Classe Aoba

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Classe Aoba
Image illustrative de l'article Classe Aoba
Schéma classe Aoba
Caractéristiques techniques
Type croiseur lourd
Longueur 185,87 m
Maître-bau 18,83 m
Tirant d'eau 5,7 m
Déplacement 7 100 tonnes (8 900 tonnes à pleine charge)
Propulsion 4 turbines à engrenages
12 chaudières mixtes
Puissance 102 000 cv
Vitesse 34,5 nœuds maxi
Caractéristiques militaires
Blindage ceinture = 75 mm
pont = 35 mm
magasin = 35-75 mm
tourelle = 25 mm
barbette = 57 mm
Armement initial :
(3X2) x 203 mm
(4X1) x 120 mm (DCA)
(2X2) mitrailleuses x 13,2 mm (DCA)
(6x2)tubes lance-torpilles de 610 mm
final :
(3X2) x 203 mm
(4X1) x 120 mm (DCA)
42 x 25 mm (DCA)
(2X2) mitrailleuses x 13,2 mm (DCA)
(2X4) tubes lance-torpilles de (610 mm)
Aéronefs 1 puis 2 hydravions, 1 catapulte, 1 grue
Rayon d’action 7 000 miles à 14 nœuds
puis 8 223 miles à 14 nœuds
(400 tonnes de charbon et 1 400 à 1 800 tonnes de mazout)
Autres caractéristiques
Équipage 643-657 hommes
Histoire
Constructeurs Chantiers navals de Nagasaki et Kōbe Drapeau du Japon Japon
A servi dans Naval Ensign of Japan.svg
Commanditaire Marine impériale japonaise
Période de
construction
1924-1927
Période de service 1927-1945
Navires construits 2
Navires prévus 2
Navires perdus 2
Précédent classe Furutaka Classe Myōkō Suivant

La classe Aoba a été la seconde classe de croiseurs lourds de la Marine impériale japonaise censée respecter les stipulations du traité de Washington de 1922, et construite conjointement aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki et Kawasaki de Kōbe de 1924 à 1927.
La première unité a porté le nom du Mont Aoba, volcan proche de Maizuru, Kyōto, et la seconde, celui du Mont Kinugasa proche de Yokosuka.

Ces deux croiseurs, très proches de ceux de la classe précédente, la classe Furutaka, servirent durant la guerre du Pacifique, principalement dans le secteur des îles Salomon: ils ont participé notamment à la bataille de la Mer de Corail, à la bataille de l'île de Savo, à la bataille du Cap Espérance. L'un d'entre eux a été coulé au large de Guadalcanal, le 14 novembre 1942. L'Aoba qui a supporté plusieurs bombardements aériens et torpillage, jusqu'après la bataille du golfe de Leyte, a fini coulé à Kure par l'aviation embarquée américaine, dans les derniers jours de juillet 1945.

Conception et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les croiseurs Aoba et Kinugasa avaient été planifiés comme troisième et quatrième unités de la classe Furutaka. Ils ont donc eu des caractéristiques inspirées du croiseur expérimental Yubari, conçu sous la direction du capitaine de vaisseau (plus tard vice amiral) Hiraga (en). Mais certaines solutions retenues pour la première classe de croiseurs lourds japonais ne donnèrent pas pleinement satisfaction, notamment pour la disposition de l'artillerie principale en six pseudo-tourelles simples, pour les installations d'aviation avec une plate-forme orientable, et pour le calibre de 76,2 mm pour l'artillerie secondaire. Sur ces points, la classe Furutaka fut d'ailleurs modifiée, lors des refontes qui ont eu lieu en 1930-1931 et 1936-1939[1],[2].

