Józef Antoni Poniatowski

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Józef Antoni Poniatowski
Le prince Józef Poniatowski (tableau peint en 1814 par Franciszek Paderewski).
Le prince Józef Poniatowski (tableau peint en 1814 par Franciszek Paderewski).

Surnom « Le Bayard polonais »
Naissance 7 mai 1763
Vienne, Autriche
Décès 19 octobre 1813 (à 50 ans)
Leipzig, Confédération du Rhin
Mort au combat
Origine Drapeau de la Pologne Pologne
Allégeance Drapeau de l'Autriche Archiduché d’Autriche
Chorągiew królewska króla Zygmunta III Wazy.svg République des Deux Nations
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Infanterie
Grade Maréchal d'Empire
Années de service 17891813
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Bataille de la Moskova
Bataille de Leipzig
Distinctions Grand aigle de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile
Hommes illustres (Louvre)
Famille Famille Poniatowski

Józef Antoni Poniatowski, né à Varsovie (ou Vienne, les historiens ne sont pas d'accord) le 7 mai 1763, mort à Leipzig le 19 octobre 1813, est un militaire polonais du XIXe siècle. Fils du frère du roi Stanislas II de Pologne et prince du Saint-Empire romain germanique par sa naissance, il intègre l'armée autrichienne où il sert jusqu'au grade de colonel. Rejoignant la Pologne en 1789, il prend le commandement des troupes polonaises en Ukraine avec lesquelles il affronte les Russes. En 1794, il rejoint Tadeusz Kościuszko puis, après l'échec de cette révolte, il devient gouverneur de Varsovie.

Au cours du Premier Empire, il se rallie à Napoléon qui le nomme ministre de la Guerre du Grand-duché de Varsovie et généralissime des Polonais. Outre une réorganisation profonde de l'armée, Poniatowski participe aux guerres napoléoniennes : ayant combattu les Autrichiens pendant la campagne de 1809, il s'illustre à la tête du 5e corps polonais de la Grande Armée, notamment à la Moskova et à la Bérézina. Il se bat encore lors de la campagne d'Allemagne en 1813. En récompense de ses faits d'armes et de sa fidélité, Napoléon l'élève à la dignité de maréchal d'Empire le 16 octobre, au début de la bataille de Leipzig. Il est ainsi le seul général étranger à avoir reçu cet honneur. Le 19 octobre, lors de la retraite française, il se noie en tentant de traverser l'Elster. Son corps n'est retrouvé que cinq jours plus tard.

À Sainte-Hélène, l'Empereur se souviendra de son allié polonais : « Le vrai roi de Pologne, c'était Poniatowski : il en réunissait tous les titres, il en avait tous les talents. »[1]

Biographie[modifier | modifier le code]

Le maréchal Józef Poniatowski à cheval (huile sur toile de Juliusz Kossak, 1897).

Józef Poniatowski est le fils d'Andrzej Poniatowski (1734-1773), frère du dernier roi élu de Pologne, Stanislas II Auguste, et feld-maréchal autrichien ; lui-même commence sa carrière dans l'armée autrichienne où il devient colonel et aide de camp de l'empereur.

En 1789, il quitte l'armée autrichienne pour rejoindre son oncle ; il intègre l'armée polonaise en tant que major-général. Stanislas II Auguste lui confie le commandement de l'armée polonaise d'Ukraine avec laquelle il combat les Russes en 1792, et, après la Confédération de Targowitz, il quitte l'armée suivi des meilleurs officiers.

En 1794, il s'engage en tant que simple soldat dans l'armée de libération de Kosciusko pour l'indépendance de la Pologne avant l'ultime partage de 1795, mais ce dernier lui confie le commandement d'une division. Après ce dernier échec, il se retire dans ses terres, jusqu'en 1806 où il est nommé gouverneur de Varsovie par Frédéric-Guillaume III de Prusse.

Aux côtés de Napoléon[modifier | modifier le code]

À l'arrivée de Napoléon, et avec la formation du gouvernement provisoire du Grand duché de Varsovie, Józef se rallie à l'Empire, pensant que cela est la seule chance pour la Pologne de retrouver son indépendance et son territoire. Il est fait ministre de la Guerre du grand-duché et généralissime. Il défend les frontières contre les Autrichiens et les repousse en 1809.

À la tête de ce ministère, il réorganise une nouvelle armée polonaise qui se distingue par la suite dans toutes les futures batailles napoléoniennes. Il est blessé durant la campagne de Russie à la tête du Ve corps d'armée. Il montre l'ampleur de son talent lors de la bataille de la Moskova. Lors de la retraite, il est blessé au passage de la Bérézina.

Napoléon et Józef Poniatowski à la bataille de Leipzig, peinture de Janvier Suchodolski

Il réforme l'armée polonaise, rejoint Napoléon en Saxe en juillet 1813. Il remporte les rencontres de Löbau, Altenburg et Pening. Sa conduite à la bataille de Wachau lui vaut le bâton de maréchal, le 16 octobre 1813. C'est la seule et unique fois où cette dignité est attribuée à un général étranger[2]. Il meurt trois jours plus tard lors de la retraite suivant la bataille de Leipzig[note 1], en essayant de passer l'Elster Blanche[note 2] à cheval pour ne pas être pris par les alliés[note 3].

