et une consultation durant toute sa vie professionnelle. Elle se forme en même temps à la psychanalyse, avec Jacques Lacan dont elle devient l'élève et avec qui elle fait une analyse didactique de 1955 à 1961.

Les sociétés de psychanalyse[modifier | modifier le code]

Lorsque Lacan crée la Société française de psychanalyse, en 1953, après la scission au sein de la Société psychanalytique de Paris, elle le suit. Lors de la deuxième scission, en 1963-64, elle se trouve parmi les premiers membres de l'École freudienne de Paris créée par Lacan, devenant «analyste de l'école» (AE) et responsable de la formation.

Cependant, elle démissionne de l'École freudienne en 1967, lorsqu'elle se trouve en désaccord avec les positions de Lacan concernant la formation des analyses, notamment lorsque celui-ci institutionnalise la procédure de la passe.

Article détaillé : Passe (psychanalyse).

Elle publie à cette occasion deux articles, « Comment peut-on ne pas être persan ? » (Oct 1968) et « Sociétés de psychanalyse et psychanalystes de société » (1969)[4]

Le Quatrième Groupe et la revue Topique[modifier | modifier le code]

En , Aulagnier fonde, avec François Perrier, Jean-Paul Valabrega et plusieurs autres psychanalystes, l'Organisation psychanalytique de langue française ou Quatrième Groupe, dont elle est la personnalité emblématique.

Piera Aulagnier fonde également deux revues :

  • en 1967 et 1968 : La revue trimestrielle L'inconscient, avec Jean Clavreul et Conrad Stein, aux PUF[5].
  • à partir de 1969 : la revue Topique, qui remplace L'Inconscient, qu'elle dirige jusqu'à sa mort, et qui est aujourd'hui l'une des grandes revues de la psychanalyse de langue française.

Conceptualisation théoriques et cliniques[modifier | modifier le code]

L'œuvre théorique de Piera Aulagnier s'inspire à la fois de l'œuvre de Freud et du style de pensée, voire du style d'écriture de Jacques Lacan. Pour décrire la psychose dont elle a une grande expérience clinique, Piera Aulagnier crée sa propre métapsychologie : l'instance organisatrice et qui décide de la structure du sujet devient le « Je ». Le « Je » désigne, en première approche, le parcours identificatoire du sujet à travers plusieurs étapes complexes : T0, T1 et T2. Piera Aulagnier apporte de plus le complexe de potentialité (névrotique, psychotique, ou polymorphe).

Elle s'appuie notamment sur des notions qu'elle a conceptualisées :

  • Pictogramme (psychanalyse)
  • Processus originaire
  • Violence de l'interprétation

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Sophie de Mijolla-Mellor, « Aulagnier-Spairani, Piera, ex-Castoriadis-Aulagnier », p. 154-155, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

  • « Le comportement transférentiel chez le sujet interné », collectif Etudes introductives à la psychothérapie à l'hôpital psychiatrique, L'information psychiatrique, 34e année, 4e série, no 5, 1958
  • « Comment peut-on ne pas être persan ? » L'inconscient, no 1 1967
  • « Sociétés de psychanalyse et psychanalyse de société » Topique, no 1, 1969
  • La violence de l'interprétation - du pictogramme à l'énoncé, Paris, PUF 1975, rééd. 2003, (ISBN 2-130-53720-0)
  • Les destins du plaisir aliénation, amour, passion : Séminaire Sainte-Anne, années 1977 et 1979, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Fil rouge / Section 1, Psychanalyse » (no 18),‎ (ISBN 978-2-130-36114-5)
  • Les Destins du plaisir, aliénation, amour, passion, Paris, PUF, coll. «Le fil rouge», 1979 (ISBN 978-2-13-036114-5)
  • L'apprenti historien et le maître sorcier, Paris, PUF 1984
  • Un interprète en quête de sens, Paris, Payot-poche, (ISBN 2-228-89458-3)
  • « Quelqu'un a tué quelque chose » Topique, nos 35-36
  • Piera Aulagnier, Jean Clavreul, Conrad Stein, Collectif : L'inconscient, huit volumes,  éd. Bibliothèque des Introuvables, 2002, (ISBN 284575115X)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ghyslain Charron, Le discours et le je : la théorie de Piera Aulagnier, Sainte-Foy, Québec, Presses de l'Université Laval,‎ , 265 p. (ISBN 978-2-763-77331-5 et 978-2-252-02914-5, OCLC 28503768).
  • Hélène Troisier et Jacqueline Bonnet, Piera Aulagnier, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Psychanalistes da̓ujourdh̓ui / 17 »,‎ , 128 p. (ISBN 978-2-130-49346-4).
  • Sophie de Mijolla-Mellor, Penser la psychose : une lecture de l'œuvre de Piera Aulagnier, Paris, Dunod, coll. « Psychismes »,‎ , 252 p. (ISBN 978-2-100-04022-3, notice BnF no FRBNF37001702).
  • Piera Aulagnier et al., La pensée interdite, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Petite bibliothèque de psychanalyse »,‎ (ISBN 2-130-57350-9) (Autour de l'article de P. Aulagnier, « Le droit au secret : condition pour pouvoir penser », Nouvelle revue de psychanalyse, «Du secret», no 14, automne 1976).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hélène Troisier, avec la collaboration de Jacqueline Bonnel, Piera Aulagnier, Presses Universitaires de France, 1998, Paris, p. 6.
  2. Biographie, site du Quatrième Groupe, page consultée en ligne le 17.05.15.
  3. Biographie, site du Quatrième Groupe.
  4. Articles publiés dans Un interprète en quête de sens, Paris, Ramsay, 1986 puis Payot, « Petite bibliothèque Payot », (ISSN 978-2228894586).
  5. Notice de la revue L'Inconscient, BnF