Le Kinugasa lors de son armement en 1927

Aussi dès la construction de la nouvelle classe, l'artillerie principale y fut installée en trois tourelles doubles, deux superposées à l'avant, une à l'arrière, pour les canons de 200 mm 1 GÔ (Mark I) (en)[3], Ces tourelles venaient d'être mises au point, à temps pour en doter les nouveaux croiseurs en construction, mais trop tard pour en doter la classe Furutaka sans en retarder la mise en service. Ces tourelles, dites de type C, pesaient 157 tonnes. L'élévation maximale des canons était de 40° et non plus 25°, ce qui donnait une portée maximale de 26 700 mètres, au lieu de 24 000 mètres, avec une vitesse de rotation de 4°/s, une vitesse d'élévation de 6°/s, er une cadence de tir de 5 coups/minute, au lieu de 2 coups/mn en pratique. L'entraxe des canons était d'1,90 m.

L'artillerie secondaire était constituée de 4 affûts simples de 120 mm[4] à double usage, qui tiraient des obus de 20 kg, à 16 000 mètres, à l'élévation de 45°, ou avec un plafond de 10 000 mètres, à l'élévation de 75°, à une cadence de 6 à 8 coups/mn en pratique.

Pour les installations d'aviation, le système de la plate-forme pivotante montée sur le toit d'une tourelle a été abandonné, au profit d'une catapulte orientable, installée juste en avant de la tourelle double arrière. Ce furent les premières catapultes montées sur des croiseurs japonais dès l'origine[1].

Pour le reste, qu'il s'agisse des installations lance-torpilles, de la protection ou de la propulsion, la classe Aoba était identique à la classe Furutaka d'origine[5],[6].

Une première refonte est intervenue au début des années 1930, qui a consisté essentiellement à équiper l'artillerie secondaire de 120 mm, jusqu'alors opérée manuellement de mécanismes de chargements électro-hydrauliques. Une reconstruction plus importante a été prévue à la fin des années 1930, que le début de la guerre sino-japonaise a perturbée, au moins en ce qui concerne l'Aoba. Il s'est agi essentiellement de remplacer les canons de 200 mm 1 GÔ (Mark I) par des canons de 203 mm 2 GÔ (Mark II) (en) ce qui impliquait une modification des mécanismes d'alimentation des obus et des charges de poudre. La Défense Contre Avions à courte portée a été renforcée par l'installation de deux mitrailleuses bitubes de 13,2 mm et quatre affûts doubles de canons antiaériens de 25 mm Type 96 automatiques[7], qui étaient dérivés de matériels Hotchkiss français et qui ont été le principal matériel anti-aérien à courte portée de la Marine impériale japonaise.

Les tubes lance-torpilles fixes installés dans la coque ont été remplacés par deux plates-formes quadruples orientables sur le pont principal, toujours pour des torpilles Long Lance de 610 mm de diamètre[2].


Les unités de la classe[modifier | modifier le code]

Nom Quille Lancement Armement Chantier naval Fin de carrière Photo
Aoba 23 janvier 1924 25 septembre 1926 20 septembre 1927 Mitsubishi Heavy Industries
NagasakiDrapeau du Japon Japon
coulé en rade de Kure,
par l'aviation de l'U.S. Navy,
le 28 juillet 1945
Nh97727.jpg
Kinugasa 24 octobre 1924 24 octobre 1926 30 septembre 1927 Kawasaki Heavy Industries
KōbeDrapeau du Japon Japon
coulé au large de Guadalcanal
le 14 novembre 1942
Japanese cruiser Kinugasa.jpg


Service[modifier | modifier le code]

Les croiseurs de la classe Furutuka et de la classe Aoba ont constitué la 6e Division de Croiseurs[8], aux ordres du contre-amiral Goto, qui avait sa marque sur l'Aoba. Ils ont participé en décembre 1941, à l'occupation de Guam, et à l'attaque de l'île de Wake, et en janvier 1942, à la sortie japonaise, sans effet, à la suite du raid américain sur les îles Marshall. En mars, ils couvrent les débarquements japonais, à Lae et Salamaua, sur la côte nord-est de la Nouvelle-Guinée, à Buka, et Kieta sur l'île de Bougainville et aux îlots Shortland, et en avril sur les îles de l'Amirauté.

