Ryūjō

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
 Pour le cuirassé japonais du même nom, voir Ryūjō (1864) (en)
Ryūjō
Image illustrative de l'article Ryūjō

Histoire
A servi dans Naval Ensign of Japan.svg Marine impériale japonaise
Quille posée 26 novembre 1929
Lancement 2 avril 1931
Armé 9 mai 1933
Statut coulé par une attaque aérienne le 24 août 1942 au nord-est des Salomon
Caractéristiques techniques
Type Porte-avions
Longueur 179,9 m (hors tout)
Maître-bau 20,8 m
Tirant d'eau 5,56 m à l'origine, 7,1 m en 1934
Déplacement 13 650 tonnes en pleine charge
Propulsion 6 chaudières, 2 turbines vapeur, 2 hélices
Puissance 65 000 ch (48,5 MW)
Vitesse 29 nœuds
Caractéristiques militaires
Armement 8 canons de 127 mm, 

4 canons de 25 mm,  6x4 mitrailleuses de 13,2 mm

Aéronefs 37 appareils, max. 48
Rayon d'action 19 000 km à 14 nœuds, 2 940 tonnes de fuel
Autres caractéristiques
Équipage 924 hommes
Chantier naval Mitsubishi, Yokohama
Coordonnées 6° 10′ S 160° 50′ E / -6.16666667, 160.833333336° 10′ Sud 160° 50′ Est / -6.16666667, 160.83333333  

Le Ryūjō (en japonais : 龍驤, « dragon caracolant » ou « dragon ascendant ») était un porte-avions léger de la marine impériale japonaise. Très utilisé, à partir de décembre 1941, lors des opérations du début de « l’irrésistible » expansion japonaise, il fut coulé lors de la bataille des Salomon orientales en août 1942 qui marqua le début de la contre-attaque américaine.

Historique[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Vue de face du Ryūjō, en 1933 qui souligne son excès de poids vers le haut.
Vue de la poupe du Ryūjō.

La construction du deuxième navire japonais destiné à être dès l’origine un porte-avions débuta aux chantiers navals Mitsubishi de Yokohama le 26 novembre 1929, le lancement eut lieu en 1931 et la mise en service en 1933. Ses petites dimensions — au lancement, il ne déplaçait que 8 000 tonnes et mesurait de 180 mètres de long et de 20,32 mètres de large — du aux limitation du tonnage du traité de Washington de 1922 révélèrent son incapacité à accomplir de façon sûre sa mission dans les mers fortes.

Les sorties des cheminées étaient à tribord en dessous du pont d'envol de 158,60 mètres, 22,86 mètres de large, et d'une épaisseur 15,24 centimètres, lui-même démuni d’ilot et équipé de deux ascenceurs, le tout dans le but de perturber au minimum la manœuvres des avions embarqués. Il était équipé de 6 brins d’arrêt permettant de stopper les avions en cours d’atterrissage. Le bâtiment était quasiment dénué de tout blindage et initialement doté d’un seul hangar. Son armement se limitait à des pièces d’artillerie anti-aérienne.

Mais au début des années 1930, l’État-major revint sur ses spécifications initiales et demanda d’accroître la taille du groupe aérien embarqué, ce qui nécessitait l’ajout d’un deuxième hangar en dessus du premier afin de doubler le nombre d’avions disponibles. Ces modifications firent augmenter le tonnage du bâtiment, qui finit par atteindre 10 150 tonnes. Ce poids additionnel, réparti principalement au-dessus de la ligne de flottaison, compromettait la stabilité du vaisseau. en 1940 son gaillard d'avant fut relevé d'un pont plus haut pour le mettre hors d'eau. Cela ne l'empêcha pas d'être utilisé dans les opérations de la deuxième guerre sino-japonaise.

Entre-deux guerres[modifier | modifier le code]

Entre août et décembre 1937, le Ryūjō apporta son soutien aux opérations de l'armée japonaise en Chine, comme navire amiral de la Division aéronavale n°1.

Les appareils embarqués consistaient en 12 chasseurs Nakajima A4N et 15 bombardiers en piqué Aichi D1A[1] du service aérien de la marine impériale japonaise.
Après avoir montré des performances peu satisfaisantes, le porte-avions subit les modifications conséquentes mentionnées au paragraphe Construction.

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le Ryūjō, commandé par le capitaine Kato Tadao, était le navire-amiral de la Division aéronavale n°4. L'existence des grands porte-avions fit qu'il fut d'abord assigné à des tâches secondaires. Sa reconstruction se révéla réussie et les performances de son groupe aérien, ainsi que sa tenue en haute-mer étaient pleinement satisfaisantes.

Le A6M2 Zero du Ryūjō est inspecté par du personnel militaire américain sur l'île d'Akutan le 11 juillet 1942.

