Collège Saint-Michel (Bruxelles)

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50° 50′ 04″ N 4° 24′ 31″ E / 50.83437, 4.40858 ()

L'église du collège Saint-Michel
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Le Collège Saint-Michel est un établissement scolaire catholique, situé à Etterbeek (Bruxelles). Il fut construit en 1905 pour remplacer l'ancien collège du centre ville devenu trop exigu. Le pouvoir organisateur du collège est jésuite, même si la plupart des professeurs sont aujourd'hui laïcs.

Trois collèges successifs[modifier | modifier le code]

Le Collège Saint-Michel est, chronologiquement, le troisième collège jésuite de Bruxelles.

Premier collège (1604-1773)[modifier | modifier le code]

L'église des jésuites vers 1664

Les jésuites sont installés à Bruxelles depuis 1586. À la demande des archiducs Albert et Isabelle, ils acceptent d’y ouvrir un collège. Inauguré le 14 juillet 1604 ce collège occupe un vaste quadrilatère formé par la rue de la paille, rue de Ruysbroeck et la rue d’or. L’église est achevée en 1621. Des gravures d’époque nous montrent un bel ensemble de bâtiments flanqués de son église baroque. La population scolaire restera assez constante de sa fondation à sa suppression: entre 500 et 600 élèves. Comme de coutume le collège est base d’autres activités apostoliques à Bruxelles et dans les environs: prédications dans les églises de la ville, retraites et exercices spirituels, service des prisons et hôpitaux.

La Compagnie de Jésus est supprimée le 21 juillet 1773. Le 2 septembre l’Ordre est aboli en Belgique, le collège est fermé le 23 septembre et les 35 jésuites expulsés. En 1777 il rouvre sous le nom de Collegium theresianum, mais cela ne dure pas. Les temps sont troubles et les bâtiments sont utilisés comme caserne et hôpital militaire (entre autres, en 1815, pour les blessés de Waterloo) durant la domination française. En 1816 c’est la cour de justice qui s’y installe. Entre-temps l’église avait été démolie (1811). Lorsque Bruxelles obtient son premier palais de justice (remplacé à la fin du siècle par le palais actuel), tous les bâtiments sont rasés. Il ne reste plus rien de ce premier collège (à l'actuelle place de la Justice), sauf les livres de sa bibliothèque qui sont passés à la Bibliothèque royale de Belgique.

Deuxième collège (1835)[modifier | modifier le code]

La façade du Collège rue des Ursulines.

Les jésuites reviennent à Bruxelles en 1833. En 1835 un collège est rouvert dans une ancienne demeure seigneuriale du XVe siècle, l’hôtel de Hornes, à la rue des Ursulines: 60 élèves. L’acquisition au fil des années de maisons voisines permet l’agrandissement du collège et son développement : cours complet d’humanité en 1841 ; section scientifique et préparation à l’école militaire en 1860. Un internat est construit et fonctionnera de 1841 à 1884. L’église dédiée à saint Michel est construite de 1850 à 1852 et consacrée par l’archevêque de Malines, le cardinal Engelbert Sterckx en 1852. La Société des Bollandistes, reconstituée en 1837, s’installe au collège et reprend ses travaux hagiographiques.

En 1900, avec ses 800 élèves, le collège est à l’étroit. La Société des Bollandistes, dont la bibliothèque est en pleine expansion, également. De plus le projet d’une jonction entre les deux gares de Bruxelles (Nord et Midi) entraîne l’expropriation d’une partie des bâtiments. Il est décidé de construire un nouveau Collège Saint-Michel hors de la ville. Ce sera sur le boulevard militaire à Etterbeek en cours d'urbanisation. Le projet est approuvé en 1901 par le Père Luis Martin, supérieur général de la Compagnie de Jésus.

La cour intérieure du collège, rue des Ursulines.

Il était initialement prévu que le transfert serait complet et le vieux collège fermé, mais en 1908 il fut annoncé aux parents des élèves que la décision avait été changée. Le vieux palais de Hornes fut démoli et de nouveaux bâtiments furent érigés de 1908 à 1913. En 1921, le « vieux » collège Saint-Michel (de la rue des Ursulines) prend le nom de Collège Saint-Jean-Berchmans et devient officiellement, en 1938, le Sint Jan Berchmanscollege: il est entièrement néerlandophone à partir de 1953.

Troisième collège (1905)[modifier | modifier le code]

Le nouveau Collège vers 1905 sans l'église.

Le projet du nouveau collège est mené tambour battant: 6 hectares sont achetés en juin 1902 le long du boulevard militaire, à Etterbeek. Les plans sont dessinés par les architectes Alphonse Gellée et Joseph Prémont. Les terrassements sont faits et la première pierre posée en août de la même année. Trois ans plus tard (21 septembre 1905), le premier recteur du nouveau collège s’installe dans les bâtiments et le 12 octobre le Collegium novum, comme il était appelé, ouvre ses portes: 497 élèves et 100 pensionnaires investissent les lieux. Le chantier s’achève avec la construction (1908 à 1912) de l’église de style néoroman (dédiée à Saint Jean Berchmans). En 1908, le boulevard militaire devient Boulevard Saint-Michel.

