Principauté de Stavelot-Malmedy

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50° 23′ N 5° 56′ E / 50.383, 5.933 ()

Locator Imperial Abbey of Stavelot-Malmedy (1350).svg
Carte historique

La principauté de Stavelot-Malmedy (en allemand Stablo-Malmedy) fut sous l'ancien régime une principauté faisant partie du Saint-Empire romain germanique. Elle était dirigée par le prince-abbé de l'abbaye de Stavelot, détenteur à la fois des pouvoirs politiques et religieux sur son territoire à partir de l'an 651. La principauté s'étendait sur environ six cents kilomètres carrés et était avec le Duché de Bouillon (plus petit : un peu plus de deux cents kilomètres carrés) et la principauté de Liège l'une des trois principautés indépendantes n'ayant jamais fait partie des Pays-Bas méridionaux[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dès le VIIe siècle, les donations royales avaient doté Stavelot d'un domaine que les immunités mérovingiennes et carolingiennes soustrayaient à l'action directe des fonctionnaires. Ce domaine, d'après le diplôme de Childéric II, de 670, s'étendait de la Baraque Michel à la Warche, à la Salm, à l'Amblève et au Roannay[2].

Les catalogues des abbés de Stavelot citent dans les dernières années du IXe siècle, en 891 et en 895, un comte-abbé Liutfrid ; il avait possédé un bénéfice royal à Bihain[3].

Après lui, Régnier Ier fut doté de l'abbaye jusqu'à sa mort en 915 ; il y eut pour successeur Évrard, dans lequel il faut voir probablement le personnage auquel Henri Ier confia, en 925, la pacification de la Lotharingie[3].

Gislebert reprit ensuite la succession de son père et conserva l'abbaye jusque vers 939. Le duc Conrad le Roux obtint ce même bénéfice, mais on sait qu'il fut disgracié en 953[4].

Les comtes-abbés de cette première période n'étaient pas nécessairement les chefs immédiats du territoire ; mais lorsqu'ils disparurent, c'est-à-dire au milieu du Xe siècle, ce furent en règle générale les comtes qui exercèrent l'avouerie sur les établissements ecclésiastiques de leur circonscription. Les premiers avoués de cette espèce à Stavelot sont des membres de la famille dite de Luxembourg (descendants de Sigefroid de Luxembourg)[5].

Le petit État ne faisait pas partie des Dix-Sept Provinces, pas plus que la principauté de Liège voisine, la transmission du pouvoir étant soumise aux spécificités de leur statut religieux. Il disparut en 1795 en même temps que les autres États de la région, intégré qu'il fut au département de l'Ourthe. Après la chute de l'Empire français, son territoire fut partagé entre la province de Liège du Royaume des Pays-Bas (Stavelot et l'ouest du territoire) et la Prusse (Malmedy et l'est). La rivière de l'Eau Rouge séparait les deux États dans la région. La partie orientale revint à la Belgique en 1919 suite aux termes du traité de Versailles, et fut également intégrée à la province de Liège (voir : Cantons de l'Est).

Territoire[modifier | modifier le code]

Établie sur la plus grande partie de la vallée de l'Amblève et dans une moindre mesure sur l'Ourthe, la principauté était limitée au nord par la principauté de Liège, à l'est par d'autres principautés du Saint-Empire, au sud et à l'ouest par les Dix-Sept Provinces et leurs avatars. Comme dans tous les États de la région, les enclaves étaient nombreuses. Sclessin et Ougrée par exemple, dans l'actuelle banlieue de Liège, firent partie de la principauté jusqu'en 1768. Formée d'une quarantaine de localités, la principauté comprenait un bloc étiré d'est en ouest, de Hamoir à Waimes, et les trois enclaves de Ocquier-Bende, Hody et Louveigné-Fraipont. Le territoire était divisé en trois districts, d'origine fiscale les postelleries de Stavelot et de Malmedy et le comté de Logne.

Institutions[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Stavelot

Le prince-abbé gouvernait en souverain absolu ; il pouvait en certaines matières consulter une sorte d'organe représentant ses sujets : l'assemblée générale, ou États, composée de religieux, de dignitaires héréditaires ou d'officiers du prince, maires et échevins, dont le rôle principal était de voter l'impôt. Des États provinciaux existaient dans chacun des trois districts. Sur le plan judiciaire se retrouvait cette division tripartite du pays. Un Conseil de la principauté tranchait les cas contestés. Enfin, en dernier ressort, et comme à Liège d'ailleurs, il pouvait être fait appel à la Chambre impériale (Reichskammergericht), tribunal suprême de l'Empire créé par Maximilien d'Autriche sur le modèle des parlements de Paris et de Malines et qui eut son siège successivement à Francfort (1495-1527), Spire (1527-1693) et Wetzlar (1693-1806)[1].

Structure politique[modifier | modifier le code]

La principauté était divisée en trois territoires :

Structure religieuse[modifier | modifier le code]

Stavelot relevait du diocèse de Liège. Malmedy relevait du diocèse de Cologne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b André Uyttebrouck, Une Confédération et trois principautés, In La Wallonie, le Pays et les Hommes, Bruxelles, La Renaissance du livre, 1975, pp.215-244, p.235
  2. Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Âge, vol. II, Bruxelles, H. Lamertin,‎ 1902 (réimpr. 1981), 88 p. (lire en ligne), p. 230
  3. a et b Léon Vanderkindere, op. cit., p. 230.
  4. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 230-231.
  5. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 231.
  6. http://books.google.be/page 56