Début mai, ils ont pris part à la bataille de la mer de Corail, devant assurer la couverture des forces qui avaient pour objectif d'attaquer Port-Moresby, sur la côte sud-est de la Nouvelle-Guinée, avec le porte-avions Shoho, que l'aviation embarquée américaine a coulé dans une des premières actions de cette bataille. Après que les grands porte-avions japonais Shokaku et Zuikaku ont été endommagés, le Kinugasa (en), avec le Furutaka, les a escortés lors de leur retour vers Truk.

À la suite de la bataille de Midway, à laquelle la 6e Division de Croiseurs n'a pas participé, une réorganisation est intervenue dans la Flotte japonaise à la mi-juillet, une 8e Flotte (en) a été créée, basée à Rabaul, avec à sa tête le vice-amiral Mikawa, dont le Chōkai, était le navire-amiral[9]. La 6e Division de Croiseurs a été affectée fin juillet à la 8e Flotte.

Pendant les premiers combats autour de Guadalcanal en août, la 6e Division de Croiseurs a constitué une part très importante des forces que le vice-amiralMikawa a menées à la bataille de l'île de Savo, coulant quatre croiseurs australien et américains, et en endommageant gravement un cinquième, avec des pertes légères du côté japonais. Le lendemain, 10 août, en rentrant à Kavieng, un croiseur de la classe Furutaka a été torpillé et coulé[10].

Dans la nuit du 11-12 octobre 1942, les trois croiseurs lourds restants de la 6e Division de Croiseurs, aux ordres de l'amiral Goto, escortant un convoi japonais, venant de Rabaul, se sont heurtés à deux croiseurs lourds américains, les USS Salt Lake City et San Francisco, et deux grands croiseurs légers USS Boise et Helena aux ordres du contre-amiral Scott, qui venaient d'escorter un convoi arrivant de Nouméa. Au large du Cap Espérance, à l'extrémité nord-ouest de Guadalcanal, l'escadre américaine, prévenue par des avions de reconnaissance, a repéré au radar l'escadre japonaise, et lui a « barré le T ». Le contre-amiral Goto, après avoir donné l'ordre de faire demi-tour, a été tué, dès le début de l'engagement, sur la passerelle de l'Aoba sous le feu du croiseur USS Helena. L'Aoba a été très sérieusement endommagé, recevant une quarantaine d'obus de 152 mm et 203 mm, mais a gardé sa capacité de manœuvre. Le Furutaka, aux prises avec des destroyers américains, a encaissé une torpille de l'USS Duncan, qui lui a noyé la salle de machines avant[11], tandis que le Kinugasa (en) engageait l'USS Salt Lake City et endommageait l'USS Boise. Le Furutaka, écrasé par le feu américain, a coulé dans la nuit, mais le reste de l'escadre japonaise s'est retiré[12],[13].

L'Aoba parti se faire réparer au Japon, le Kinugasa est devenu le navire-amiral de la 6e Division de Croiseurs, dont il restait la seule unité opérationnelle. Avec le Chōkai, il a participé à un bombardement d'Henderson Field, le 15 octobre, et assuré la couverture de plusieurs convois de renfort des forces japonaises de Guadalcanal. Après une telle mission dans la nuit du 13 au 14 novembre 1942, regagnant les îlots Shortland, il a succombé, en fin de matinée du 14, aux attaques de l'aviation embarquée du porte-avions USS Enterprise[14] et de l'aviation basée sur Henderson Field, et a coulé[15].

L'épave de l'Aoba coulée après avoir été bombardée à Kure, fin juillet 1945

L'Aoba, remis en état, a retrouvé fin février le secteur des Salomon. Endommagé à Kavieng en avril, par un bombardement de B-17, au point de devoir être échoué pour éviter sa perte, il a été de nouveau en réparations à Kure, d'août à fin novembre, et a été doté à cette occasion d'un radar de veille et de deux affûts doubles de canons antiaériens de 25 mm Type 96 automatiques, mais sa vitesse maximale a dû être réduite à 26 nœuds. Il a été alors affecté à la 2e Flotte Expéditionnaire du Sud , et a opéré de Singapour à Penang, Mergui, Port Blair dans les Îles Andaman. Fin février, devenu le navire-amiral de la 16e Division de Croiseurs, avec le croiseur léger Kinu, il a effectué un raid contre le commerce allié dans l'Océan Indien, puis a opéré de Balikpapan (Borneo) à Penang. Il a participé en mai au renforcement de la défense japonaise, lors de l'attaque américaine de Biak, en juin il a opéré entre Sumatra et les Celèbes. En juillet, où l'Aoba a passé quinze jours en cale sèche à Singapour, sa Défense Contre Avions rapprochée s'est trouvée très nettement renforcée, atteignant 6 affuts triples, 12 affûts doubles et de 10 à 15 pièces simples de 25 mm[2]. Fin juillet, il a rejoint la Flotte au mouillage des îles Lingga.