Le collège avec l'église sur le boulevard (1912).

Les nouveaux bâtiments n'abritent pas que le collège. Toute la partie nord fut conçue pour y recevoir la Société des Bollandistes. La bibliothèque, en particulier, était particulièrement moderne et aménagée suivant les dernières connaissances scientifiques en la matière.

Plusieurs films ont utilisé ses murs pour décor, comme Survivre avec les loups, Incognito en 2009 ou encore Oscar et la dame rose.

En 2014, six adolescents ont été exclus définitivement du collège pour avoir participé à un gang-bang lors d'une retraite spirituelle organisée par l'école. Les élèves ont déposé un recours auprès du pouvoir organisateur de l’école et envisagent une action en justice[1]. Le fils du ministre de l'intérieur a participé à cette soirée[2] et ce ministre est soupçonné d'avoir tenté d'influencer la justice pour protéger son fils[3].

Cent ans du dernier collège Saint-Michel[modifier | modifier le code]

  • Construction de « La Diglette Saint-Michel » (à Saint-Hubert) en 1930. En 1932, 1350 élèves (dont 167 internes). Le théâtre scolaire est très actif. Le magazine de spiritualité pour jeunes Foyer Notre-Dame du père Edmond Lelotte a du succès : 7 500 abonnés en 1939.
  • 1940-1945 : Seconde Guerre mondiale. Les Allemands occupent le collège. Plusieurs professeurs laïcs (résistants) sont condamnés à mort et transférés en Allemagne. Quelques bombes font des dégâts au collège. La guerre se termine avec la présence des Anglais au collège.
  • En 1950 : 1 366 élèves. De nouvelles revues paraissent : la Vie à Saint-Michel, feuille des anciens (AESM), en 1953. La revue pédagogique Famille, Collèges et instituts a 27 000 abonnés en 1959, D’autres activités culturelles telles que les Soirées de l’amitié (à partir de 1952), les Ciné-forum pour adultes (1954), la Bibliothèque des anciens (1954), l’Exposition missionnaire (en 1958), élargissent l’audience du collège. La grande salle de fête récemment rénovée est fort fréquentée.
  • L’internat est supprimé en 1961. Le corps professoral devient mixte en 1968; parmi les élèves la mixité s’introduira progressivement à partir de 1981. Avec la création de l’Association des Amis du collège Saint-Michel en 1964 (AMICOLMI) un tournant est pris. Le quadrilatère formé par le boulevard Saint-Michel avec les rues du Collège St-Michel, Devroye et Liétart devient un site Saint-Michel sur lequel se multiplient diverses activités et centres.
Vue panoramique des bâtiments vers 1912.

Le site Saint-Michel[modifier | modifier le code]

au 24 Boulevard Saint-Michel :

  • Le Centre scolaire Saint-Michel, qui a formé avec le Sacré-Cœur de Lindhout (en 1981) un ‘Centre d’Enseignement Secondaire’ [CES], reste, et de loin, l’activité principale du site Saint-Michel : 2260 élèves (en 2008) Ce qui veut dire : 570 en école primaire, 1600 en humanités générales, 60 en humanités professionnelles, 30 au cours scientifique supérieur. Peut-être est-il numériquement le plus grand institut d’enseignement secondaire à Bruxelles. 250 membres du personnel, académique et administratif. Le parascolaire y occupe une place importante: sports et scoutisme, équipes de vie chrétienne, chorale Pueri cantores, cercles (photo, philatélie, judo, politique, etc), camps de vacances, volontariat de toute sorte (Saint-Vincent de Paul).

Sur le même site mais en des bâtiments séparés avec adresse propre:

  • (12 rue Père Eudore Devroye): le Centre sportif de l’Amicolmi (depuis 1970)
  • (14 rue Père Eudore Devroye): le Centre belge pour les infirmes moteurs cérébraux [CBIMC] du Docteur Yasse (depuis 1978) [2]
  • (31 rue Liétart): La Maison La Colombière, avec le centre médicalisé et les divers services des jésuites de Belgique méridionale (depuis 1994).
  • (2 rue Père Eudore Devroye): le Théâtre Saint-Michel occupe la grande salle art déco depuis 1932 [3]

Personnalités[modifier | modifier le code]

de l'ancien collège Saint-Michel

du nouveau collège Saint-Michel

Accessibilité[modifier | modifier le code]

Métro de Bruxelles
Ce site est desservi par la station de métro : Montgomery.
Métro de Bruxelles
Ce site est desservi par la station de prémétro : Boileau.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stenuit, Bernard (ed) : Les Collèges jésuites de Bruxelles; Histoire et pédagogie, Bruxelles, 2005.
  • Thierry Demey, Histoire des écoles bruxelloises, Coll. Bruxelles, ville d’art et d’histoire n° 39, Bruxelles, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, Service des monuments et sites, 2003, 48 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]