Adige

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45° 09′ 35″ N 12° 19′ 52″ E / 45.1596, 12.3311 ()

Adige
L'Adige à Vérone
L'Adige à Vérone
Carte du cours de l'Adige.
Carte du cours de l'Adige.
Caractéristiques
Longueur 410 km
Bassin 12 200 km2
Bassin collecteur Adige
Débit moyen 235 m3/s
Régime nivo-pluvial de montagne
Cours
Source col de Resia
· Altitude 1 507 m
Embouchure mer Adriatique
· Localisation entre Bacucco et Rosolina Mare
· Altitude 0 m
· Coordonnées 45° 09′ 48″ N 12° 20′ 02″ E / 45.16333, 12.33389 (Embouchure - Adige)  
Géographie
Pays traversés Drapeau de l'Italie Italie
Régions traversées Flag of Trentino-South Tyrol.svg Trentin-Haut-Adige
Flag of Veneto.svg Vénétie
Principales villes Merano, Bolzano, Trente, Rovereto, Vérone, Legnago, Cavarzere

Sources : Google Earth

L'Adige (allemand Etsch, ladin Adiç, trentinois Ades et vénitien Adexe) est un fleuve d’Italie qui naît dans les Alpes, aux confins de la Suisse et de l’Autriche.

Géographie[modifier | modifier le code]

L’Adige est l'un des quatre grands fleuves italiens (le second après le ), avec 410 km. Il prend sa source à 1 507 mètres d’altitude au col de Resia (Reschenpass), dans la province du Haut-Adige. Il arrose les villes de Merano (Meran), Bolzano (Bozen), puis il emprunte la vallée du Brenner pour redescendre vers le sud et Trente, Rovereto, Vérone et Legnago, rase le nord de Rovigo puis traverse Cavarzere avant de se jeter dans la mer Adriatique où, avec l’embouchure du Brenta, il délimite le littoral d’Isola Verde.

Son bassin hydraulique est de 12 200 km2 (ce qui le met en troisième position derrière le Pô et le Tibre), dont 7 200 km2 sont en Haut Adige (sur 140 km).

  • La curiosité est que la source de l’Adige n’est pas celle visible au col de Resia, comme indiquée sur l’écriteau, mais est située quelques mètres avant, à l’intérieur d’un bunker du Vallo Alpino Littorio in Alto Adige, près du barrage

Les vallées[modifier | modifier le code]

La vallée d’écoulement du fleuve porte plusieurs noms :

Les affluents[modifier | modifier le code]

  • Le Rio Ram (Rambach) près de Glorenza (Glurns)
  • Le Passirio (Passer) près de Merano (Meran)
  • L'Isarco (Eisack) près de Bolzano (Bozen)
  • Le Noce près de Mezzocorona
  • L'Avisio près de Lavis
  • Le Fersina près de Trente
  • Le Leno près de Rovereto (TN)
  • L’Alpone (bataille du pont d'Arcole)
  • Le Rani
  • Autres rivières : Antanello, Carlino, Lasa, Plima, Puni, Saldura, Roia, Rom, Ross, Senale, Fosse, Silandro, Slingia, Solda, Trafoi, Tel, Valsura.
  • Autres torrents: Ala, Alpone, Chiampo, Tramigna, Aviana, Avisio, Fersina, Isarco, Passino, Tasso.

Les lacs[modifier | modifier le code]

Barrages et réserves d’eau[modifier | modifier le code]

  • Précipitations moyennes annuelles : Silandro (haut bassin) 472 mm, Trente (bassin moyen) 959 mm et Vérone (bas bassin) 663 mm.
  • Barrages : le bassin de l'Adige comprend actuellement 31 bassins artificiels de capacités variables, allant de 183 millions de m3 pour S. Giustina et 118 millions de m3 pour Resia, à 100 000 m3 pour Vai d'Ega et 90 000 m3 pour Sarentino ; pour un total de 571 millions de m3.
  • Implantations hydroélectriques : les 34 grandes centrales hydroélectriques produisent annuellement plus de 4 000 GWh.

Population[modifier | modifier le code]

En 2001, la population résidente dans les 369 communes compte environ 1 637 497 habitants, ainsi répartis:

Province Habitants % du total provincial % du total du bassin
province de Bolzano 463 326 99,58 28,33
province de Trente 350 534 73,36 21,43
province de Vérone 567 810 69,91 31,71
province de Vicenza 62 096 7,81 3,80
province de Belluno 15 260 7,23 1,03
province de Padoue 16 897 1,98 1,03
province de Rovigo 92 296 37,94 5,64
province de Venise 67 487 8,28 4,13
Val Müstair, Suisse 1 791 / 0,11

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire du fleuve[modifier | modifier le code]

Le fleuve a été le protagoniste de quelques crues dévastatrices, à commencer par la dite rotta della Cucca (rupture de la Cucca) qui est, dans la tradition vénète, le bouleversement hydrographique qui au VI siècle modifia ostensiblement le panorama fluvial de la basse Vénétie. Le nom vient de la localité de Cucca, à côté de Veronella, où l’Adige serait sorti de son lit. À la suite de cette rupture des digues, le fleuve abandonna son ancien cours (qui passait par Este et Montagnana) pour prendre le parcours actuel plus au sud. Paul Diacre (Paolo Diacomo), dans sa chronique, date l’événement en 589, mais cette datation est controversée par les historiens. Aujourd’hui on retient que dans la tradition orale la rotta indique les désordres qui, au fil des siècles, ont suivi la chute de l’Empire romain et à la faible manutention du fleuve.

