Comté de Chiny

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Grafschaft Hennegau 1250.PNG

Le comté de Chiny est une principauté féodale de la Woëvre. Son territoire se situe dans les actuels département de la Meuse, des Ardennes (France) et province de Luxembourg (Belgique). Il trouve son origine dans le comté d'Ivois.

Étendue[modifier | modifier le code]

Le comté d'Ivois correspondait primitivement aux deux doyennés d'Ivois et de Juvigny (diocèse de Trèves). Il s'étendait de la Meuse à la Semois et s'avançait dans l'Ardenne au nord de ce dernier cours d'eau, jusqu'au delà de Longlier et de Neufchâteau[1].

Le comté de Chiny s'étendait approximativement sur l'extrême sud-ouest de l'actuelle province de Luxembourg en Belgique, et le nord-ouest du département de la Meuse en France. Il était traversé par la Semois et la Chiers.

Il finit par englober aussi la plus grande partie des cantons de Virton, Étalle, Florenville, Neufchâteau (province de Luxembourg, Belgique), Montmédy qui devint la capitale, Damvillers (Meuse, France), Yvois, devenu Carignan (Ardennes, France), et avait conservé sur la Meuse Warcq et Givet.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le comté d'Yvois est mentionné en 923 et en 955 ; il fera place au XIe siècle au comté de Chiny[2].

En 882, il est probable qu'un certain Bérenger était comte d'Ivois. Son fils Hildebert lui aurait succédé[3].

Au Xe siècle, un comte Rodolphe (mort avant 946) gouverne le comté d'Ivois. Il était probablement issu de la famille des Régnier. Son épouse Leva devait être parente de Wigéric de Bidgau. Son fils également appelé Rodolphe (également comte du Verdunois, mort avant 962) lui succède. Ce dernier n'a d'autre héritier qu'un fils, Rodolphe, qui entre dans les ordres et devient abbé de Montfaucon[4].

Le comté d'Ivois fut alors probablement envahi par le comte Étienne du Porcien, qui évinça le comte Rodolphe peu après 946. Frappé de paralysie, Étienne donna vers 956 à l'abbaye de Saint-Hubert la moitié de Chauvency, situé dans le comté d'Ivois[5].

Après lui apparaît en Ivois le comte Otton, qui est assurément encore un seigneur français, obéissant à la tendance qui poussait les vassaux de cette région à franchir la Meuse et à s'agrandit aux dépens de la Lotharingie[6].

Il avait édifié en 971 la forteresse de Warcq (dans le pagus Castricius). La Chronique de Mouzon, qui rapporte ces événements, ajoute qu'Otton était du sang des empereurs ; le fait s'expliquerait s'il était fils d'Albert de Vermandois et de Gerberge, fille de Gislebert de Lotharingie et petite-fille de Henri l'Oiseleur[7].

Il est probable qu'Otton ait réussi à se mettre en possession du comté d'Yvois, puisque ses successeurs l'occupèrent en même temps que Warcq. Après avoir édifié Chiny, il en prit le nom, devenant alors le premier comte de Chiny.

Article détaillé : Liste des comtes de Chiny.

En 1285, le comte de Chiny, installé dans sa nouvelle capitale à Montmédy, organisa des festivités avec joutes et tournoi, qui eurent lieu en contrebas de la ville haute, dans la plaine, aux portes du petit village de Chauvency-le-Château. Plus de 500 chevaliers répondirent à son invitation. Jacques Bretel raconte ces journées de fête dans son célèbre poème : Le Tournoi de Chauvency[8].

Au XIVe siècle, les comtes de Chiny furent contraints de prêter hommage aux comtes de Bar, tandis que les ducs de Luxembourg convoitaient également leurs territoires.

Sans postérité, le dernier comte de la lignée d'Othon vendit le comté à Wenceslas, duc de Luxembourg, en 1364. Le comté devint alors l'un des « quartiers romans » du duché de Luxembourg, et connut encore plusieurs changements de souveraineté dans cette région-frontière.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Arlette Laret-Kayser, Entre Bar et Luxembourg : Le comté de Chiny des origines à 1300 ; Bruxelles (éditions du Crédit Communal, Collection Histoire, série in-8°, n° 72), 1986; 273 pages; ISBN 2-87193-007-4; cet ouvrage - en fait une thèse de doctorat - a obtenu le Prix d'Histoire 1983.
  • Le Comté de Chiny

Références[modifier | modifier le code]

  1. Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Âge, vol. II, Bruxelles, H. Lamertin,‎ 1902 (réimpr. 1981), 88 p. (lire en ligne), p. 338
  2. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 338.
  3. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 339-340.
  4. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 342-343.
  5. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 343.
  6. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 344.
  7. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 344 et Foundation for Medieval Genealogy.
  8. Jean Bertholet, Histoire du duché de Luxembourg et comté de Chiny, en 8 volumes, 1741-1747.

Voir aussi[modifier | modifier le code]