En décembre 1941, le Ryūjō apporta son support à l'invasion des Philippines, fournissant une couverture aérienne pour les débarquements à Davao le 20 décembre, à Jolo le 25 décembre. Ses avions consistaient en 22 chasseurs Mitsubishi A6M « Zero » et 16 bombardiers en piqué Aichi D3A « Val ». En janvier 1942, il apporta son support à la conquête de la Malaisie et en février 1942, il attaqua les forces conjointes américaines, britanniques, néerlandaises et australiennes auprès de l'île de Java, coopérant à la destruction de l'USS Pope. En mars, le Ryūjō frappa les côtes birmanes et les îles Andaman.

Au début d'avril, partie prenante dans la campagne de raids dans l'océan Indien, le Ryūjō harcela le trafic maritime ennemi dans le golfe du Bengale. Avec les croiseurs Chōkai, Kumano, Suzuya, Mogami, Mikuma, Yura et quatre destroyers, il coula 23 navires marchands. Le 6 avril, il lança des attaques aériennes contre Cocanada et Vizagapatam en Inde.

En juin 1942, le Ryūjō faisait partie de la force du nord qui attaqua les îles Aléoutiennes. Ses avions frappèrent Dutch Harbor sur l'île d'Unalaska les 3 et 4 juin. Pendant cette opération, un de ses chasseurs Mitsubishi A6M Zero, piloté par le sous-officier Tadahito Koga, s'écrasa sur l'île d'Akutan. Koga fut tué dans le crash, la nuque brisée, mais l'avion ne fut que légèrement endommagé.
Et c'est ainsi que le premier Zero tomba dans les mains du renseignement militaire américain[Notes 1].

Fin[modifier | modifier le code]

Le Ryūjō déjà gravement endommagé(au centre) le 24 août 1942, bombardé par des bombardiers B-17. Le destroyer Amatsukaze (centre en bas) s'éloigne du Ryūjō à vitesse maximale et le Tokitsukaze (difficilement visible, centre à droite) s'éloigne de la proue du Ryūjō afin d'éviter les bombes des B-17.

La destruction de quatre des six porte-avions d'escadre japonais pendant la bataille de Midway rendit soudain le Ryūjō bien plus important pour la marine impériale japonaise. En août 1942, il fut assigné à la Division aéronavale n°2 et, avec le Shōkaku et le Zuikaku, il fut envoyé vers les Îles Salomon. Le rôle de ce porte-avions était de protéger un convoi de navires de transport qui devaient renforcer et ravitailler les troupes japonaises sur l'île de Guadalcanal, d'attaquer les américains qui terminaient la construction du terrain d'aviation Henderson Field[Notes 2].
Pendant ce temps, les deux porte-avions d'escadre se devaient se charger de détruire les porte-avions de l’U.S. Navy. Cette opération donna lieu à la bataille des Salomon orientales.

Le 16 aout 1942, à son appareillage avec la flotte, son groupe aérien est composé de 24 A6M2 Zéro et 9 B5N2 Kate. Le 24 août 1942, le Ryūjō, escorté par le croiseur Tone et les destroyers Amatsukaze et Tokitsukaze, lança deux attaques sur Guadalcanal depuis une position située à environ 160 km au nord de Tulagi, île Florida. Les deux groupes d'attaque totalisent 15 A6M2 Zéro et 6 B5N2 Kate. Ces derniers sont dotés, non pas de torpilles, mais de 6 bombes de 60 kg chacun. Au total 4 B5N2 et 3 A6M2 sont abattus lors de ces attaques sur Lunga Point. Les rescapés ne purent rentrés à bord car alors le Ryujo était incapable de les recevoir. Ils finirent tous à la mer et leurs équipages recueillis par les navires d'escorte[2]. À 13 h 57, ses escadrilles repérées par la couverture radar des porte-avions américains, il fut localisé et attaqué par des bombardiers en piqué et des avions torpilleurs de l'USS Saratoga (CV-3) et touché par deux ou trois bombes ainsi que par une torpille[Notes 3]. Celle-ci causa l'inondation de sa salle des machines bâbord et le navire commença à prendre de la gîte. Cette dernière atteint 21° vers 17 h 0 . À 17 h 15 l'ordre fut donné d'abandonner le navire. À 20 h 0, celui-ci chavira et coula[3]. Cent vingt membres d'équipage furent perdus. Les survivants, dont le capitaine Kato Tadao, dernier à quitter le bord, furent recueillis par son escorte[4].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce Zero fut remis en état de vol et permit aux aviateurs américains d'élaborer les tactiques nécessaires pour rétablir l'équilibre dans les combats aériens.
  2. Cet aérodrome commencé en mai 1942 par les Japonais qui en furent délogés les 7 et août, allait devenir un « porte-avions insubmersible ».
  3. Le nombre de coups au but diffère selon les sources.

Source[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Håkans Aviation page Sino-Japanese Air War 1937
  2. Michel Ledet, Samourai sur porte-avions, Editions Lela Press,‎ 2006, 581 p. (ISBN 2-914017-32-4), p. 238
  3. Michel Ledet, Samourai sur porte-avions, Editions Lela Press,‎ 2006, 581 p. (ISBN 2-914017-32-4), p. 240
  4. Combined Fleet

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :