Klemens Wenzel von Metternich

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Clément-Wenceslas de Metternich

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Le prince Clément-Wenceslas de Metternich

Naissance
Coblence
Décès (à 86 ans)
Vienne
Nationalité Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche
Profession Diplomate
Distinctions
Ascendants
Famille

Clément-Wenceslas-Népomucène-Lothaire[1], comte, puis second prince de Metternich-Winneburg-Beilstein (en allemand : Klemens Wenzel Nepomuk Lothar Fürst von Metternich-Winneburg zu Beilstein), né le à Coblence et mort le à Vienne, est un diplomate et un homme politique autrichien.

Il consacra sa vie au maintien de la société d'ancien régime face au bouleversement qu'engendra la Révolution française puis au maintien de la position autrichienne et de l'équilibre des puissances.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et jeunesse, mariages et amours[modifier | modifier le code]

Issu de la haute noblesse rhénane, membre de la Maison de Metternich, Clément-Venceslas est né à Coblence, dans l'électorat de Trèves le 15 mai 1773.

Fils de Franz Georg Karl von Metternich, et de son épouse Marie-Béatrice de Kageneck, il est le filleul et porte le prénom de l'archevêque-électeur, Clément Wenceslas de Saxe, oncle des rois Louis XVI de France, Charles IV d'Espagne et Ferdinand IV de Naples.

Le , il est envoyé à l'université de Strasbourg, en compagnie de son frère, pour y étudier le droit. Il y rencontre Benjamin Constant, mais aussi le futur prince André Razoumovski, le général Tolstoï, et Tchernychev et le prince Maximilien de Deux-Ponts qui hérite bientôt de l'Electorat de Bavière dont il sera le premier roi.

Le , il épouse à Vienne, Marie-Eléonore von Kaunitz-Rietberg (1775-1825), la fille unique du prince Ernest de Kaunitz et de la princesse Marie-Léopoldine d'Œttingen-Spielberg mais surtout , petite fille du comte von Kaunitz, tout puissant chancelier des quatre derniers souverains Autrichiens. Ce mariage a lieu au château d'Austerlitz où, dix ans plus tard, le 2 décembre, Napoléon remportera sa plus grande victoire. C'est un mariage de convenance (Metternich est alors épris de Marie-Constance de la Force), qui lui permet de mener une vie conforme à ses goûts aristocratiques. Les Metternich s'installent peu après dans le palais Kaunitz, à Vienne et fréquentent la Cour.

Eléonore lui donne sept enfants :

  • Marie-Léopoldine (1797-1820) épouse Charles-Joseph, comte Estherazy de Galantha
  • François-Charles (1798-1799)
  • Clément (*/1799)
  • Victor (1803-1829)
  • Clémentine (1804-1820)
  • Marie-Antoinette (1806-1829)
  • Léontine (1811-1861) épouse Moric, comte Sandor de Szlawnicza (1804-1878)
  • Hermine (1815-1890)

Veuf en 1825 , Le prince de Metternich épouse en 1827 Marie-antoinette de Leykam, une femme issue de la petite noblesse ce qui fera jaser la cour et les cours. Cependant la jeune femme mourra prématurément peu après la naissance de leur unique enfant :

En 1831, le prince, âgé de 58 ans épouse Mélanie de Zichy-Ferraris (1805-1854)

  • Mélanie (1832-1919) épouse Joseph, comte de Zichy-Ferraris
  • Clément (*/1833)
  • Paul-Clément (1834-1906) épouse Mélanie de Zichy-Ferraris
  • Marie (*/1836)
  • Lothaire (1837-1904) épouse morganatiquement en 1868 Caroline Ritter puis Caroline de Mittrowitz de Mitrowitsky

Le prince de Metternich connut aussi des liaisons adultérines notamment avec duchesse d'Abrantès , Caroline Bonaparte, la duchesse Wilhelmine de Sagan et les princesses Dorothée de Lieven et Catherine Skawronskaïa-Bagration dont il eut une fille (reconnue par le mari de sa mère) Marie-Clémentine (1810-1829).

D'Elisabeth Haffenbredel (1788-1862), il eut Alexandre von Hübner qui fut lui aussi un diplomate de talent au service de l'Autriche.