La 16e Division de Croiseurs a appareillé le 18 octobre, avec la Force d'Attaque de Diversion no 1, que le vice-amiral Kurita devait mener à l'attaque des forces américaines qui allaient débarquer dans le golfe de Leyte, mais elle s'en est séparée le 21, à Brunei, pour aller débarquer des troupes en renfort aux Philippines. Le 24, vers h 40, l'USS Bream (en), a repéré, à 400 nautiques dans le nord-ouest de Palawan, les navires japonais et il a mis une torpille à l'Aoba, qui a réussi à gagner, en remorque d'un destroyer, la base navale de Cavite (en)[16]. Réparé sommairement, sous les bombes de l'aviation embarquée de la IIIe Flotte américaine, il partit escorter un convoi, échappant à un violent bombardement sur Manille, le 5 novembre. Il a échappé le lendemain aux torpilles d'une meute de sous-marins américains, qui ont sérieusement endommagé le Kumano avec qui il naviguait de conserve. Il a réussi à rejoindre le Japon, où il a été jugé irréparable. Il a finalement été coulé en rade de Kure, par l'aviation embarquée américaine, dans les derniers jours de juillet 1945.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Eric LaCroix et Linton Wells II, Japanese Cruisers Of The Pacific War, Naval Institute Press,‎ 1997 (ISBN 0-87021-311-3)
  • (en) H.T. Lenton, Navies of the Second World War American battleships, carriers and cruisers, Londres, Macdonald&Co Publishers Ltd,‎ 1968 (ISBN 0356-01511-4)
  • (en) H.T. Lenton, Navies of the Second World War British Cruisers, Macdonald & Co Publishers Ltd,‎ 1973 (ISBN 0356-04138-7)
  • (en) Donald G.F.W. Macintyre, Famous fighting ships, London, Hamlyn,‎ 1975 (ISBN 0-600-38153-6)
  • Philippe Masson, Histoire des batailles navales, Paris, Éditions Atlas,‎ 1983 (ISBN 2-7312-0136-3)
  • Antony Preston, Histoire des Croiseurs, Paris, Fernand Nathan Editeurs,‎ 1981 (ISBN 2-09-292027-8)
  • Antony Preston, Histoire des Porte-Avions, Paris, Fernand Nathan Éditeurs,‎ 1980 (ISBN 2-09-292040-5)
  • Antony Preston, Histoire des Destroyers, Paris, Fernand Nathan Éditeurs,‎ 1980 (ISBN 2-09-292-039-1)
  • (en) Shuppan Kyodo-sha, Navies of the Second World War Japanese battleships and cruisers, Macdonald & Co Publishers Ltd.,‎ 1968 (ISBN 978-0356014753)
  • (en) C. Vann Woodward, The battle for Leyte Gulf, New York, Ballantine Books,‎ 1947
  • Oliver Warner, Geoffrey Bennett, Donald G.F.W. Macintyre, Franck Uehling, Desmond Wettern, Antony Preston et Jacques Mordal, Histoire de la guerre sur mer des Premiers Cuirassés aux Sous-Marins Nucléaires, Bruxelles, Elsevier Sequoia,‎ 1976 (ISBN 2-800-30148-1)
  • (en) Anthony Watts, Japanese Warships of World War II, Ian Allen Ltd,‎ 1971 (ISBN 0-7110-0215-0)
  • (en) M.J. Whitley, Cruisers Of World War Two, Brockhampton Press,‎ 1995 (ISBN 1-86019-874-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]