Hans-Ulrich Rudel

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Hans Ulrich Rudel
Image illustrative de l'article Hans-Ulrich Rudel

Naissance
Konradswaldau, Allemagne
Décès (à 66 ans)
Rosenheim, Allemagne
Origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Allégeance Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme Balkenkreuz.svg Luftwaffe
Grade Colonel
Années de service 19361945
Conflits Seconde Guerre mondiale
Commandement StuKaGeschwader 2
Faits d'armes Campagne de Pologne
Opération Barbarossa
Bataille de Stalingrad
Bataille de Koursk
2530 missions de combats durant la guerre.
Distinctions Chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne, glaives en or et brillants
Fermoir du combat rapproché en diamant
Insigne des pilotes en diamant
Médaille pour la bravoure hongroise
Autres fonctions Homme d'affaires
Membre du Parti impérial allemand (DRP)
Famille Fils d'un ministre protestant

Hans-Ulrich Rudel ( - ) est un pilote allemand de Stuka et un membre du NSDAP (parti national-socialiste). Il est le militaire allemand le plus décoré de la seconde Guerre mondiale et le seul à avoir été décoré de la Croix de chevalier de la Croix de fer avec feuilles de chêne en or, épées et diamants (Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes mit goldenem Eichenlaub, Schwertern und Brillanten). Il a mené plus 2 530 missions de combats et a à son crédit la destruction de plus de 2 000 cibles, terrestres, maritimes ou aériennes[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Des débuts difficiles[modifier | modifier le code]

Hans Ulrich Rudel est le fils d'un pasteur protestant à Konradswaldau (Silésie) en Allemagne (en Pologne après 1945). Après un court parcours scolaire, il réussit les épreuves d’admission chez les officiers de réserve et rejoint la Luftwaffe en décembre 1936 comme cadet au sein de l’école militaire de Wildpark-Wendel. Après six mois d’instruction, il entame l’entraînement en vol puis au terme de six autres mois obtient son brevet de pilote. Il décroche le grade de sous-lieutenant et, pour ne pas être affecté sur bombardier, se porte volontaire pour piloter les Stukas.

En juin 1938, il intègre le groupe d’attaque I./St.G 168 basé à Graz en Autriche. Les lents progrès de Rudel, promu lieutenant, ne satisfont pas son supérieur qui l’envoie, en janvier 1939, à l’école de pilote de reconnaissance de Hiddesen. Affecté à l'escadrille de reconnaissance II./121 quand la guerre éclate, il participe à la campagne de Pologne et réalise de longues missions d'observation avant d'être affecté dans un régiment d’instruction.

Le 11 octobre 1939, il reçoit la croix de fer de seconde classe et, en mai 1940, est affecté à l'entraînement sur le bombardier en piqué Junkers Ju 87. Après avoir achevé sa formation, Rudel est envoyé dans une base près de Stuttgart. Il n'est alors pas considéré comme un pilote particulièrement bon[2].

Après de nombreuses demandes insistantes, il réintègre, comme oberleutnant (lieutenant), le Groupe d’Attaque I./St.G 3 basé à Caen et qui prend part à la campagne de France mais n’est pas autorisé à combattre. Lorsque son unité est déplacée en Italie, Rudel lui est renvoyé à Graz pour une remise à niveau. Il est ensuite affecté au Groupe d’Attaque I./St.G 2 en Grèce mais, n’ayant toujours pas été reconnu apte à voler en mission de combat, est à nouveau tenu à l'écart des combats lors de l'invasion de la Crète, à laquelle prend part son escadrille.

Au sein du I./St.G 2 de retour en Allemagne, Rudel connaît enfin son baptême du feu le 23 juin 1941 lors de l'opération Barbarossa (l'invasion de l'URSS par l'armée allemande). Ses talents de pilote se révèlent et il gagne sa croix de fer de première classe dès le 18 juillet. Au cours d’une attaque, Rudel atteint la poupe du cuirassé soviétique Marat de 23 606 tonnes et deux jours plus tard coule un croiseur, le 23 septembre, pendant l'attaque du port de Kronstadt, non loin de Léningrad. Le Marat, un vieux navire hors d'âge, est endommagé mais restera opérationnel comme plateforme de tir et sera renfloué après la guerre.

Rudel continue à être engagé sur le front de l'Est pour soutenir les forces terrestres et reçoit la croix allemande en or le 8 décembre 1941. Le 6 janvier 1942 il est décoré de la croix de fer de chevalier et en mars est envoyé loin du front, à Graz, pour diriger l’école des réservistes de la Luftwaffe.

Rudel et le Ju 87G[modifier | modifier le code]

Démarrage à la manivelle du Ju 87G de Rudel, Russie, juin 1943.

