Îles Andaman

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îles Andaman
îles Andaman
îles Andaman
Géographie
Pays Drapeau de l'Inde Inde
Coordonnées 12° 30′ N 92° 45′ E / 12.5, 92.7512° 30′ N 92° 45′ E / 12.5, 92.75  
Superficie 4 120 km2
Point culminant Saddle Peak (732 m sur Andaman du Nord)
Administration
Territoire Îles Andaman-et-Nicobar
Démographie
Population 314 239 hab.
Densité 76,27 hab./km2
Plus grande ville Port Blair
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Inde

(Voir situation sur carte : Inde)
îles Andaman
îles Andaman

Les îles Andaman sont situées dans l'océan Indien et administrativement rattachées au territoire indien des îles Andaman-et-Nicobar. La ville de Port Blair est la plus grande ville de ces îles et la capitale administrative du territoire. Les îles comptent 314 239 habitants. Le nom Andaman provient de Handuman la forme malaise du nom du dieu hindou Hanuman.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Les îles Andaman comptent 204 îles (dont 38 sont habitées), situées entre le golfe du Bengale et la mer d'Andaman, à environ 200 km au sud de la Birmanie. Les îles ont appartenu à la chaîne montagneuse reliant la Birmanie et l'Indonésie, qui s'est enfoncée dans les mers et qui a laissé un volcan sous-marin endormi et un autre en activité : l'île Barren à 110 km de Port Blair, le seul volcan actif de l'Inde. Le point culminant de ces îles est Saddle Peak avec 732 m. Les îles connaissent un climat tropical, elles sont couvertes de forêts denses, offrant l'hospitalité à une variété impressionnante de flore et faune tropicales (poisson-papillon d'Andaman).

Le principal archipel, la Grande Andaman comprend : Andaman du Nord, Andaman du centre, Andaman du Sud, Baratang et l'île Rutland.

Histoire[modifier | modifier le code]

Premier visiteur occidental, Marco Polo[réf. nécessaire] les avait identifiées en des propos peu flatteurs : « pays des chasseurs de têtes ». Ces propos seront confirmés plus tard par Nicolò de' Conti. Elles furent ensuite explorées en 1607 par Peyraud, voyageur français. Sous le nom de Frederiksøerne, elles font partie de l'Inde danoise à partir de 1754. Les Britanniques, à la recherche d'un lieu de déportation pour leurs prisonniers politiques et de droit commun, les achètent à la couronne danoise en 1789 et y débarquent en 1791 et y construisent dès le XIXe siècle, le plus grand bagne politique du monde, qu'ils ont voulu « modèle » et qui s'est avéré d'une cruauté sans pareille. Lors de la Seconde Guerre mondiale, l'archipel a été occupé par les troupes japonaises. Elles ont alors été placées sous l'autorité nominale du Gouvernement provisoire de l'Inde libre. À la fin de la guerre, les îles se sont retrouvées à nouveau sous contrôle britannique, puis en 1947 partie intégrante du nouvel État indien.

L'armée indienne investit de nombreuses îles pour y créer des bases navales. En effet, sur un plan stratégique, l'archipel est idéalement situé car il donne à l'Inde un espace maritime immense, en plus du contrôle presque total du golfe du Bengale et de la mer Andaman.

Population[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Andamanais.
Andamanais-negritos-carte.png

Le gouvernement indien a incité les habitants du continent à venir s'installer sur l'archipel en leur offrant des terres. Il en est résulté un très fort accroissement de la population des îles mais également le fait que les peuples indigènes sont devenus minoritaires sur l'archipel. Selon l'ONG Survival International qui défend les droits des peuples indigènes du monde entier, la colonisation s'est avérée fatale pour ces tribus : elle a propagé des maladies (en 1999, une épidémie de rougeole et de pneumonie a touché la moitié de la population Jarawa, 10 % en sont morts), entraîné une perte d'identité et un état de dépendance, rendu les autochtones vulnérables à l'alcoolisme, au désespoir et au suicide. De même qu'une faune et une flore diversifiées et endémiques existent sur ces îles, cinq ethnies de chasseurs-cueilleurs y vivent, appelées aussi "Négritos". Des linguistes tentent de regrouper les langues de ces populations en une famille dite des langues des Andaman.

Le nom générique de Négritos vient de leur apparence physique. Leur physionomie est nettement distincte de celles des peuples asiatiques qui les entourent ; plus petits, avec une peau très foncée, les Jarawa par exemple ont des cheveux noirs crépus. Ils se seraient séparés des autres populations il y a environ 60 000 ans (d'après les études sur leurs divergences génétiques). Comme l'indique George Weber (président de l’association Andaman), leur installation sur les îles Andaman ne date d'ailleurs pas forcément de la même époque : la séparation génétique peut avoir été antérieure, concomitante ou postérieure.

Certains anthropologues les considèrent comme les premiers humains ayant quitté l'Afrique et, d'après les tests ADN, leurs plus proches parents seraient les Bochimans du désert du Kalahari (Afrique australe).

