Leonardus Lessius

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Le père Leonardus Lessius, jésuite

Leonardus Lessius (nom latinisé de Lenaert Leys), né le 1er octobre 1554 à Brecht, Anvers (Belgique) et décédé le 15 janvier 1623 à Louvain, était un jésuite brabançon, théologien et l'un des premiers à s’intéresser à une approche morale des questions économiques et à l’éthique des pratiques bancaires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Très bon étudiant, mais d’origine rurale modeste, Lessius reçut une bourse qui lui permit d’étudier au collège d’Arras, à Douai et à Louvain où il termina brillamment le cours de philosophie en 1572. La même année il entra dans la Compagnie de Jésus. À la fin des premières années de formation religieuse il enseigna la philosophie au collège d'Anchin à Douai (où il eut comme étudiant Saint Robert Southwell) et après son ordination sacerdotale (1582) fut envoyé à Rome pour des études plus poussées en théologie sous la direction des meilleurs maîtres de l’époque, Francisco Suarez et Robert Bellarmin. De retour en son pays, il fut nommé professeur de théologie à l’Université de Louvain.

Professeur de théologie[modifier | modifier le code]

Durant ses premières années d’enseignement il innova en basant son enseignement sur la Summa theologica de St Thomas d’Aquin, enseignant un cours complet de théologie au lieu de se limiter à en présenter des Questions spéciales. Par ailleurs il perdit temps et énergie à se quereller avec Baius sur la question de la Grâce et Inspiration dans l’Ecriture Sainte (1587-88). En 1588 il écrit à Bellarmin lui faisant part de son anxiété : « Je ne pense pas que les catholiques aient autant de zèle à s'opposer aux hérétiques, que n'ont les théologiens de Louvain et Douai [baïnistes] à nous attaquer ...»[1]

Morale de l’Économie et Éthique bancaire[modifier | modifier le code]

Lessius est surtout connu pour son traité De justitia et iure (De la justice et de la loi) de 1605 qui fut réimprimé une vingtaine de fois durant le seul XVIIe siècle. C’était la première fois qu’un théologien étudiait sérieusement les problèmes moraux soulevés par l’économie et la finance. Lessius se rendit à Anvers, alors une ville en pleine expansion économique, pour y étudier sur place comment les banques et le commerce moderne fonctionnaient. La compétence qu’il acquit dans ce domaine - une chose rare parmi les clercs de l’époque - donna un poids considérable aux solutions qu’il proposait aux problèmes soulevés. Aujourd’hui encore les historiens de la vie économique admirent la subtilité de ses analyses des questions liées au prêt à intérêt. Entre autres choses il donna des indications pour calculer à quoi correspond exactement un prix juste, abandonnant en ce domaine ce qui était proposé par son maître à penser, St Thomas d’Aquin..

Théologien ascétique[modifier | modifier le code]

À partir de 1610, et sa santé déclinant, Lessius se tourna vers la théologie ascétique et écrivit plusieurs livres qui firent autorité et eurent également du succès. En 1615 le pape Paul V le remercia personnellement pour les services rendus à l’Église.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • De iustitia et iure, Louvain, 1605.
  • De Bono statu eorum qui vovent..., Cologne, 1615.
  • De perfectionibus moribusque divinis, Anvers, 1620.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) B.T. Gordon, Economic Analysis Before Adam Smith: Hesiod to Lessius, Macmillan, 1975.
  • Charles Van Sull: Léonard Lessius, Louvain, 1930.
  • (en) Gerard Smith, Jesuit Thinkers of the Renaissance, Milwaukee, 1939, pp.133-155.
  • T. Van Houdt, et W. Decock, Leonardus Lessius: traditie en vernieuwing, Anvers, 2005.
  • (en) Bernard Dempsey, Interest and usury, Dobson, 1943, rééd. 1948.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. James Brodrick, Robert Bellarmine, Saint and Scholar, Westminster (Maryland), The Newman Press, 1961, p.190

Liens externes[modifier | modifier le code]