Jean-Andoche Junot

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Jean-Andoche Junot
Image illustrative de l'article Jean-Andoche Junot

Surnom La Tempête
Naissance
Bussy-le-Grand (Côte-d'Or)
Décès (à 41 ans)
Montbard (Côte-d'Or)
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Grade général de division
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Hommages • Le nom de Junot est inscrit sur la 33e colonne (pilier Ouest) de l'arc de triomphe
• Une statue en pied de Paul Eugène Breton honore sa mémoire sur la façade Nord du Louvre, rue de Rivoli.
Autres fonctions Gouverneur militaire de Paris
• Gouverneur des Provinces illyriennes

Jean-Andoche Junot, duc d’Abrantès[1], dit « la Tempête », à Bussy-le-Grand et mort le à Montbard était un général français du Premier Empire et colonel général des hussards.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gloire nationale : Jean-Andoche Junot

Issu d'une famille de petite bourgeoisie, son père était fermier du comte de Buffon, à Montbard, il entreprenait des études de droit à Dijon quand commença la Révolution française. Il s’engagea dans l’armée de 1791, dans le bataillon des volontaires de la Côte-d'Or. Il fut grièvement blessé d'un coup de sabre à la tête au combat de La Glisuelle, près de Maubeuge. Devenu rapidement sergent de grenadiers, il participa au siège de Toulon en 1793. Il y rencontra alors Napoléon Bonaparte et devint son secrétaire[2]. Progressivement Napoléon se détachera de Junot, trop téméraire à son goût. Il épousa Laure Permon au début du Consulat.

Le 13 vendémiaire, lors de la campagne d’Italie, Junot se distingua par sa bravoure : il fut récompensé en étant chargé de porter au Directoire les drapeaux de l’ennemi et fut promu au rang de colonel. Il fut grièvement blessé à Lonato pendant cette campagne, ce qui lui aurait changé le caractère, le rendant irritable. Il suivit Napoléon lors de la campagne d'Égypte et fut promu général de brigade dès son arrivée sur la terre égyptienne. Blessé dans un duel, Junot fut capturé par les Anglais alors qu’il revenait en France comme invalide.

Junot manqua le 18 Brumaire et la bataille de Marengo. À son retour en France en 1801, il fut nommé général de division et gouverneur de Paris. Il fut écarté du poste par Napoléon lui-même qui l’envoya à Arras, pour instruire le nouveau corps de grenadiers. Ayant fait savoir son mécontentement, Junot fut exilé en 1805 comme ambassadeur au Portugal, mais il participa à la bataille d'Austerlitz.

La duchesse d’Abrantès et le général Junot par Marguerite Gérard.

Mais son amitié avec un banquier lui porta préjudice. Demandant un prêt à Bonaparte[3], il se vit de nouveau exilé en 1806, cette fois-ci comme gouverneur de Parme où il remplaça Moreau de Saint-Méry. Son action consista à réprimer une insurrection en raison de l’instauration du service militaire, l’administration réelle étant entre les mains du préfet Hugues Nardon[4]. Il démissionna le et fut remplacé par le maréchal Catherine-Dominique de Pérignon. De retour à Paris, il récupéra son poste de gouverneur militaire de Paris, mais son train de vie fastueux et ses écarts de conduite le firent relever.

Junot au Portugal[modifier | modifier le code]

Ses frasques lui valurent un quatrième exil : il fut mis à la tête d’une armée pour envahir le Portugal en 1807. Parti de Salamanque en novembre, il s'empara de Lisbonne au début de décembre. La famille royale portugaise s'enfuit alors au Brésil (colonie portugaise depuis 1500) où elle s'installa pendant treize ans. Junot fut alors fait duc d’Abrantès (en prenant le nom d'une ville du Portugal) et nommé gouverneur de ce pays.

Le 13 décembre 1807, Junot, accompagné de son état-major, passe en revue les troupes sur la place du Rossio. À cette occasion, le drapeau portugais est remplacé par le drapeau français. La population finit par réagir aux provocations françaises. L'armée doit en venir aux armes pour ramener le calme. Les incidents de ce type se multiplient provoquant la révolte des consciences.

Le 1er février 1808, Junot dissout le Conseil de la Régence et le remplace par un conseil militaire qu'il préside lui-même. Le général Maximilien Sébastien Foy raconte[5] : « un ancien commissaire ordonnateur des armées françaises, Luuyt, fut nommé secrétaire d’État de la guerre et de la marine ; le commissaire impérial Herman fut affecté à l’intérieur et aux finances ; l’intendance générale de police, dont la législation de Pombal avait fait un ministère plus important que tous les autres, fut réservée à un Français, Lagarde que l’Empereur envoyait d’Italie ; l’inspecteur aux revues, Viennot-Vaublanc, fut secrétaire du gouvernement. »


Il fait proclamer la destitution de la Maison royale de Bragance. Dans les actes publics, le nom du Prince Régent est remplacé par le nom de l'Empereur, les armes portugaises remplacées par les armes françaises.

L'armée portugaise est dissoute. Seule reste en activité une force de 9 000 hommes, connue sous le nom de Légion portugaise. Elle est envoyée hors du pays afin d'intégrer l'armée napoléonienne. Elle est commandée par le comte d'Alorna, Pedro José de Almeida Portugal. On trouve Gomes Freire de Andrade et Cândido José Xavier parmi ses membres. Par décret du 11 janvier 1808, les milices sont dissoutes. Les armes sont confisquées et la plupart détruites. Les seules forces militaires présentes au Portugal sont maintenant françaises et espagnoles.