Le corps de Poniatowski, retrouvé seulement le 24, est embaumé et porté par ses compagnons d'armes à Varsovie, puis de là à Cracovie dans le tombeau des rois de Pologne, où il repose à côté de Sobieski et de Kosciusko. À ses funérailles à Leipzig, les vainqueurs et les vaincus réunis y représentent l'Europe entière.

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommage, honneurs, mentions[modifier | modifier le code]

Regards des contemporains[modifier | modifier le code]

  • Savary dit de lui : « On n'était pas plus brave que ce prince ; impétueux, magnanime, plein d'aménité, il fut plus regretté du parti qu'il servait, qu'estimé de celui qu'il avait combattu. »
  • Dans Le Mémorial de Sainte-Hélène, Las Cases rapporte ces paroles de Napoléon : « Le vrai roi de Pologne, disait Napoléon, en entendant passer en revue les rois auxquels on l'avait crue destinée, le vrai roi de Pologne, c'était Poniatowski; il en réunissait tous les titres et en avait tous les talents, Après avoir prononcé ces mots, Napoléon s'est tu. »

Règlement d'armoiries[modifier | modifier le code]

Image Noms et blasonnement
Herb Ciolek.jpg Blason du Clan Ciołek[3]
Józef ks Poniatowski CoA.svg Józef Antoni Poniatowski:

D'argent, au bœuf de gueules, sur une terrasse de sinople[3]. (Les armes de Ciolek. Manteau de gueules, frangé d'or, doublé d'hermine, sommé d'une couronne princière[3]).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'était le 19 octobre 1813, troisième jour de la bataille, la nuit avait terminé l'action, le calme avait enfin succédé à cette terrible mêlée, quelques coups de fusil seulement se faisaient entendre de loin en loin. L'Empereur, assis sur un pliant, près du feu de son bivouac, dictait au major général des ordres pour la nuit, lorsque les commandants de l'artillerie vinrent lui dire que les munitions étaient épuisées. L'armée française avait tiré dans la journée 95 mille coups de canon ; depuis cinq jours on en avait tiré plus de 220 mille; les réserves étaient vides : il ne restait pas plus de 16 mille coups, c'est-à-dire de quoi entretenir le feu pendant deux heures à peine. Dans cette position, il ne fallait pas songer à conserver plus longtemps le champ de bataille; Napoléon se décida à la retraite, et des ordres furent sur-le-champ expédiés. À huit heures, il quitta le bivouac et s'établit dans la ville à l'auberge des Armes de Prusse. La retraite commença par les corps des maréchaux Victor et Augereau ; le maréchal Marmont devait se maintenir dans le faubourg de Halle ; la défense du faubourg de Rosenthal avait été confiée au général Reynier ; le maréchal Ney fit replier ses troupes sur les faubourgs de l'Est ; les corps de Poniatowski, de Lauriston et Macdonald, formant l'arrière-garde, rentrèrent en ville et s'établirent derrière les barrières du Midi ; le maréchal prince Poniatowski vient prendre les ordres de l'Empereur : « Prince, lui dit Napoléon, vous défendrez les faubourgs du Midi.— Sire, j'ai bien peu de monde. — Eh bien ! vous vous défendrez avec ce que vous avez. — Nous tiendrons, Sire, nous sommes tous prêts à nous faire tuer pour Votre Majesté. »
  2. Cependant, il devenait important de s'assurer du grand pont de l'Elster. Napoléon Ier recommanda ce point essentiel à l'attention des officiers du génie et de l'artillerie. — « On devra, dit-il, le faire sauter quand le dernier peloton sortira de la ville et qu'il ne restera plus que cet obstacle à opposer à l'ennemi. » — À l'instant l'armée française commença à miner le pont. Ces ordres donnés, il recommanda au maréchal Macdonald de tenir dans la vieille ville vingt-quatre heures encore, si faire se pouvait, ou, au moins le reste de la journée. Tout à coup en entendit une explosion terrible : c'était le pont de l'Elster. Cependant les troupes de Macdonald, de Lauriston, de Poniatowski, de Reynier étaient encore dans la ville, avec plus de 200 pièces de canon. Tout moyen de retraite était enlevé; le désastre était à son comble. On apprit le soir, sur la route d'Erfurth, que Macdonald avait traversé l'Elster à la nage; quant à Poniatowski, ayant voulu, quoique blessé, franchir le fleuve à la nage, il avait trouvé la mort noyé.
  3. On apprit bientôt la cause de la catastrophe du pont : les Badois et les Saxons venaient d'abandonner le parti français ; du haut des murs de la vieille ville, ils signalaient leur trahison en tirant contre les Français. Trompé par cette double fusillade, le sapeur posté au pont crut que l'ennemi arrivait et que le moment était venu de mettre le feu à la mine. Ainsi fut consommée la perte de tout ce que Leipzig renfermait de Français et de munitions.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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