Otto Skorzeny

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Otto Skorzeny
Otto Skorzeny, prisonnier lors du procès de Nuremberg en 1945.
Otto Skorzeny, prisonnier lors du procès de Nuremberg en 1945.

Naissance
Vienne, Autriche
Décès (à 67 ans)
Madrid, Espagne
Origine Autriche
Allégeance Drapeau : Troisième Reich Reich allemand
Arme Commando
Flag Schutzstaffel.svg Waffen-SS
Grade SS-Obersturmbannführer
Années de service 19381945
Conflits Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Opération Eiche,
Opération Rösselsprung,
Opération Panzerfaust,
Opération Greif
Distinctions Croix de fer
Otto Skorzeny en 1945.
Otto Skorzeny en 1943.

Otto Skorzeny (, Vienne - , Madrid) est un officier de commando allemand particulièrement connu pour ses missions audacieuses réalisées lors de la Seconde Guerre mondiale pour l'Allemagne nazie, souvent sur ordre direct d'Adolf Hitler.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Skorzeny naît à Vienne dans une famille autrichienne de la classe moyenne, avec un long passé militaire. Il est de langue maternelle allemande mais parle très bien français, anglais et italien[1]. Tout en étant membre d'un corps franc d'étudiants anticommunistes, il devient ingénieur. Un sport d'étudiants, simulacre de duel à l'épée, la Mensur, très courant à l'époque, le marque de plusieurs cicatrices (le Schmiss) au visage (ce qui lui valut le surnom de Scarface que lui donnèrent plus tard les alliés).

Il rejoint le Parti nazi autrichien en 1931, puis les SA. Personnage charismatique, Skorzeny joue un rôle mineur lors de l'Anschluss du , en protégeant le président autrichien Wilhelm Miklas de nazis prêts à le tuer.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1939, après l'invasion de la Pologne, il se porte volontaire pour servir dans l'armée de l'air allemande (la Luftwaffe) mais, ayant dépassé la limite d'âge, sa candidature est rejetée[2]. Il se tourne alors vers la SS où il rejoint une formation motorisée, puis intègre la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler.

En avril 1941, il est promu Hauptsturmführer avant de participer à partir de juin à l'opération Barbarossa où il parvient à faire de nombreux prisonniers.

Le , il est de nouveau promu et devient responsable de la nouvelle unité commando d'élite Friedenthal.

Durant l'été 1943, il reçoit comme consigne, d'Adolf Hitler en personne, de retrouver Benito Mussolini, alors emprisonné en Italie, et de le libérer. En vue de l'opération Eiche, il mène alors une enquête de terrain qui lui permet de repérer l'endroit secret où est emprisonné le Duce et organise secrètement sa libération. L'opération Eiche est placée en haut lieu sous le contrôle opérationnel et la responsabilité du général des parachutistes de la Luftwaffe, Kurt Student, qui mobilise 382 Fallschirmjäger, les parachutistes d'élite de la Luftwaffe, qui sont divisés en deux groupes. Les uns qui pour libérer Mussolini encadrent Skorzeny et son petit commando d’une vingtaine de SS. Les autres, dirigés par leur major, Harald Mors, qui pour empêcher l'arrivée de renforts ennemis sécurisent les alentours du Gran Sasso. Le , à 14 h (7 heures après l'heure prévue) Mussolini est délivré de sa prison du Campo Imperatore alors qu'il est emprisonné et surveillé par plusieurs soldats italiens qui ont reçu l'ordre de l'exécuter en cas de tentative d'évasion. Ceux-ci n'obéissent cependant pas à cet ordre. La réussite de cette opération aéroportée est due à l'effet de surprise et à l'efficacité des « Diables verts », les parachutistes d'élite de la Luftwaffe, mais pour les besoins de la propagande SS, tout le mérite sera attribué à tort à un seul homme : Skorzeny[3],[4]. À bord de l’appareil personnel du général Kurt Student, un Fieseler 156 « Storch » capable de décoller en moins de 70 m et de se poser en moins de 20 m, Mussolini s'échappa avec Skorzeny en direction de l’Allemagne.

En novembre 1943, il est envoyé en France, sous la fausse identité du Dr Wolf, pour vérifier, à Vichy, l'état de protection du maréchal Pétain (on craignait qu'il ne fût enlevé par les Anglais, arrivant en avion). Il constate que des barrages entourent suffisamment la ville et fait protéger l'aérodrome[5].

Il participa aussi à l'opération Rösselsprung en avril et mai 1944 visant à capturer Tito pour perturber le mouvement partisan communiste en Yougoslavie[6]. Tito réussit toutefois à s'échapper et l'opération se solde par un échec dont Skorzeny essayera de se distancer par la suite.

On a cru longtemps qu'à la demande expresse du Führer, il a multiplié les missions à l'intérieur des lignes ennemies. La plus spectaculaire d'entre elles, l'opération Greif, a été de créer un groupe de faux soldats américains dans le but de semer la confusion dans les lignes arrières des Alliés pendant la bataille des Ardennes en décembre 1944, opérant ainsi une des premières attaques false flag de la guerre. on craignit même qu'il tentât d'assassiner le Commandant en chef des forces alliées en Europe, le général américain Eisenhower.

Otto Skorzeny était lié au camp de concentration d'Oranienburg Sachsenhausen selon les témoignages des déportés français qui figurent dans l'ouvrage Sachso, livre publié par l'amicale de Sachsenhausen, en 1982, Édition Terre humaine.