Au bout de quelques mois, il parvient à retrouver un poste actif sur le front de Crimée et participe à la bataille de Stalingrad. Après 1 000 missions de combat, Rudel prend part, en février 1943, à l'élaboration d'une variante antichar du Ju 87D-3 : le Ju 87G. Les lance-bombes de cette version sont déposés et remplacés par deux énormes canons antichars BK3,7 de 37 mm, dérivés du canon antiaérien Flak 18 de même calibre disposés en gondole sous les ailes. Rudel participe alors à l'unité en charge de l'essai opérationnel de l'appareil, le Panzerjagdkommando Weiss puis, une fois les essais terminés et l'unité dissoute, il favorise la création d'une escadrille spécialisée sur cet appareil au sein de chaque StuKaGeschwader (escadre de bombardement en piqué). Rudel fut tellement associé à cette version spécifique du Ju 87 que toute mention de l'un est forcément accompagné de l'autre, même à l'heure actuelle.

La version Ju 87G étant classée dans la Luftwaffe comme étant un « Panzerjäger » (« chasseur de char »), Rudel prit le mot « chasseur » au premier degré au point qu'il fit peindre sur son avion des marques d'identification normalement réservées aux appareils de chasse. Les liens entre Rudel et le Ju 87 furent si étroits et si glorifiés par la propagande que lorsque l'appareil disparut des autres unités de la Luftwaffe pour des raisons d'obsolescence, seule la StuKaGeschwader 2 qu'il commandait le conserva, même si ce fut pour l'utiliser en parallèle avec des appareils de conception plus moderne tels que le Focke-Wulf 190.

Rudel et la fin du conflit[modifier | modifier le code]

Au sein du groupe I./St G2, Rudel, qui a mis en place deux escadrilles de Ju 87G2 antichars, détruit plus de 70 embarcations dans la région de Kuban lorsque les troupes soviétiques traversent le Don. En mai 1943, Hitler lui attribue la Croix de fer avec feuilles de chêne.

Lors de sa première mission sur Koursk, Rudel détruit 12 chars de combat soviétiques et reçoit en juillet le commandement du Groupe III au sein de la I./St G2. Au mois de novembre il parvient à mettre hors de combat plus de 100 chars et reçoit alors la Croix de fer avec feuilles de chêne et épées. Rudel est promu commandant en mars 1944 et, le 26 du même mois, détruit 17 nouveaux chars de combat. Peu après ce nouvel exploit, Hitler le décore de la Croix de fer avec feuilles de chêne, épées et diamants, décoration attribuée à seulement 27 reprises.

Le 1er septembre 1944, Rudel est promu lieutenant-colonel et reçoit un mois plus tard le commandement d'une escadrille d'attaque. Le 1er janvier 1945, le Führer lui attribue la Croix de fer avec feuilles de chêne en or, épées et diamants, décoration suprême créée le 29 décembre 1944 et dont Rudel reste le seul titulaire. Ainsi, début 1945, Rudel devient le combattant allemand le plus décoré avec notamment la croix allemande en or, l'insigne de Pilote en or avec diamants, l'agrafe des vols au front en or avec diamants pour deux mille sorties, et la Croix de fer avec feuilles de chêne en or, épées et diamants[2]. Ferenc Szálasi lui décerne la médaille pour la bravoure hongroise, plus haute décoration militaire de ce pays, en remerciement de sa lutte contre le bolchevisme en Hongrie[2]. En plus de ses décorations, il reçoit également l'interdiction de voler, le Reich ne souhaitant pas qu'un tel as puisse être descendu. Malgré cet ordre, Rudel continue de prendre part au conflit, soit avec l'autorisation personnelle d'Hitler, soit simplement en désobéissant.

Le , il est à nouveau blessé à la cuisse droite par un obus anti-aérien. Sa jambe est amputée peu après mais en avril il reprend l'air et détruit 26 chars russes jusqu'à la capitulation. Il se rend aux forces alliées le 8 mai 1945 aux commandes de son Ju 87G2.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

En 1948, il émigre en Argentine où il fonda, à Buenos Aires, le "Kameradenwerk", une organisation d'aide aux criminels de guerre. Le "Kameradenwerk" compta dans ses rangs des nationaux-socialistes et des criminels de guerre tels que l'ancien SS Ludwig Lienhardt, l'ancien membre de la Gestapo Kurt Christmann ou encore le criminel de guerre autrichien Fridolin Guth. Cette organisation aida, en plus des criminels qui avaient trouvé refuge en Argentine, également des anciens nazis emprisonnés en Europe, tels que Rudolf Heß et Karl Dönitz, en leur envoyant des colis de nourriture et en payant leurs frais d'avocat[3]. Rudel, en compagnie de Willem Sassen, assura également la protection de Josef Mengele, l'ancien médecin du camp de concentration d'Auschwitz[4].