Junot encourage les initiatives visant à rédiger une Constitution sur le modèle français.

Mais quand les Britanniques arrivèrent en août 1808, il fut battu à la bataille de Vimeiro et isolé ; seule la signature de l’avantageuse convention de Cintra lui permit d’éviter la capture, et à son retour en France, en octobre, la cour martiale.


Après le Portugal[modifier | modifier le code]

En 1809, il rejoignit la Grande Armée et participa à la campagne d'Autriche. Il retourna dans la péninsule Ibérique en 1810 dans l’armée d'André Masséna et fut gravement blessé, avant d’être battu par le général Wellington. Il fit encore la campagne de Russie (1812) ; mais fut blâmé pour avoir permis à l’armée russe de faire retraite après la bataille de Smolensk[6]. Toutefois, à la bataille de la Moskowa, il commanda le 8e corps avec compétence.

Ensuite, il participa à toutes les batailles qu’il pouvait pour essayer d’obtenir le bâton de maréchal, mais son état de santé mentale déclinait. En 1813, il se vit retirer son commandement et fut nommé gouverneur des Provinces illyriennes[7].

De graves troubles du comportement firent reconnaître son aliénation mentale : gouverneur des provinces d’Illyrie, il se présente seulement revêtu du grand cordon de la Légion d'honneur. Il fut rapatrié de force chez son père en Bourgogne. Un soir, dans un accès de délire, il se défenestra, se fractura la jambe, puis tenta de s’amputer avec un couteau de cuisine. Il succomba quelques jours plus tard à des complications infectieuses, le .

Il est l'arrière-grand-oncle du poète Pierre Louÿs par la branche maternelle de ce dernier[8].

Il fut inhumé dans le cimetière de Montbard dans la Côte-d'Or. Un monument fut dressé à sa mémoire au cimetière du Père-Lachaise (24e division)[9]. Napoléon l’avait surnommé « Junot la Tempête ».

Junot est évoqué dans un des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
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Blason Jean Andoche Junot (1771-1813).svg
Armes du duc d'Abrantès et de l'Empire

Écartelé : au premier de sable à trois corbeaux et à trois étoiles, le tout d'argent, les corbeaux posés un, deux, les étoiles deux et une ; au deuxième d'azur au palmier d'or, soutenu d'un croissant d'argent ; au troisième d'azur au vaisseau à trois mâts d'or, soutenu d'une mer d'argent ; au quatrième de sable au lion rampant d'or, tenant de sa dextre une épée haute d'argent ; au chef des ducs de l'Empire brochant.[10],[11]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aucun souvenir militaire ne se rattache à son titre de duc d’Abrantès. Après une marché pénible, en Portugal, l’armée que commandait Junot ne trouva des vivres et des ressources qu’en atteignant Abrantes, petite ville sur le Tage, à dix myriamètres de Lisbonne. C’est à cette circonstance qu’il a eu son titre.
  2. « Lors de la construction d’une des premières batteries que Napoléon, à son arrivée à Toulon, ordonna contre les Anglais, il demanda sur le terrain un sergent ou caporal qui sût écrire. Quelqu’un sortit des rangs et écrivit sous sa dictée sur l’épaulement même. La lettre à peine finie, un boulet la couvre de terre. « Bien ! dit l’écrivain, je n’aurai pas besoin de sable pour sécher l’encre. » Cette plaisanterie, le calme avec lequel elle fut dite fixa l’attention de Napoléon et fit la fortune du sergent. C’était Junot. » (Las Cases.)
  3. « Des grandes fortunes que Napoléon avait créées, celle de Junot avait été, sans contredit, une des plus désordonnées. Ce qu’il lui avait donné d’argent ne saurait se croire, et il n’avait pourtant jamais eu que des dettes. Il avait dissipé de vrais trésors sans se faire honneur, sans goût, trop souvent même dans des excès grossiers. » (Las Cases.)
  4. La Gazzetta di Parma, Ubaldo Delsante: Parma, provincia francese page 5 édition du 26 mai 2008
  5. Histoire de la guerre de la péninsule sous Napoléon, Paris, 1827, (page 32) [1]
  6. Junot, dans la campagne de Russie, disait Napoléon, me mécontenta fort; on ne le reconnaissait plus ; il fit des fautes capitales qui nous coûtèrent bien cher.
  7. « Au retour de Moscou, par suite de ce mécontentement, Junot perdit le gouvernement de Paris ; l’Empereur l’envoya à Venise. Cette espèce de disgrâce fut adoucie presque aussitôt par le gouvernement général de l’Illyrie ; mais, le coup était porté; les irrégularités qu’on avait observées depuis quelque temps dans Junot, et qui avaient pris leur source dans ses excès, éclatèrent en insanité complète. Il fallut se saisir de sa personne et le transporter dans la maison paternelle, où il périt misérablement. » (Las Cases.)
  8. Pierre Louÿs est le fils de Pierre Philippe Louis (1812-1889) et de sa deuxième épouse, Claire Céline Maldan (1832-1879), petite-fille de Louise Junot (1772-1820), sœur de Jean-Andoche Junot (1771-1813).
  9. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père-Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 439-440
  10. Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments
  11. La Noblesse d'Empire sur http://thierry.pouliquen.free.fr

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Lien externe[modifier | modifier le code]