Vers la fin de la guerre, il participera à la création de Die Spinne (l'araignée), chargée de veiller à la bonne fuite des anciens SS vers l'Italie.

À la fin de la guerre, il est Obersturmbannführer et, pour ses exploits, décoré des feuilles de chênes allemandes.

À la reddition allemande en 1945, il est emprisonné pour ses activités nazies mais fut acquitté des charges retenues contre lui. Utiliser les uniformes des soldats ennemis est une action proscrite par les différents traités de guerre, mais il fut gracié car un officier anglais Forest Yeo-Thomas confirma, le dernier jour du procès de Skorzeny, que les Britanniques avaient eux aussi, auparavant, utilisé cette méthode pour infiltrer des prisons, en France, afin de délivrer certains des leurs.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Skorzeny s'enfuit vers l'Espagne franquiste. Il devient responsable du trésor de guerre nazi constitué sans qu'Hitler le sache par Martin Bormann dès 1944[6]. Sa propre organisation, la Bruderschaft (la « Fraternité »), se transforme en ODESSA (« Organisation des anciens membres de la SS »[7], une organisation qui aurait été chargée de gérer les fonds récupérés par les anciens SS et permis ainsi d'assurer matériellement leur vie future).

En 1953, Skorzeny est envoyé par l'ancien général Reinhard Gehlen en Égypte comme conseiller militaire du général Mohammed Naguib. Avec le général Wilhelm Fahrmbacher et plusieurs anciens nazis tels Oskar Munzel, ancien général de division de Panzer, Leopold Gleim, ancien responsable de la garde personnelle d'Hitler, Joachim Daemling, ancien responsable de la Gestapo à Dusseldorf et le docteur Hans Eisele du camp de Buchenwald, il structure les forces militaires et policières du pays, entraînant les premiers commandos palestiniens[8].

En 1963, le Mossad apprend qu'un de ses anciens subordonnés, H. Mann, est chargé de la sécurité des scientifiques allemands travaillant pour l’Égypte à la mise au point d'armes non conventionnelles. Le Mossad tente alors de recruter Skorzeny, qui accepte en échange d'un engagement des Israéliens de ne pas chercher à l'éliminer par la suite. Grâce à lui, le Mossad récolte d'importantes informations sur la structure et les scientifiques du programme de recherche égyptien. L'échec de celui-ci entraînera la fin de sa collaboration avec l’État hébreu[9],[10].

En 1970, il crée avec Gerhard Hartmut von Schubert une organisation de lutte anticommuniste basée en Espagne franquiste, qui organise des attentats et recrute des mercenaires : le Paladin group. Il s'adonnait aussi au trafic d'armes, par l'intermédiaire de sa société Atlantico, sise dans l'Espagne franquiste[11].

Il meurt le d'un cancer à Madrid. Il avait épousé Ilse von Finkenstein en secondes noces.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Reader Digest 1948
  2. (en) Gordon Williamson, German Special Forces of World War II, Oxford, Osprey,‎ 2009, poche (ISBN 978-1-84603-920-1), p. 20
  3. Fallschirmjager, German Paratroopers from Glory to Defeat 1939-1945, page 34, Concord Publications Company
  4. Fallschirmjager in Action, page 42, Squadron/Signal Publications
  5. Jacques Delarue, Histoire de la Gestapo
  6. a et b Jacques de Saint Victor, « Skorzeny et l'internationale nazie », in Figaro littéraire, 7 mai 2009, p.6 (Recension de l'ouvrage de Glenn B. Infield)
  7. Organisation der ehemaligen SS-Angehörigen
  8. Infield Glenn B, Skorzeny, chefs des commandos de Hitler, Pygmalion, 2009
  9. Michael Bar-Zohar et Nissim Mishal, Mossad Les grandes opérations, p.141.
  10. Ian Black et Morris Benny, Israel's Secret Wars: A History of Israel's Intelligence Services, 1991, p.198.
  11. Société Atlantico : 28 Calle Jorge Juan à Madrid.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Opérations secrètes, éd. Deterna, 2002 (réédition du livre de 1965 aux Collections Action)
  • E. Gerdan, Dossier A ... comme Armes, éd. Alain Moreau, 1975.
  • La Guerre inconnue, autobiographie de Otto Skorzeny, éd. Albin Michel, 1975.
  • Jean Mabire, Skorzeny, l'homme le plus dangereux d'Europe, éd. Grancher (17 janvier 1990) (ISBN 2733902563)
  • Martin A. Lee, The Beast Reawakens: Fascism's Resurgence from Hitler's Spymasters to Today's Neo-Nazi Groups and Right-Wing Extremists, éd. Little Brown & Co (T)- juillet 1997 (ISBN 0316519596)
  • Glenn Berton Infield, Skorzeny, chef des commandos de Hitler, éd. Pygmalion (12 novembre 1998) (ISBN 2857041675) ; Perrin, 2012
  • Charles Messenger, Skorzeny's Special Missions: The Memoirs of the Most Dangerous Man in Europe, éd. Greenhill Books ; Édition : New Ed (mai 2006) (ISBN 1853676845)
  • Boguslaw Woloszanski, Opérations spéciales, (version française) Jourdan Editeur, 2009 (ISBN 978-2-87466-110-5)