Jacques Franquart

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Portrait en gravure de J. Franquart (1648)

Jacques Franquart (dont le nom latinisé est Iacobus Franquart), né à Bruxelles ou Anvers en 1583 et décédé le 6 janvier 1651, était un architecte et artiste brabançon (Pays-Bas méridionaux). Il a pratiqué l’art de la gravure aussi bien que le dessin et l’architecture. Ayant passé durant sa jeunesse six ou sept ans en Italie il est entré en contact avec l’art antique italien comme celui de la Renaissance. Il a étudié également quelque temps dans l’atelier de Pierre-Paul Rubens. Mort le 6 janvier 1651, il est enterré à Bruxelles.

Un maître des Beaux-arts[modifier | modifier le code]

Architecte[modifier | modifier le code]

Franquart écrit un premier traité d’architecture ‘Premier livre d’architecture contenant diverses inventions de portes’ qui est très bien reçu dans les Pays-Bas belgiques. Il y décrit et discute essentiellement ses projets de portes avec leurs garnitures. Le traité est publié en 1617 par H. Antonius. Ce traité a une grande influence dans le monde de l’architecture des Pays-Bas belgiques. Non seulement le livre donne une position en vue à son auteur dans son pays, les Pays-Bas belgiques, mais il le fait connaître à l’étranger.

Auparavant Franquart avait été l’architecte du monastère des Augustins au centre de la ville de Bruxelles (1615) comme de l’église Saint-Michel du premier collège des jésuites situé à la rue de Ruysbroeck dans la même ville. Commencée en 1616 l’église est ouverte au culte en 1621. Cette dernière création de Franquart révèle «une intégration progressive des formes italiennes aux partis gothiques brabançons traditionnels »[1]

En 1629, Pierre Huyssens entreprend la reconstruction du béguinage de Malines. Franquart en réalise l’église, qui sera terminée par Luc Fayd'herbe en 1647.

Franquart s’engage également dans l’architecture militaire. Il porte le titre officiel de ‘Ingénieur à Bruxelles au service de sa majesté le roi d’Espagne’. On ignore quelles sont ses réalisations, mais il est possible qu’il ait participé aux travaux des nouvelles fortifications de la ville (1627-1631) y achevant le travail commencé par Frédéric Kierut.

En 1642, Franquart obtient le contrat pour l’expansion du chœur de l’église de Notre Dame-au-delà-la-Dyle, à Malines. Il ajoute trois chapelles au chœur de cette église de style gothique déjà ancienne, car elle date du XIVe siècle. Il ne verra pas la fin de ce projet cependant.

Peintre[modifier | modifier le code]

Durant la période d’apprentissage auprès de Rubens il collabore à la composition de la ‘descente de croix’, un tableau qui se trouve au-dessus de l’autel de l’abbatiale d’Afflighem.

Par son beau-frère, Wenceslas Cobergher Franquart a ses entrées à la cour des archiducs Albert et Isabelle. En 1611, comme premier contrat il doit composer une œuvre pour le couvent des carmélites de Bruxelles. Du tableau même, il n’y a plus trace.

En 1613, il obtient la position officielle de ‘peintre de la cour’ des archiducs, à Bruxelles. Franquart collabore avec Pierre-Paul Rubens, Wenceslas Cobergher, Salomon de Claus et Jérôme du Quesnoy à la décoration du palais ducal de Bruxelles. Il s’occupe essentiellement des oratoires du château, restaurant l’ancien et créant le nouveau (1612 à 1614).

On lui connaît les élèves suivants: -sa propre nièce Anne Francisca de Bruyns (1604-1656). À la demande de l'archiduchesse Isabelle elle a peint une série des quinze mystères du rosaire. Son style est très proche de celui de son oncle, ce qui fait que ses œuvres lui ont parfois attribuées; -Théodore de Sany (né à Valenciennes le 20/01/1599-paroisse St Gery - décédé à Hal le 09/11/1658), fils de Jean et de Marie Pretz. Il fut carillonneur de la ville de Bruxelles et peintre. Il fut admis au métier des peintres le 14/04/1620. (Ref.: AGR Belgique -Métiers et Serments de Brabant n° 18- Noms des maîtres et apprentis admis au métier de 1599 à 1706, page 91). Théodore peignit plusieurs tableaux, dont un pour l’ hospice Saint Laurent de Bruxelles pour lequel il perçut 40 florins du Rhin en 1627-1628 (Musée du CPAS de Bruxelles-Archives des anciens établissements de secours bruxellois – Hospice de St Laurent- ref. n° H.1541 – Compte de 1627-1628. « Item, aen Theodorus SANI, schilder, voer de schilderye staende op de voers(creven) autaer van Sinte Rochus, XL rsg. ».), et un autre représentant une descente de croix pour l’ Hospice du Calvaire, dont il fut payé 12 florins du Rhin le 28/07/1648 (Musée du CPAS de Bruxelles-Archives des anciens établissements de secours bruxellois – Hospice du Calvaire- ref. n° H973- Compte de 1647-1649. « Item, den 28 julii 1648, betaelt aen Theodorus de Sany de somme van twelff rinsguldens eens, voor geschildert te hebben een schilderye van de cruysinghe Christi presenterende den berch van Calvarien, diewelcke ghestelt is in den muer voor ter straeten van het voorschreven goidtshuys »).Ces deux toiles ont aujourd’hui disparu. Une troisième oeuvre, encore conservée de nos jours au Musée de la Maison du Roi à la Grand’ Place, est communément appelée « Glorification du Carillon et du Sénat de Bruxelles »

Graveur[modifier | modifier le code]

Franquart est également un graveur de talent. Pour les funérailles solennelles de son commanditaire Albert d’Autriche à Bruxelles, il conçoit le char de la procession. Le cortège funèbre est décrit sur un ensemble de 64 panneaux descriptifs, publié en un album avec textes de l'auteur belge et historien Erycius Puteanus (1574-1646). Cette gravure a près d’un mètre de long.

Écrit[modifier | modifier le code]

  • Premier livre d'architecture contenant diverses inventions de portes, Brussel, H. Antoinne, 1617.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. De Vos: Jacques Francart Premier livre d'Architecture (1617) : studie van een Zuid-Nederlands modelboek met poortgebouwen, Brussel, Koninklijke academie voor wetenschappen, letteren en schone kunsten van België,1998.
  • Antony Blunt: Rubens and Architecture, dans The Burlington Magazine, Vol 119, Nr 894 Special Issue Devoted to Peter Paul Rubens, 1977, p 609-621.
  • H.J. Louw: Anglo-Netherlandish Architectural Interchange c. 1600-c. 1660, dans Architectural History, vol 24, 1981, p 1-144.
  • Abbé Thibaut de Maisières, L'architecture religieuse à l'époque de Rubens, Bruxelles, 1943, pp. 25 à 28.
  • X. Van Eck: Between Restraint and Excess: The Decoration of the Church of the Great Beguinage at Mechelen in the Seventeenth Century, dans Simiolus: Netherlands Quarterly for the History of Art, vol 28, Nr 3, 2000, p 129-162.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Appréciation de P. Philippot (et al.) dans ’L’architecture religieuse et la sculpture baroque dans les Pays-Bas méridionaux et la principauté de Liège (1600-1770)’, Liège, Mardaga, 2003, p.57

Voir aussi[modifier | modifier le code]