Nord-Express

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Nord-Express était un train rapide qui reliait Paris à Saint-Pétersbourg et plus tard la Pologne et la Scandinavie. Sa période de gloire fut avant la Première Guerre mondiale, où il était considéré comme le train le plus luxueux de son époque.

Historique[modifier | modifier le code]

La fondation de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits par le Belge Georges Nagelmackers conduisit à la création de trains de luxe en Europe. Celui-ci voulait créer une ligne de luxe entre Lisbonne et Saint-Pétersbourg, dite Nord-Sud-Express, mais les difficultés de l'entreprise firent aboutir deux projets, celui du Sud-Express de Lisbonne à Paris, et du Nord-Express de Paris à la capitale impériale russe. Paris fut relié par la compagnie à Saint-Pétersbourg via Ostende, le 9 mai 1896. Ce train suivait la ligne Paris-Bruxelles-Cologne-Hanovre-Berlin-Königsberg-Dünaburg-Saint-Pétersbourg.

Le "Nord Express" en gare de Noyon - Début du XXe siècle

Les voyageurs devaient changer dans le sens Paris-Saint-Pétersbourg à Eydtkuhnen en Prusse-Orientale, car l'écartement des voies était plus large côté russe, et dans le sens Saint-Pétersbourg-Paris, à Wirballen dans le gouvernement de Kowno, villes-frontières de chaque côté de la Lipovka. Le train traversait neuf villes prussiennes et via Ostende pouvait rejoindre en ferry Londres. Au début ses wagons de couleur marron parcouraient cette ligne une fois par semaine, puis deux fois à l'automne 1897, et quotidiennement à partir de 1899. En général ce train comportait quatre wagons-lits, un wagon-restaurant, et un wagon pour les bagages. Le voyage durait cinquante-deux heures entre Paris et Saint-Pétersbourg. Dünaburg permettait, jusqu'en 1914, de faire la connexion avec le Transsibérien, jusqu'en Chine.

Après la révolution russe, le train a été détourné en destination finale à Varsovie et ensuite après la Seconde Guerre mondiale, le rideau de fer a mis un terme définitif à ce train de luxe. Les lignes ouest-est sont désormais uniquement desservies par des trains ordinaires.

Vladimir Nabokov a décrit sa traversée dans le Nord-Express dans ses Mémoires pour des vacances en 1906, ainsi que de nombreux autres auteurs russes ou allemands.

Après la Seconde Guerre mondiale, il comporta des voitures-lits directes Paris-Stockholm, (utilisées par François Mauriac pour aller chercher son Nobel) et Paris-Oslo. À partir de 1960, des voitures-lits directes soviétiques assurèrent la première liaison directes Paris-Moscou, avec changement de bogies à la frontière russo-polonaise de Brest-Litovsk. Le succès de ce train aboutit à la création d'un train distinct (sauf en période creuse) du Nord-Express, l'Est-Ouest-Express. Le Nord-Express, lent, composé d'un matériel vieillissant, malmené par la concurrence aérienne, continua benoîtement son service.

Pour l'anecdote, c'est à lui qu'était accroché le wagon royal de la reine Margaret de Danemark, phobique de l'avion, lorsqu'elle se rendait en France. Lors de sa disparition en 1986, le train était limité au parcours Paris-Hambourg-Copenhague[1]. Il fut remplacé, à partir de 1986, mais uniquement en saison d'été, par un nouveau rapide, le Viking-Express, prolongé vers Stockholm, tandis que, l'hiver, une unique voitures-lits assurait la ligne Paris-Copenhague, accrochée à l'EC Molière de Paris à Cologne. À partir de 1993, ces services disparurent, ne rencontrant pas le succès escompté.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le trajet direct Paris-Moscou est assuré par le Moscou express. Pour la Scandinavie, le nouveau CNL, train de nuit Paris-Hambourg en correspondance "quai-à-quai" avec l'ICE Hambourg-Copenhague, permet un voyage rapide et confortable dans la nuit.

Liens connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rail passion n°143, Paris-Nord, une gare francilienne de rang international, septembre 2009, p. 54