Théobald Chartran

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Théobald Chartran

Description de l'image  Theobald Chartran01.jpg.
Naissance
Besançon
Décès (à 57 ans)
Neuilly-sur-Seine
Nationalité Française
Activités Artiste-peintre
Maîtres Alexandre Cabanel
Mouvement artistique Peinture d'histoire

Théobald Chartran, né à Besançon (Doubs) le et mort à Neuilly-sur-Seine le , est un peintre d'histoire français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Madame Collas et sa fille (1903), musée d'Orsay.
Portrait du président Sadi Carnot.

Théobald Chartran est le fils de Lazare Chartran, conseiller à la Cour d'appel de Besançon (originaire de Saint-Pierre en Martinique) et de Clémentine Dillon (originaire de Strasbourg). Il est élève au lycée Victor Hugo de Besançon où il se signale déjà par son talent de caricaturiste, qu'il exerce surtout à l'égard de ses professeurs. D'abord destiné à la magistrature, il découvre sa vocation de peintre en s'essayant à copier les tableaux du musée des beaux-arts de Besançon. À l'âge de dix-huit ans, il est admis à l'école des beaux-arts de Paris où il étudie dans l'atelier d'Alexandre Cabanel et obtient en 1877 le grand prix de Rome sur le sujet de La Prise de Rome par les Gaulois.

Chartran connaît rapidement le succès et reçoit de nombreuses commandes, notamment des portraits de personnages de la haute société. Il réalise les portraits du président Sadi Carnot, de Sarah Bernhardt, du pape Léon XIII, du président Roosevelt, etc.

Le 17 mai 1886, il obtient, pour 40 000 francs, la commande de la décoration de l'escalier d'honneur de la Sorbonne. Il termine son travail en 1889 après avoir mené des recherches historiques approfondies, pour lesquelles il demanda une carte de lecteur permanent de la Bibliothèque Nationale. Il réalise neuf panneaux à l'huile sur toile, marouflés en place, représentant des épisodes de l'histoire des sciences. Il participe également à la décoration de l'hôtel de ville de Paris et peint le plafond de la salle des fêtes de l'hôtel de ville de Montrouge.

Il épouse le 14 octobre 1898 Eugénie Sylvie Suchet à Rueil[1].

Sous la signature de « T » il réalise pour le magazine anglais Vanity Fair des caricatures du premier ministre français William Henry Waddington, Charles Gounod, Victor Hugo, Louis Blanc Alexandre Dumas fils, Napoléon Joseph Charles Paul Bonaparte. Il habite à Paris un hôtel particulier, 3bis place des États-Unis où, avec sa femme Sylvie, il reçoit artistes, gens de lettres et hommes politiques [2]. « Ses intimes, rapporte André de Fouquières, [l']appelaient « Tib », ce qui était un prénom moins affichant [que Théobald]. Il avait un physique de mousquetaire, sous le grand chapeau qu'affectionnaient les peintres de l'époque. Mme Sylvie Chartran était jolie et élégante. Leur salon était le rendez-vous, non seulement des artistes en vogue, mais des gens de lettres et des hommes politiques. On y honorait la musique et, pour que rien ne vînt distraire les hôtes des plaisirs de l'audition, la maîtresse de maison faisait, autour du piano, une obscurité quasi-totale. Dans un silence religieux, s'élevaient alors les chants du compositeur qu'on avait élu ce soir-là. Le plus souvent, c'était Isidore de Lara, qui interprétait lui-même ses mélodies. Quand il avait distillé toute la nostalgie du Rondel de l'Adieu : « Partir, c'est mourir un peu... », Mme Chartran supposait que l'atmosphère était devenue propice aux grandes évasions. Alors elle faisait apporter un phonographe acquis en Amérique et dispensait à l'assemblée le désir des ailleurs encore mystérieux en leur faisant entendre les premiers negro-spirituals. Car les Chartran partageaient leur temps entre la France et les États-Unis où le peintre était l'enfant choyé de la société milliardaire. Il fit le portrait de Mme et de Mlle Théodore Roosevelt, de Mgr Corrigan, archevêque de New York, du millionnaire James Hazen Hyde avec qui il était intimement lié, et de la plupart des notabilités de la Cinquième Avenue – toutes commandes évidemment fort bénéfiques qui lui permirent plus tard d'aller s'installer, beaucoup plus somptueusement, à Neuilly. C'est alors qu'il fit, en 1906, le portrait de mon ami le Maharadjah de Kapurthala»[3].

Sur un îlot du lac Léman, l'île de Salagnon[4], situé à Clarens, dont il fait l'acquisition en 1900, il demande à un architecte du nom de Lauzanne, puis à Louis Villard[5], de dessiner les plans d'une villa de style florentin à deux étages avec grand escalier et petit port. Il fait surélever les murs qui entourent l'île qu'il remblaie à l'aide de terre de Savoie amenée par bateau. Il donne dans cette propriété des fêtes grandioses, où l'on tire de magnifiques feux d'artifice et où se pressent des hommes politiques français tels Alexandre Millerand ou Louis Barthou, des milliardaires américains comme Henry Clay Frick et de nombreux artistes.

En janvier 1904, il est élu à l'académie de Besançon. Après sa mort en 1907, sa ville natale inaugure en 1910 sa statue en bronze due au sculpteur Victor Segoffin. Elle est fondue par l'occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale, et remplacée sur la promenade Granvelle après la Libération par un buste en bronze dû au sculpteur Laethier.

Il est enterré à Paris au cimetière de Passy (15e division). Sa sépulture est ornée de son buste par Jean-Joseph Carriès.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Laennec à l'hôpital Necker ausculte un phtisique devant ses élèves (1816) (1889), peinture murale, escalier d'honneur de la Sorbonne.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives municipales de Besançon - 1E713, acte n°560 - http://memoirevive.besancon.fr/ark:/48565/a011290417937j9TQbu/1/189
  2. André de Fouquières, Mon Paris et ses Parisiens. Les quartiers de l'Étoile, Paris, Éditions Pierre Horay, 1953, p. 176
  3. André de Fouquières, op. cit., p. 176-177.
  4. Dite aussi la Roche aux mouettes
  5. Père du chansonnier suisse Jean Villard.

Sources[modifier | modifier le code]