Hommage à Arago

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Le monument Arago place de l'Île-de-Sein. En arrière plan, le jardin de l'Observatoire, où est matérialisé le méridien de Paris.
L'un des 135 médaillons de bronze de l'« Hommage à Arago ».

L'Hommage à Arago est un monument et une œuvre d'art public qui se présente sous la forme d'une série de médaillons disséminés dans le sol parisien, le long du méridien de Paris, en hommage au scientifique et homme politique français François Arago, à l'occasion de la commémoration du bicentenaire de sa naissance.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le projet, réalisé en 1994, fut proposé par l'artiste néerlandais Jan Dibbets et prend la forme de 135 médaillons de bronze. L'idée de Jan Dibbets était de réaliser un monument qui évoque la personnalité commémorée (François Arago avait travaillé sur le système métrique, lié à la mesure du méridien de Paris) et reprenne un matériau traditionnel des statues, tout en n'étant délibérément pas monumental. 134 de ces médaillons sont donc placés sur le tracé du méridien de Paris, du Nord au Sud de Paris, et sont incrustés dans le sol, tandis qu'un dernier médaillon est scellé à la verticale sur le socle de l'ancienne statue de François Arago. Située place de l'Île-de-Sein, c'est-à-dire là où le méridien de Paris coupe le boulevard Arago, elle fut démontée et fondue par l'occupant allemand pendant la Seconde Guerre mondiale pour fabriquer des armes.

Chaque médaillon mesure 12 centimètres de diamètre et porte en son centre le nom « Arago » en lettres capitales. Deux encoches ainsi que les lettres « N » et « S », respectivement pour « Nord » et « Sud », permettent à chaque fois de déterminer la direction du méridien. Plusieurs médaillons ont été remplacés, avec un motif différent, lors de la commémoration de la méridienne verte en l'an 2000. Il est inscrit sur ceux-ci : « An 2000 la méridienne verte » et des points en relief pour matérialiser la méridienne de Paris.

Les médaillons furent placés à des endroits variés, parfois symboliques — comme sur le site et dans le bâtiment de l'Observatoire de Paris (qui définit l'emplacement du méridien et où Arago a trouvé la mort), dans le jardin du Luxembourg, ou même à l'intérieur du Louvre —, parfois ordinaires.

La ligne qu'ils matérialisent se situe quasiment au milieu de Paris et traverse six arrondissements (du Nord au Sud les 18e, 9e, 2e, 1er, 6e et 14e). Les médaillons s'étendent sur les 9 kilomètres qui séparent la porte de Montmartre au Nord de la Cité universitaire au Sud.

Le projet a été initié par l'association des amis d'Arago, puis concrétisé par une commande publique faite conjointement par le ministère de la Culture et de la Francophonie (délégation aux Arts plastiques) et la direction des Affaires culturelles de la mairie de Paris (département des arts plastiques)[1].

Les services de la voirie parisienne, lorsqu'ils sont amenés à déplacer les médaillons pour pouvoir réaliser des travaux, se sont engagés à les remettre ensuite à leur place[2]. Cela n'est néanmoins pas toujours le cas (par exemple après les travaux de la rue de Montpensier en 2006, le médaillon n'a pas été remis en place et a tout simplement disparu). D'autre part, certains ont été volés ou recouverts et ensevelis sous de la terre meuble (peu des 19 médaillons installés au parc Montsouris sont visibles aujourd'hui).

Le monument s'inscrit dans le mouvement du land art[2].

Il apparaît en 2003 dans le roman Da Vinci Code de Dan Brown, dans lequel le personnage principal Robert Langdon utilise les médaillons pour suivre le méridien de Paris, appelé Ligne rose dans ce livre[3]. Toutefois, sur le trajet suivi par Robert Langdon, il n'y a en réalité aucun médaillon (le méridien de Paris ne passe aucunement par la pyramide inversée du Louvre, mais à une centaine de mètres plus à l'est, à la pointe du petit diamant) : pour l'adaptation cinématographique du roman, des médaillons ont été spécialement ajoutés.

Photos des médaillons[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Hommage à Arago de Jan Dibbets », site de l'ambassade des Pays-Bas à Paris.
  2. a et b Guy Tortosa, « Art public et responsabilité publique », dans Françoise Coblence (dir.), Sylvie Couderc (dir.) et Boris Eizykman (dir.), L'esthétique de la rue : Colloque d'Amiens (organisé par le Centre de recherche de la Faculté des arts de l'Université de Picardie et le Musée de Picardie, à la Maison de la Culture, les 16 et 17 juin 1994), L'Harmattan, 1998, 235 p. (ISBN 2-7384-6547-1), p. 115-116.
  3. « Le circuit Da Vinci Code à Paris : Une ligne imaginaire », sur Linternaute.com, mai 2006. Consulté le 13 septembre 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]