Parcours[modifier | modifier le code]

En 1803, il devient ambassadeur à Berlin. En 1806, il est nommé ambassadeur à la cour de Saint-Pétersbourg quand Napoléon demande un membre de la famille Kaunitz. Comme toute la noblesse européenne d'alors, il maîtrise parfaitement le français et devient ambassadeur à Paris de 1806 à 1809.

Il y devient l’amant de la ravissante duchesse d'Abrantès, épouse du général Junot (militaire favori de l'empereur), mais aussi de Caroline Bonaparte, reine consort de Naples, sœur de Napoléon. Il entretient de bonnes relations avec Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, chef de la diplomatie française et tout aussi imbu que lui de ses origines aristocratiques.

Rôle[modifier | modifier le code]

Le comte de Metternich

En 1808, il adresse des rapports selon lesquels le pouvoir de l’empereur des Français chancelle, alors même qu'il prêchait peu auparavant l'alliance. L’Empire d'Autriche déclare la guerre à la France : il est battu à Wagram en juillet 1809. Nommé ministre des affaires étrangères et chancelier le , Metternich doit signer l’humiliante paix de Vienne. Il décide de temporiser et faire semblant d’être amical, notamment en organisant le mariage de Napoléon avec la jeune archiduchesse Marie-Louise en 1810.

À la veille de la Campagne d'Allemagne (1813), il se propose comme médiateur, mais Napoléon refuse la moindre concession territoriale. Pour conclure un entretien tenu à Dresde, Metternich lance avec superbe :

« Vous êtes perdu, Sire ! Je m'en doutais en venant ici, maintenant je le sais ! »

L’Autriche joint alors 200 000 hommes à la Sixième Coalition. D’abord favorable au duc de Reichstadt — fils de Napoléon, mais surtout petit-fils de l'empereur d'Autriche — et à une régence de l'impératrice Marie-Louise, il en vient à accepter la proposition du ministre des affaires étrangères britannique pour une restauration des Bourbons. Sa relation avec le tsar russe est mauvaise notamment en raison de leur conception du rôle de la Pologne et de leur rivalité dans l'obtention des faveurs de la belle Wilhelmine de Sagan.

Il est l’un des principaux acteurs du Congrès de Vienne et modère l'esprit de revanche des alliés contre la France tout en se montrant soucieux de rétablir l’influence autrichienne en Italie. Lors de ce congrès, il prône l'interdiction de la franc-maçonnerie universelle[2].

L'Europe de la Restauration[modifier | modifier le code]

Il est le personnage le plus influent de la Sainte-Alliance, notamment face au tsar Alexandre Ier, puis auprès de Nicolas Ier de Russie sur lequel il exercera une influence déterminante grâce à son éminence grise, le comte Charles-Louis de Ficquelmont, auquel il confie l'ambassade de Saint-Pétersbourg.

Caricature du Congrès de Vérone (1822).

Metternich est alors un garant de l'ordre issu du congrès de Vienne qui va assurer à l'Europe une soudaine stabilité (qui durera jusqu'en 1870) après les longues guerres napoléoniennes.

À l'intérieur, en Autriche, il promeut l'absolutisme. À l'extérieur, par les congrès ou par la force de la Sainte-Alliance, il impose l'ordre : les décrets de Karlsbad de 1819 sont particulièrement liberticides pour la presse de la Confédération germanique et l'Université allemande. Soucieux de conserver son pouvoir, il convainc l'empereur François Ier de conserver comme héritier son fils aîné, l'archiduc Ferdinand, pourtant notoirement incapable. Il veut ainsi damer le pion à l'archiduchesse Sophie, épouse énergique, intelligente et ambitieuse de l'archiduc François-Charles, fils cadet de l'empereur à qui était promise la couronne lors du congrès de Vienne et qui fut la raison de son mariage.

Le couple archiducal ayant eu un fils, le futur François-Joseph Ier, après six années de stérilité, Metternich fait épouser à l'archiduc héritier, bien incapable de consommer son mariage, la princesse Marie-Anne de Sardaigne. L'union reste stérile, la nouvelle archiduchesse tenant lieu d'infirmière plus que d'épouse à son mari et ne se mêlant pas de politique (elle ne parlera jamais l'allemand).

