Appareil psychique

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L' appareil psychique désigne l'esprit. Les conceptions psychanalytiques de l'esprit sont travaillées dans l'article métapsychologie, tandis que cet article décrit la conception de l'appareil psychique par Sigmund Freud et à son évolution.

Matérialisme : l'esprit cerveau[modifier | modifier le code]

Freud est d'abord un neurologue. Il étudie la structure du cerveau humain, ou système nerveux central, et l'utilise afin d'expliquer les conduites. Dans plusieurs textes[Lesquels ?], Freud se révèle matérialiste ; bien loin d'opposer âme et corps, il étudie le cerveau comme lui révélant le fonctionnement psychique.

Le projet de psychologie scientifique, œuvre inachevée, s'attachait à décrire le fonctionnement du neurone, tendant à se décharger (selon le principe d'inertie neuronique), comme un modèle du fonctionnement psychique : l'activité neuronale peut entraîner une décharge motrice (par le biais d'un neurone moteur) ou entraîner l'activité d'un neurone voisin.

Freud distingue des neurones liés à cette activité de représentation consciente, de neurones qui seraient responsables de la mémoire.

Il faut remarquer que Freud n'avait cependant pas publié le projet de psychologie scientifique.

Qu'est-ce qu'un appareil psychique ?[modifier | modifier le code]

La notion d'appareil psychique sera fondatrice de la métapsychologie freudienne. Pourquoi un appareil ?

Avec quoi traite l'appareil psychique[modifier | modifier le code]

Le concept d'appareil psychique selon Freud se situe entre l'esprit et le cerveau. Le concept d'appareil renvoie chez Freud au mécanisme de l'inertie. Freud transforme ce principe général de la physique en créant un principe spécifique d'inertie et de constance.

Dans cette théorie Freud explique que la quantité d'énergie psychique doit nécessairement rester constante en trouvant des modes de décharges.

L'appareil traite donc ces excitations, sources d'informations, et s'en sert afin de maintenir l'homéostasie. L'appareil doit gérer ces excitations, qui peuvent être trop fortes, déclenchant le traumatisme et la névrose. Pour cela, l'appareil psychique est muni d'un pare-excitation.

Modalités de fonctionnement de l'appareil psychique[modifier | modifier le code]

La métapsychologie traitant du fonctionnement et de l'évolution de l'esprit, de la pulsion, de ses représentants psychiques et de ses possibles destins, il s'agit ici de considérer pleinement la métaphore de l'appareil quant aux modalités de son fonctionnement.

Puisqu'il s'agit des premiers efforts théoriques de Freud, mais qui annoncent bien des développements ultérieurs, il est sans doute éclairant de noter dans quelles conditions Freud se met à théoriser cet appareil. Freud part de ses expériences avec l'hystérie, et de cet état pathologique il en viendra à théoriser le fonctionnement normal.

Il y a dans l'hystérie le symptôme de conversion : une difficulté du psychique ressurgit et s'exprime dans le corps - mais cette difficulté est bien liée à une histoire psychique.
La conversion hystérique semblerait d'abord un raté dans la mise en place de l'appareillage. Il est vrai que cette représentation s'appliquera par la suite bien mieux aux troubles psychosomatiques non hystériques, puisque dans l'hystérie il y a un travail psychique riche, préservant de la psychose.
Mais Freud, encore en 1915, exprime nettement l'hystérie comme un raté du refoulement, explosant dans le soma. Il y a peut-être une petite réussite, puisque l'affect est effacé et qu'on peut décrire une belle indifférence hystérique - le fait de ne pas se préoccuper de ses symptômes. Pourtant le refoulement est un échec puisque la représentation ressurgit. Le refoulement ne parvient pas à l'éliminer.

Freud parle de traumatisme. Le traumatisme indique un moment dans lequel l'appareil psychique fait défaut, est pris en défaut. L'appareil psychique, responsables de fonctions parfois descriptibles en termes de survie et de reproduction (du moins chez Freud), déraille et faillit à ses fonctions.

Partout dans la métapsychologie se retravaille cette notion d'un appareil faisant face à des stimulations, à des quantités, des afflux énergétiques. La représentation n'en sera qu'une délégation dans le psychique, un porte-parole. Certaines représentations sont insupportables et déclenchent des défenses visant à les éliminer, mais elles resteront inscrites dans l'inconscient (dans le cas de la névrose). Mais les défenses visent originellement à éliminer les représentations inconciliables.

Si l'idée d'une réalité psychique dégage un champ d'étude clairement différencié de la réalité factuelle, le terme d'appareil psychique et la conceptualisation qui l'entoure révèle mieux que tout autre ce modèle d'un outil pour faire face à l'excitation. Le psychique est tentative de traiter la perception, qui traversera différents systèmes : depuis les organes sensoriels, au système inconscient, puis au système mnésique qu'est le préconscient, et atteignant enfin la conscience.
Il y a là une réelle opposition entre les deux topiques de Freud, et cette première topique décrivant des systèmes collant plus complètement au modèle d'un appareil dans lequel le conflit provient de ce à quoi l'appareil a à faire. La deuxième topique, présentant des instances du psychiques, entités en partie différentes, assume bien plus l'idée d'un conflit interne, théâtre psychique, et non simplement d'un conflit face à des stimulations surgissant d'ailleurs. Si, dans la première topique, tout l'appareil psychique fait face à l'excitation dont la source est organique, dans la seconde topique l'essentiel est de montrer la difficulté face à la partie de la psyché qu'est le ça.

Rappelons cependant que ces deux topiques se complètent, et que la deuxième ne vient pas contredire l'aspect organique de la pulsion, sans cesse réaffirmé à travers l'ensemble des œuvres de Freud.

L'énergie pulsionnelle : abandon du modèle[modifier | modifier le code]

Nouvel objet de la psychanalyse[modifier | modifier le code]

Les concepts physiques, cérébraux, seront remaniés et intégrés dans une métapsychologie qui ne considère plus le cerveau directement, mais l'esprit. Ceci ne signifie pas nécessairement abandon du matérialisme, mais modification d'un paradigme. Ce que la psychanalyse découpe, observe, selon le modèle de l'analyse chimique, ce n'est plus l'activité neuronale mais la pensée. Pour autant, la pensée peut bien tenir de l'activité cérébrale : voir neuropsychanalyse.

Ce passage se caractérise par le remplacement de la notion de principe d'inertie neuronique (le neurone tend à se décharger) par le principe de plaisir : la pulsion tend à se décharger. La pulsion se fait la métaphore de l'activité électrique et chimique des neurones. L'énergie pulsionnelle, la poussée s'élabore comme image de l'énergie mécanique.

Méthodologie psychanalytique[modifier | modifier le code]

Avec l'abandon du modèle neuronal, Freud délaisse tout projet de science expérimentale. La psychanalyse ne conçoit pas des expériences qui pourraient être répétées ; elle ne peut s'attacher au tangible, mais elle traite bel et bien du discours, de l'imaginaire : il s'agit de donner une place au désir.

Cette modification de méthode, c'est le passage d'une physiologie appliquée à l'hystérie, à l'écoute, l'attention flottante.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]