Pierre Marie de Saint-Georges

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Alexandre Marie de Saint-Georges
Illustration.
Fonctions
Parlementaire français
Député, divers ministères
Gouvernement Deuxième République
Président de l' assemblée constituante
Prédécesseur Antoine Sénard
Successeur Armand Marrast
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 75 ans)

Pierre Alexandre Thomas Amable Marie de Saint-Georges dit Marie[1], né à Auxerre (Yonne) le et mort à Paris le , est un avocat et homme politique français, membre du gouvernement provisoire de 1848.

L'avocat et député oppositionnel[modifier | modifier le code]

Reçu avocat à Paris en 1819, il concourut pour une chaire à la Faculté de droit, s'occupa quelque temps de travaux philosophiques, puis se consacra entièrement au barreau. En peu de temps les procès politiques le rendirent célèbre. Défenseur des accusés de juin 1832, de Cabet et du dénommé Pépin de l’affaire Fieschi, il était considéré comme une des notabilités de l'opposition de gauche lorsqu'il fut nommé député de Paris en 1842. Parlant peu, il manifesta son opposition par ses votes plus que par ses discours, comme pour se dérober aux luttes parlementaires et garder toutes ses forces pour le palais.

Réélu en 1846, il prit part à la campagne des banquets et parut se rapprocher de la démocratie radicale en prononçant au banquet d'Orléans un toast à l'amélioration du sort des travailleurs.

Le ministre de la Deuxième République[modifier | modifier le code]

Le 24 février, il monta le premier à la tribune pour combattre la proposition de régence et proposa lui-même la nomination d'un gouvernement provisoire, motion qui fut reproduite par Lamartine et Ledru-Rollin, et acclamée. Placé sur la liste dressée à la Chambre, Marie s'installa avec ses collègues à l'Hôtel de ville et fut chargé en outre du ministère des Travaux publics. Il fit partie de la fraction la plus modérée du gouvernement. Ce fut lui qui organisa les ateliers nationaux, moins peut-être pour soulager la misère des ouvriers sans travail que pour faire échec au socialisme et à Louis Blanc, pour « élever autel contre autel », comme il l'a dit lui-même, enfin pour contrebalancer « les ouvriers sectaires du Luxembourg et les ouvriers séditieux des clubs », comme le dit Lamartine avec autant de franchise que de crudité.

Nommé représentant de la Seine à l'Assemblée nationale, Marie fut désigné par suffrages pour faire partie de la Commission exécutive. En tant que ministre du Travail, il reçut au Luxembourg, au début des terribles événements de Juin, une délégation des ouvriers, conduite par Pujol, mécontents de la décision du gouvernement d’envoyer une partie des ouvriers des Ateliers nationaux en Sologne y creuser le canal de la Sauldre. Marie exagéra la fermeté, s'emporta en paroles véhémentes et intransigeantes. Il menaça ses interlocuteurs que s’ils n’obéissaient pas au gouvernement, on saurait les y contraindre. Ces paroles contribuèrent à pousser les travailleurs au désespoir et à l'exaspération et à précipiter la guerre civile.

Il tomba avec la commission exécutive, mais fut appelé au ministère de la justice par Cavaignac. Ce fut lui qui présenta la loi contre la presse, du 11 août 1848, et qui obtint de l'Assemblée l'autorisation de poursuites contre Louis Blanc et Caussidière. Il fut pendant quelques semaines ministre de l’Instruction publique et des Cultes. Jusqu'à l'élection présidentielle des 10 et 11 décembre 1848, il s'associa à toutes les mesures de réaction et vota avec la droite. Après le 10 décembre, il rentra dans les rangs de la gauche modérée et combattit la politique du président Louis-Napoléon Bonaparte.

Non réélu à la Législative en mai 1849, il reprit sa place au barreau et ne rentra dans la vie politique qu'en 1863, époque où il fut nommé député de Marseille, par suite d'une coalition avec les meneurs légitimistes. De 1863 à 1869, il fit partie de la gauche au Corps législatif, mais ne prit que très rarement part aux discussions. Les électeurs de Marseille ne lui renouvelèrent pas son mandat au Corps législatif en 1869. D'une santé fortement ébranlée, mais entouré d'égards par la magistrature, Marie plaida pour ainsi dire jusqu'à son dernier jour. Honoré de tous ses confrères, il venait, lorsqu'il mourut, de recevoir d'eux, comme Berryer, un témoignage de sympathie par la célébration de ses cinquante ans de palais.

Famille[modifier | modifier le code]

Marie est le fils de Amable Thomas Marie de Saint-Georges († 1800), et de Annie Monnot, fille de Jean Germain (1699-), marchand commissionnaire en vins à Auxerre, Gouverneur du fait commun. Son père est chanoine de la cathédrale d'Auxerre à 24 ans à peine, mais la suppression du chapitre en 1790 et la mort de son frère aîné sur l'échafaud révolutionnaire le poussent à quitter les ordres. Il vécut obscur et sans fortune et accepta la modeste fonction d'archiviste de l'Yonne. Il était lui-même le fils de François Thomas, avocat au Parlement, procureur du roi, secrétaire perpétuel et l'un des fondateurs de la Société des Lettres et Sciences d'Auxerre.
La famille de Saint-Georges remonte à Crépin Marie, marchand, né vers 1500 à Chablis dans l'Yonne et arrière-grand-père de Jean Marie († 1656), conseiller du roi en l'élection d'Auxerre. Ce dernier donne deux branches principales : celle des Marie d'Avigneau, baron d'Avigneau, d'où est issue le député Alexandre-André-Thomas Marie-Davigneau (1755-1818), lieutenant-général du bailliage d'Avesnes puis député de l'Yonne (1791-1792)[2], et la future branche des Marie de Saint-Georges[3], initiée avec Thomas Marie seigneur de Saint-Georges (1657-1729), avocat du roi.
Il est cousin du sénateur comte Villetard et parent du baron Silvestre de Sacy, membre de l'Académie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est appelé :
    * Alexandre Marie sur le site des présidents de l'Assemblée nationale
    * Thomas, Alexandre, Marie de Saint-Georges dit Marie sur sa fiche de député où sa date de naissance est 1797
    * Alexandre-Pierre-Thomas-Amable Marie de Saint-Georges dit Marie dans le Dictionnaire des députés 1789-1889
  2. Sité de l'Assemblée
  3. Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne - 1913 (67)

Sources[modifier | modifier le code]