Carte de peuplement des Andaman

Les cinq ethnies recensées, d'apparences et de mode de vie très similaires, sont regroupées en deux groupes :

  • Les Grands Andamanais : à l’arrivée des Britanniques il y a 150 ans, les Grands Andamanais représentaient une population de 5 000 personnes. Ils ne sont aujourd’hui plus que 52 selon Survival International. Ainsi, on les considère comme le plus petit peuple au monde en termes de population. En 1970, les autorités indiennes ont décidé de transférer la vingtaine d’individus restants sur l’îlot de Strait Island où ils dépendent depuis entièrement des subsides du gouvernement indien. Leur population a cependant recommencé à croître. On déplore toutefois l'extinction de l'une des plus vieilles cultures du monde, la tribu Bo, qui aurait habité les Îles Andaman depuis 65 000 ans. À la mort de Boa Sr, le 4 février 2010, s'est aussi éteinte la langue Bo, qu'elle était la dernière à parler[1].
  • Un groupe Onge-Jarawa, regroupant :
    • Les Sentinelles : la population sentinelle compte entre 50 et 200 individus. Ils n’ont établi aucun contact amical avec le monde extérieur, et sont d'ailleurs considérés comme le peuple le plus isolé du monde. Ils vivent sur leur propre île (île de North Sentinel) d’une superficie de 47 km² et s’attaquent à quiconque s’en approche. De ce fait, les informations les concernant sont très fragmentaires.
    • Les Jarawa : ils sont eux aussi restés volontairement isolés des colons qui se sont installés sur leurs îles au cours des cent cinquante dernières années, faisant preuve d’une hostilité constante envers les envahisseurs qui empiétaient sur leurs terres et chassaient leur gibier. Leur nombre est passé de 8 000 avant la colonisation britannique à moins de trois cents aujourd'hui. Suite à une pétition lancée par Survival International, l'État indien a dû abandonner son projet de transférer cette population. En 2006, le sort des deux cent soixante-dix derniers Jarawa est en danger. Une route en cours d'élargissement risque de détruire complètement l'environnement de cette tribu. Les braconniers ainsi que les colons souhaitant développer le tourisme dans cette région sont responsables de la construction de cette route. Une campagne internationale orchestrée par Icra International[2] est en cours afin d'influencer le gouvernement indien pour assurer la protection des Jarawa.
    • Les Onge : il ne reste aujourd’hui que quatre-vingt-dix-neuf Onge ; la réserve qu’ils occupent sur la Petite Andaman couvre moins du tiers du territoire qu’ils occupaient originellement. Leur population a, elle aussi, tragiquement diminué de plus de 85 % au cours de ce dernier siècle, du fait de mauvais traitements de la part des colons, de l'introduction de maladies ou de l'alcool. À l’instar des Andamanais, les Onges, autrefois indépendants et auto-suffisants, ont été contraints d’accepter une situation de dépendance vis-à-vis de l’administration.
    • Les Jangil : cette population qui vivait sur sa propre île a aujourd'hui totalement disparu.

Ces regroupements, basés sur la linguistique et la génétique, sont susceptibles de réévaluation en fonction des recherches en cours.

Tsunami du 26 décembre 2004[modifier | modifier le code]

Le séisme du 26 décembre 2004 dans l'océan Indien a provoqué la mort d'environ 7 000 personnes dans les îles Andaman-et-Nicobar. Certaines îles ont été coupées en deux, d'autres en grande partie submergées. Les premiers jours après la catastrophe, les autorités indiennes ont craint que les tribus isolées n'aient péri. Apparemment, ces personnes auraient ressenti qu'un danger se préparait en écoutant le cri des animaux. D'autres comme les Jarawas ont vu l'océan se retirer et se sont enfuis sur les hauteurs. Les autorités purent être soulagées lorsqu'un hélicoptère survolant le territoire des Sentinelles a été pris pour cible avec des flèches tirées par des habitants regroupés sur la plage[3]. Depuis, les autorités indiennes, soucieuses de reconstruire l'économie locale, ont accordé des permis de construire à de nombreux hôteliers. La chaine Taj prévoit de bâtir un complexe haut de gamme sur le plage de Radhanagar, où n'existent pour l'instant que des bungalows en bois[4].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1980, l'archipel connaît un continuel développement touristique. Mais, celui-ci a connu un ralentissement quand, suite à un référendum, la population locale soutenue par l'armée a refusé l'ouverture d'un aéroport international. Il faut prendre l'un des rares vols intérieurs reliant Madras ou Calcuta à l'aéroport militaire de Port Blair ou s'embarquer pour une traversée de cinq jours du golfe du Bengale en bateau.

Les îles Andaman ont su garder une nature intacte. Les 6 400 kilomètres carrés du territoire sont couverts à 84 % d'une forêt primaire, où s'épanouit une multitude de plantes endémiques, dont vingt-cinq variétés d'orchidées uniques au monde. Un réseau de mangroves, l'un des plus étendus de la planète (1 000 kilomètres carrés) héberge des espèces rares comme le crocodile marin ou le paisible dugong. Quant au récifs coralliens, ils sont restés aussi sains que dans les années 1990, lorsqu'ils ont servi de décor et de terrain de jeu aux équipes du commandant Cousteau. Des eaux limpides, peuplées de poissons multicolores et offrant quarante mètres de visibilité : les îles Andaman, c'est aussi un lieu de délices pour les plongeurs.

« C'est l'un des endroits les mieux conservés de la planète, où le cliché de l'île déserte prend tout son sens », avance Marc Rousseau, de l'agence Îles du monde. Malgré ses plages de sable blanc bordée de palmiers, dignes d'un catalogue de voyage, cet archipel reste une destination confidentielle, épargnée par le tourisme de masse[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extinct: Andaman tribe’s extermination complete as last member dies
  2. Sauvons les Jarawa des Iles Andaman: Article tiré du site d'ICRA International
  3. Pierre Prakash, Les tribus des îles Andaman-et-Nicobar sauvées des eaux, Libération, 12 janvier 2005
  4. GEO N°395 de janvier 2012 p.95
  5. (fr) « Les îles Andaman, un paradis en sursis », Karine Hochart, Le Journal International, 15 mars 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]