Institut psychanalytique de Berlin

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Institut psychanalytique de Berlin
Image illustrative de l'article Institut psychanalytique de Berlin
Institut psychanalytique de Berlin
29 Potsdamer Straße, Berlin
Nom original Berliner Psychoanalytisches Institut
Fondation 1920
Disparition 1933
Discipline Psychanalyse
Pays Allemagne
Ville Berlin
Adresse 29 Potsdamer Straße
10 Wichmannstraße
Langue Allemand
Fondateur Max Eitingon
Ernst Simmel
Protecteur Karl Abraham

Le Berliner Psychoanalytisches Institut (Poliklinik und Lehranstalt) est fondé en 1920 par Max Eitingon et Ernst Simmel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les psychanalystes Max Eitingon et Ernst Simmel présentent un projet de policlinique à Karl Abraham, alors président de la Société psychanalytique de Berlin, en 1919. Leur projet prévoit de créer un lieu où les cures analytiques seront gratuites, à la portée de tous. Ce projet est complété par l'ouverture d'un institut de formation des analystes, au 29, Potsdamer Straße, inaugurée le .

Cet institut, dont le bâtiment est conçu par l'architecte Ernst Freud et dont Max Eitingon est le directeur et le propriétaire, fut le premier lieu de formation psychanalytique. D'autres policliniques furent ouvertes, notamment celle de Budapest, créée par Sándor Ferenczi, puis dirigée par Michael Balint. En 1928, l'institut s'installe au 10 Wichmannstrasse, dans des locaux plus grands.

En 1923, la policlinique et l'institut se réunissent sous le nom de Berliner Psychoanalytisches Institut. S'y adjoignent, comme le précise Michelle Moreau Ricaud, « un centre de formation et de recherche[…] une salle de cours, une salle de réunions et une bibliothèque analytique (avec des ouvrages et tirés-à-part de Freud et des disciples, et des ouvrages généraux) »[1]. « Abraham prend en charge les cours théoriques d’introduction à la psychanalyse, ainsi que des cours pour les élèves avancés (jusqu’en 1924), alors qu’Eitingon enseigne la pratique. Hanns Sachs, Karen Horney et Ernst Simmel participent également à l’enseignement. Plus tard des invités feront des conférences. »

La formation des psychanalystes[modifier | modifier le code]

C'est dans ce cadre berlinois que s'élabora le parcours de formation des futurs psychanalystes :

  • Les candidats étaient acceptés en formation après trois entretiens préliminaires.
  • Ce cursus, élaboré par Max Eitingon, Müller-Braunschweig et, plus tard, Sándor Radó, repose sur trois principes :
    • la réalisation d'une analyse didactique de six mois au moins ;
    • le suivi d'un enseignement théorique ;
    • après deux semestres de cet enseignement théorique, la réalisation d'un stage à mi-temps, d'une durée minimale de deux ans, avec une supervision.

À l'issue de cette formation et sous réserve de leur acceptation, les candidats pouvaient exercer comme psychanalystes. Les candidats à l'analyse d'adultes devaient avoir réalisé un cursus d'études de médecine, même incomplet, alors que la pratique psychanalytique n'était pas réservée aux médecins en Allemagne. Les candidats à l'analyse d'enfants devaient attester quant à eux d'un cursus pédagogique.

Hans Sachs en a été le premier analyste didacticien, il fut rejoint plus tard par d'autres analystes, Sandor Rado, Michael Balint et son épouse Alice Székely-Kovács, Franz Alexander ou encore Mélanie Klein. Des analystes viennois se sont aussi joints à ce groupe, Wilhelm Reich, Theodor Reik, Otto Fenichel, etc. Cette liste non-exhaustive donne une idée de l'importance que prit Berlin et cet institut pour le développement de la psychanalyse jusqu'à la main-mise des nazis sur l'institut, en 1933.

En 1930, Il y avait 94 thérapeutes exerçant dans l'Institut, dont une soixantaine appartenaient à l'Association psychanalytique internationale[2], soit un petit quart des effectifs de l'API qui comptait alors 400 membres, ce qui met en valeur l'importance du mouvement psychanalytique allemand dans l'immédiat avant-guerre. Dès les années suivantes, le nombre d'élèves diminua : 74 analystes furent forcés à l'émigration, du fait des Lois de Nuremberg qui interdisaient l'exercice de professions libérales aux juifs, et de menaces directes liées à l'idéologie du régime nazi. En 1935, il y avait encore 14 psychanalystes en Allemagne, lorsque l'Institut Göring, dirigé par Mark Göring, reprit les biens de l'Institut psychanalytique de Berlin.

Postérité[modifier | modifier le code]

Cette modèle de formation a servi de base à toutes aux formations élaborées ultérieurement, par l'association psychanalytique internationale, à Londres, au sein de la Société britannique de psychanalyse et dans les autres sociétés psychanalytiques.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Regine Lockot, « Berliner Psychoanalytisches Institut », p. 193-194, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
  • Michelle Moreau Ricaud : «La Policlinique de Berlin (1920-1933) : une “organisation nouvelle” », Le Coq-Héron, no 201, 2010/2, article en ligne. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michelle Moreau Ricaud, cf. bibliographie.
  2. Chiffres avancés par Régine Lockot, cf. sources, p.193.