L'empereur François Ier meurt en 1835, et Ferdinand monte sur le trône. Metternich devient tout-puissant et reste plus que tout "le gendarme de l'Europe". Le petit François-Joseph devenant l'héritier présomptif du trône autrichien, l'archiduchesse Sophie se rapproche du chancelier et lui confie en partie l'éducation de son fils.

L'ordre metternichien dure jusqu'en mars 1848. Des émeutes éclatent alors en Autriche. L'empereur Ferdinand Ier, réfugié en Bohême, sur l'instigation de son épouse, de l'impératrice-douairière et de l'archiduchesse Sophie, abandonne Metternich qui démissionne le 13 mars. Il doit fuir, à 75 ans, caché dans une corbeille à linge. Il part donc pour un exil en Angleterre jusqu'en 1849, puis a Bruxelles (Saint-Josse-ten-Noode). Le gouvernement lui permit de rentrer en Autriche, où il se tint à l'écart de la vie politique : il mourut à Vienne, onze ans après avoir été chassé du pouvoir.

Finis Austriae[modifier | modifier le code]

Metternich à la fin de sa vie, par Hugo Bürkner
Armes de Metternich

Après les troubles, Metternich finit sa vie à Johannisberg en Autriche.

La mort de Metternich à 86 ans précède la division des Alliés. La politique russe en Pologne avait déjà affecté la Sainte-Alliance; l'avènement d'un Bonaparte en France, Napoléon III, montre sa faiblesse. Toutefois, c'est surtout le principe des nationalités défendu par ce dernier qui va libérer les passions nationalistes et provoquer l'irrémédiable déclin de l'Autriche des Habsbourg-Lorraine, alors même que la Russie et la Prusse se renforcent. L'équilibre est rompu.

Metternich meurt après avoir, en vain, supplié son ancien élève l'empereur François-Joseph de ne pas déclarer la guerre au Royaume de Sardaigne, prémices de l'unification italienne.

Titres et distinctions[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Un autre grand diplomate, Henry Kissinger, lui voue une grande admiration et vante en lui l'architecte d'un subtil équilibre des pouvoirs entre puissances qui a permis une paix durable après Waterloo.

Famille[modifier | modifier le code]

Son dernier descendant en ligne directe est son arrière-petit-fils, le prince Paul de Metternich-Winneburg né en 1917, ancien président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) et propriétaire du château et du vignoble de Johannisberg, mort en 1992. Le grand-oncle de ce dernier, Roger de Metternich, baron d'Aldenbourg, né en 1827, était l'enfant adultérin de la duchesse de Castries et du fils du chancelier, Victor de Metternich[4]. Le prince Paul était marié (depuis 1941) à la princesse Tatiana de Metternich, née Vassiltchikov (1915-2006).

Citations[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • « Le plus grand don de n'importe quel homme d'État n'est pas de savoir quelles concessions faire, mais de reconnaître quand les faire. [5]»
  • «  En Autriche, l'homme commence au baron  »
  • « Le mot "liberté" ne signifie pas pour moi un point de départ, mais un vrai point d'arrivée. Le point de départ est défini par le mot "ordre". La liberté ne peut exister sans le concept d'ordre. [5]»
  • « L'alliance de l'Angleterre et de la France est une alliance utile. Mais qu'on y prenne garde, l'alliance de l'homme et du cheval est aussi une alliance utile. Tant pis pour celle des deux puissances qui sera le cheval.»

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son nom est francisé dans les ouvrages d'expression française. Cf. la pièce L'Aiglon d'Edmond Rostand.
  2. http://sog1.free.fr/ArtVallee200.Hegel.htm
  3. « roglo.eu », Clemens Wenzel von Metternich-Winneburg (consulté le 21 janvier 2011)
  4. André Maurois, Prométhée ou la vie de Balzac, Hachette, 1965, p. 190.
  5. a et b Traduction libre depuis The Wordsworth Dictionary of Quotations

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Prince Klemens Venzel de Metternich, Mémoires, documents et ecrits divers, édition E. Plon & Cie, huit volumes, Paris (1881)
  • Michel Kerautret, Histoire de la Prusse, Paris, l'Univers historique, Ed du Seuil, 2005
  • Charles Zorgbibe, Metternich, le séducteur diplomate, Éditions de Fallois, 2009 (ISBN 978-2877066907)