D’autres phénomènes de ce type ont été notés dans le passé : entre les plus récents et graves, rappelons les inondations de 1882, de 1966 et de 1981 :

  • En septembre 1882 le fleuve rompit les digues en 9 points entre Bolzano et San Michele all'Adige, inondant la partie nord de la cité de Trente.
  • En novembre 1966, la ville de Trente connut la plus grande crue jamais enregistrée dans l’histoire : Une bonne partie de la ville et environ 5 000 ha de campagne furent submergés par près de deux mètres d’eau.
  • En août 1981, les digues cédèrent près de Salorno qui fut submergée avec la campagne alentour.

Juste pour sauver la ville de Vérone de possibles inondations, dans la moitié du XXe siècle, dans la localité de Mori, un tunnel fut construit pour déverser l’excès d’eau de l’Adige dans le lac de Garde vers Torbole (longueur : 9 873 m, débit maxi : 500 m3⋅s-1). Mais, à cause de la notable différence de température et qualité de l’eau, le recours à ce système est extrêmement rare et utilisé en cas de nécessité absolue. Le tunnel ne fut utilisé que deux fois, à l’occasion des crues de 1966 et 2000.

Histoire des hommes[modifier | modifier le code]

C’est à ce fleuve que fait allusion la première strophe du chant dont seule la troisième strophe est l’hymne national allemand officiel, quand il dit que l’Allemagne doit s’étendre

Von der Maas bis an die Memel
Von der Etsch bis an den Belt

De la Meuse jusqu’au Niémen,
De l’Adige jusqu’au Petit Belt.

Hydrométrie - Les débits à Boara Pisani[modifier | modifier le code]

Le débit du fleuve a été observé pendant 58 ans (au long de la période 1922 - 1979) à Boara Pisani, localité située non loin de son débouché dans la mer[1].

À Boara Pisani, le débit annuel moyen ou module observé sur cette période était de 227 m3⋅s-1 pour une surface de drainage de 11 954 km2, soit approximativement 98 % de la totalité du bassin versant du fleuve qui en compte 12 200. La lame d'eau d'écoulement annuel dans le bassin se montait de ce fait à 599 millimètres, ce qui doit être considéré comme élevé, et résulte de l'abondance des précipitations dans la partie montagneuse de son bassin (Alpes).

Les hautes eaux se déroulent au printemps (tardif en ces régions) et au début de l'été, du mois de mai au mois de juillet, ce qui correspond au dégel et à la fonte des neiges des montagnes du bassin. À partir du mois de juillet, le débit baisse lentement, et reste assez confortable tout au long du reste de l'été et de l'automne. Un léger rebond, de faible ampleur, a lieu au mois de novembre, et est lié aux précipitations automnales. À partir du mois de décembre, le débit de la rivière baisse à nouveau, ce qui mène à la période des basses eaux ou étiage annuel. Celui-ci a lieu de décembre à mars inclus.

Débit moyen mensuel (en m)
Station hydrologique : Boara Pisani
(données calculées sur 58 ans)

Le débit moyen mensuel observé en mars (minimum d'étiage) est de 125 m3⋅s-1, soit 40 % du débit moyen du mois de juin (408 m3⋅s-1), mois de crue maximale, ce qui montre l'amplitude très modérée des variations saisonnières. Sur la durée d'observation de 58 ans, le débit mensuel minimal a été de 56 m3⋅s-1 en janvier et février 1922, tandis que le débit mensuel maximal s'élevait à 935 m3⋅s-1 en juin 1951.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Les régions traversées par l’Adige sont, du point de vue touristique, parmi les plus belles et variées d’Italie. Les sites en montagne, avec sa faune et sa flore, sont à visiter (Haut Adige, Bolzano, Merano, Lavis, Mezzocorona, Trente) ; aussi bien que les sites chargés d’histoire comme Vérone, Venise, Milan. Sans oublier les lacs de Garde et d’Iseo.

  • La possibilité d’hébergement dans les localités de montagne est d’environ 403 000, dont pour la province de Bolzano : 190 000 (131 500 en hôtellerie) et pour la province de Trente : 213 000 (46 500 en hôtellerie).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]