Dans les années suivantes, Rudel a fait carrière en tant que marchand d'armes et de conseiller militaire pour le compte de diverses dictatures militaires d'Amérique latine. Il devient ainsi le confident du dictateur argentin, Juan Perón. Il écrit un livre intitulé In Spite of Everything, se caractérisant entre autres par une certaine compréhension à l'égard des thèses nazies, et un livre de mémoires Pilote de Stukas, retraçant sa carrière. Même avec une jambe en moins, il reste un sportif accompli, joue au tennis et goûte aux joies du ski. Il escalade même le plus grand haut sommet américain, l'Aconcagua (6 962 mètres) et, par trois fois, gravit les pentes d'un des plus hauts volcans sur Terre, le Llullaillaco, qui culmine à 6 739 mètres en Argentine.

Rudel soutient également de nombreux groupuscules et partis d'extrême-droite en Allemagne de l'Ouest. En 1953 il devient même le candidat aux élections parlementaires du Deutsche Reichspartei (DRP). Après la chute de Perón en 1955, Rudel s'installa au Paraguay où il entretient d'étroites relations avec le dictateur Alfredo Stroessner[5]. Après le coup d'État de Pinochet en 1973, Rudel s'installa au Chili.

Rudel provoqua également un scandale politique en République fédérale d'Allemagne en se rendant, suite à une invitation d'officiers supérieurs de la Bundeswehr, à une rencontre d'anciens combattants sur une base aérienne en Allemagne. Suite à cette affaire, le ministre de la défense allemand Georg Leber a mis à la retraite d'office les généraux de la Luftwaffe Karl Heinz Franke et Walter Krupinski en octobre 1976.

Rudel décède à Rosenheim en 1982, et est enterré à Dornhausen.

Au total, Rudel a réalisé plus de deux mille sorties sur presque tous types de Ju 87 et environ 400 à bord du Focke-Wulf 190, soit un total de 2530 missions de combat[6], représentant toujours un record mondial. Il a détruit près de 2000 cibles au sol (dont 519 chars), mais on compte également parmi ses victoires un cuirassé, deux croiseurs et un destroyer ainsi que 9 victoires aériennes homologuées. Il a été descendu 32 fois (derrière les lignes ennemies), mais est toujours parvenu à s'échapper malgré les 100 000 roubles de récompense que Staline en personne avait placés sur sa tête. Les données de Rudel ont également servi au développement du Fairchild A-10 Thunderbolt II.

Décorations[modifier | modifier le code]

Devise[modifier | modifier le code]

"Verloren ist nur, wer sich selbst aufgibt" ("Seul l'abandon de soi-même conduit à sa propre perte").

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hans-Ulrich Rudel, Pilote de Stukas, Corrêa, 1951 (traduction française de Trotzdem), édition J'ai lu Leur aventure N°A21/22
  • Hans Ulrich Rudel, Journal d'un pilote, de la guerre à la paix, Buchet-Chastel, 1954 (traduction française de Aus Krieg und Frieden)
  • Hans-Ulrich Rudel, Mein Kriegstagebuch, Aufzeichnungen eines Stukafliegers (Wiesbaden : Limes, c1983).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Just 1986, p. 43.
  2. a, b et c Pilote de stukas, autobiographie de H. U. Rudel
  3. Uki Goñi: Odessa: Die wahre Geschichte. Fluchthilfe für NS-Kriegsverbrecher. 2e édition 2007. p. 140f.
  4. Uki Goñi: Odessa: Die wahre Geschichte. Fluchthilfe für NS-Kriegsverbrecher. 2e édition 2007. p. 265f.
  5. Uki Goñi: Odessa: Die wahre Geschichte. Fluchthilfe für NS-Kriegsverbrecher. 2e édition 2007. p. 223
  6. Thomson, D. et al.: Die Luftwaffe, Édition Bechtermünz, Eltville a. R., 1993, p. 123
  7. a, b et c Obermaier 1976, p. 31.
  8. a, b, c, d et e Scherzer 2007, p. 643.
  9. Fellgiebel 2000, p. 35.
  10. Berger 2000, p. 297.

Liens externes[modifier | modifier le code]


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Fonctions militaires
Oberstleutnant Hans-Karl Stepp
Commandant du Schlachtgeschwader 2 Immelmann
1er août 1944 – 8 février 1945
Major Friedrich Lang
Oberstleutnant Kurt Kuhlmey
Commandant du Schlachtgeschwader 2 Immelmann
Avril 1945 – 8 mai 1945
aucun